Chapitre deux
Le lendemain quand Hermione se réveilla, elle vit que Malefoy était toujours dans un profond sommeil. Sa respiration était régulière mais sa fièvre n'avait pas complètement disparu. Hermione se promit alors de lui trouver un remède car il était particulièrement sensible à ces accès de fièvre. La mauvaise nuit sur le fauteuil commençait à se faire sentir, elle avait des courbatures et son cou lui faisait très mal. Alors qu'elle déjeunait, elle se mit à penser à la réaction de Malefoy lorsqu'il se réveillerait dans son appartement. Il allait sûrement très mal réagir et la remercierait à peine de l'avoir secouru, mais après sept ans passés avec Malefoy, ce n'était pas des petites remarques qui allaient la faire flancher. Elle débarrassa la table et partit dans la salle de bain se doucher. Elle prit son temps en faisait couler l'eau brûlante. Elle se sécha en utilisant le peignoir qu'Harry lui avait offert à Noël. Ce peignoir était enchanté magiquement pour réchauffer et sécher automatiquement la personne qui le porte. Hermione n'avait jamais su combien cela avait coûté à Harry mais elle était sûre que ce genre de vêtements enchantés devaient coûter une fortune. Elle entendit alors la voix de Malefoy, on aurait dit qu'il se battait avec quelqu'un. En effet, Malefoy était en prise avec la couverture. Il hurlait et se débattait comme s'il se battait contre le diable en personne. Malgré les risques encourus, Hermione prit son courage à deux mains et entreprit de le réveiller. Elle commença à le secouer doucement en l'appelant par son prénom, voyant que cela ne marchait elle cria :
Malefoy, réveille toi. Je crois tu es en train de faire un cauchemar.
Granger ! Mais qu'est ce que je vais là ? Où suis-je ? s'exclama Malefoy blanc comme un linge.
Tu es dans mon appartement et tu viens de faire un cauchemar dit Hermione d'un ton qui se voulait rassurant.
Oh oui, tu t'es regardée ? Je me suis réveillé et la première chose que j'ai vu est ta coiffure. C'est pourquoi je me suis mis à crier étant donné l'état de tes cheveux répondit Malefoy pensif.
Epargne-moi tes remarques stupides vociféra Hermione. Je t 'assure que tu étais en train de faire un cauchemar. Tu criais et tu débattais comme si quelqu'un t'attaquait.
Mais non, tu dis n'importe quoi ! dit Malefoy mal à l'aise. Et je peux savoir ce que je fais dans ton appartement ? dit-il d'un ton dédaigneux
Oh rassures-toi au début je ne voulais pas revenir te chercher. Mais j'ai culpabilisé, j'ai transplané et je t'ai trouvé inanimé alors je t'ai ramené avec moi.
La légendaire culpabilité gryffondorienne ! dit Malefoy railleur. Tu es au courant que si toi tu devais vivre dans la rue, je ne t'aurais même pas adressé un regard.
Je sais bien Malefoy. C'est ça la différence entre les bonnes personnes et les mauvaises personnes. Je te laisse deviner de quelle catégorie tu fais parti.
La dernière parole de Granger laissa Drago cloué sur place. Mais il se reprit bien vite, se leva et alla fouiner dans le réfrigérateur.
Malefoy, je peux savoir ce que tu fais ?
Je vais me nourrir Granger, tu sais, si tu ne le fais pas tu meurs ironisa t-il.
Bon, j'en ai plus qu'assez de tes remarques. Je t'ai aidé, non je t'ai même sauvé la vie et toi voilà comment tu me remercies ? Alors tu prends tes affaires et tu t'en vas !
Très bien répondit Malefoy énervé J'allais le faire de toute façon.
