Hello ! Tout d'abord merci pour les reviews :) je suis contente que le premier chapitre ait plu et j'espère que celui-ci plaira aussi xD

Pour répondre à Morgane : oui c'est fait exprés ^^ j'aime pas quand dès les premières lignes on a droit à la description des magnifiques cheveux, de la couleur des yeux, du pull, des escarpins et tous ces trucs :p

Bref, merci à BlackWiltedRose, Morgane, Team Seth, Ailinn D'Avalon et tous ceux qui ont lu !

Bonne lecture :D


CHAPITRE 2 : LA FORET

J'ouvris les yeux au bout de je ne sais combien de temps, bercée par le chant des oiseaux. En regardant autour de moi, je m'aperçus que j'étais dans cette clairière, la même que celle qui peuplait mes rêves depuis quelques mois déjà. En revanche, j'étais seule sans cette présence réconfortante que je ressentais habituellement. Je réprimais un frisson, le ciel était blanc comme s'il allait neiger et l'air glacial. Je portais les mêmes vêtements que ceux que j'avais avant de mourir et je n'étais pas assez couverte pour l'endroit où je me trouvais. Tiens, d'ailleurs où est-ce que je me trouvais ? Autour de la clairière, je ne pouvais apercevoir que des arbres et il n'y avait aucun bruit qui pourrait m'indiquer une présence humaine aux alentours. Je devais être au beau milieu d'une forêt de plusieurs hectares, génial ! Déjà qu'il m'avait fallu cinq ans pour arriver à me repérer dans ma ville, j'étais sure de me perdre ici. Je me relevais péniblement en me disant qu'en avançant toujours dans la même direction je finirai bien par tomber sur un village ou encore mieux, tomber sur quelqu'un qui m'indiquerait la ville la plus proche. Pour y faire quoi ? Je l'ignorai, mais mon instinct me disait que c'était ce qu'il fallait faire et j'avais décidé qu'à partir de maintenant je lui obéirais au doigt et à l'œil. Un petit écureuil s'enfuit en me voyant me relever et je décidai alors de me mettre en marche dans cette direction.

Après quelques heures de marche, je commençais vraiment à avoir mal aux pieds. Des ballerines pour marcher en forêt c'était loin d'être l'idéal et alors que je m'appuyai contre un tronc d'arbre pour me reposer un peu, j'entendis des voix d'hommes. Je tendis l'oreille, ils parlaient dans une langue gutturale, un peu comme de l'allemand mais en pire. Je m'approchai doucement d'eux et me figeai devant la scène qui s'offrait à moi. Il y avait cinq hommes réunis autour d'un feu de camp, discutant joyeusement. Rien d'étonnant vous me direz ? Et bien, la manière dont ils étaient vêtus était plutôt... inhabituelle, ils avaient l'air tout droit sortis d'un film médiéval avec leurs peaux de bêtes et leurs vêtements usés. Des épées pendaient à leurs ceintures et j'eus tout de suite un mouvement de recul qui me fit presque tomber à la renverse sur une pierre que je n'avais pas vue. Ils se figèrent eux aussi en m'entendant et je vis l'un d'eux porter la main à son épée avant d'interrompre son geste en riant. Avec ma discrétion légendaire, ils avaient dû penser que c'était un ours qui arrivait.

- Tiens, tiens ! Mais qu'est ce qu'on a là ? Demanda un grand roux.

- Une jolie demoiselle tombée du ciel, ajouta un autre.

Et merde ! Moi qui espérais vite m'éloigner d'eux et de leurs airs d'hommes des cavernes barbus et chevelus, c'était raté. Autant en profiter pour leur demander mon chemin après tout. Je pris alors mon air de fille stupide et leur demandai d'une petite voix :

- Je... je suis perdue. Vous pouvez me dire où nous sommes s'il vous plaît ?

- Où est-ce que tu veux aller ma jolie ?

- Je ne sais pas trop en fait. La ville la plus proche ?

- Il y a à peu près dix jours de marche jusqu'au mur d'Hadrien.

- Dix jours ! M'écriai -je. Vous plaisantez ?

- Dix jours si tu marches vite bien sûr. Reste avec nous on t'y conduira.

Mais son sourire avait quelque chose de faux, je n'avais absolument pas confiance en lui et les regards lubriques que les autres me lançaient me filèrent un frisson.

- Non merci, ça ira, répondis -je avec un faux sourire à mon tour. Je vais trouver mon chemin toute seule, désolée de vous avoir dérangés. Je vais vous laisser.

