RosalindAnnaBorelli : Merci de tes compliments, ça me fait très plaisir, voici la fin j'espère qu'elle te plaira.
Westyversionfrench : Déjà, merci de te review. Oui, ça ne mène pas à grand chose, mais c'est mignon, c'est complètement l'idée générale ! Alors, par contre, le deuxième chapitre était déjà écrit, en fait je n'ai publié le premier que lorsque les deux étaient terminés, et je l'ai également écris en « tu ». Mais je prends note de ta critique pour une prochaine fois, je conçois que ça puisse être un peu lourd ! J'espère que la suite te plaira quand même !
Merci pour les follow et ajouts en favoris !
Allez, c'est parti pour la guimauve finale !
Chaptire 2 : Quelque part, quelqu'un t'attend.
Tu es dans ce train qui file droit vers l'Ecosse et tu ne peux t'empêcher de jeter des coups d'œil fréquents vers la porte du compartiment. Comme s'il allait surgir là, sans prévenir, avec son sourire et ses taches de rousseur ! Comme si ça allait vraiment arriver. Ça fait bien longtemps que tu as compris que tu ne pouvais rien espérer de sérieux de Charlie Weasley, mais tout de même, parfois tu l'imagines débarquant avec son fameux sourire Weasley et bouleversant toutes les maigres certitudes que tu as construites depuis son départ. Malgré toutes tes résolutions de passer à autre chose, de l'oublier, tu sais que s'il revenait, tu ne pourrais pas lui résister et tu sais aussi que, si tu replonges, tu en souffriras. Charlie est comme une drogue, quelque chose qui te rend dingue sans que tu puisses y faire quelque chose, il traverse ta vie en provoquant un tel chambardement que tu mets des mois, voir des années à t'en remettre, et toi, tu étais tombé amoureux avant même qu'il pose les yeux sur toi.
Et là, dans ce grand train rouge, entouré de vapeur, comme dans un autre monde, assis dans ce compartiment vide, tu te sens plus oppressé que jamais, oui, tu étouffes tellement que tu tires sur le col de ton tee-shirt, tu ouvres même la fenêtre et passes la tête à travers, comme si le vent allait effacer de ton esprit le visage de Charlie Weasley. Et toi qui n'a jamais cru en aucune force supérieure, tu te mets soudain à prier, mais est-ce pour qu'il revienne en Angleterre, pour qu'il te revienne, ou pour qu'il débarrasse enfin le plancher ?
Soudain, le train ralentit et s'arrête en pleine campagne, tu ignores la raison de ce ralentissement, mais soudain, les jumeaux Weasley – ah s'ils savaient ! – débarquent dans ton compartiment.
« Il y a des détraqueurs dans le train, dit alors Fred, et il te semble un peu essoufflé.
- Ils cherchent Sirius Black, tu sais le grand malade qui s'est échappé d'Azkaban, continue Georges.
Tu acquiesces, tu vois qui est ce « grand malade » dont ils parlent. Tu ne peux pas faire autrement tous les journaux en parlent. Les jumeaux continuent de discuter, ils évoquent avec animation un match de Quidditch que vous avez tous joué l'an dernier, puis le train finit par repartir.
« On va espionner Angelina et Alicia, elles vont sûrement se changer bientôt ! Tu veux venir ? propose Georges.
- Non, c'est cool, mais je vais dormir un peu.
Tu fermes les yeux, et tu essayes de ne surtout pas dessiner sous tes paupières les contours du visage de Charlie. Sept ans. Voilà ta dernière année à Poudlard. Trois ans que tu n'as pas vu Charlie.
Quelques lettres échangées, surtout au début. Aujourd'hui, tu ne reçois qu'un hibou de temps en temps, il ne remet les pieds sur le sol anglais que de façon éphémère et demander à Charlie Weasley de prévoir quelque chose, d'organiser, de prendre du temps pour toi, c'est presque aussi impossible que domestiquer un hippogriffe pour qu'il joue au Quidditch. Il faut que tu passes à autre chose, c'est ce que te dirait n'importe quel ami bien intentionné, malheureusement, tu n'as pas d'ami à qui tu pourrais confier l'histoire Charlie Weasley.
