« P-Professeur Snape, souffla t-il abasourdis.
-Lui-même, cracha le second adolescent. »
Les yeux émeraudes détaillèrent avec insistance l'autre adolescent : il avait peine à reconnaître son détestable enseignant sous une telle apparence. Si celui-ci avait gardé les cernes violacée et son regard sombre, son nez n'avait pas exactement l'aspect crochu et tordu qu'il obtiendrait avec l'âge, et sa mine qui paraissait si sévère passait ici pour une simple moue boudeuse. Le vieil homme observa le jeune Potter tout à son analyse et se décida finalement à l'en tirer d'un simple raclement de gorge :
« Severus subit actuellement les effets de la potion que vous avez accidentellement conçut. Visiblement une potion assez proche d'un retourneur de temps mais n'affectant qu'une personne et n'altérant aucunement sa mémoire, expliqua Dumbledore.
-Le professeur Snape à rajeunit… ?
-Oui en quelque sorte. Ce qui est amusant c'est que Severus semble avoir à peu près votre âge.
-C'est horripilant Albus, cracha sèchement le potioniste. »
Le vieil homme se racla la gorge, visiblement nerveux :
« Severus à donc conserver la totalité de ses souvenirs et à en effet repris un aspect plus, et le sorcier sembla chercher ses mots, jeune.
-Tout ça à cause de votre maladresse Potter, siffla le brun, non mais parce que tout le monde avais vus qu'il fallait coupé les racines de Fushia dans le sens de la longueur et n'ajouter que progressivement les ingrédients… Mais non, non M. Potter lui il regardait ailleurs, est tellement plus doué que le commun des mortels qu'il peut se permettre de réaliser une potion sans même lire le manuel, non : à l'envers ! Comment pourrais je oublier ne serais-ce qu'un seul instant que le grand Saint Potter est meilleur que tout le monde ! »
Harry et le directeur avait écouter sans mot dire l'interminable monologue du professeur de potion, l'observant agiter les bras en tout sens, en proie à une nervosité extrême. Dumbledore adressa un léger haussement d'épaule et un sourire à l'Elu qui le lui rendit timidement, faisant instantanément sortir de ses gonds le professeur de potion. Ce dernier s'élança vers Harry qui l'évita souplement et observa son détestable professeur se prendre les pieds dans sa tunique pour finalement finir sa course sur le plancher des vaches. Lâchant un mugissement rageur le Serpentard rajeunit se débattit comme il pût au milieu de cet amas de tissus :
« Ménage le un peu Harry, gronda doucement le plus vieux.
-Mais c'est lui qui à commencer, riposta le survivant.
-Un vrai bébé Potter…
-Et vous croyez que vous ressemblez à quoi là, à vous débattre parmi vos capes ?
-Potter ne me parlez pas sur ce ton ! C'est de votre faute et celle de personne d'autre si je suis dans cet état, beugla Severus en se redressant. »
Ce qui devait arriver arriva, et la cape du maître des potions chût jusqu'aux hanches de l'adolescent qui vira au pivoine. Harry ne lâchait pas des yeux les striures et les profonds sillons sombre qu'il apercevait sur les épaules et le torse de l'autre. Le plus jeune vit le potioniste saisir à la hâte l'un de ses pans de tissus pour s'en couvrir et détourna vivement la tête comme mis soudainement mal à l'aise face à ce regard émeraude. Harry tressauta lorsque deux mains ridés vinrent prendre place sur ses épaules :
« Severus ne faites pas l'enfant. Quand à toi Harry…
-Qu'est ce qui vous est arrivé, murmura le survivant ignorant royalement le vieil homme. »
Dumbledore leva les yeux au ciel alors que le potioniste se crispait violement :
« Ca ne vous regarde en rien Potter !
-Bien, bien, bien… Harry, il est évident qu'il va falloir que tu assumes tes actes mon jeune ami, murmura le vieil homme en se penchant vers l'Elu.