Je fis un pas en arrière, mais celui qui devait être leur chef – et qui faisait au bas mot trente centimètres de plus que moi – me rattrapa en trois enjambées pour m'agripper le bras durement. Son autre main se plaqua dans mon dos, descendant dangereusement plus bas.

- Je ne t'ai pas demandé ton avis. Tu restes avec nous ! Ça fait déjà quelques semaines que mes hommes n'ont pas vu de femmes...

À ces mots le groupe acquiesça avec des grognements et commença à se rapprocher de nous lentement. Ma respiration s'affola, ils n'allaient quand même pas faire ça ?

- Lâchez-moi, sale brute ! Criai-je en tentant de dégager mon bras de sa grosse main sale, me faisant plus mal qu'autre chose.

D'un geste rapide, sa main délaissa mon dos et dégaina une dague qu'il mit sous ma gorge, appuyant juste assez pour faire couler quelques gouttes de sang.

- Calme toi ma jolie, ça serait dommage que je sois obligé d'abîmer ton beau visage. Ou pire...

Je frissonnai une fois de plus. Et merde ! Où est-ce que j'étais tombée ? D'où est-ce qu'ils sortaient ces tarés moyenâgeux ? J'en voulus à Merlin, où était-il passé, lui qui disait qu'il serait là en cas de besoin ? Je n'eus pas le loisir d'y penser plus longtemps, car le chef me poussa à terre et je me cognai la tête sur le sol, presque assommée. Cependant, lorsqu'il s'allongea sur moi en tentant de m'embrasser le cou, je poussai un hurlement.

- Oui ma jolie, je vais te faire crier, ne t'inquiètes pas.

Je tentais de le repousser, mais un barbare roux vint me tenir les bras, me privant ainsi de le griffer. Le chef, lui, se débattait avec la fermeture éclair de mon jean qu'il finit par arracher dans un grognement. Soudain, un bruit de sifflement suivi d'un gros bruit de chute retentit et mon agresseur interrompit son geste immédiatement, tournant la tête pour voir ce qu'il se passait. Ils se relevèrent alors, épées en main me laissant enfin respirer. Les quatre hommes étaient en rang devant le feu et scrutaient la forêt devant eux d'un air inquiet. Je trouvais le cinquième homme à terre, une flèche plantée dans la gorge. Il était en train d'agoniser en gémissant tandis que ses camarades ne daignaient même pas lui jeter un regard ou l'aider. J'en profitai pour ramper jusqu'à lui en faisant le moins de bruit possible. Les barbares étaient tellement sur le qui-vive qu'aucun d'eux ne sentit ma présence à seulement quelques centimètres d'eux. J'en m'emparais de la dague que l'homme avait à la ceinture et récupérais l'épée qui gisait à ses côtés pour l'emmener un peu plus loin.

Merde ! Elle était vraiment lourde ! Je faisais de l'escrime depuis un peu plus de dix ans, mais ça n'avait vraiment rien à voir, mon fleuret pesait moins d'un kilo alors que cette épée-là devait en peser au moins dix au bas mot. Ça risquait d'être dur d'essayer de faire mes passes habituelles, mais au point où j'en étais... C'était soit ça, soit un viol collectif donc je n'avais pas trop le choix.

Alors que je me relevai en m'aidant de l'épée, le barbare roux se rendit enfin compte de ma présence et eut un sourire féroce.

- Qu'est-ce que tu fais là ma jolie ? Et avec une épée ? Comme si tu savais t'en servir, dit-il en éclatant de rire bientôt suivi pas tous les autres.

- Connard ! Crachai-je.

- Donne-lui une bonne leçon Ralf, ordonna le chef.

- Tu es sûr ? Mais je vais l'abîmer, c'est dommage.

- On s'en fiche ! Tant qu'une certaine partie de son corps n'est pas atteinte, on s'en contentera.

Je lui jetais un regard de dégoût et reculais en voyant le roux avancer vers moi, toujours un sourire aux lèvres. Merde, il fallait que je me mette en position et vite ! Comme je l'avais appris, je me mis en garde, épée levée aussi haut que je le pouvais, attendant qu'il attaque. C'était ma technique, toujours se défendre pour commencer puis quand l'adversaire commence à fatiguer... hop, une contre-attaque dans ta face ! En général ça marchait, mais vu la corpulence de cet adversaire-là, je n'étais pas sûre de tenir jusqu'à ce qu'il soit fatigué. Étrangement, je ne ressentais aucune peur alors que ça n'avait rien à voir avec mes entraînements. Ici tout était réel, les coups que nous allions donner étaient faits pour blesser et donner la mort, mais tout ce que je ressentais c'était de l'excitation. Il valait mieux que je meure une deuxième fois en me défendant plutôt que de me laisser faire par cette bande de brutes. Et puis pour une raison inconnue, j'avais confiance en moi. Une confiance que je n'avais jamais eue et qui me faisait un effet stimulant tout nouveau.