Le train va bientôt arriver à Pré-au-Lard, tu enfiles ta robe de sorcier aux couleurs de Gryffondor, et, sans que tu saches pourquoi, ton ventre se tord et la solitude s'abat sur toi comme une chape de plomb, si lourde, si lourde que tu ne peux pas t'en défaire… Tu te changes sans prêter attention à tes gestes, tu es mécanique, telle une machinerie moldue, tel un robot sans vie, ce que tu es devenu depuis que Charlie est sorti de ta vie. Mais était-ce mieux quand il était là ? Ne souffrais-tu pas plus de le voir si désinvolte, si insaisissable ?
Tu marches comme un automate jusqu'aux calèches, et tu ne sais pas vraiment comment, tu te retrouves assis aux cotés des jumeaux. Les filles viennent avec vous et la discussion tourne évidemment autour du Quidditch, avant de dévier sur les filles et les mecs. Tu souris en pensant à leurs têtes s'ils savaient que toi, Olivier Dubois, le tyran du terrain de Quidditch, tu es accro d'un Weasley bourru vivant à des milliers de kilomètres d'ici.
- Hé, Olivier, qu'est-ce qui te rend si pensif ? te demande Fred.
- Rien, rien, tu réponds en hausant les épaules.
- Tiens, ça va te changer les idées, déclare Georges.
Tu attrapes ce qu'il te tend sans faire attention et la fausse baguette magique se transforme soudain en souris cuinante. Tout le monde explose de rire dans la calèche. Tu regardes tes amis, et tu te dis que tu as de la chance de les avoir. Ils te changent les idées, ils te font du bien.
L'année commence relativement bien, malgré les détraqueurs qui patrouillent partout à Poudlard et à Pré-au-Lard. Tu es satisfait de ton équipe de Quidditch, tu la trouves prometteuse, et, pour cette dernière année tu voudrais enfin gagner la coupe de Quidditch, comme un hommage au joueur qu'était Charlie, ce serait un merveilleux souvenir pour cette septième année. Tu obliges tes joueurs à s'entraîner par tous les temps, tous les jours, jusqu'à l'épuisement si tu pouvais. Et ton nouveau professeur de défense contre les forces du mal est compétent, pas comme l'imbécile heureux que tu avais l'année dernière.
McGonagall, la directrice de ta maison, ne parle que des ASPICS et de l'orientation depuis la rentrée, mais tu n'as pas d'idées précises de ce que tu veux faire plus tard. Peut-être continuer au club de Flaquemare où tu es déjà remplaçant ? Ou alors, partir en Roumanie, c'est une idée qui te traverse de temps à autre, et qui te fait dire que tu ne t'en sortiras jamais, tu seras toujours le « petit » de Charlie Weasley. Tu le revois encore te dire : « Hé p'tit, on va faire un tour ? », avec un clin d'œil et son fameux sourire.
Des clins d'œil, tu savais toujours ce que ça voulait dire. C'était les moments que tu préférais, les seuls où Charlie n'avait d'yeux que pour toi, où il te racontait des tas d'histoires sur le Quidditch ou sur sa famille, et où tu pouvais poser tes mains sur ses hanches et l'embrasser… Si tu continues d'y penser, tu vas avoir une érection, et ce n'est pas le moment. Vraiment pas même, ton voisin de dortoir, Percy vient de rentrer et te parle de son nouveau grade de préfet en chef et de toutes ses nouvelles attributions.
Trop tard. Tu prétextes une envie pressante, et tu t'enfermes dans les toilettes. Le visage de Charlie, son image, comme s'il était là. Et au moment où tu jouis, tu fonds en larmes, et tu te sens ridicule.
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L'hiver s'est installé en avance sur l'Ecosse, les détraqueurs ne doivent pas y être pour rien. L'anniversaire de Charlie approche, et tu ne sais pas ce que tu dois faire, tu restes des heures dans tes pensées, à te demander : « je lui envoie un hibou ou pas ? qu'est-ce que je lui écris ? est-ce que j'achète un cadeau ? ». Tu finis par te décider, et le douze décembre, tu envoies un hibou avec une simple carte de vœux, mais à la seconde où le hibou disparaît derrière la Forêt Interdite, tu regrettes déjà les mots que tu lui as écrits. Fred se moque de ton air rêveur lors du dîner, et tu espères qu'il ne fera pas le rapprochement avec l'anniversaire de son frère.