-J'ai peur de comprendre, grinça Severus en se relevant. »
Le vieux sorcier roula des yeux, une fois de plus :
« Je ne peux pas garder Severus indéfiniment dans mon bureau, quelqu'un finirais par soupçonner quelque chose. S'il reste seul dans ses appartements il en sera de même et en cas de problème je ne serais certainement pas prévenu. Je ne peux pas l'envoyer à Serpentard même en modifiant légèrement son apparence, il serait instantanément reconnu par Malefoy et sa bande. De plus c'est de votre faute Harry donc…
-Il est hors de question que j'intègre Griffondor en compagnie de Potter, et ses meilleurs amis Miss-je-sais-tout, cet espèce de cancre, et ce porc à poils roux, glapit le professeur.
-Miss Hermione Granger, Neville Londubat et Ronald Weasley sont des enfants tout à fais charmant. Je suis sûr que tout ce passera pour le mieux pour vous Severus.
-Mais enfin Albus vous n'y pensez pas, beugla l'intéressé. »
Harry songea un instant que l'autre adolescent était dans un tel état de rage qu'il en oubliait les formules élémentaires de politesses :
« Je suis très sérieux Severus. Si cela peut vous faire plaisir vous porterez les couleurs de Serpentard, je ferais en sorte que nos chers bambins vous croit punis temporairement par un petit séjour dans la maison ennemi et que vous avez été très récemment transféré.
-Les gamins ne seront pas dupes bien longtemps !
- Préférez vous être changé en fille Severus ?
-Merci pour l'offre Albus, mais je crois que je ne supporterais pas de perdre près de trente ans et mes bijoux de famille dans la même journée, railla l'intéressé. »
Le vieil homme sourit distraitement tandis que son protéger se renfrognais :
« Je ne vois même pas pourquoi je suis censé me cacher, bougonna le jeune Severus.
-Vous n'êtes pas un professeur particulièrement apprécié Severus et même si je ne doute pas de vos formidables talents de duelliste, je pense que vous ne feriez pas le poids bien longtemps contre une bande de sorcier avide de faire payer leur professeur détesté. De plus si par malheur l'un des partisans de Voldemort découvrait votre état s'en serait finis de vous. Enfin Severus, et l'homme pesa le prénom de l'homme, vous êtes mon espion ce qui signifie qu'en plus de me devoir une obéissance aveugle vous êtes pour ainsi dire un expert en dissimulation d'identité… n'est ce pas ? »
Vaincu, l'adolescent baissa la tête pour ne plus la relever. Harry se mordit les lèvres, il aurait presque eu pitié de son professeur. Avec un sourire le vieil homme tapota amicalement l'épaule du jeune Severus qui ne réagit pas le moins du monde :
« Bien Harry. Tu as compris ? Nous ignorons les effets de cette potion sur le long terme, tu seras donc tenu de prendre en charge le professeur Snape pour que personne ne soupçonne quoi que ce soit quand à son état.
-Je… Ferais de mon mieux, souffla le jeune homme en reportant son attention sur l'autre adolescent, de toute façon je suppose que nous n'avons pas le choix…
-Précisément pas, grogna le brun en passant une fois de plus la main dans ses cheveux.
-Bien, nous allons donc régler les quelques formalités puisque vous êtes tous deux d'accord ! Un bonbon à l'ananas avant de commencer peut-être ?
-Sans façon, scandèrent les deux adolescents d'une même voix. »
Et pour une fois, le vieil homme parût ravit de ce refus.