Il prit son manteau et s'en alla en claquant la porte. Il marcha jusqu'au Chemin de Traverse et s'assit sous l'arche qu'il occupait maintenant depuis plus d'un mois. Fou de rage, il donna un coup de pied dans le banc qui se brisa en deux. Bravo Drago, maintenant tu vas devoir dormir par terre. Sa haine envers Granger était incommensurable. De quel droit cette Sang de Bourbe venait se mêler de sa vie ? Pour qui se prenait-elle cette sainte-nitouche. Son ventre grogna l'interrompant dans ses réflexions, ce qui ne l'étonnait pas plus que ça étant donné que cela faisait deux jours qu'il n'avait rien mangé. Il regarda avidement la boutique de Florian Fortarôme d'où s'échappait une bonne odeur de glace. Drago, comme attiré par ces effluves, marcha jusqu'à la boutique où aucun client n'était encore là. Il observa les environs et ne vit personne. La porte du magasin était entrouverte, c'était comme une invitation au vol. Drago s'approcha de sa démarche féline de la porte mais au dernier moment il se ravisa. Non, Drago Malefoy n'allait pas s'abaisser au vol, il était bien trop fier pour ça. Mais, un gargouillement se fit entendre ce qui amena Drago à cacher sa fierté pour quelques instants. Il poussa la porte et ne vit personne. Il entendit du bruit au fond sûrement les employés qui nettoyaient la boutique. Malgré le peu de lumière, il distingua aisément le caisson qui contenait les glaces. Il se précipita dessus, l'ouvrit et prit un peu de glace avec une cuillère. Merlin que c'est bon ! murmura Drago. Après avoir vidé près de la moitié du caisson, Drago fut rassasié. Soudain, la porte du fond s'ouvrit et un employé s'avança dans la pièce. Drago eut juste le temps de se cacher derrière le caisson. Malheureusement, ce qu'il ne savait pas c'est que la boutique était équipée d'un sort détectant les voleurs. L'employé fouillant minutieusement sous les tables vers le fond de salle. Drago soupira de soulagement, l'employé allait s'en aller sans le trouver. Malheureusement pour lui, l'employé s'approcha dangereusement du caisson et vit une mèche de cheveux blond s'en échapper.
Sortez de là tout de suite !
Drago ne répondit pas et resta caché priant pour que l'employé ne sache pas où il se cache.
Ce dernier sortit Drago par le col et le traîna jusqu'au milieu de la pièce. Surpris, Drago tenta de se dégager, mais en vain l'employé avait une poigne de fer. Lorsqu'il aperçut son visage, il ricana :
Mais attend, je te reconnais toi. Tu es le fils Malefoy.
Oui et je vous prierais de ne plus poser vos sales pattes sur moi dit Malefoy d'un air mauvais
Ah oui et qu'est ce que tu vas faire ? Appeler tes petits copains mangemorts ? Oh, désolé tu n'en a plus. Tu es seul Malefoy et je vais de ce pas traîner ton sale derrière de voleur au Ministère.
Lâchez-moi, vous ne savez pas à qui vous avez affaire hurla Drago tout en se débattant.
Oh que si vociféra l'employé Je sais parfaitement à qui j'ai affaire. Maintenant avance car tu sais, si tu veux, nous ne sommes pas obligés d'aller au Ministère tout de suite. Malefoy, dis moi, tu connais la punition réservée aux voleurs dans l'Antiquité ?
Malefoy blêmît sachant parfaitement que l'on coupait la main des voleurs. D'un signe de tête il acquiesça et suivit l'employé, cette fois-ci sans faire d'histoire.
Il transplana avec l'employé juste devant la petite cabine téléphonique rouge qui lui était tant familière. Enfant, il accompagnait souvent son père au Ministère et de retour à Poudlard, il paradait pendant des heures montrant à tout le monde son badge d'entrée. Malheureusement, ce n'était certainement pas dans les mêmes conditions qu'il y venait aujourd'hui. Après que l'employé ait composé le code, la voix magique annonça :
Veuillez indiquer le motif de votre visite
Je viens amener le dénommé Drago Malefoy qui a commis un vol ce matin même.
Veuillez poser votre baguette afin de procéder à l'identification.
L'employé posa sa baguette sur le socle prévu à cet effet non sans maugréer contre ces mesures de sécurités pour le moins très agaçantes.
Identification : Wilbert Fortarôme. Est-ce bien votre nom monsieur ?
Oui
Drago sentit l'ascenseur se mettre à bouger puis à descendre. Lorsque les portes s'ouvrirent et la voix annonça :
Bienvenue au Ministère de la Magie.