Décembre se termine sans que tu n'aies une réponse, ce n'est pas que tu en attendais une, mais tout de même, il pourrait prendre la peine de te répondre ! Toi, tu réponds bien à ses lettres. Ouais, bon, c'est pas comme s'il en envoyait beaucoup. Tu hésites à lui envoyer un hibou insultant, tant ta colère est grande. Tu ne sais même pas ce qui te mets tant en colère.
Et finalement, à la rentrée des vacances de Noël, tu lui envoies une beuglante, puis une autre fin janvier. Il t'exaspère, mais tu continues d'attendre une réponse tout en te répétant qu'il faut passer à autres choses. Résolutions milles fois reprises, jamais tenues.
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C'est en février, après un match de Quidditch réussi, que tu reçois enfin un hibou de Charlie Weasley.
Hey petit !
Merci pour ta carte d'anniversaire ! J'espère que tu vas bien. Désolé, je me suis occupé d'une dragonne enceinte et je n'avais plus pensé à répondre à ta lettre. Je te souhaite d'avoir tes ASPICS et, surtout, de gagner la coupe de Quidditch !
Charlie.
Lorsque tu la reçois, tu presses d'abord la lettre quelques minutes contre ton cœur comme une adolescente amoureuse de douze ans, et enfin, tu la lis. Puis tu la relis, ces quatre lignes, tu les graves dans ta mémoire. Tu es si surexcité que Georges te demande si tu t'es trouvé une copine pendant les vacances, et cela te fait encore plus rire. Tu attends une journée pour lui répondre, car tu réfléchis longuement aux phrases que tu vas lui écrire. Dans ta lettre, tu lui parles de tes victoires au Quidditch, de ce que tu envisages pour l'année prochaine, et tu dis que tu espères le voir l'été prochain.
Bien sûr, il ne répond pas, et ta bonne humeur redescend progressivement alors que ton équipe monte dans le classement et que les détraqueurs se font de plus en plus présents. Tous les septièmes années révisent intensément leurs ASPICS. Le professeur Lupin te semble particulièrement malade ces derniers, mais il est toujours plus ou moins affaibli. Au contraire, le professeur Rogue est plus sadique que jamais. De toute façon, tu n'as jamais aimé sa matière. Tu travailles tout de même avec acharnement, pour oublier.
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Charlie est insaisissable, tu te demandes même s'il n'est pas qu'une création de ton imagination. Tu pourrais voir d'autres personnes, ce n'est pas comme si tu ne te faisais jamais draguer, mais tu n'en as tout simplement pas envie. Parfois, tu as envie d'en parler à quelqu'un, de tout déballer, sinon tu te dis que tu vas devenir fou, oui, tu vas perdre la tête. Enfin, peut-être que tu as déjà perdu la tête, quelque part dans les bras de Charlie Weasley. Quelle phrase d'un romantisme niais, tu t'énerves toi-même.
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Les épreuves d'ASPICS approchent de plus en plus, et le professeur Lupin, que tu aimais tant, se révèle être un loup garou. Tu ne sais pas qu'en penser, Percy te répète sans cesse que c'est terriblement dangereux, loi de 1487, article II, alinéa 3b. Les Weasley sont tous insupportables à leurs façons, bien que le pire soit clairement Charlie. Finalement, juste avant les épreuves finales, tu écris à Charlie, sans savoir pourquoi.
Tes épreuves se déroulent relativement bien, tu foires totalement l'épreuve de potions, tu penses avoir réussi l'épreuve de soins aux créatures magiques, en hommage à Charlie. Toute ta vie est un hommage à Charlie Weasley.
