Tout d'abord, merci pour l'accueil que vous avez réservé à cette fiction, dont le prologue était pourtant très court. Je suis contente de voir qu'il y a encore des lecteurs par ici (et contente de relire certains pseudos en reviews).

Pour ceux qui se poseraient la question, le titre de la fiction vient d'une chanson de Green Day du même nom, dont je trouve les paroles très puissantes.

Voilà le premier chapitre. A vous de me dire si je n'ai pas perdu la main.

Bonne lecture :)


Restless Heart Syndrome - Chapitre 1

Lisa Cuddy était tellement concentrée sur les papiers qu'elle était en train de remplir que son cœur rata un battement lorsque la porte de son bureau s'ouvrit à la volée. S'attendant à se retrouver face à son ex petit-ami qui avait ce genre d'entrée en fanfare pour habitude, elle fut surprise de découvrir Wilson essoufflé, un air consterné sur le visage. Elle l'interrogea du regard, sentant l'inquiétude s'immiscer doucement en elle.

- « House vient d'être admis aux urgences. » déclara-t-il d'une voix tremblante, confirmant les doutes de la doyenne.

Elle s'y attendait. Depuis qu'elle l'avait quitté, elle savait que ça finirait par arriver. Alors elle avait guetté, tendue, se demandant la gravité de l'idiotie qu'il pourrait commettre. Quelques semaines étaient passées, et il en avait fait des bêtises, mais plus des choses pour la mettre en colère que pour se blesser physiquement. Alors elle avait fini par croire qu'il s'en sortirait. Elle avait osé espérer et la réalité venait de la rattraper et de la heurter de plein fouet. Elle soupira profondément, tentant de calmer son rythme cardiaque. Elle se leva, tremblante, et s'approcha de Wilson pour plus d'informations.

- « Il a fait une overdose. » ajouta l'oncologue d'une voix sombre. « Il était inconscient quand je l'ai trouvé. »

Cuddy sentit sa gorge se serrer et ses yeux brûler lorsqu'elle l'imagina, inconscient, seul dans son appartement. Elle réussit néanmoins à demander :

- « Vicodine ? »

- « On ne sait pas, Foreman est au laboratoire en train de tester son sang. On pense que c'est autre chose parce qu'il y avait des seringues près de lui. Il était en arrêt respiratoire quand je suis arrivé chez lui et il a fait de la tachycardie dans l'ambulance mais on a réussi à le stabiliser.»

La doyenne soupira et ferma les yeux, sentant un certain malaise s'insinuer en elle. Elle savait que tout ça ne serait jamais arrivé si elle était restée avec lui. Elle s'en voulait. Et elle avait peur. Elle avait si froid tout d'un coup. Son estomac était noué et les larmes lui brûlaient les yeux.

Et si c'était la fois de trop ? Et s'il ne s'en sortait pas ?

L'oncologue ressentit son désespoir car il s'approcha d'elle et posa une main rassurante sur son épaule avant de lui dire d'une voix douce :

- «Venez, on va le voir. »

- « Je ne suis pas sûre que… » commença-t-elle en essayant de se dégager de son étreinte.

- « Vous voulez le voir Lisa. Vous avez besoin de le voir. » Insista le médecin en resserrant la prise qu'il avait sur son épaule. Il savait que même si elle était forte et qu'elle semblait n'avoir besoin de personne, elle ne s'en sortirait pas seule.

- « Mais je ne pense pas que lui veuille me voir. » soupira la doyenne, ne pouvant retenir ses larmes une seconde de plus. Cette fois, elle se laissa faire quand l'oncologue la serra dans ses bras. Elle avait besoin d'être rassurée et était soulagée qu'il ne lui en veuille pas, sachant qu'elle était sûrement la responsable du mal-être de House.

