Chapitre 2 : Ce besoin d'y croire !

- Alors ?

- Il est devenu fou !

- Tu veux dire que …

- On part la semaine prochaine, hurlais-je de frayeur. La semaine prochaine !

- Mais pourquoi se précipiter ? Vous …

- On va mourir, dis-je l'air vaincu. Non mais il est dingue, il a perdu la tête. Il pense que c'est le moment ou jamais d'y aller, que de toute façon je ne pourrais plus prendre l'avion après et … Abby, qu'est-ce qu'on va faire ? J'étais désespérée.

- Tu sais il ne se passera peut être rien après tout.

- Tu penses vraiment ce que tu dis ?

- Non mais le plus important c'est que toi tu le penses.

Abby me fixait l'air compatissant mais il était déjà trop tard. Notre sort en était jeté et nous allions mourir dans le désert israélien. Ce bonheur n'aura finalement duré qu'une seconde. Mon père avait finalement fini par nous devancer et avait appris ma grossesse deux jours plus tôt. Ce que je n'avais pas prévu c'est qu'il contact Tony sans m'en parler et qu'il lui demande de venir à Tel-Aviv la semaine prochaine. Le pire dans tout ça fut la réaction de Tony qui accepta aussitôt. Cette histoire était complètement folle.

- Ziva, tu es prête ? Gibbs nous laisse rentrer. Mon visage dut l'effrayer puisqu'il s'approcha de moi à vive allure et ajouta, est ce que ça va ?

- Aussi bien que possible. Il comprit de suite. Je crois qu'on va devoir parler.

Pour simple réponse il s'éloigna de moi et reparti vers l'ascenseur. J'embrassais Abby et filais le rejoindre dans le parking ou il m'attendait. Inutile de faire une scène dans les locaux, Gibbs nous avait prévenus qu'il ne le tolèrerait pas.

- Je peux savoir à quoi tu joues ?, hurlais-je une fois la portière claquée.

- Je ne vois absolument pas de quoi tu veux parler.

- Tu te fiches de moi ? Non mais je rêve la, tu te fiches vraiment de moi en plus.

- Arrête d'hurler comme ça, bon sang, il parut dégouté par le ton que j'avais employé. On ira à Tel-Aviv la semaine prochaine un point c'est tout.

- Pardon ? Le ton qu'il avait employé était sans appel. Es-tu en train de me donner un ordre ?

Je ne lui laissais pas le temps de répondre et descendis de la voiture lorsqu'elle fut à l'arrêt. J'eu à peine le temps de monter dans un taxi qu'il hurla mon nom. Trop tard, j'étais partie. Les disputes avaient toujours été fréquentes entre nous, le moindre malentendu pouvait aller très loin. Seulement là, ce n'était pas un malentendu, il m'avait bien donné un ordre sur un ton des plus violents. Comme si j'étais a sa merci, une moins que rien fasse a lui, le genre de personne ne méritant pas qu'on lui demande son avis. Le plus surprenant c'est que malgré nos relations houleuses, jamais Tony ne m'avait manqué de respect de cette façon. Les hormones à rudes épreuves depuis le début de ma grossesse, je fondis en larmes face à un chauffeur bien penaud.

Après avoir tourné en rond durant plus d'une heure j'indiquais mon adresse au chauffeur et payais la course. Un nuage venait d'éclater et la pluie se rependit sur toute la chaussée une seconde avant que je ne mette un pied dehors. J'étais littéralement trempée lorsque j'atteignis la porte de l'immeuble et que je composais le code d'entrée.

Lorsque j'ouvris la porte mes yeux se posèrent sur le canapé où j'avais l'habitude de trouver Tony. En règle générale il m'aurait souri et m'aurait invité à venir prendre place dans ses bras. Il n'était pas là.

- Tony ? aucune réponse. Tony ?

Et là, sans réelle raison, mon cœur s'emballa. Il était parti, m'avait abandonnée prenant avec lui cette promesse d'un bonheur ensemble. Oui ensemble ! Cette faible femme que j'étais devenue avec lui, celle que je m'étais jurée de ne jamais être. Sa présence à mes côtés, ce besoin constant de l'avoir prêt de moi … Lui.

Dans un moment de répit de mon cœur battant à tout rompre, je tandis l'oreille et entendit un bruit. Mon instinct de survie repris le dessus et je posais ma main droite sur mon ventre tandis que l'autre pris mon arme silencieusement. Je jetais un œil rapide à la cuisine et poursuivit mon chemin vers la chambre quand j'entendis un nouveau bruit assourdissant cette fois si. Plus aucune hésitation il y'avait bien quelqu'un dans la chambre et il devait forcement être au courant de ma présence. Je pris mon courage à deux mains et ouvrit la porte violemment. Une trainée de sang parcourant toute la chambre et se terminant aux abords de la salle de bain me surpris. J'avançais à l'aveuglette et tombais sur lui.