Gryffondor gagne la coupe des quatre maisons et la coupe de Quidditch, et cela te ravit, tu t'empresses de l'écrire à Charlie. C'est la fête dans la salle commune, c'est la fête partout, et les Serpentards sont dépités. Tu aimerais tant qu'il soit là ! Il ne te reste plus que les résultats d'ASPICS, et tu en auras fini une bonne fois pour toute avec Poudlard. Quand tu y penses, tu te dis qu'il y a une autre chose que tu aimerais vraiment aller en voyage en Roumanie.
Tu ne sais toujours pas quelle tournure va prendre ta vie une fois Poudlard fini. Le club de Flaquemare t'a proposé une place définitive dans leur équipe à partir d'octobre prochain, mais tu ne sais pas si tu dois accepter. Ta mère te dit que c'est une bonne chose, que tu auras un bon salaire. Ta mère a raison, comme toujours. Elle est très pragmatique. Ton père, lui, ne voit pas le salaire mais le côté Quidditch professionnel et fierté paternel. L'un dans l'autre, le club de Flaquemare te semble la meilleure option.
Tu réussis tes ASPICS, tu as deux Optimales, et beaucoup d'Acceptable, du coup tu te dis que c'est une réussite acceptable. Ta mère t'écrit qu'elle est satisfaite et tu envoies tes notes à Charlie. N'est-ce pas la quatrième lettre sans réponse que tu lui envoies ? Charlie est le genre de mec qui se fout de tout, il ne tient qu'à ses dragons, et clairement pas à toi. Il ne vit qu'avec lui-même et ses dragons.
Parfois, lorsque vous étiez tous les deux, tu avais l'impression qu'une frayeur passait dans ses yeux, une peur étrange et inconnue, mais tu ne sais toujours pas de quoi il avait peur.
xxx
Alors que tu es dans le train du retour pour Londres, tu te rends compte que ça y est, c'est la fin, plus jamais tu ne reviendras à Poudlard. Les ASPICS qui te faisaient tellement peur lorsque Charlie t'en parlait, pendant qu'il révisait ses examens, sont derrière toi, tu as mené ton équipe à la victoire et tu as eu la coupe de Quidditch.
Les jumeaux commentent pour la millième fois le match de Quidditch qui vous a offert la coupe, dans de grands éclats de rire. Tu participes à leurs discussions, à leurs rires, mais tu es loin, un peu trop loin même. Tu passes le trajet dans un brouillard perturbant et isolant, et les jumeaux finissent par aller faire un tour dans les autres wagons, te laissant seul, dans cette solitude qui t'englobait déjà lors de ton aller à Poudlard. Tu voudrais que Charlie t'attende quelque part, voir même sur le quai de la gare.
Mais bien sûr, quand tu arrives à King's Cross, il n'y a que tes parents qui t'attendent sur la voie. Tu es content de les voir, ta mère te félicite pour tes résultats et elle t'annonce une excellente nouvelle elle va t'offrir un nouveau balai. Tu es ravi, mais ce retour te laisse un goût aigre-doux dans la bouche, tu aurais tellement voulu une réponse de Charlie. Le soir de ton retour, en rangeant ta valise, tu retrouves la seule et unique lettre qu'il t'a envoyé au cours de l'année.
- Olivier, tu viens manger ?
Tu poses délicatement la lettre sur ton bureau, alors que tu aurais aimé la jeter, la lancer, la froisser, puis tu rejoins tes parents dans la salle à manger.
Lorsque que tu te couches, le soir même, tu penses à Charlie, à ces moments passés ensemble. Pour son dernier trajet dans le Poudlard Express, vous vous étiez embrassés, comme dans un rêve. Et toi, tu étais si seul. Son image s'impose à toi. Tu ne sais plus si tu pleures parce que tu bandes et que ça te fait mal tellement tu crèves d'envie, ou si tes larmes coulent sur ton état tristement pathétique.
xxx
L'aigreur ne met finalement pas longtemps à te quitter puisqu'il te répond le six juillet. Lorsque son hibou entre par la fenêtre, tu penses que ce sont les jumeaux qui t'invitent à une fête, mais dès que tu ouvres l'enveloppe, tu reconnais son écriture et ton cœur semble vouloir s'arracher de ta poitrine.