Le roux souriait toujours lorsqu'il donna le premier coup qui me fit reculer de plusieurs pas. Il était vraiment fort le salaud ! Il fallait que je change ma tactique et vite, mais je n'eus pas le temps de réfléchir qu'il se ruait déjà sur moi pour un second coup que je parais avec plus de facilité. Apparemment étonné que je sache me servir d'une arme, il retint le coup suivant et se figea durant quelques secondes. C'était assez pour que je saisisse l'occasion et que je fende mon épée sur le bras qui tenait son arme. Il lâcha l'épée en braillant tandis que le sang giclait de sa blessure, venant couler sur mon jean en me réchauffant doucement. Sans réfléchir, j'attrapais l'épée à deux mains et la plantais violemment dans son torse dans un bruit effrayant de craquements d'os. Les yeux grands ouverts d'étonnement, il me fixa et son sourire disparut petit à petit alors qu'il s'affalait mollement sur le sol.

J'avais tué. Moi l'amie des bêtes, pas même capable de tuer une araignée, je venais de tuer un homme ! Je me répétais cette phrase sans cesse, comme pour me persuader que c'était mal, mais ma bonne conscience avait dû partir en voyage, car je ne ressentais aucun regret. Rien. J'avais tué un homme et je ne me sentais même pas coupable, qu'est-ce qu'il m'arrivait ? Incapable de regarder plus longtemps le cadavre, je reportais mon regard sur les trois hommes restants qui me regardaient agressivement à présent. Il n'était plus question de désir ou d'envie, mais de vengeance.

Alors qu'un premier s'avançait vers moi, une flèche sortit de derrière les arbres et vint se planter dans sa jambe, lui faisant plier le genou à terre dans un cri. Ils se retournèrent tous en scrutant les arbres.

- Sors de là si t'es un homme !

- Sale chien de breton ! Cria le chef.

Pour toute réponse, l'inconnu se contenta de leur lancer une peau de bête que le chef reconnut tout de suite apparemment.

- Tu as tué Sigmund ! S'écria-t-il rageusement. Tu n'as pas conscience de l'erreur que tu viens de commettre, breton. Ce n'est pas seulement ton arrêt de mort que tu viens de signer, mais celui de tout ton peuple.

Un cri retentit et un géant apparut hache à la main bientôt suivi de trois autres qui se jetèrent sur les barbares. En quelques coups d'épée, l'affaire fut réglée et les deux survivants rejoignirent leurs camarades dans l'autre monde. Alors que je poussais un soupir de soulagement, je commis la plus grosse erreur qui soit : l'inattention. Trop occupée à regarder le combat qui s'offrait à moi, je ne vis le barbare qui s'était pris une flèche dans la jambe que lorsqu'il fut en face de moi, dague à la main. Il n'esquissa aucun geste, car une deuxième flèche venue des bois l'atteint en pleine tête cette fois. Je poussai un cri horrifié en voyant la flèche ressortir de son front couverte de chairs et de sang avant qu'il ne tombe sur son camarade roux.

Je jetais un œil aux nouveaux venus tout en reprenant mon épée en main, qui sait si eux aussi n'avaient pas l'intention de passer un peu de bon temps avec une fille ? L'un des hommes habillé un peu à la manière d'un Romain s'approcha de moi en levant les bras.

- Nous ne vous voulons aucun mal, demoiselle, commença-t-il avec un sourire sincère. Lâchez votre épée, je vous prie.

J'ignorais pourquoi, mais je lui obéis et baissai mon arme sans pour autant la lâcher. On ne savait jamais après tout.

- Qui êtes-vous ? Demandai-je sèchement.

- Je me nomme Arthur, officier de l'armée romaine et voici une partie de mes chevaliers. Galahad.

Un homme qui devait avoir à peu près mon âge prit place à ses côtés. Des boucles brunes encadraient son visage juvénile et il portait une barbe. Il me fit un signe de tête accompagné d'un sourire timide terriblement craquant. Attends, attends, retour en arrière ! Arthur ? Galahad ? Et Merlin il y a quelques heures ? Qu'est-ce que c'était cette histoire de fous ?

- Bors, continua-t-il.

Il me désigna le géant à la hache qui me fit un signe de la main tout en continuant de fouiller les corps des barbares.. Il avait la carrure d'un rugbyman et ses cicatrices un peu partout auraient pu m'effrayer s'il n'avait pas eu un sourire jovial sur le visage.