- Tony ? Mais enfin qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? Mais tu … Tu saignes, criais-je sans m'en rendre compte.

- Oui merci je l'avais remarqué, répondit-il sarcastique. Ma cicatrice s'est réouverte.

- Laisse-moi faire, dis-je en attrapant une serviette.

- Non ça va je vais …

- Ce n'était pas une question Tony, laisse-moi m'occuper de ça. Je posais mon arme sur le lavabo et lui fis signe d'approcher. Tu as du forcer pour que ça saigne autant.

- J'avais besoin de me défouler.

- Ah, dis-je l'air de rien. Tu aurais pu me répondre lorsque je suis entrée et que je t'ai appelé. Il ne répondit rien.

J'inspectais soigneusement sa blessure et pris soin de la désinfecter totalement. Et alors que je ne m'y attendais pas du tout, quelque chose se produisit en moi, quelque chose qui me fit perdre pied et qui me fit lâcher la serviette aussitôt.

- Ziva ?

Je posais ma main sur mon ventre et le caressais tendrement.

- Mon cœur ?

Cette tendre façon qu'il avait eu de m'appeler me fit relever la tête et je plongeais mon regard dans le sien.

- Le bébé a bougé. Je pris sa main dans la mienne et la posais sur mon ventre. Il a bougé, tu te rends compte ?

Ce sourire tendre et amoureux disparu rapidement pour laisser place à un sourire diffèrent des autres. Il était heureux, il était stupéfait, abasourdi et …

- J'ai besoin d'y aller. J'ai besoin de croire qu'on est important, qu'on est un couple comme les autres, qu'on ne doit craindre personne et ne pas avoir honte de notre enfant. J'en ai besoin !

J'abandonnais toute remarque, toute critique, toute explication. Tout. Alors, tendrement j'attrapais sa main pour y entrelacer mes doigts aux siens. J'étais là pour lui et il était là pour moi. Parce que j'en avais besoin, parce que peu importe l'endroit où il irait je serais la, a ses cotés comme je m'en étais fait la promesse il y a bien longtemps.

- Tel Aviv ?

- Est-ce que c`est à cause de Mickael que tu ne veux pas y retourner ?

- Pardon ?, j'étais surprise de sa question tant mon aversion de ne pas aller à Tel-Aviv n'avait aucun lien avec Mickael. Il est mort, dis-je simplement.

- Mais tu l'aimais ?

- J'avais envie de le croire, je voulais me persuader de ça. Je le voulais vraiment, répondis-je sincère. Mais t'étais-la.

- J'étais la ?, il pencha la tête sur le côté.

- Je ne pouvais pas en aimer un autre parce que c'était toi. Toi et personne d'autre et pourtant Dieu sait que j'ai voulu me persuader du contraire mais … Je n'ai jamais aimé Mickael parce que j'en aimais déjà un. Tu en doutes ?

- Je me demande juste si je suis assez bien pour toi. Je n'aurais pas dû m'énerver tout à l'heure et encore moins te donner un ordre. Je suis désolé.

- Prends-moi dans tes bras, répondis-je simplement.

J'embrassais la commissure de ses lèvres et me blotti dans ses bras.

- Aie, aie, aie, aie …

- Oh pardon, je me relevais prestement, laisse-moi finir ça.

Je désinfectais sa plaie et passais un nouveau bandage sur son bras. Je récupérais sa main et le conduisis vers le salon. Nous devions parler, oh que oui.

- Si je comprends bien, tu doutes de moi ?

- Non, non bien sûr que non c'est juste que j'ai parfois l'impression que tu fais tout pour nous cacher. Comme si tu avais honte.

- Je n'ai jamais eu honte de nous, oh non tu es ma plus grande fierté ! Je voulais simplement qu'on soit tous les deux, face au monde comme toujours. Sans mon père, sans ma famille, sans le Mossad et Israël. Mais si tu veux qu'on aille la bas, je ne te dirais pas non, j'étais déterminée à lui prouver que j'étais prête à tout pour lui, on prouvera aux autres qu'on vaut le coup, terminais-je en souriant.

- Je n'ai rien à prouver aux autres, je ne veux pas que tu renies tes origines pour moi, je veux seulement qu'on parte tous les deux la bas, parce qu'on a strictement rien à se reprocher.

- D'accord, acquiesçais-je simplement. Tu as raison.

Il posa ses lèvres sur mon cou et m'emprisonna dans ses bras. Des disputes, des compromis, des révélations, des crises et puis de la jalousie, des problèmes, du stress et enfin … De l'amour, oui de l'amour. Parce qu'enfin de compte, c'était ça le principal. L'amour !


Et voila la suite. Une petite minute pour une petite review =) Ca ne fait de mal à personne, je vous assure que non ! Et puis ça m'encourage à poster la suite rapidement. Du chantage ? Oh non jamais =)