Salut petit !
Vraiment bravo pour tes notes d'ASPICS et, surtout, je t'applaudis pour la coupe de Quidditch, c'est génial ! Ton attrapeur est Harry, l'ami de mon frère Ron ? Il a l'air doué ! Je suis sûr que t'as bien joué toi aussi. Tu voulais qu'on se voie cet été, je travaille tout le temps, mais si ça te dit tu peux venir à la fin du mois de juillet ? Je serais content que tu viennes. Faut qu'on s'arrange pour te trouver un portoloin. Bon, je vais m'occuper du bébé dragon, tu verras, il est adorable.
Charlie
Tu n'en reviens pas, il faut que tu la relises plusieurs fois avant de croire ce qui est écrit. Bien sûr que ça te dit, tu t'empresses de répondre à Charlie et de te renseigner sur les portoloins pour la Roumanie. Tu es dans un état fébrile et excité durant les jours qui suivent, parfois tu t'assois et tu répètes « merci, merci, merci ». Tu te rends sur le Chemin de Traverse avec ta mère pour acheter ton nouveau balai, tu choisis un éclair de feu, tu as bien vu celui d'Harry, il est vraiment génial. La semaine suivante, tu passes une après-midi avec les jumeaux et Lee à jouer au Quidditch, et pour une fois, tu es vraiment là, présent physiquement et psychiquement, tu profites de tes amis sans t'évader dans tes souvenirs. Tu vas le revoir, tu vas le revoir, il t'a invité à venir le voir, tu vas le revoir, cela tourne en boucle dans ta tête.
xxx
La fin du mois arrive un peu trop vite, et soudain, tu es tellement angoissé que tu ne sais plus si tu veux y aller.
Oui, tu as peur. Tu as réussi tes ASPICS, tu es majeur, tu vas devenir joueur de Quidditch professionnel, tu vas avoir un salaire et ta propre maison, mais tu as peur de revoir Charlie Weasley.
Le jour du départ, ta mère t'accompagne au portoloin, d'autres sorciers prennent le même que toi arrivée à onze heures vingt-cinq, dans une clairière au Nord de Bucarest.
Tu n'aimes pas vraiment prendre le portoloin, et tu es content de te retrouver en Roumanie, sur la terre ferme. Tu guettes dans la foule, mais tu ne vois pas de tête rousse, tu cherches, tu cherches, mais personne.
Alors que cela fait presque une demi-heure que tu piétines, tu le vois. Il est essoufflé, comme s'il avait couru pour venir te voir, et cette idée te réjouit. Il sourit en s'avançant vers toi, Il est encore plus beau qu'avant. Charlie a tellement de taches de rousseurs qu'on pourrait croire qu'il est bronzé. Son visage est buriné par le soleil et le vent, il est sculpté au marteau et ses yeux bleus se posent sur toi.
« Salut petit ! Bien que tu ne sois plus si petit maintenant ! dit-il en riant.
C'est vrai, tu le dépasses d'une tête désormais, mais tu aimes qu'il t'appelle ainsi.
- Tu es le seul que j'autorise à m'appeler ainsi, tu sais.
- Ah, c'est vrai ? s'étonne-t-il. Je suis flatté !
Il te sourit.
- Bon on y va, je t'emmène au campement ?
- Allez, on va rester là de toute façon !
Il t'attrape la main de son bras musclé, et vous transplanez. Vous atterrissez dans un campement de plusieurs tentes, avec au centre un feu de camp et plusieurs hommes buvant des bièraubeurres, ainsi qu'un baraquement en arrière.
« Tu as eu ton permis de transplanage maintenant ? demandes-tu.
- Oui enfin ! s'exclame-t-il. À la deuxième fois, mais je l'ai eu. J'étais dégoûté la première fois !
- Tu m'étonnes !
- Tu le passes quand toi ? demande-t-il.
- Fin septembre, j'espère que tout ira bien.
Il te tape dans le dos.
- Mais oui, il n'y a pas de raison, lance-t-il en souriant. Viens, on va voir les autres.