Harry parcourait les corridors, la version rajeunit de Snape sur ses talons :
« Ne traînez donc pas comme ça…
-Aucune envie d'être aperçut avec la chauve souris des cachots monsieur Potter, railla le brun en accélérant pourtant le pas. »
Les deux adolescent ne s'adressèrent plus la parole tout au long du trajet, se contentant parfois l'un et l'autre d'un vague regard en direction tantôt du mur, tantôt du second garçon. Le survivant s'immobilisa soudainement devant le tableau barrant l'entré du dortoir, il consultât brièvement sa montre avant de se tourner avec un soupir vers son professeur : ce dernier serrait étroitement contre sa poitrine le sac que lui avait remis Dumbledore comme s'il eu s'agit d'un portoloin qui pourrait lui faire instantanément quitter le cauchemar qu'il était en train de vivre. Harry jaugea un instant le regard sombre avant de prendre la parole :
« Une fois à l'intérieur je vous tutoierais et vous ferez de même. Ne prenez pas cela comme une impolitesse de ma part. Vous êtes donc Tobias… Tobias Prince c'est ça ? »
Après une hésitation le serpentard hocha brièvement la tête :
« Tobias est le nom…
-De mon père Tobias Snape. Prince est le nom de jeune fille de ma mère, coupa sèchement le brun. »
Le Griffondor eu une moue boudeuse, rare était les fois où son professeur parlait de sa vie, le simple fait d'évoquer l'un ou l'autre de ses géniteurs semblait le mettre dans un profond désarrois :
« Et appelez moi Harry c'est d'accord Tobias ?
-Et qu'est ce qui m'oblige à dire Amen à toutes vos belles recommandations Saint Potter, cracha le brun en reculant d'un pas.
-Celui qui doit se montrer discret c'est vous et pas moi ! Ecoutez Snape… Croyez bien que partager ma chambre me rend aussi malade que vous, mais nous n'avons pas le choix.
-Pardonnez moi par avance de vous faire subir ma présence suite à votre stupidité congénitale Potter. A croire que c'est héréditaire, répliqua l'autre d'un ton acide.
-Quand serez-vous las d'insulter mon défunt père, soupira l'Elu.
-Après toutes ces années d'humiliations publiques, croyez bien que votre cher père va encore passer quelques décennies à se retourner dans sa tombe. »
Faisant appel à toute sa maîtrise de la colère, Harry se mordit les lèvres et inspira profondément avant de murmurer le mot de passe, le tableau pivota aussitôt. Les deux adolescents s'engagèrent et ne tardèrent pas à déboucher dans la salle commune des Griffondors. Harry pût voir un Severus particulièrement nerveux qui ne cessait d'observer les décors rouge et or et les autres adolescents qui ne semblaient pas avoir réellement remarquer leurs présences. Ils furent bientôt accueillis par un Ron au mieux de sa forme qui se figea en apperçevant Severus qui se terrait derrière son élève :
« Qui c'est celui là ?
-Tobias Prince, il est élève chez Serpentard depuis peu mais séjournera au dortoir quelques temps… Une punition pour lui et moi, ajouta Harry en jetant un regard au second adolescent. »
Le brun hocha vaguement la tête, se tortillant mal à l'aise sous le regard insistant du rouquin :
« Laisse moi deviner ? Cet enfoiré de Snape te l'a confié sous prétexte qu'il s'était égratigné la tête contre la paillasse ?
-Tu as tout compris Ron. »
Le Weasley roula des yeux, rapidement imité par son professeur. Finalement ce dernier tressauta lorsqu'il sentit une poigne chaude et ferme autour de sa main. Son regard se reporta sur la mine septique du jeune garçon qui lui broyait les doigts :
« Et bien je crois que nous n'avons pas tellement le choix… Je suis Ronald Weasley, mais tout le monde m'appelle Ron. Même si t'es un serpentard, on va pas dire fichtrement mais je suis quand même heureux de faire ta connaissance.
-Pareillement, grinça Severus en mettant sèchement fin à leur empoignade. »
Le roux plissa les yeux en se penchant vers Harry :
« Il est bien comme tous ces crétins : froid comme un glaçon ! »
Le jeune homme étouffa un rire sous le regard assassin de son professeur qui l'attira en retrait sous l'œil septique du jeune Weasley :
« Pourriez-vous me montrer mon lit, siffla le brun.
-Couche tôt, répliqua moqueusement Harry.
-Potter encore une remarque de ce genre et je jure que je vous étripe ! »
L'intéressé ne moufta pas, s'engagea dans le dortoir, la version adolescente de son professeur sur ses talons. Lorsqu'il referma la porte derrière eux après avoir obligeamment fait entré l'autre en premier, Harry sourit bêtement alors qu'il se tenait aux cotés de son enseignant. Celui-ci tout à son observation dont les multiples banderoles aux couleurs de griffondors ne lui inspirait visiblement que du dégoût reporta finalement son attention sur l'autre avant de grimacer plus vivement encore. Pendant un instant le visage de Dudley se superposa sur celui du potionniste :
« J'ai quelque chose sur le visage Potter, grinça t-il.
