Merci Le Saut De L'Ange, pour ma première review... trop d'émotions


2/ Trajet vers Poudlard

Après avoir sillonnés le train, ils s'installèrent dans un compartiment vide. Alors qu'ils s'installaient confortablement, Hermione s'écria :

- "Mince, Harry, faut aller dans celui pour préfets..."

Harry avait complètement oublié que c'était lui le préfet cette année. Il avait en effet reçu une lettre en même temps que ses fournitures mais avait bien vite oublié. Loin de se réjouir à l'idée de devoir faire l'ordre, il fit une grimace pour toute réponse. Hermione s'activa à chercher son insigne et sortir sa robe de sorcière.

- "Habille-toi! Vite!" pressa-t-elle.

Et elle partit dans les toilettes du wagon pour se changer, les bras chargés de vêtements. Harry prit sa robe et se vêtit.

- "Je suis content de voir qu'elle n'a pas changé sur ce point là. J'avais peur que ce ne soit plus elle", ironisa Ron.

- "Tu parles... Elle va vite me barber avec ces histoires de préfets", bougonna Harry en sortant du wagon alors que Ron lui adressait une mine de pitié.

Hermione venait en effet de frapper à la vitre et se dirigeait déjà d'un pas décidé vers la tête de la locomotive. Le compartiment des préfets était effectivement le tout premier et était réputé pour être spacieux et confortable. Harry la suivait les pieds traînant. Arrivant à la cabine en question, Hermione toussota pour s'éclaircir la voix, s'essuya ses mains (qui devaient être moites) puis actionna la poignée de la porte en question. Harry rentra à son tour, à la suite de la Gryffondor. Il y avait déjà les préfets de Poufsouffle (Hannah Abbot et Ernie McMillan), de Serdaigle (Padma Patil et Anthony Goldstein) et de Serpentard ("Oh non! Malefoy et Parkinson..."). Cependant, il remarqua une attitude peu commune chez Malefoy, qui, au lieu de lui lancer des insultes avait la bouche grande ouverte et ses yeux gris étaient exorbités. Ernie et Anthony faisaient de même. Ils regardaient tous les trois avec un air ébahi (voire envoûté pour Ernie)...Hermione! Ils la fixaient voulant graver ses beaux yeux, ses doux cheveux, ses lèvres pulpeuses dans leurs mémoires. Elle fut tout de suite très gênée en s'asseyant face à Pansy, qui elle jetait des éclairs. D'un air vexé et hautain, elle referma la bouche de Malefoy d'un coup sec, qui semblait avoir oublié qu'une bouche, ça se ferme, sinon on gobe les mouches. Pansy roula des yeux, ce qui voulait clairement dire "Ahhh, les hommes, j'vous jures...". Le malaise qui s'installait fut tout de suite rompu par la porte qui laissa apparaître deux arrivants.

C'était des septième années. Un Serdaigle, avec sa silhouette fine, des cheveux mi-longs et un air suffisant, et une Serpentard, dont les broderies vertes et argentées de sa robe relevaient ses yeux émeraudes et ses longs cheveux noirs de jais. Harry ne se rappelait pas les avoir déjà vu. Arborant un magnifique insigne de préfet-en-chef, le garçon aux cheveux châtains s'avança et prit la parole.

- "Bonjour, je me nomme Philip Charté, et voici Aléa Norphéus (elle inclina la tête telle une princesse qu'on acclame). Nous sommes vos supérieurs. En tant que préfets, vous devez faire respecter l'ordre et la discipline au sein de l'établissement. Vous pouvez être sollicités lors de cas d'urgence, car il peut y en avoir cette année, ou même de tour de garde si nécessaire. Dumbledore pourrait le décider au cours de l'année, mais ceci n'est pas en vigueur en ce moment. Plusieurs aménagements comme la salle d'eau vous est réservée, certains sont tous nouveaux et d'autres seront peut-être mis en vigueur l'an prochain. Ce soir, vous devrez reconduire les première années dans vos maisons et Aléa vous donnera les mots de passe respectif tout à l'heure".

Hermione buvait littéralement ses paroles et aurait même prit des notes si elle le pouvait. Harry, quant à lui, sentait son ventre réclamer de le nourriture avec empressement. Malefoy et Pansy regardaient les septième années avec amusement, comme si c'était avec une totale ironie que le jeune homme expliquait cela. La Serpentard reprit la suite du discours.

- "Je vais maintenant vous communiquer la liste des objets interdits dans l'enceinte de l'établissement. Dumbledore dit qu'on peut se la procurer chez Rusard mais vous, vous vous devez de la connaître par cœur. Évidemment, tout objet électronique moldu est prohibé..."

- "Est clépto..quoi?" coupa Malefoy.

- "Électronique!" souffla Hermione, agacée.

- "C'est quoi ce truc", rechigna-t-il.

- "C'est un objet que les moldus utilisent pour remplacer la magie", expliqua Philip d'un air professoral. "Quoi qu'il en soit, il est interdit dans l'enceinte du bâtiment."

- "Y'a qu'une Sang-de-Bourbe qui peut connaître ça", marmonna-t-il.

- "Bref", reprit la Préfète-en-chef, pour que la conversation ne dérape pas. "Sont aussi interdit la Fournéz, le Toulciment et tout autre objet qui peut occuper plus d'un couloir. Les gaz nocifs et très nauséabonds dépassant une durée de 5 jours de stagnation. Pour les plantes : le Jétacide, le Togojin, aussi connu sous le nom du Punching Ball, l'Ethernuage..."