- « Vous n'en savez rien. » chuchota-t-il dès qu'il sentit les larmes de la doyenne se faire plus rare. Il reprit d'une voix rassurante : « De toute façon, il est inconscient pour le moment. »

Cuddy acquiesça et se laissa emmener hors de son bureau. Ils se dirigèrent en silence vers l'ascenseur, croisant les regards plein de pitié des quelques infirmières qui étaient au courant de ce qu'il s'était passé. Même si ses yeux étaient encore rouges de larmes, Cuddy se redressa légèrement et marcha d'un pas plus assuré. Elle avait besoin, le temps de la traversée de son hôpital, de se replonger dans l'apparence de la doyenne confiante, même si ce n'était que l'espace de quelques minutes. Car elle savait qu'encore une fois, lorsqu'elle verrait House inconscient sur son lit d'hôpital, tout s'écroulerait autour d'elle. Elle ignorait si cette fois, elle parviendrait à se reconstruire.

Elle lui avait reproché d'être égoïste, de ne pas être une épaule sur laquelle on pouvait se reposer, de ne pas être assez fort pour faire fonctionner leur couple. Et elle savait qu'elle n'avait pas exagéré certains points. Que n'importe quel homme ne replongeait pas dans les antidouleurs dès que les choses se corsaient. Mais c'était House. Elle savait à quoi s'attendre. Elle aurait dû s'y préparer. C'est elle qui aurait dû être plus forte pour qu'ils continuent d'avancer ensemble, au lieu de les détruire tous les deux.

Elle avait été bien trop plongée dans ses regrets et perdue dans son auto flagellation pour se rendre compte qu'ils étaient déjà arrivés aux soins intensifs. C'est lorsqu'elle arriva devant la porte et croisa le regard sérieux de Foreman qu'elle reprit conscience de la réalité. Elle resta silencieuse mais l'interrogea du regard.

- « Nous avons trouvé des traces de Tramadol dans ses analyses. Il semblerait qu'il n'ai pas attendu assez longtemps entre la prise de Vicodine et l'injection de Tramadol, dont la quantité était par ailleurs trop élevée. Si on rajoute la consommation d'alcool, cela explique l'arrêt respiratoire. » déclara le médecin d'un ton neutre. Il ajouta cependant. « Malheureusement, son cœur a été fragilisé, donc nous devons être vigilants à ce niveau. »

Wilson soupira d'un air consterné et Cuddy su tout de suite à quoi il pensait puisque la même chose était en train de lui traverser l'esprit. Une overdose de Vicodine aurait pu arriver assez facilement. Il avait tendance à avaler ses pilules comme des bonbons mais n'en avait pas pris pendant plus d'un an. Son corps n'y était plus aussi habitué qu'auparavant et le moindre comprimé de trop aurait pu causer des problèmes. Le Tramadol cependant, c'était une autre histoire. Cela signifiait qu'il avait cherché quelque chose de plus fort, qu'il s'était donné du mal pour se procurer une ordonnance et qu'il s'était volontairement injecté une dose trop importante.

Si ce n'était pas une tentative de suicide, c'était clairement l'acte désespéré d'un homme qui souffrait assez pour risquer de mourir.

Voyant que les deux médecins encaissaient douloureusement, ces premières informations, Foreman reprit d'un ton hésitant :

- « Nous avons réussi à le stabiliser et nous l'avons traité avec de la naloxone pour contrer les effets du Tramadol. Si tout se passe bien, il devrait se réveiller dans quelques heures. Malheureusement, tant qu'il est inconscient nous ne pouvons rien faire de plus. Nous devons attendre qu'il reprenne connaissance pour juger de son état et éventuellement commencer le sevrage mais en attendant nous le laissons codéine avec un dosage léger. »

Wilson remercia son collègue d'une voix rauque tandis que Cuddy se contenta d'acquiescer. Elle n'avait définitivement pas confiance en sa voix. Elle savait que la moindre parole traduirait son envie de fondre en larmes. Elle se laissa tomber sur un des sièges de couloir et prit sa tête dans ses mains, soupirant douloureusement.