Charlie te présente ses amis et collègues, ce qui fait s'éveiller en toi une pointe de jalousie, et enfin, il te montre ta tente. Cela te semble si étrange de le voir, de rire avec lui après l'avoir perdu de vue depuis plus de trois ans. Toutes tes blessures, mais aussi tous les bons souvenirs se réveillent et s'actualisent dans ta mémoire. Se souvient-il des mêmes choses que toi ? Il n'y a jamais eu beaucoup de mots entre vous, et Charlie est avare de paroles, alors tu ne lui demandes rien.
Durant la semaine qui suit, il te fait visiter la réserve, tu rencontres les dragons, ceux qui l'ont éloigné de toi, et il te met à contribution pour la gestion du campement et le nourrissage des dragons. Tu t'entends bien avec ses collègues, et, un soir, vous organisez même un match de Quidditch. Charlie te félicite pour ton nouveau balai et tes progrès évident en tant que gardien et capitaine. Chaque journée te laisse le temps de l'observer, tu pourrais en faire une passion à plein temps, alors, heureusement que tu travailles un peu à la réserve. La deuxième semaine, Charlie t'annonce qu'il a pris un jour de congé et il te propose d'aller à un lac pas loin. Tu acceptes, bien sûr. Il te proposerait de visiter des ruines moldus, tu accepterais aussi.
Le soleil te brûle, ça va fondre, tout va fondre, la ville, la campagne, même toi, tu vas fondre, si tu restes encore sous ce soleil. Des grosses gouttes de sueur perlent sur le front de Charlie, et tu as envie de les lécher. Il plonge dans le lac, qui vibre sous l'impact de son corps. Il disparaît sous la surface de l'eau, puis il réapparaît quelques mètres plus loin. Enfin, il revient à côté de toi et s'allonge une serviette qu'il a posé là.
Tu n'es qu'un homme et ton corps est traître. Tu finis par aller te baigner à ton tour, l'eau fraîche te fait du bien. Tu ne sais pas s'il sent la tension qui s'installe entre vous, mais tu as le sentiment que quelque chose a changé, peut-être dans l'air que vous respirez, ou dans l'eau que vous buvez, et vous ne pouvez plus ignorer les moments passés ensemble. Finalement, vous rentrez au campement sans vous dire un mot.
Le soir, autour du feu, alors que les autres dorment ou font la fête en ville, vous buvez tranquillement votre bièraubeurre quand tu te décides, enfin, à mettre fin à cette tension et ces questions.
« As-tu rencontré des hommes agréables ces derniers temps, Charlie ?
Il rigole, mais tu ne sais pas s'il se moque de toi ou de tout.
- Tu veux savoir si je suis sorti avec des mecs depuis que je suis ici ? demande-t-il, son sourire aux lèvres.
- Ou des filles, dis-tu en haussant les épaules.
Tu t'en veux d'avoir dit ça de cette façon, on dirait une vieille phrase de roman à l'eau de rose.
- Non, finit-il par dire.
Tu grommelles sans vraiment répondre.
- Quoi ? demande-t-il.
- Rien, rien…
- Tu ne me crois pas ? insiste-t-il.
- Je te crois ! t'exclames-tu un peu fort, car, c'est vrai, au fond, tu le crois.
Il ne répond rien, et tu ne sais pas quoi dire d'autre. Ce n'était peut-être pas une si bonne idée que ça de lancer le sujet, le malaise n'en est que plus grand.
« Et toi, demande alors Charlie, tu as eu des mecs ?
- Bien sûr que non !
Encore une fois, tu parles vite et fort, et ton exclamation fait sursauter Charlie.
- Tu regrettes ? questionne-t-il.
- Je regrette quoi ?
À ce moment, tu es complètement perdu et tu ne comprends absolument pas ce qu'il te demande. D'ailleurs, tu ne le comprends pas en général.
- Que toi et moi…
Il laisse sa phrase en suspens, mais tu sais très bien de ce dont il parle. Tu as presque envie de rire. Si tu regrettes ? Tu vis avec ces seuls souvenirs depuis qu'il est dans ce pays étrange rempli de dragons.
- Je regrette que tu sois parti.