L'employé donna son badge à Drago et ils sortirent dans l'atrium. Même si Drago connaissait bien le Ministère, il ne pouvait s'empêcher de frissonner en voyant l'atrium. C'était une pièce gigantesque, au centre une énorme fontaine qui représentait un sorcier et un moldu main dans la main. Le thème de la statue avait totalement changé depuis la chute de Voldemort. Les sorciers avaient compris qu'ils ne devaient pas dominer les moldus mais plutôt accepter leur existence. L'employé lui tira méchamment le bras, le sortant de sa rêverie. Il l'emmena au Bureau de la police magique. Après qu'il ait eu une longue discussion avec un policer, Drago crut comprendre qu'il avait obtenu réparation. Drago se fit emmener par un policer dans un long couloir bordé de cellules. Sans un mot, le policer l'enferma, laissant seul Drago. Ce dernier s'en voulait d'avoir commis un vol, depuis quand un Malefoy s'abaissait à ce genre de choses ? Depuis qu'il a tout perdu répondit une petite voix dans sa tête. Pour la première fois de sa vie, Drago avait peur. Peur pour son avenir et maintenant sa vie. Depuis la chute du mage noir, on l'insultait, le méprisait. Lors de son procès, les juges ne seraient pas cléments et l'enverraient peut-être à Azkaban rejoindre son père. Et ça, il ne le voulait surtout pas. Il savait les dégâts que provoquait cette prison sur les hommes. On n'éprouvait plus aucune émotion, on devenait une coquille vide. Drago parvint finalement à s'endormir mais malgré cela, sa peur ne s'évanouissait pas, elle ne faisait que croître.
Le lendemain, Hermione finissait de remplir ses derniers dossiers. Elle s'était accrochée comme le lui avait conseillé George et elle avait par y arriver. Elle en était à son dernier dossier lorsqu'elle se rappela qu'elle devait faire un rapport sur un elfe ayant agressé sa patronne à un policier de la Brigade Magique. Elle se dépêcha de descendre les deux étages qui la séparait de ce département. Elle chercha pendant un moment le policier mais ne le trouvant pas, elle décida d'attendre dans son bureau. Elle s'assit sur une chaise quelque peu frustrée, par le fait de devoir rentrer plus tard chez elle. Elle regardait par la fenêtre lorsqu'elle vit Malefoy menotté magiquement conduit par un policier. Elle sortit en trombe du bureau et l'appela :
Malefoy ! Malefoy ! Attend, tu pourrais te retourner quand même !
Drago soupira de lassitude, elle lui disait de s'en aller et maintenant elle ne pouvait plus se passer de lui.
Oui, Granger ? répondit il de sa voix traînante
Je peux savoir ce que tu fais menotté ?
En fait, cela faisait longtemps que je voulais visiter la prison du Ministère alors je me suis dit Drago, pourquoi n'irais-tu voler quelque chose pour aller y faire un petit séjour ? ironisa Drago de son habituel sourire en coin.
Hermione soupira mais n'eut pas le temps de répliquer que Drago attaqua à nouveau.
Non mais Granger, tu t'entends dès fois ? Si je suis ici, c'est évident que j'ai fait une connerie
Et puis-je savoir laquelle ? demanda Hermione.
Drago n'eut pas le temps de mentir sur le motif de son arrestation que le policier répondait déjà :
Drago Malefoy a été surpris volant de la glace dans le magasin de Florian Fortarôme.
Comment ? s'exclama Hermione. Mais pourquoi as-tu fait ça ?
Drago ne répondit et baissa la tête. Le policier, énervé d'être en retard pour le transfert de Drago répondit :
Madame, je vous prierais d'arrêter de parler au prisonnier et de me laisser le conduire dans sa nouvelle cellule.
Sa nouvelle cellule ? Mais depuis combien de temps est-il ici ? demanda Hermione.
Depuis une journée Madame répondit agacé le policier.
D'accord, excusez moi maintenant je dois aller voir quelqu'un répondit Hermione.
Elle laissa là le policier pantois et partit rejoindre l'autre policier dans son bureau.
Bonjour Hermione dit une voix grave.
Bonjour Chris.
Tu voulais me voir ? demanda t-il.
Oui j'ai des renseignements à te demander au sujet d'un elfe mais ça peut attendre. Cela n'a rien avoir mais je peux savoir ce que fait Malefoy en prison ? Le policier qui le conduisait en cellule me l'a dit mais ce n'est pas possible.
