Le lendemain matin, un samedi, Hermione attendait impatiemment l'arrivée du courrier. Harry lui aurait sûrement répondu (très certainement dans l'espoir de lui faire changer d'avis). Elle espérait donc recevoir une lettre de son meilleur ami et une autre de sa femme, Ginny qui, elle, la féliciterait si le monde tournait toujours rond.
Elle n'était plus si sûre depuis que Malfoy avait été nommé Directeur de la Maison Serpentard. Non, décidément elle ne se ferait jamais à l'idée…
Draco venait d'entrer dans la Grande Salle, affichant un sourire satisfait. En approchant de la table des professeurs, il se pencha à l'oreille d'Hermione et lui chuchota « J'ai entendu dire par certains élèves que tu t'étais fait mal hier en allant aux cuisines. Juste après que je t'ai laissée. Ton pied ne te fait pas trop souffrir ? »
Hermione n'eut pas besoin de s'imaginer en train de tuer l'abominable petit con arrogant qui lui murmurait ces mots à l'oreille. Il lui suffisait en fait de s'imaginer sa réaction, le lundi qui arriverait, et la tête qu'il ferait à coup sûr à ce moment-là vaudrait bien toutes ces années où il l'avait énervée pour le plaisir.
Ça vaudrait bien toutes ces « contrariétés » (pour rester polie) qu'il lui avait faites subir depuis leur retour dans le nouveau Poudlard. Elle lui répondit donc avec un sourire aimable et calmement :
« Oh, je te remercie, ça va. Comme je clopinais un peu, je suis allée voir Pomfresh mais elle m'a dit que ce n'était rien. Elle m'a donné une potion pour calmer la douleur et depuis que je l'ai prise, c'est le bonheur total ! »
Dire que Draco était surpris était un euphémisme et, comme Hermione l'avait prévu, il attribua cette amabilité feinte à la potion antidouleur que Poppy était censée lui avoir donnée.
Plus tard, alors qu'il partait pour la sortie à Pré-au-lard pour retrouver son ami Blaise, comme ils en avaient l'habitude, inconscient de son destin funeste, Hermione se dirigeait vers sa chambre pour ouvrir les deux lettres qu'elle avait effectivement reçues par le courrier du matin en plus d'une troisième qui venait de Lavande Brown. C'est celle-ci qu'elle commença de lire.
Chère Hermione,
Je sais que Ron et toi ne vous êtes pas quittés dans les meilleurs termes mais ça me causerait un ravissement sans borne et, j'en suis sûre, à lui aussi, que tu viennes à notre mariage prévu pour le 6 juin prochain. De l'eau a passé sous les ponts et comme j'ai réussi à le faire se remettre de la mort de Fred, après que tu sois partie, il serait sûrement temps que vous fassiez la paix.
J'attends impatiemment ta réponse et souhaite ardemment qu'elle soit positive.
Lavande Brown bientôt Weasley.
Une lettre condescendante où cette petite pimbêche tentait de remuer le couteau dans la plaie en marquant son territoire et en essayant d'aligner le plus de mots intelligents qu'elle connaissait...
Quel bel avenir s'était préparé Ron. Si elle avait su plus tôt qu'il cherchait une sorcière à la tête vide et qui l'adulerait et l'adorerait comme un dieu chaque fois qu'il ouvrait la bouche pour sortir une énième stupidité, elle ne se serait pas donné tant de mal et serait simplement restée son amie dès le départ. Enfin, Hermione décida qu'elle répondrait plus tard à la petite invitation mesquine. Et oui, par l'affirmative.
Elle croyait énormément à ces histoires de karma et pensait donc que d'ici là, elle aurait trouvé un moyen de se pointer à ce foutu mariage en rendant la monnaie de sa pièce à « Lav-Lav ». D'ailleurs, pourquoi attendre ? Elle allait lui répondre immédiatement !