- Toi tu sais te servir d'une arme ma p'tite, c'est bien, déclara-t-il avec sa grosse voix bourrue.

- Merci, répondis -je timidement.

- Et enfin...

Un énième homme se planta devant moi et porta ma main à ses lèvres, aussi délicatement qu'une caresse. Il avait un visage vraiment séduisant et il avait l'air de la savoir.

- Lancelot. Je m'appelle Lancelot gente demoiselle, dit-il avec un petit sourire charmeur.

Mais merde ! C'était quoi cette blague ? Je ne pouvais pas être en face d'Arthur ! LE roi Arthur ! En même temps, après m'être vue mourir, tout était possible maintenant...

- Et vous demoiselle ? Quel est votre prénom ? Demanda Arthur.

- Lili.

- Que faisiez-vous avec des Saxons ?

- Des Saxons ? Répétai -je.

- Oui, vous l'ignoriez ?

- Hé bien, je dois vous avouer que je n'ai pas pris le temps de leur demander leur nationalité. J'étais perdue dans les bois et je voulais simplement leur demander mon chemin, mais ils... ils avaient d'autres projets pour moi apparemment.

- Ils t'ont fait du mal ? Grogna Bors, les sourcils froncés.

- Non, avant qu'ils n'aient eu le temps, une flèche est sortie de nulle part et les a distraits.

- Tristan, sourit Galahad.

Au même instant un homme nous rejoignit. Sa démarche était souple et féline presque comme s'il ne touchait pas le sol. Il se planta à côté d'Arthur sans même un regard pour moi.

- Voici Tristan, votre sauveur, déclara le chef.

Je rougis en le regardant, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il était intriguant avec son visage impassible et ses yeux incroyablement noirs. Son regard était perçant, comme s'il pouvait lire en moi, comme s'il cherchait à savoir tous mes secrets et étrangement j'avais l'impression de le connaître depuis toujours. J'eus l'impression qu'il ressentit la même chose, car son regard se teinta d'étonnement avant qu'il ne se reprenne et me fasse un hochement de tête.

- Je vous remercie, Tristan. Je vous dois la vie et même plus.

Voyant qu'il ne répondait pas, Arthur reprit la parole.

- Vous avez dit que vous étiez perdue au fait. Voulez-vous que nous vous raccompagnions jusque chez vous ?

- Hé bien, c'est qu'en fait je n'ai pas de chez moi. J'espérai rejoindre la prochaine ville pour tenter de trouver... je ne sais pas, un travail, quelque chose.

- Nous allons au Mur d'Hadrien, si vous voulez nous y accompagner ?

- Je ne voudrais pas vous déranger...

- Allons tu nous dérangeras pas ma p'tite, intervint Bors. On va pas te laisser toute seule dans cette foret, la nuit va bientôt tomber. Et puis ça nous changera un peu d'avoir une présence féminine avec nous, pas vrai les gars ?

Ils acquiescèrent tous avec des hochements de tête, excepté Tristan qui se contenta de me scruter en silence.

- Je... je ne sais pas comment vous remercier.

- Moi je sais, lança Lancelot avec un sourire qui ne cachait rien sur ses intentions.

Je me mis à rougir comme l'idiote que j'étais et il esquissa un sourire satisfait, pensant sûrement que j'étais sensible à son charme. Peut-être un peu en effet... mais pour ma défense je n'avais pas l'habitude de me faire draguer, surtout par un chevalier du moyen âge.

- Vous portez d'étranges vêtements pour une femme, reprit Arthur en me reluquant de la tête aux pieds.

Il allait falloir que je m'habitue à ce qu'on me scrute comme si j'étais un bout de viande, décidément ! Mais en effet, si nous étions aux alentours du Ve ou VIe siècle comme je le pensais, ils n'avaient pas du voir beaucoup de femmes avec un jean slim qui moulait leurs formes. Jean slim qui était d'ailleurs déchiré, heureusement j'avais mis un haut un peu long qui cachait mes sous-vêtements. Néanmoins, je ne pus m'empêcher de me sentir mal à l'aise devant leurs regards alors que c'était pourtant une tenue que je portais régulièrement.

- C'est une tenue typique de chez moi, répondis -je finalement.

- Ah oui ? Et d'où venez-vous ? Demanda Galahad en haussant un sourcil.

- Elle nous racontera tout ça plus tard, nous devons rejoindre les autres au campement avant que la nuit ne tombe, ordonna Arthur.


Voilou :) A la semaine prochaine pour un nouveau chapitre, je suis très inspirée en ce moment et c'est pas plus mal ^^

XoXo