Malheureusement, Hermione j'ai le regret de te dire que c'est vrai. Qui l'eût cru il y a quelques années qu'un riche héritier en serait réduit à voler pour pouvoir manger à sa faim se moqua Chris.
Chris, ce n'est pas bien de se moquer de lui répondit Hermione plus méchamment qu'elle ne l'avais voulu. Il a fait des erreurs et est toujours un homme très arrogant et pénible mais personne ne mérite ce qu'il lui arrive.
Hermione soupira Chris. Tu a le don de voir le bon dans toutes les personnes mais crois-moi si tu avais vu toutes les victimes de cette guerre et le nombre de familles que les Malefoy ont détruits, tu ne dirais pas ça.
Tu sous entend que je n'ai pas connu la guerre ? Oh mais attend j'oubliais comment s'appelait la fille qui a aidé Harry Potter à vaincre Voldemort ? Ce n'était pas Hermione Granger ? Mais attend c'est moi ! ironisa t-elle.
C'est bon, ne t'énerve pas tempéra Chris. Je dis simplement que les Malefoy ont tout fait pour finir comme ça. Regarde le fils, à 15 ans déjà il clamait haut et fort qu'il allait recevoir la marque.
Mais tu confonds tout s'exclama Hermione. Malefoy a été influencé dès son plus jeune par son père, on lui a bourré le crâne de fausses idées sur les sangs purs et les sangs de bourbes. Je ne défends pas les mauvais actes qu'il a commis mais je pense qu'il a quand même droit à une seconde chance.
Toi tu vas me demander quelque chose s'exclama Chris en riant.
Mais, comment tu le sais ? s'étonna Hermione.
Tu fais toujours une mimique, enfin bon dis-moi. De quoi as-tu besoin ?
Je voudrais que … Je voudrais que tu fasses libérer Malefoy de prison.
Quoi ? cria Chris. Mais je ne peux pas faire ça, il faudrait que je prévienne le bureau des aurors, fasse un tas de démarche et puis pourquoi je le libérerai s'il est coupable ?
Chris soupira Hermione. Tu n'as pas écouté ce que je t'ai dit ? Il a droit à une seconde
chance.
Chris soupira et se gratta la tête comme il le faisait souvent lorsqu'il réfléchissait. Au bout de quelques minutes, il capitula et dit :
Bon d'accord, je vais voir ce que je peux faire
Merci ! dit Hermione rayonnante
Mais dis-moi la libération de Malefoy te rend très enthousiaste.
Non, non pas du tout dit Hermione en rougissant C'est juste que je veux qu'on lui donne une seconde chance
D'accord, bon à tout l'heure. Excuse-moi de te pousser vers la sortie mais j'ai un rendez-vous très important.
D'accord à tout à l'heure. Et j'oubliais, ne dis rien à Harry.
Pourquoi ?
Parce que … parce que je ne sais pas s'il prendrait bien le fait que je me porte garante de Malefoy et que je le défende répondit Hermione
D'accord répondit Chris en haussant les épaules Mais ce n'est pas facile de cacher quoi que ce soit au directeur du bureau des auros.
Je sais mais essaye toujours.
D'accord.
Après avoir dit au revoir à Chris, Hermione put enfin rentrer chez elle manger. Elle n'eut que le temps de manger trois bouchées qu'un hibou frappa à la fenêtre avec son bec. Elle lui ouvrit et à son grand malheur c'était une lettre du Ministère. On avait besoin d'elle à son bureau pour une affaire très urgente. Elle rouspéta pendant deux bonnes minutes puis transplana devant le Ministère. Elle ne s'était jamais autant dépêché pour aller au travail. Elle s'assit tellement fort sur son fauteuil que celui-ci s'inclina et Hermione tomba par terre. Eh bien se dit-elle l'après midi commence bien. Elle se releva et vit le dossier soit disant « urgent » posé sur son bureau. Elle passa l'après midi dessus, le dossier relevait d'une affaire compliquée entre deux elfes qui se disputaient l'héritage de leur patronne. Elle vit alors le mot posé sur sa table. Elle l'ouvrit et le déplia :
Rebonjour Hermione,
Comme tu me l'as demandé, je n'ai rien dit à Harry. Malefoy a été libéré par un homme de confiance, je pense donc qu'il ne l'apprendra pas. Je n'ai pas dit non plus à Malefoy que c'est grâce à toi qu'il est sorti. Je n'avais pas envie de supporter ses jérémiades sur les sangs de bourbes.