Lavande,
Je te remercie de ta délicate attention. Je n'aurais pas voulu rater ce jour si important de la vie de Ron ! Je suis si heureuse que vous vous soyez retrouvés malgré les difficultés que vous avez rencontrées il y a une dizaine d'années. Comme quoi, l'amour triomphe toujours, n'est-ce pas ?
Comptez sur moi le 6 juin.
Passe une bonne journée. Je te laisse aux préparatifs du mariage qui doivent occuper tout ton temps. Je t'embrasse bien fort.
Hermione.
Cette gourde ne verrait sûrement pas le venin distillé dans les mots de la lettre et ne la montrerait certainement pas à Ron. Elle lui en voulait d'avoir choisi Lavande, la tête vide plutôt qu'elle-même, Hermione, la tête d'ampoule. Elle réussirait à dépasser ça, un jour. Elle le savait. Et puis, honnêtement, avec l'histoire contre Malfoy, elle avait d'autres chats à fouetter.
Elle s'intéressa ensuite aux deux autres lettres qu'elle attendait. Laquelle lire en premier ? Celle d'Harry toute pleine de remontrances pour son comportement gamin. Ou celle de Ginny qui l'encouragerait à continuer dans cette voie jusqu'à ce que Malefoy crie grâce. Elle préférait finir sur une note plus positive. Aussi commença-t-elle par la lettre d'Harry.
Hermione,
On te dit la sorcière la plus intelligente de notre promo. Franchement, j'ai du mal à le croire vu comment toi et Malefoy, vous vous comportez comme de véritables collégiens !
Cette idée que tu as eue est loin, je pense, d'être l'une de tes plus brillantes. Tu as pensé aux conséquences ? S'il-te-plaît, oublie ça. Continue de planquer son gel (même si, d'après ce que tu m'as dit, il s'est coupé les cheveux suite à cette petite « blague »), place un méchant sort de catapultage sur son balais, ou encore, je ne sais pas, tu pourrais lui faire manger une des friandises made in Weasley pour le faire parler toute une journée en chantant. Je crois qu'ils ont créé quelque chose dans ce goût-là. Ça pourrait être amusant ça.
Quoi qu'il en soit, n'envoie pas cette lettre ! Je t'en prie. Je le sens mal. Même si je suis sûr que tu l'as déjà envoyée…
Allez, tiens-moi au courant, ma belle.
Bisous du Survivant.
PS : J'espère que tu connaîtras le même destin que moi quand Malefoy aura réagi à ta plaisanterie. Bientôt tu pourras signer comme ça toi aussi, si c'est le cas.
Bon, elle s'y attendait. Harry s'était bien calmé depuis la fin de la guerre et surtout depuis qu'il avait épousé Ginny. C'était elle la fofolle des deux. Lui faisait semblant d'avoir les pieds sur terre. Par contre, son idée de faire chanter Malefoy chaque fois qu'il ouvrait la bouche n'était pas mauvaise du tout. Il réagirait davantage à ce genre d'humiliation qu'à un banal catapultage. A réfléchir… En tout cas, une seule lettre restait à ouvrir et elle avait hâte de voir ce que lui disait Ginny.
Je t'aime. Je divorce d'Harry et je t'épouse.
Bon d'accord, au début, quand Harry m'a raconté ton histoire, tout rabat-joie –comme il sait l'être depuis qu'on s'est mariés… Je crois qu'il a peur que les enfants ne pensent qu'à violer les règles qu'on essaie de leur inculquer. Pour ma part, du moment qu'ils se rappellent jusqu'à la fin de leurs jours que 'maman a toujours raison' (un concept essentiel au maintien de la paix dans notre famille) et qu'il ne faut pas m'énerver, ça va. Je leur répète sans cesse qu'ils ne peuvent pas gagner contre mon esprit diabolique.
Je pense avoir instillé en eux le juste degré de peur de l'autorité maternelle. Après, si avec les autres, ils appliquent le concept du « pas vu, pas pris », ça me va.
