Avant de vous laisser lire la suite, quelques mots de remerciements.

Merci pour vos commentaires et vos marques de soutien (dans l'ordre d'apparition) : Mini, Plume d'ocre, MariOn (merci pour le message de re-bienvenue :-)), Sweetylove30 et LAurore. J'espère que la suite ne va pas vous décevoir...

N'hésitez pas à dire ce que vous pensez...

Enjoy!


Les roues de l'avion s'écrasèrent sur le tarmac dans un crissement maladif. Il eut une légère embardée, des cris au fond de l'avion, puis tout redevint stable. Quelques personnes applaudirent, soulagées.

Cho referma son livre, il lui restait 22 pages à lire, bibliographie incluse.

Van Pelt était aux anges, elle adorait l'avion.

Rigsby ouvrit enfin les yeux en soufflant : il détestait les atterrissages, il considérait que c'était les moments les plus angoissants d'un vol.

Lisbon, elle, n'avait pas bougée. Elle regardait toujours à travers le hublot.

Ils furent rapidement à la porte d'embarquement et s'engagèrent dans les couloirs de l'aéroport en direction de la sortie.

Ils devaient d'abord récupérer les bagages puis se rendre à l'hôtel qu'on leur avait réservé, à deux pas de Time Square.

Lisbon marchait vite, à petits pas rapprochés, slalomant entre les touristes venus croquer la « grosse pomme ».

Elle distança facilement Van Pelt, Cho et Rigsby qui prenaient, derrière elle, un peu le temps de se dégourdir les jambes. Les bagages mettraient de toute façon un petit moment avant d'arriver sur le tapis roulant.

Ils furent d'autant plus surpris quand, au détour d'un couloir alors qu'ils arrivaient presque aux tapis, ils se trouvèrent face à face avec Lisbon, les bagages contre le mur, discutant avec un employé de l'aéroport.

- … merci Jim, comme ça nous n'auront pas à attendre… Bonne soirée…

- Avec plaisir Térésa… et n'oubliez pas… vous avez mon numéro… fit Jim en faisant claquer sa langue… New York by night, ça vaut le coup…

Lisbon agita le téléphone portable qu'elle tenait à la main avec un sourire et se tourna vers ses collègues.

- Quoi, encore ? Vous en avez mis du temps…

- Ben patron, qui c'est ce gusse ? dit Rigsby en désignant l'homme qui s'éloignait.

- C'est Jim… vous ne savez pas ce que certains new-yorkais sont près à faire pour une fille qui leur demande leur numéro de téléphone… Et ça m'a évité de sortir ma nouvelle plaque… dit-elle en souriant tout en effaçant le numéro qu'elle avait pris en mémoire. Allez on y va…

Lisbon tournait les talons quand son téléphone tinta. Elle regarda et son sourire disparut.

- C'est un message de Jane : Je vous attends à la sortie. Content que vous ayez pu venir.

Lisbon fila, pestant, en trainant sa valise et laissant là, un peu surpris, ses collègues. Ils se mirent à sa poursuite, désireux de ne rien rater des retrouvailles.

Ils passèrent la sécurité sans encombre et s'engagèrent tous les quatre dans le long couloir étroit qui débouchait à la zone voyageurs.

Lisbon avançait rapidement, accélérant à mesure qu'elle s'approchait de la porte.

Le sas s'ouvrit et ils se retrouvèrent devant une grande foule d'anonymes.

Puis ils virent Patrick Jane.

A une dizaine de mètres, il était là, souriant, un peu aminci mais plus bronzé et les cheveux légèrement plus longs. Il avait ses mains dans les poches de son éternel costume bleu, quatre petits paquets à ses pieds.

- Les amis ! cria Jane en ouvrant largement ses bras, près à envelopper ses anciens collègues.

Lisbon ne décéléra pas, au contraire, elle allongea le pas – Jane allait passer un sale quart d'heure, pensa Cho.

- Ce que je suis content de vous v…

Jane n'eut pas le temps de finir sa phrase.

Il vit les yeux de Lisbon et crut entendre un « wouch » rapide.

La main de Lisbon claqua sèchement sur la joue de Jane, le bruit bref et net d'une gifle donnée avec le bout des doigts très souples. Les pires.

Le bruit résonna un instant dans le crâne de Jane et une brûlure le saisit sur tout le côté gauche du visage. Il posa sa main sur sa joue, coi, et resta comme ça au milieu des passants qui le regardaient en souriant.

Lisbon n'avait pas ralenti une seconde et elle s'éloignait vers la sortie, en direction des taxis.

Van Pelt s'approcha de Jane et, en le dépassant, posa une bise sur sa joue droite.

- Bonjour, Jane… ça fait plaisir de vous revoir…

Sans s'arrêter, Rigsby, qui riait, lui donna une tape sur l'épaule.

- Salut, Jane… la pêche ?

Cho s'approcha de Jane, regarda par terre et prit les quatre petits paquets. Il jeta rapidement un coup d'oeil et dit :

- Merci pour les t-shirt I love NY… La boss est en pétard…

- Franchement, je croyais que ça ferait plus mal… fit Jane en se frottant la joue… Elle a toujours autant de punch… Allez, on y va… j'ai réservé une limo pour vous accompagner à l'hôtel…

Ils sortirent du hall et rejoignirent Lisbon, Van Pelt et Rigsby qui patientaient dans la longue file d'attente des taxis. Le soleil commençait à tomber sur LaGuardia.

- Vous venez ? Proposa Jane. Il y a une voiture qui nous attend…

Van Pelt et Rigsby sortirent de la file avec leur bagage. Lisbon ne bougea pas, muette, dos à tout le monde.

- Allez, Lisbon… venez… ne faites pas d'enfantillages… A cette heure-ci vous en avez pour au moins 45 minutes avant d'attraper une voiture… on a de la place dans la nôtre… Hé, Rigsby, fit Jane, en lui donnant une pichenette dans le coude, il y a même une Playstation à l'arrière… Puis en se retournant continua. Allez, Lisbon… vous ne serez même pas obligée de partager une banquette avec moi… Bon… d'accord, fit Jane dans une dernière tentative… j'aurais peut être dû vous prévenir…

Lisbon ne répondit rien. Elle fit deux pas avec la file qui avançait.

Jane regarda ses anciens collègues, un peu dépité mais avec la marque de quatre doigts bien dessinés sur la joue.

- Bon, ben… on y va alors… Lisbon ? Vous êtes sûre ? Au fait, vous avez l'adresse ? Vous êtes au President Hotel, sur la 48ème r…

Lisbon se retourna et pétrifia Jane du regard. Elle fit deux pas de plus avec la file.

Il ne rajouta rien de plus et invita ses anciens collègues à rejoindre la limousine 6 portes qui venait de se garer le long du trottoir.

Quand Lisbon vit disparaitre la voiture dans la circulation, elle eut une pointe de remord.

Elle ferma et ouvrit plusieurs fois la main avec laquelle elle avait giflée Jane : au fond d'elle-même elle se sentait soulagée. Celle-là, c'était pour toute les fois où il l'avait mérité. Il l'avait pas volée sa claque, Jane.