Parce que j'ai envie d'en faire un un peu plus tranquille: voilà.

XXX

Assis dans la nuit

Chesterfield et Blutch étaient assis l'un à côté de l'autre depuis à peu près un quart d'heure sur l'herbe fraîche de la nuit à regarder la pleine lune brillant de mille feux tandis qu'une brise fine faisait doucement bruisser les arbres alentours.

Aucun des deux ne parlait. Se contentant d'admirer le ciel bleu encre, chacun restait silencieux à profiter de l'absence de bruit suivant ceux de la charge de la journée, remplie de cris, de pleurs, de coups de canons et d'ordres venimeux lancés à l'attention des soldats continuant leur marche en direction de l'ennemi.

Et pourtant, la nuit était venue les envelopper dans une douceur protectrice et un calme que seule elle pouvait prodiguer. Personne ne comprenait vraiment pourquoi ce cadeau des cieux acceptait encore de veiller sur eux, de les rassurer et de les aider à oublier le temps de quelques heures avant de les bercer dans une calme symphonie de sons doux et reposant, malgré le fait qu'ils faisaient tant de bruit la journée, qu'ils tuaient dans de gens dans cette guerre…

Chesterfield et Blutch étaient assis l'un à côté de l'autre depuis à peu près une demie-heure sur l'herbe fraîche de la nuit à regarder la pleine lune brillant de mille feux tandis qu'une brise fine faisait doucement bruisser les arbres alentours.

Puis le sergent tourna la tête vers le caporal fixant toujours le globe suspendu au-dessus d'eux les éclairant d'une faible lueur blanche et approcha doucement sa main de celle de Blutch qui sursauta en sentant un contact auquel il ne s'attendait pas.

Quand il dirigea son attention vers Chesterfield, ce dernier avait déjà recommencé à regarder d'un air indescriptible la lune ronde et pure.

Alors, au lieu de rompre le contact, il ressera plutôt sa main autour de celle du sergent et se cala contre son épaule, toujours sans un mot, le visage tourné vers le ciel sombre et uniforme.

Chesterfield et Blutch étaient assis l'un contre l'autre depuis à peu près une heure sur l'herbe fraîche de la nuit à regarder la pleine lune brillant de mille feux tandis qu'une brise fine faisait doucement bruisser les arbres alentours.

Le sergent se tourna alors et embrassa tendrement son caporal qui répondit avec autant d'amour que lui si ce n'était plus. Ils ne rompirent le baiser que quelques minutes plus tard, quand Blutch décida qu'il était tard pour lui et qu'il avait envie d'aller dormir.

Chesterfield ne le retint pas. Il se contenta de sourire et de l'embrasser sur le front pour finalement le regarder se lever et s'en aller tranquillement après lui avoir glissé, tout doucement, au creu de l'oreille:

Je t'aime.

Chesterfield était maintenant assis seul depuis quelques minutes sur l'herbe fraîche de la nuit à regarder la pleine lune brillant de mille feux tandis qu'une brise fine faisait doucement bruisser les arbres alentours.

Il l'aimait.