Elizabeth se remit à sourire aussitôt en entendant les paroles des deux jeunes hommes. Ils allaient venir dans notre compartiment, j'en étais sûre. « Passez votre chemin pitié », pensai-je.
- Allez, fais pas cette tête, me murmura mon amie.
- C'est bien difficile, crois moi… lui répondis-je.
Je fermai les yeux et continuai de prier. Je pouvais les entendre se rapprocher. Ils arrivaient. IL arrivait. Je soupirai en me remémorant toutes les nombreuses «déclarations» ou plutôt les lamentables demandes de James Potter. «Sors avec moi», cette phrase m'était encore plus familière qu'un simple bonjour. Potter, le crétin. Voilà comment je l'appelais. Je devais admettre que certaines demandes ne manquaient pas d'originalité. Il m'arrivait d'en rire parfois à l'abri des regards. Qui d'autre que James Potter pouvait m'offrir des fleurs, les seules auxquelles j'étais allergique. Cette fois là, j'avais passé l'après midi à l'infirmerie en tant que patiente. Bon sang, que j'avais pu le haïr. Je lui avais tellement hurlé dessus qu'il avait fini par prendre peur. Malheureusement, le lendemain il était revenu à l'attaque.
Je regardai par la fenêtre lorsque j'entendis la porte du compartiment s'ouvrir. Je vis du coin de l'œil Elizabeth se tortiller sur la banquette. Je me mordis l'intérieur de la joue en me répétant : « Sois gentille Lily, sois polie. Ils finiront bien par partir. »
- Bonjour jeunes demoiselles, dit soudain une voix séductrice.
Toujours en regardant par la fenêtre, je levai les yeux au ciel en entendant ces paroles.
- Salut James, répondis Elizabeth.
On pouvait entendre dans sa voix, une joie immense de voir les Maraudeurs. Je pouvais sentir leur regard sur moi. Je n'avais pas répondu. « Fais un effort, un simple bonjour suffira » me dis-je. Je tournai lentement la tête vers la sortie du compartiment et bien sûr, il était là. James Potter, le capitaine et l'un des Poursuiveurs de l'équipe de Quidditch de la maison Gryffondor. Les cheveux d'un noir corbeau, toujours en bataille et impossible à coiffer. Il appuyait son épaule contre l'embrasure de la porte avec son petit sourire habituel. Certes, il était bel homme, il était musclé grâce au Quidditch. Physiquement, il avait tout pour plaire. Mentalement, c'était autre chose. James Potter était le garçon le plus énervant qui soit, en plus d'être arrogant. À chaque fois que je le voyais se passer la main dans les cheveux, j'avais envie de le gifler.
Je pouvais voir Sirius Black, Peter Pettigrow et Remus Lupin derrière lui. Je les regardai et leur dis :
- Bonjour.
- Tu m'as manqué pendant les vacances, tu sais Lily Jolie, s'exclama James avec un regard de séducteur.
- Hmmm hmmm, lui répondis-je sans grande conviction.
« Calme… Gentille » me répétai-je une nouvelle fois. Je détournai mon regard pour le reporter sur le paysage de dehors.
- Vous avez passé de bonnes vacances les garçons ? Entendis-je Elizabeth demander.
- Incroyable ! Presque toute la journée à jouer au Quidditch, sans devoirs, sans profs sur le dos, s'enthousiasma Sirius.
- Je te signale qu'il y avait des devoirs à faire… Glissa Remus.
Je souris à cette remarque. Remus avait presque la tête sur les épaules. Il était sérieux. C'est pourquoi elle avait été ravie de se retrouver préfète avec lui en entrant en cinquième année. Cette année, c'était légèrement différent. A présent, elle était préfète-en-chef et en était contente.
Sirius se contenta de répondre qu'il trouverait bien une excuse à donner aux professeurs.
Elizabeth se lança dans un grand récit sur ses vacances d'été. Elle et ses parents adoraient voyagé. Ils avait déjà visité de nombreux pays et cette année n'avait pas manqué à la tradition. Les garçons restèrent sur le seuil du compartiment. Je n'avais aucune envie de leur dire de rester. Aucun d'entre eux ne m'adressèrent la parole et j'en fus soulagée. Je n'avais aucune envie de leur raconter mes vacances.
- Je pense que nous devrions retourner à notre compartiment, nous les avons assez importunés, intervint soudain Remus.
- Quelle bonne idée, m'écriai-je.
- On est en train d'avoir une conversation agréable pourtant ! S'étonna James.
- Raison de plus pour ne pas gâcher la suite, qui reviendra sûrement à ta petite personne, lui répondis-je en me levant.
Sans leur laisser le temps de répondre, je les poussai à l'extérieur du compartiment en les remerciant ironiquement de leur petite visite et leur claquai la porte au nez. Je pouvais entendre Sirius dire :
- Je vais te dire un truc Cornedrue. Ce n'est pas encore cette année que tu pourras la conquérir cette jolie rousse.
James Potter lui répondit en murmurant et je n'entendis pas ce qu'il lui disait. Je pus voir le sourire diabolique de Sirius s'étendre sur son visage. Il adressa un clin d'œil à Elizabeth à travers la vitre et partit suivi des autres. Je revins m'asseoir en face d'Elizabeth qui me lançait un regard noir.