Enfin, pour en revenir à ton histoire, parce que je m'égare, quand Harry m'a dit ton projet, j'ai été sceptique. La Hermione que je connais n'irait pas jusque-là, même pour des elfes de maison. Comme j'ai pu voir moi-même la lettre et constater que tu étais sérieuse, il faut que tu saches que je suis toute prête à t'aider. En échange, je voudrais quand même la suite de l'histoire. Ce qu'il s'est passé sur le chemin jusqu'aux cuisines ou après les cuisines ! Et avec les détails les plus croustillants !
Quand il commencera à avoir des réponses, dis-le-moi. J'irai donner l'annonce à la Gazette du Sorcier. Il faut que toutes ses pauvres sorcières célibataires qui fantasment sur lui sachent. Ça pourrait les aider. Enfin je le ferai pour que ça fasse plus vrai et qu'on n'arrive pas à remonter facilement jusqu'à toi.
Je t'embrasse très fort et je tenais à te dire que je suis super fière de toi !
Ginny
PS : Repense à ma proposition : je quitterai Harry en un battement de cil pour m'associer à tes plans machiavéliques ! EPOUSE-MOI !
Et ça y était, Hermione était pliée en deux de rire. Ça faisait tellement de bien d'être soutenue. Très honnêtement, au fond d'elle-même, elle savait qu'elle faisait une erreur. Mais elle voulait se venger. Frapper un grand coup pour mettre fin à cette guerre de collégiens, Harry avait raison... et en sortir victorieuse ! Elle prit sa plume et commença à écrire sa réponse à Harry et Ginny.
Harry, Ginny,
La lettre est déjà partie et les réponses devraient commencer à arriver ce lundi. Je crois que l'annonce paraîtra dans l'Obstiné (il s'agissait du Têtu sorcier) le même jour. Lundi midi, ce serait bien que tu fasses passer l'annonce à cette chère Rita Skeeter. Sans compter que si c'est moi qui lui envoie, elle serait capable de ne pas la traiter, juste pour m'embêter.
Ginny, je vais réfléchir à ta proposition. Je suis sûre qu'avec toi, la vie serait excitante et toujours mouvementée. Je t'aime aussi mais je t'avoue que ça m'embêterait de priver Harry de toi.
Je vous embrasse et je vous tiens au courant.
Hermione.
Le lundi suivant trouva une fois de plus Hermione à guetter les hiboux au moment du petit-déjeuner. Toute la Grande Salle fut étonnée de la quantité anormale de hiboux ce matin-là. Une vingtaine de ces volatiles vinrent se poser à la table des professeurs. Devant Draco Malefoy.
Bon nombre des lettres étaient roses. Il se rengorgea donc du nombre toujours croissant de ses admiratrices. Se vantant haut et fort en se tournant particulièrement vers Hermione pour lui faire la nique.
Elle afficha un air renfrogné. Elle attendait juste le moment de plonger son esprit dans le sien, voir ce qu'on lui écrivait à travers ses yeux et ressentir ses émotions. Elle avait du mal à se contenir.
Enfin, il se décida à les ouvrir et c'est là, mais exactement là, qu'il commit sa plus grosse erreur.
« Allez Granger, viens là que je te montre quelque chose que tu ne verras jamais : une lettre de fan. Allez viens, n'hésite pas, approche-toi. » Il souriait toujours de son petit air suffisant et Hermione n'allait pas laisser passer une telle occasion.