Tu es surpris de le dire, ce n'est pas le genre de chose que tu dis d'habitude. Charlie semble surpris, et tu t'en veux d'avoir parlé comme une midinette.
- Je ne pensais pas que… marmonne Charlie.
Encore une fois, il ne termine pas sa phrase, enfin si, il la termine en posant ses lèvres sur les tiennes, et puisque ton cœur explose, tu ne peux plus penser à rien.
xxx
Et tout recommence, c'est en secret, au fond de sa tente, que tout redevient comme avant, et tant que tu peux l'embrasser, tu ne te plaindras de rien.
Ses collègues ne remarquent pas vos escapades noctures, vos promenades, et surtout, vos baisers. Parfois, tu aimerais aller plus loin, mais tu ne sais pas, pas encore. Tu n'es pas si sûr que Charlie le veuille, ou alors tu en es un peu trop sûr, mais tu ne sais pas ce qu'il désire vraiment. Toujours aussi avare de mots, il ne disserte pas sur votre relation, ne répond qu'à demi-mots et tu ne sais pas ce que tu peux considérer comme acquis. Visiblement, rien.
xxx
L'été passe et la Coupe du Monde Quidditch approche. Tu dois t'y rendre avec ton père, et tu sais que Charlie aussi, a prévu de retrouver sa famille là-bas. Tu as peur que la Roumanie ne soit qu'une parenthèse qui se referme aussi vite qu'elle s'est ouverte, te laissant des plaies à panser pour des années encore.
Le jour avant ton départ, Charlie t'emmène à nouveau au lac. Alors que tu le regardes nager, tu te dis que tu vas partir et que tu n'as plus rien à perdre. Un jour, il faudrait te comporter en vrai Gryffondor.
Lorsqu'il sort de l'eau, des gouttes dégoulinent lentement le long de son torse et tu t'en sentirais presque mal. Il revient s'allonger à côté de toi, laissant le soleil le sècher. Ses yeux sont fermés et tu te dis que c'est le moment. Tu dois le faire. Alors, tu passes ta main dans ses cheveux, jouant avec ses boucles, puis tu murmures :
- Je t'aime.
Pas un mouvement, pas un soupir, Charlie garde les yeux fermés. Tu ne sais même pas s'il dort ou il ne veut pas répondre.
Tu as envie de te noyer, et tu te répètes que tu rentres demain, tu rentres demain.
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Le soir, alors que vous marchez en silence pour retourner au campement, Charlie s'arrête avant d'apercevoir les premières tentes, et il plante son regard dans le sien. Tu ne dis rien, tu attends la sentance, le verdict de Charlie Weasley. Tu vis au rythme de ses choix et de ses décisions.
- Je n'ai l'habitude parler sur mes sentiments ou mes émotions, tu le sais, commence-t-il. J'avais peur, à l'époque, et c'est toujours le cas aujourd'hui. Et puis, tu étais plus jeune que moi, j'avais le sentiment de faire quelque chose de mal.
- On était mineur tous les deux, et puis, on s'est seulement embrassé, Charlie.
- Pas qu'une fois, remarque-t-il.
Tu souris à cette pensée.
- Ce n'est pas pour rien que je suis parti en Roumanie, explique-t-il, et que là, j'ai accepté que tu viennes. J'aurais du te demander de venir moi-même, ou me déplacer jusqu'en en Ecosse.
Il soupire, puis :
- Je t'aime et ça m'emmerde parce que c'est la première fois que je ressens un truc pareil et que je ne sais pas quoi faire. J'ai eu besoin de temps pour m'en rendre compte, et pour l'accepter. Te revoir a été… Le déclencheur de tout ce que j'avais refoulé en venant ici, termine-t-il.
Et alors, spontanément, tu souris, et ton sourire s'agrandit jusqu'à rire, et tes éclats de rires viennent se briser sur les lèvres de Charlie. Tu l'embrasses et tu lui dis que toi, tu sais quoi faire. Il sourit à son tour et tu te dis que, désormais, plus rien ne peut t'effrayer car tu sais que, quelque part, Charlie Weasley t'attend.