-Non Monsieur, je viens simplement de remarquer que vous étiez plus petit que moi. »
Alors que le jeune Potter se serait attendu à entendre son professeur hurler ou insulter une fois de plus son défunt père, il vit l'adolescent virer au pivoine avant de se détourner vivement :
« Monsieur, ça n'était pas…
-Mon lit Potter, coupa sèchement le brun. »
L'intéressé désigna distraitement un lit voisin au sien et vit l'autre s'y presser. Severus grimaça à la vue du rouge et or bordant la couverture qui semblait décidément lui triturer les mirettes, tâta le matelas comme pour évaluer le niveau de confort qu'il lui procurerait et se jeta sans plus de manière sur son couchage. Harry trouva l'attitude du maître des potions tout ce qu'il y'a de plus enfantine :
« Ce lit… Il vous conviendra, chuchota t-il nerveusement. »
Il vit l'adolescent détailler chaque recoin de la couchette :
« Ca devrait faire l'affaire oui… »
Le jeune sorcier déballa avec une vitesse impressionnante le sac qu'il tenait si étroitement il y'a quelques temps encore et se laissa glisser du lit avant de saisir un tas de tissu. Harry ne remarqua que le professeur avait troqués ses anciennes robes pour de nouvelles adaptés à sa nouvelle taille que lorsque celui-ci retira son haut. Le survivant observa son enseignant torse nus s'affairait en pestant à enfiller un nouveau vêtement, la musculature de l'adolescent était presque absente, seules ses côtes saillante et sa taille étroites attirait le regard. Pourtant toute l'attention d'Harry était véritablement focalisée sur les sillons sombres qu'il voyait pour la seconde fois, balafrant le dos nacré de l'autre :
« Ces cicatrices ne sont pas celle de sorts n'est ce pas ? »
Le jeune sorcier vit son professeur se figer, avant de se détourner, lugubre, vers son vis-à-vis :
« Je peux savoir ce que vous faîtes encore ici à me reluquer de la sorte, siffla le brun d'une voix qui tremblait d'une colère mal contenue. »
Harry pris brusquement conscience de la situation : il était debout dans le dortoir des Griffondors reluquant tel un voyeur celui qui n'était ni plus ni moins que la version adolescente de la personne qu'il haïssait probablement le plus après le Lord noir. Le plus jeune se sentit soudain très idiot, rougit face à une situation si saugrenue :
« Dehors Potter ! »
Les jambes de Harry semblèrent enfin acceptés de lui obéir à nouveau, et c'est dans un flot d'excuses bafouiller à la hâte que le jeune Griffondor disparût derrière la porte du dortoir. Severus resta un instant figé sur la porte désormais close et lâcha un profond soupir avant de se jeter sur son lit, désormais vêtus pour la nuit. Il sentit ses muscles se décontractés progressivement et soupira de nouveau :
« Et bien la cohabitation risque d'être pour le moins houleuse… »
à suivre…
Et voilà ! Avec un retard (énorme) voici enfin le second chapitre de Jouvence ! Je tiens avant tout à vous souhaiter de très bonnes fêtes de Noël à tous et à toutes, mais aussi à vous remercier pour vos reviews qui m'ont fait très plaisir ! En revanche je dois dire à Luna : si, ce sera un petit Slash Hp/Ss tu m'en voie désolée (enfin j'espère que tu liras tout de même la suite… ? Si je te promet : j'ai prévue du plus que très soft et j'ai absolument besoin d'un effet 'slash' pour conclure convenablement cette fanfic). Merci de lire mes écrits et plus encore de les commenter, j'espère vous retrouver pour le prochain chapitre qui devrait arriver avant la nouvelle année … Bonne fêtes de Noël à tous !
A.S