« Oh, je t'en prie, Malefoy, si tu crois que ça m'intéresse tout ce que ces célibataires en rut t'écrivent. Quand on m'écrit à moi, on ne vise pas que mon physique. »
« C'est ce que je disais, » dit-il en se levant, emmenant chaque lettre avec lui, pour se poser tout à côté d'elle. « Comme tu n'en verras jamais une qui t'est adressée, je vais te laisser le privilège de voir ce que c'est qu'une vraie lettre de fan. Alors admire. »
Elle aimait tellement quand il s'enfonçait tout seul, sans le savoir ! Il sortit de son petit tas de lettres celle qui semblait la plus « girly ». La rose parfumée à la lavande. La fragrance était tellement entêtante… Hermione jubilait intérieurement. Il avait à coup sûr tiré un winner. Enfin, il ouvrit son courrier, le disposant bien entre Hermione et lui.
C'est par conséquent tous les deux penchés sur la petite feuille rose, épaule contre épaule, qu'ils se retrouvèrent à la lire. Et tandis que le sourire de Draco tombait, le visage d'Hermione s'éclairait jusqu'à ce qu'elle éclate d'un grand rire !
« Effectivement Malefoy, j'avais jamais vu ça ! »
Entre eux, sur la lettre, s'étalait une écriture ronde et fine à la fois. C'était une lettre de fan, une lettre d'amour mais pas celle qu'attendait le Serpentard tout déconfis.
Cher Draco,
Je suis tellement heureux qu'enfin tu aies le courage d'avouer au monde entier et à toi-même ce que tu es. C'est particulièrement difficile de faire son coming-out, je le sais. Mais tu as eu ce courage. Honnêtement, on attendait tous que ça !
Je lis régulièrement Obstiné et je t'ai trouvé particulièrement émouvant. Pour te dire toute la vérité, je ne t'aurais jamais imaginé si sensible. Tu sais, quand j'ai commencé à comprendre qui j'étais vraiment, j'ai fait comme toi et j'ai complètement embrassé la personne que j'étais. Moi aussi, je cherche l'amour et si tu ne sais pas vers qui te tourner, je suis là pour toi.
Pourrais-je te l'avouer, je t'aime déjà beaucoup et je sens que l'on pourrait construire quelque chose tous les deux. Je suis brun et franchement ça irait tellement bien avec tes cheveux blonds. Le contraste serait si fort et si doux ! Et tu sais ce qu'on dit : les contraires s'attirent ! Je rêve déjà que tu me prennes dans tes grands bras, tu es si grand. J'ai toujours préféré les hommes grands et comme je suis petit, on irait tellement bien ensemble.
Prends soin de toi quoi que tu fasses mais repense à mon offre.
Je t'embrasse langoureusement,
Matt.
Et voilà, on avait trouvé l'équivalent masculin et gay de Lavande.
Pendant qu'Hermione tapait du point sur la table sans cesser de rire en regardant le visage de Malfoy complètement confus et hébété, ce dernier essayait tant bien que mal de comprendre.
Déjà, il avait parfaitement conscience de s'être ridiculisé devant la jeune femme qui était assise à ses côtés. Ça, c'était sûr. Maintenant, comment se faisait-il que ce type lui ait envoyé une lettre pareille ? De quel coming-out il parlait ? Quel courage ? Comment Obstiné était arrivé dans la lettre ?
Pour être sûr de ce qui se passait, il examina les autres lettres. Toutes étaient de jeunes ou de moins jeunes hommes qui lui faisaient tous des déclarations d'amour plus ou moins enflammées.
Et la Gryffondor qui continuait de rire à gorge déployée à côté de lui. « Non, mais je t'assure… Mais je… Je ne sais p… Je ne comprends pas… » Et il continuait de balbutier. Et elle continuait de s'esclaffer.
C'est ce moment-là que Flitwick choisit pour venir s'enquérir de ce qui se passait entre les deux jeunes professeurs, persuadé qu'il était qu'enfin ils avaient osé s'avouer « leur mutuelle inclination ». Hermione s'apprêtait à lui faire part du curieux courrier de Malefoy, qui ferait ravaler son caquet à l'indiscret professeur. Draco fut toutefois plus rapide et la rendit muette d'un coup de baguette.