Bien à toi,
Chris
Hermione fut soulagée d'apprendre que Malefoy ait été libéré mais un peu moins en apprenant que Chris ne lui avais pas dit que c'était grâce à elle. Une fois sa journée de travail terminée, elle rentra dans son appartement et s'endormit d'une traite.
Le lendemain matin, le réveil fut dur pour Drago. Il n'aurait jamais cru qu'un jour il aimerait dormir en prison. L'endroit était au moins chauffé tandis que le banc était très inconfortable et la température ambiante pas vraiment agréable. Il vit alors un exemplaire de la Gazette traîner par terre. Il le ramassa et lut le gros titre : « Hermione Granger, une femme pourtant modèle aide l'ancien mangemort et traître Drago Malefoy ». Comment ? pensa t-il C'était donc grâce à Granger qu'il était sorti de prison ? Mais pourquoi avait-elle fait cela ? Malefoy réfléchit et repensa à son comportement d'il y a deux jours. Il avait été méchant avec Granger donc pourquoi l'avait-elle aidé ? L'idée d'aller la remercier lui traversa l'esprit mais non. Un Malefoy ne remerciait jamais.
Drago passa la matinée à penser à elle et plus il réfléchissait plus son comportement lui pesait sur la conscience. Il devait aller s'excuser. Le problème est qu'il ne savait pas où habitait Hermione, il décida d'aller au Ministère malgré les risques auquel il s'exposait. Mais il se rendit vite compte que sans baguette, il n'avait aucune chance de rentrer. Il réfléchit quelques instants puis eut l'idée de l'attendre sous son arche dans le Chemin de Traverse. Tous les sorciers y allaient souvent, il y a avait donc de fortes chances qu'il la croise un jour. Justement, c'est ce qui se passa. Drago aperçut Granger le lendemain après midi. Il courut vers elle et l'appela :
Granger ! Granger !
Hermione sursauta en attendant quelqu'un l'appeler et se retourna vivement.
Malefoy ! Tu as été libéré ? dit Hermione en faisant semblant de s'étonner.
Pas la peine de jouer la comédie Granger dit Drago d'un air amusé. Je sais que c'est grâce à toi que j'ai été libéré.
Non nia Hermione en rougissant. Je n'ai rien fait.
Granger, j'ai lu la gazette répondit Drago en la regardant droit dans les yeux
La Gazette ?
Drago lui montra alors la une du journal, dès qu'Hermione la vit, elle tomba à la renverse.
Comment ? Mais … Mais comment ont-ils su ? Cela devait rester secret, maintenant Harry va le savoir et je vais avoir des problèmes.
Quels problèmes ? demanda Drago. De quoi tu parles ?
De rien. De rien.
D'accord soupira Drago. Je voulais te dire quelque chose, c'est assez difficile hésita t-il.
Voilà, je voudrais m'excuser pour mon comportement d'avant-hier marmonna Malefoy.
Hermione dont le sourire vainqueur s'étalait sur son visage, fit durer le plaisir :
Comment ? Je n'ai pas entendu dit-elle d'un air machiavélique.
Granger, je sais très bien que tu as entendu. Ne crois pas que parce que je me suis excusé que je vais me plier à toutes tes volontés. Malgré tout, je reste le même rétorqua Drago.
Bon , je vais t'avouer que ce ne sont pas les meilleures excuses que j'ai entendues, mais c'est un début concéda Hermione.
Bon, je vais te laisser, je suppose que tu n'es pas venue ici pour rien dit Malefoy.
Hermione n'eut pas le temps de répondre que Malefoy tourna les talons et regagna son arche.
Elle soupira décidément, il avait de ces sautes d'humeurs. Elle se dirigea vers Fleury & Bott pour dépenser son argent durement gagné. Lorsqu'elle eût fini ses emplettes, elle revint avec un sac rempli d'une dizaine de livres. Évidemment, il ne pesait pas plus lourd qu'une plume grâce au sortilège qu'elle utilisait. Elle repassa devant l'arche de Malefoy. Elle ne put s'empêcher d'avoir pitié de lui, il était seul assis sur son banc à moitié cassé, il frissonnait à cause du froid. N'y tenant plus, Hermione fit demi tour et s'assit à côté de lui :
Pas trop froid ? demanda t-elle timidement.