L'oncologue se laissa tomber à son tour à ses côtés et posa une main compatissante sur le genou de la doyenne. Ils restèrent silencieux pendant de longues minutes avant que Cuddy déclare d'une voix tremblante :

- « Je suis désolée Wilson… » Elle sentit le regard interrogateur de son ami la scruter et reprit : « Il allait bien et je l'ai brisé. » A ses paroles, l'oncologue sentit sa gorge se nouer. C'était parfois difficile d'être l'ami de deux personnes qui s'aiment si fort mais qui n'arrivent pas à vivre ensemble. Il avait parfois du mal à trouver les mots pour les réconforter, sachant pertinemment que la seule chose qui pourrait les soulager serait qu'ils parlent tous les deux, et non que chacun leur tour, ils viennent se confier à lui.

- « Ne dites pas de bêtises… » soupira-t-il. « Il a toujours eu tendance à se faire du mal et cela bien avant votre relation. Attendons son réveil pour savoir ce qu'il s'est vraiment passé. »

Sur ses paroles, il se leva et montra du doigt la chambre du diagnosticien, signalant par là qu'il était temps qu'ils aillent au chevet de leur ami. La doyenne acquiesça et le suivi d'un pas hésitant.

Arrivé dans la chambre, Cuddy sentit ses jambes fléchir. Elle ne s'en était pas rendue compte ces derniers temps, mais House avait maigri. Ses joues étaient légèrement creusées et des cernes soulignaient durement ses yeux. Il semblait si fragile qu'elle dû se retenir de ne pas se précipiter à son chevet.

A vrai dire, elle ne savait pas si elle voulait être là pour lui à son réveil, ou si au contraire elle voulait l'éviter. Encore une fois, son cœur et sa raison prenaient deux directions opposées. Ne sachant quelle décision prendre, elle prit une chaise et s'installa à plusieurs mètres du lit, près de la porte. Prête à fuir. Mais elle attendit.

Au bout d'une heure, Wilson s'excusa et se rendit à un rendez-vous avec un patient en phase terminale. Il se serait senti mal d'abandonner ce patient et savait pertinemment que son meilleur ami était entre de bonnes mains et que la doyenne ne quitterait pas son chevet.

C'est ainsi que Cuddy se retrouva seule, dans cette pièce si froide et silencieuse hormis le bip du moniteur cardiaque, attendant désespérément que le diagnosticien reprenne connaissance. Finalement, après une trentaine de minutes qui lui parurent durer des heures, il commença à se réveiller. Elle vit ses paupières s'entrouvrir avec difficulté puis se refermer aussitôt. Elle aperçut ses sourcils se froncer et put deviner qu'il essayait de se concentrer pour analyser sa situation. Enfin, elle vit ses mains glisser sur le drap, à la recherche de quelque chose. Un souvenir familier l'envahit et elle réalisa qu'il était en fait à la recherche de quelqu'un. Il la cherchait certainement mais poussa un soupir douloureux quand il vit que personne n'était à son chevet. Elle sentit son cœur et serrer et décida finalement de s'approcher de lui.

- « Hey. » murmura-t-elle timidement en se dirigeant vers le lit.

Surpris, il ouvrit les yeux brusquement et dû prendre quelques secondes pour s'ajuster à la lumière. Il ne s'attendait pas à la voir là. Il l'avait profondément espéré quand il s'était réveillé, mais il ne croyait plus possible qu'elle s'inquiète encore pour lui après tout ce qu'il lui avait fait subir. Et pourtant, elle était là, pour lui.

- « Salut », murmura-t-il en tentant d'esquisser un léger sourire.

La doyenne lui offrit à son tour un sourire rassurant mais intérieurement, elle était de plus en plus tendue. Maintenant que le soulagement suite à son réveil était passé, ils allaient devoir assumer les conséquences de son acte et elle savait que cela s'annonçait difficile.