Tout d'un coup, il semblait furieux. Il brûla toutes les lettres vivement et entraîna sans ménagement Hermione vers les donjons où se trouvaient ses appartements de Directeur de Maison sous les yeux sidérés de l'ensemble des sorciers et sorcières présents dans la Grande Salle.
Arrivés à destination, il la fit entrer et commença à vociférer comme suit :
« Bordel de Dieu, Hermione ! Qu'est-ce que t'as foutu ? C'est toi, n'est-ce pas ? Je me demande comment ils ont pu croire que MOI, j'enverrais ce genre de courrier ? Mais putain de merde, tu vas répondre ? »
Si Hermione n'avait pas été aussi furieuse d'avoir été traînée jusqu'à ses appartements et ensuite qu'il s'en donne à cœur joie pour s'égosiller contre elle, elle aurait vraiment apprécié le fait qu'elle avait réussi : Draco Malefoy avait très officiellement perdu tous ses moyens. Mais, elle était trop furieuse pour savourer sa petite victoire, aussi le toisait-elle d'un regard furibond.
Comme elle s'obstinait dans son silence, Draco s'emporta et après avoir fait exploser sa fenêtre d'un violent coup de baguette, il se décida à tout simplement entrer dans son esprit. Il était habitué maintenant à cette pratique et puisqu'il n'y avait vraiment plus d'autres moyens, il allait y aller sans aucune gêne. Il la ferait parler !
Il se concentra, mit toute sa force mentale dans son attaque et après s'être ainsi préparé, il chargea. Enfin si on peut dire… Il fut étonnamment surpris de ne trouver aucune résistance. A la place, il entendit Hermione penser ironiquement 'Déjà ? Wow, ce qui est bien, c'est que tu n'as pas perdu de temps, hein ?'
'Pourquoi tu ne réponds pas ? Qu'est-ce que t'as foutu, Granger ?'
'Ecoute, il se trouve que j'ai du mal à répondre quand je suis sous le sortilège de mutisme. C'est tellement fin d'envoyer des « silencio » à tout va. Mais t'en fais pas, j'ai plein de trucs à te répondre !'
« Finite incantatem, » lança simplement Draco. « Alors, vas-y, je t'écoute ! »
« Et d'où, exactement, tu penses avoir le droit de me faire tirer de la Grande Salle, devant tout le monde, après m'avoir rendue muette, rien de moins, pour m'emmener dans tes appartements ? J'ai toujours su que je te faisais un effet bœuf, mais là, va falloir que tu revoies tes techniques de drague, pauvre con ! »
« Ah oui ? On reviendra là-dessus plus tard. Qu'est-ce que tu as envoyé à Obstiné ? Comment ils ont pu croire que ça venait de moi ? »
« Je ne vois pas de quoi tu parles. Si tu envoies des trucs et, d'après ce que j'ai lu, des annonces à un journal sorcier gay, ce n'est pas de ma faute, si ? »
Ce qu'il faut savoir sur Hermione, c'est que d'habitude, chaque fois qu'elle mentait, elle rougissait comme une tomate. On le savait par conséquent pertinemment et à tous les coups. Sauf que là, elle était déjà rouge de colère et elle criait sur Malefoy qui essayait de déceler tous ces petits signes qu'il connaissait si bien après toutes ses années d'observation et qui lui permettrait de la confondre. Mais même lui avait du mal à savoir si oui ou non, elle lui mentait en cet instant précis.
C'est donc par frustration plus encore que par colère qu'il continua de l'incendier.
« Ah parce que tu oses dire que ça ne vient pas de toi ? Tu te fous de moi ! »
« Ecoute, espèce de petit enf… » Mais Hermione ne put pas aller plus loin dans la petite tirade qu'elle allait lui balancer. Une petite chouette du désert venait de s'engouffrer dans les appartements du Serpentard et n'arrêtait pas de battre des ailes autour de la tête de ce dernier. Elle était accompagnée d'un magnifique hibou grand-duc qui s'était posé sur le bureau de Malefoy, attendant patiemment que l'autre chouette ait fini son cirque.