Piètre manière d'engager la conversation répondit Drago.
Malefoy, ne sois pas toujours sur la défensive comme ça soupira Hermione.
Mais, Granger comment veux-tu que je ne sois pas toujours sur la défensive ? Je t'ai fais la misère durant toutes tes études, je n'ai aujourd'hui plus rien, alors comment être sure que tu ne vas pas me cracher des insultes au visage à tout instant ? rétorqua t-il.
Parce que je ne suis pas comme ça, tout simplement soupira Hermione.
Je te rappelle que je ne te connais pas Granger.
Bon, d'accord tu ne me connais pas concéda Hermione. Mais …
Drago la coupa avant qu'elle ait pu finir sa phrase :
Et puis d'abord pourquoi veux-tu m'aider ? demanda t-il
Parce que … Parce que je ne supporte pas de te voir comme ça avoua t-elle
Granger ! Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas de ta pitié d'accord. Mon père m'as toujours répété que dans la vie, on ne peut compter que sur soi-même. Alors, si je n'arrive pas à me sortir de cette situation tout seul, je ne pourrais jamais face aux autres dit-il quelque peu énervé.
Malefoy, ce n'est pas parce que tu acceptes l'aide de quelqu'un, que tu es considéré comme un moins que rien. Je voudrais que tu restes dormir cette nuit chez moi. Les températures sont glaciales dehors.
Drago ne répondit rien comme perdu dans ses pensées. Il réfléchit quelques instants et pensa à la nuit froide qu'il l'attendait. Même s'il devait supporter Granger toute une journée, l'offre qu'elle lui faisait était non négligeable. Il aurait pu tuer pour dormir dans un vrai lit. Après quelques minutes de réflexion, il marmonna :
Bon d'accord. Mais juste pour cette nuit.
Oui, pas de problème.
Hermione lui tendit sa main, Drago la prit, elle était chaude et douce. Même s'il ne voulait pas se l'avouer, il était content que l'on s'intéresse à lui même si c'était Granger. Ils transplanèrent et arrivèrent directement dans l'appartement d'Hermione. Drago resta les bras ballants et s'assit sur le canapé. Hermione soupira, il ne comprenait pas qu'il devait l'aider à mettre la table. Elle rit intérieurement en pensant que Malefoy ne devait même pas savoir où était rangée la vaisselle chez lui. Elle fit tout de même abstraction de ces sentiments, Malefoy avait une une dure semaine, pour cette fois elle pouvait bien faire une exception. Une fois qu'elle eut mis la table et préparé le repas, elle appela Malefoy :
Malefoy, à table !
C'est bon Granger soupira t-il. J'arrive.
Ils mangèrent en silence. Hermione n'aimait pas le silence. Elle se décida à le briser, elle ouvrit la bouche mais avant qu'elle ait pu parler, Malefoy l'interrompit une fois de plus :
Granger, ne te sens pas obligée de briser le silence à chaque dit-il.
Hermione se tut, estomaquée qu'il est pu si bien lire dans ses pensées. Une fois que Drago eut terminé, il se leva et se rassit sur le canapé. Hermione patienta quelques instants, pensant que Malefoy allait venir l'aider, c'était après tout la moindre des choses, mais non il était totalement plongé dans ses réflexions.
Dis-moi Malefoy, tu pourrais venir m'aider quand même ?
T'aider ? s'étonna ce dernier Je n'ai jamais débarrassé la table de ma vie et ce n'est sûrement pas aujourd'hui que je vais commencer répondit-il de son air supérieur.
Écoute, si tu veux passer la nuit ici, tu as intérêt à te plier à mes règles. Donc tu te lèves et tu viens m'aider.
Et tu oses me donner des ordres en plus s'esclaffa Drago Non seulement je ne vais pas bouger mais en plus je vais me coucher. Je suis épuisé.
Hermione vit Malefoy se tourner et s'enrouler dans la couverture. Elle fulmina de rage de s'être laissé avoir de la sorte. Foi de Gryffondor, cela n'allait pas se passer comme ça. Elle mit la main sur le dos de Drago en faisant attention de ne pas le réveiller et transplana sous son arche. Drago fut vite réveillé par la température glaciale qui régnait dehors. Lorsqu'il vit qu'il était dans la rue, il se mit à crier :
Mais tu es folle Granger ! Qu'est ce que tu as à la place du cerveau, une bombabousse ?