Harry faillit s'endormir. Le discours était tellement soporifique... Au bout d'une heure et demie de baratin inutile, alors qu'Harry concentrait son attention sur une mouche pour rester éveillé, Charté dit enfin :

- "Voilà, l'entretient est terminé. Vous voilà prêts à arpenter les couloirs avec votre insigne", dit-il d'une voix plein d'émotion.

Tous le monde sortit, soulagé, et Aléa interpella deux à deux les préfets de chaque maison pour indiquer le mot de passe et leur donnant un petit résumé de l'entretient. Après l'avoir chuchoté aux Gryffondors ( "Tête de Gargouille" ), ils se dirigèrent vers le compartiment où se trouvait Ron. Un gargouillement sonore se fit entendre et Hermione lui jeta un regard amusé. Harry ne pouvait que en rire. En voyant la jeune fille le regarder de cette façon, il compris pourquoi les autres préfets l'avaient autant dévisagé. Elle avait tellement changé. Cependant il repensa à l'expression de Malefoy et grimaça. Il était étonnant, pour ne pas dire extrêmement rare, que le Serpentard ne l'insulte de sa voix traînante.

"Ca ne présage rien de bon", pensa-t-il avec un soupçon de jalousie.

Il arriva devant le compartiment correspondant et vit que Ron n'était pas seul. En effet s'était ajouté Ginny et Neville. La sœur de Ron fit un vague bonjour en baissant la tête pour masquer le rouge qui se mêler à ses tâches de rousseurs.

- "Ah! Vous voilà enfin..." dit le rouquin en prenant une Chocogrenouille.

Harry se jeta à ses pieds et le supplia d'un air théâtral d'en manger une.

- "Ô mon roi, pitié..." joua Harry

- "Hors de ma vue, vil maraud", minauda Ron. "Ne salit point ton roi."

Hermione, Ginny et Neville pouffèrent de rire. Harry se dirigea ensuite dans le couloir à la recherche du chariot de friandise alors qu'Hermione, dans son rôle préféré de miss-je-sais-tout, rapporta le "magnifique" discours qu'ils avaient entendu.

- "Bref, méga ennuyeux", résuma Ron, pendant qu'Harry refermait la porte, les bras chargés.

- "Cha ché clair", renchérit Harry.

- "Harry! Tu devrais prendre ton rôle de préfet plus au sérieux...

- Tu parles... J'arrive même pas à savoir pourquoi Dumbledore m'a choisit.

- Peut-être pour montrer qu'il a confiance en toi", risqua Ginny

- "Mouais", fit Harry, peu convaincu, entre deux Chocogrenouilles.

Le trajet s'effectua dans le calme. Harry et Ron jouèrent aux échecs version sorcier, alors que Ginny et Hermione chuchotaient quelques potins, ou parlaient de vacances, de maquillage, mode... Bref, des trucs de filles... Quant à Neville, après avoir fait une sieste de 2h, il passa presque la totalité du voyage aux toilettes. Il avait mangé une Dragée Surprise de Bertie Crochue au vomis. Alors que la majestueuse école commença à apparaître dans leurs champs de vision, la silhouette bien familière (même trop familière) de Malefoy se dessina dans l'encadrement de la fenêtre.

- "Alors Potter, tu es content d'être une fois de plus en haut du podium? Môsieur est préfet", lâcha Malefoy en faisant une révérence exagérée.

Les deux débiles derrière lui aux allures d'armoire à glace rirent de façon pataude.

- "La ferme, Malefoy", dit Harry, indifféremment, sans quitter l'échiquier des yeux.

Coupées dans leur conversation, Hermione et Ginny levèrent les yeux d'un air mauvais sans pour autant répliquer. Il fut arrêté par le visage si mignon d'Hermione quand elle se mettait en colère. Drago fut prit de court, et sentait qu'il devait répondre à cet affront.

- "Quoi! Vous voulez ma photo..." lança-t-il sans réfléchir à l'adresse des deux sorcières.

Suite à cette phrase, elles échangèrent un regard puis pouffèrent en se tenant les côtes, sujettes à un véritable fou rire. Malefoy les regarda, abasourdi par cette action inattendue, et ses yeux furent soudain remplis d'humiliation et de haine. Il tourna les talons, son honneur frustré, et s'éloigna à grands pas suivit de ses sbires. Harry et Ron se regardèrent, interloqués. Il n'y avait absolument rien de drôle (à part peu-être de voir les filles rire, et la tête de Malefoy...). Après quelques minutes pendant lesquelles elles essayèrent de se calmer, Ron parla enfin.

- "Mais qu'est-ce qui vous prend?"

- "C'est... c'est juste... qu'on venait juste de ...parler de Colin Crivey", expliqua Ginny en reprenant son souffle

- "Mais ça n'a rien de drôle", insista Harry.

- "Mais si... photo... Colin... L'ironie de la situation nous à fait craquer", renchérit Hermione.

- "Au moins, ce crétin est parti", remarqua la rouquine qui était parvenue à se calmer.

Harry et Ron se regardèrent, peu convaincus. Le train commençait à ralentir, et ils oublièrent bien vite le sujet de la conversation.