Draco retira donc aux deux volatiles les lettres qu'ils transportaient et commença par celle du hibou.
Draco,
Qu'est-ce que ça signifie ? J'ai du mal à croire que tu m'aies rejoint du côté obscur de la force. Dis-moi ce qui se passe. Je sais que tu n'as eu aucun problème quand je t'ai avoué que j'étais gay et que tu m'as soutenu mais je te connais trop bien pour te voir renoncer aux filles.
Tiens-moi informé. Je t'aiderai du mieux que je peux.
Blaise
Draco savait qu'il pouvait compter sur son meilleur ami même s'il se demandait si à présent il pouvait s'afficher avec, sachant que Blaise avait fait connaître à tous et à toutes qu'il était homosexuel…
Il y réfléchirait plus tard. Il ouvrit donc la lettre de la petite chouette sans avoir remarqué qu'une belle chouette blanche était entrée par la fenêtre qu'il avait faite exploser un peu plus tôt, pour se diriger vers Hermione. Hedwige, car c'était elle, fit passer rapidement une lettre à Hermione et repartit après avoir reçu une douce caresse de la lionne en furie.
Aussi, pendant que Draco lisait la lettre que lui avait envoyé Rita Skeeter pour lui demander une interview en particulier pour discuter de son nouveau statut, Hermione dévorait les quelques mots que Ginny lui avait envoyés :
Mission accomplie. Je sais que je n'ai pas attendu jusqu'à midi, mais comment as-tu pu croire que j'étais assez forte pour le faire ?
Je t'embrasse et te conseille d'aller te planquer. Je pense que Draco va essayer de te trucider.
Si tu survis, il faudra que tu acceptes d'être la marraine du troisième qu'on a mis en route Harry et moi. Enfin, garde-le pour toi pour le moment. Je ne voudrais pas que maman sache que je te l'ai dit avant de le lui dire à elle. Elle ne comprendrait pas le danger de mort qui plane sur ta tête.
Autre information top-secret : y a de l'eau dans le gaz entre Ron et Lavande.
Ginny
Au moment où elle finissait sa lecture, un petit sourire aux lèvres comme chaque fois qu'elle recevait une lettre déjantée de Ginny, elle remarqua le regard noir que Draco lui lançait.
« Alors, ton amoureux t'écris pendant que je reçois une invitation de la part de Rita Skeeter ? »
« Je savais bien que tu avais toujours préféré les blondes, » répondit-elle d'un ton dégagé. La petite lettre de Ginny lui avait fait reprendre ses esprits. Elle ne pouvait plus mentir sans se faire prendre alors elle opta pour la deuxième meilleure solution et l'enragea pour lui faire assez perdre ses moyens pour qu'elle puisse s'enfuir. « Tu sais, si je ne te connaissais pas mieux, je dirais que tu es jaloux… »
Malefoy voyait rouge. Elle se moquait de lui en plus. Et son insinuation à la con ! Il arracha rapidement la missive des mains de la jeune fille qui eut tout juste le temps de la remplacer d'un sort par celle qu'elle avait reçue de Lavande (la moins compromettante qu'elle ait reçue ces derniers temps).
Quand il la lut, un rictus mauvais étira le visage du Serpentard. Curieusement, il se laissa emporter par sa hargne des Weasley et lança des mots qui lui donnèrent envie de revenir deux minutes en arrière et faire en sorte qu'ils ne dépassent jamais la barrière de ses lèvres. Mais c'était trop tard :
« La belette a toujours eu des goûts de chiotte ! Quand je pense qu'il t'avait toi et qu'il a choisi ça à la place… Pas comme s'il te méritait au départ de toute façon ! »
Hermione, complètement abasourdie, décida que c'était justement pour elle le moment de s'enfuir. Draco était lui aussi trop choqué par ce qu'il venait de dire pour essayer de la rattraper et de lui faire avouer sa malheureuse blague. Il avait toujours refusé de s'arrêter à réfléchir sur le pourquoi du comment il adorait emmerder la lionne.