Tu n'as pas voulu participer aux taches, notre accord a donc été rompu dit Hermione d'un air conquérant.
Quel contrat ? s'exclama t-il. Nous n'avons jamais conclu de contrat.
Si, tu profites de mon hospitalité, donc je ne vois pourquoi tu ne devrais pas participer aux corvées.
Je te signale que c'est toi qui me l'a proposé.
Je ne vois pas ce que ça change. Mais si tu ne veux pas participer, cela ne fait rien. Après tout ce n'est pas moi qui vais dormir dehors.
Drago blêmit en s'imaginant dormir une nuit de plus dehors ou en errant dans les rues à la rechercher de nourriture. Il capitula finalement :
Bon d'accord soupira t-il.
Je préfère ça dit Hermione en esquissant un sourire victorieux.
Une fois arrivé dans l'appartement, Drago comme promis aida Hermione à ranger la table. Le travail étant fini, il s'écroula de fatigue sur le canapé. Hermione s'assit sur un fauteuil juste en face de lui.
Malefoy, j'ai une question dit Hermione.
Toi et tes questions mais étant donné ta curiosité maladive, je suppose qu'aucune personne sur cette terre ne pourra te faire renoncer à la poser, alors vas-y.
Est-ce que tu as toujours ta baguette magique ?
La question d'Hermione fit subitement changer l'humeur de Drago. Il la foudroya du regard et lança :
Évidemment quelle question ! Un Malefoy ne sépare jamais de sa baguette magique mentit-il.
Malefoy reprit plus gentiment Hermione. Je sais que tu n'as plus ta baguette.
Mais non Granger, tu dis n'importe quoi ! vociféra Drago.
Très bien, dans ce cas montre-la moi.
Non.
Et pourquoi ?
Je n'ai pas à me justifier de quoique ce soit devant toi.
Je conclus donc que tu n'as pas ta baguette magique, ce qui confirme mes soupçons. Tu ne te serais jamais laissé prendre pour vol si tu avais eu ta baguette.
Quoi ? N'importe quoi répondit Drago la voix tremblante.
Tu sais ce n'est pas humiliant,ce n'est pas grave.
Ce n'est pas grave ? Ce n'est pas grave ? hurla Drago. C'est comme si on m'avait enlevé une partie de moi-même. J'ai baigné dans la magie depuis tout petit, sans ma baguette je me sens totalement perdu. Je ne sais plus rien faire et j'ai tout perdu !
Drago dans un violent accès de colère lança un vase qui se brisa en mille morceaux. Hermione sursauta et eut presque peur du jeune homme. Mais quelque chose au fond d'elle, lui disait qu'il n'allait pas lui faire du mal. Elle s'approcha doucement de lui et posa sa main sur son épaule et lui tendit sa propre baguette.
Tiens Malefoy, prends là dit-elle doucement.
Ta propre baguette ? Tu es prête à me prêter ta propre baguette ?
Oui, je suis sûre que cela va te faire du bien de pratiquer la magie à nouveau.
Drago, dont les yeux brillaient comme ceux d'un enfant venant de recevoir ses cadeaux de Noël, tendit doucement la main vers la baguette et la prit. C'est alors qu'un flot d'émotions le submergea. La magie coulait à nouveau dans ses veines. Il se sentait revivre. Après quelques instants de silence :
Tu as l'air de drôlement me faire confiance Granger ! Tu sais que je pourrais te tuer à tout instant dit-il en s'approchant d'elle de sa démarche féline.
Hermione recula mais ne se démonta pas pour autant et lui répondit :
Singulière façon de me remercier.
Je n'ai jamais été très doué pour ce genre de choses de toute façon dit-il en haussant les épaules.
Hermione ne dit rien, mais voyait bien que les yeux de Malefoy brillaient de gratitude. C'était sa façon à lui de la remercier. Elle lui souhaita bonne nuit et partit se coucher. Une étrange sensation de chaleur l'envahit, elle n'avait jamais ressenti cela auparavant. Elle mit cela sur le compte de l'émotion. Elle se coucha et s'endormit aussitôt.