- Vous aurez tout le temps de batifoler dans la salle commune, disais-je en imitant le geste de Black, ce qui la fit rire.
Le trajet se passa sans encombre. Beth et moi discutions de choses et d'autres. Elle avaient apporté quelques photos de son voyages en Espagne et me les montrait en faisant un commentaire sur chacune d'elles. Alice et Frank vinrent nous rejoindre lorsque nous étions à mi-chemin pour Poudlard. Alice et Frank étaient un couple modèle. Ils étaient discrets et ne se bécotaient pas à chaque longueur de journée devant tous les élèves. C'était quelque chose que j'appréciais. Devoir tenir la chandelle me donnait envie de vomir et me mettait dans un état de rage. En plus de ça, ils étaient adorables. Nous passâmes le trajet à discuter, à jouer aux cartes et aux échecs.
Lorsque j'apercus la gare de Pré-au-Lard au loin, j'en informai mes amis et nous enfilâmes nos robes de sorciers. Je souris à la pensée du festin qui nous attendait. La nuit était déjà tombée lorsque nous descendîmes du train. Je sortis mon insigne de préfète‑en‑chef en cas de besoin. Chaque année, certains premières années arrivaient à se retrouver à la traîne. Je les laissai passer et se diriger vers Hagrid pour ensuite pouvoir me rendre vers les calèches. Soudain, je sentis une petite tape sur mon épaule gauche et me retournai :
- Oui ?
Lorsque je vis qui se trouvait en face de moi, je soupirai :
- Qu'est ce que tu veux, Potter ?
- Je me disais qu'étant donné que nous sommes un duo, on pourrait faire le voyage ensemble jusqu'à Poudlard, souria-t-il.
- Un... duo ?… Et je peux savoir où est ce que tu l'as vu écrit ? m'étonnai-je.
- Oh mais juste là !
Il pointa mon badge et ensuite me montra fièrement le sien. Je pouvais voir grâce la lumière du réverbère le titre qui était inscrit sur le sien : Préfet-en-chef. Je tombai des nues. James Potter, cet abruti, préfet-en-chef ? Impossible. En cinquième année, j'avais été au bord de la crise de nerfs en le voyant arriver à la première réunion des préfets. Je m'étais faite à l'idée de le voir simple préfet, mais préfet-en-chef certainement pas. On disait que le Professeur Dumbledore était fou mais à ce point là… De plus, comment le Professeur McGonagall avait pu accepter ça ?
- Impossible, murmurai-je.
James Potter se pencha vers moi, et me sourit.
- Ne sois pas si choquée, mon amour.
Sans même avoir le temps de réfléchir, je lui assenai une gifle sur la joue droite. Plusieurs personnes se retournèrent et poussèrent une exclamation de surprise.
J'ajoutai en fronçant les sourcils et rouge de colère :
- Appelle-moi encore une fois comme ça et cette gifle sera la première d'une longue série.
Je tournai les talons et me dirigeai vers la calèche où m'attendaient Elizabeth, Alice et Frank. La première se retenait de rire. Quant au couple, ils paraissaient choqués. Je montai dans la calèche et elle se mit en route. Plus nous nous éloignions de là où se tenait Potter, plus ma rage se calmait. Je jetai un coup d'œil vers la gare mais il faisait trop sombre pour que je puisse voir le Gryffondor. Je me sentais mal. Je m'en voulais, je n'aurais pas du le gifler. Un simple « Ne m'appelle pas comme ça, crétin » aurait largement suffit. D'un côté, il l'avait quand même bien cherché. Toujours présent pour m'appeler avec ses surnoms débiles : « Lily jolie », « ma belle », « jolie jeune fille ». Le seul qui m'était tolérable était lorsqu'il m'appelait par mon simple nom de famille : Evans. Lorsque la gare de Pré-au-Lard ne fut plus visible, Elizabeth explosa de rire.
- Oh mon dieu, tu aurais du voir sa tête ! Il s'y attendait pas à celle là… Lily ?
Je soupirai et marmonnai en regardant mes pieds :
- Je suis peut être allée trop loin, non ? Une gifle était un peu trop poussée sur ce coup là…
Elizabeth, Alice et Frank se regardèrent entre eux. Alice posa sa main sur une de mes épaules, la pressa et dit avec douceur :
- T'en fais pas Lily. Il s'en remettra, tu connais James !
- Justement, je le connais. Ce n'est pas la première fois qu'il m'appelle avec un de ses petits noms stupides. Je devrais être habituée… Et pourtant je sais pas ce qu'il m'a pris !
Par contre, avec un peu de chance il me laissera peut être tranquille jusqu'à la fin de l'année !
- Oh je n'en suis pas si sûre ! C'est pas la première fois qu'il se prend une gifle par Lily mais je dois dire qu'il a battu son record là. Une gifle avant même d'avoir franchi les porte de la Grande Salle, commenta Elizabeth.
Je jetai une nouvelle fois un coup d'œil par dessus mon épaule ce qui était totalement inutile. Nous sortions désormais de la forêt et on pouvait apercevoir Poudlard, plus magique que jamais.
Et voilà pour ce deuxième chapitre ! Qu'est ce que vous en avez pensé ?
Le prochain chapitre sera du point de vue de James.