Il savait qu'il aurait voulu en faire un sport. Il savait qu'il aurait été sacré champion dans cette discipline si elle avait existé. Il savait qu'il avait toujours mis cette jouissance à la tirer hors de ses gonds sur le compte d'une rivalité qui avait existé entre eux depuis leur première année à Poudlard. Mais il ne savait plus, après cette déclaration, si cette raison était la seule qui existât.
En bon Serpentard qu'il était, il décida que ce n'était pas le moment de s'en préoccuper et qu'il fallait bien plutôt se soucier de limiter les dégâts que cette garce avait très probablement causés. Même s'il rechignait bizarrement à l'appeler « garce » à présent qu'il avait reconnu devant elle qu'il l'estimait. Et aussi à cause de son insinuation… Possible qu'il ait été jaloux. Un peu. Il n'avait pas aimé qu'elle sourie en lisant les mots d'un ou d'une autre. Mais c'était sans aucun doute parce qu'il voulait continuer leur dispute et que la lettre semblait lui avoir fait tout oublier de sa présence alors même qu'ils étaient toujours dans SA chambre à LUI quand même !
Enfin, il répara la fenêtre d'un coup de baguette parce qu'il faisait froid dehors et surtout parce qu'il ne voulait plus recevoir de hibou de personne et il se mit à son bureau. Il y rédigea une réponse à Blaise lui demandant le plus d'aide possible de sa part. Et une autre à Rita où il lui disait vouloir la rencontrer le plus tôt possible "pour pouvoir lui faire part d'une grande annonce". Il espérait calmer ainsi les ardeurs de cette journaliste à scandale peu scrupuleuse et la retenir de sortir un article sur lui sans qu'il ait pu la contenir un minimum.
Il lui proposait en outre de se retrouver à la prochaine sortie à Pré-au-Lard qui avait lieu la semaine suivante, pour le premier week-end de décembre.
Exténué, il envoya une note à McGonagall lui expliquant qu'il ne pouvait pas assurer ses cours de la matinée en raison d'une migraine carabinée. Il lui fallait un peu de temps, tant pour se remettre que pour trouver un mensonge potable à servir à Rita. Il savait mentir lui, pas comme une certaine Gryffondor…
Dans son bureau, Minerva fulminait. D'abord, l'avalanche de hiboux du matin, ensuite la disparition pendant la première heure de cours de la matinée des professeurs de Défense Contre les Forces de Mal et de métamorphose et maintenant deux lettres, de ces deux mêmes professeurs, lui annonçant sans préambule aucun qu'ils prenaient leur matinée ? De toute évidence, elle n'inspirait plus assez de crainte et de respect. Elle connaissait leur guerre ridicule, elle savait les bruits qui couraient parmi le corps enseignant et même chez les élèves. Elle allait suivre ça de près et les punir comme quand elle était leur professeur.
Si elle ne pouvait plus donner de retenue à son personnel, elle ne manquait pas d'imagination. Minerva attendait donc son heure…
Note de l'auteur : je sais que j'ai dit que ce serait une histoire en deux chapitres mais finalement, j'ai eu plein d'idées que j'ai rajoutées à l'histoire initiale. Du coup, attendez-vous à un petit plus au niveau des chapitres... :p
En tout cas, dites-moi ce que vous pensez de ce second chapitre, ça m'intéresse. Un grand merci à Tchoupi pour sa review à laquelle je ne peux pas répondre personnellement. Je suis contente que le premier chapitre t'ait plu et j'espère que ce second chapitre sera à la hauteur de tes attentes. ^^ Et aussi à Sandrine qui m'a très gentiment relu.
Bref, merci les filles !
Bisous et à bientôt !
