La Magie

Chapitre II : Professeur Léonard

Château de Poudlard, vendredi premier septembre Mille neuf cent septante sept. Dans la grande salle…

Les élèves de première année venaient tout juste d'arriver dans la grande salle, attendant avec angoisse leur répartition. A la table des Gryffondors, Lily scrutait la foule d'enfants à la recherche de son jeune ami Léonard. Elle ne savait point pourquoi, mais elle l'appréciait grandement, avec ses manières chevaleresques.

Non loin d'elle, un groupe de quatre garçons, généralement connu sous le nom des « Maraudeurs », était en train de finaliser le plan d'une farce de grande envergure…

- C'est bien compris, Queudver ? Demanda Sirius. Dès que l'attention est détournée vers les profs, tu te transformes et tu vas à la table des professeurs mettre une goutte de la potion dans chaque verre.

- Je vais me faire prendre ! Geignit Peter, en blanchissant.

- Pas si tu t'en tiens au plan ! Assura James. En plus, les profs seront trop occupés à arrêter les blagues pour te remarquer.

- Tu es vraiment sûr ? Demanda encore Peter, apeuré.

- Je ne pense pas qu'il soit très judicieux de faire cette farce ce soir, les amis, dit soudain Remus dans un souffle.

- Hein ? S'exclama Sirius, les yeux grands ouverts. Pourquoi dis-tu une pareille horreur, Lunard ?

- J'ai un mauvais pressentiment. La farce va rater, et nous allons nous faire prendre.

- C'est ton instinct qui te le dit ? Demanda sérieusement James, tandis que Sirius cessait de rire.

- Oui. Mieux vaut ne rien tenter ce soir.

James et Sirius se consultèrent du regard, et conclurent d'une même voix :

- Bon, nous allons voir comment se déroulent les choses alors.

Magie

A la table des professeurs…

Filius Flitwick, génie des Sortilèges de son état (cent vingt-quatre inventés ou améliorés à son actif), était en grande discussion avec l'illustre directeur de Poudlard, Albus Dumbledore.

- Albus, demanda t'il, où donc est notre nouveau collègue ?

- Je l'ignore, Filius. Il m'a écrit dans sa lettre qu'il arrivait aujourd'hui même… Bien qu'il soit encore temps, j'espère qu'il ne lui est rien arrivé de fâcheux…

- Et que devait-il enseigner, précisément ?

- De tout, répondit le directeur. Aussi bien les matières déjà étudiées ici que celles de niveau faculté. Même certaines qu'il a développées. Il a un vrai don pour l'explication, et parvient à faire comprendre à des enfants des matières très difficiles.

- Il semble vraiment prometteur, murmura Flitwick, pensif. Savez-vous à quoi il ressemble ?

- Oui, je l'ai déjà rencontré. Je n'oublierais jamais son visage. Il a les yeux et les cheveux marron, et mesure presque un mètre nonante. Ses traits sont durs, non pas sévères, mais semblables à ceux de quelqu'un qui a beaucoup vu. Mis à part cela néanmoins, je ne puis vous en dire plus. Voilà près de cinquante années que je l'ai vu, il a certainement changé.

- Cela lui ferait quel âge ?

- Environ quatre-vingt ans, je pense. J'ignore précisément son âge.

- Nous verrons bien s'il arrive durant le banquet, en ce cas.

- Oui, répondit Dumbledore. Allons, commençons la Répartition ! Minerva !

- De suite, Albus ! Répondit celle-ci, avant de dire d'une voix forte et claire : Afterwork-Cépatroto Brian !

- Serdaigle ! S'exclama le Choixpeau.

- Boumbadaboum Marc !

- Poufsouffle !

- Coincoin Michael !

- Serpentard !

- Leïla Kduconémara !

- Serpentard !

- Etrange cuvée, cette année, murmura James, qui ne savait pas si bien dire.

La liste de noms continua ainsi pendant de longues minutes, ponctuée par les applaudissements des maisons accueillant de nouveaux élèves. Enfin, on en arriva à la fin de la liste.

- Zzz Fainéant !

- Gryffondor !

A sa place, Lily commençait à s'inquiéter. Son ami Léonard n'avait pas eu son nom cité avant Laure Eal-Parckejlevobien, ni même après. D'ailleurs, Zzz Fainéant était le dernier nouvel élève présent dans la grande salle…

Regardant de nouveau sa liste, sans remarquer qu'il n'y avait plus de nouvel élève à attendre, le professeur McGonagall s'exclama :

- Léonard !

L'attention de Lily se retrouva accrue à la mention du nom de son ami. Mais où était-il ? Personne ne répondit à l'appel. La grande salle était toute entière silencieuse.

- Mr Léonard ? Demanda le professeur McGonagall en regardant autour d'elle.

Les portes de la grande salle s'ouvrirent soudain, et tous les regards se tournèrent vers le nouvel arrivant.

Léo se tenait là, paisible, sans sembler se rendre compte qu'il était en retard. Il referma la porte derrière lui, puis s'avança vers le Choixpeau tout en regardant les élèves de la grande salle. Il fit un sourire et un petit signe de la main à Lily en l'apercevant. Elle lui rendit un autre sourire, crispé, en guise de réponse.

Quand enfin il parvint au niveau du Choixpeau, le professeur McGonagall demanda :

- Mr Léonard ?

- Lui-même.

- Pouvons nous savoir où vous étiez, Mr Léonard ? Grogna sévèrement le professeur.

- Je faisais une petite ballade, répondit Léo innocemment et avec un visage d'ange qui ne prit pas.

- Pourquoi n'avez-vous pas suivis les autres élèves ? Dès que vous serez réparti, j'enlève vingt points à votre maison ! Allons, mettez le Choixpeau !

Léo s'exécuta, et prit l'illustre morceau de tissu entre ses mains, afin d'avoir la place de s'asseoir sur le tabouret. Il sauta sur ses pieds, mais manqua le tabouret lamentablement, et se réceptionna au sol de façon encore plus ridicule. Toute la grande salle s'exclama de rire.

- Tu ne peux pas faire un peu attention ? Hurla le Choixpeau, retourné à même le sol.

- Hou, mon lumbago ! S'exclama Léo, obtenant une seconde volée de rires des autres élèves.

- Mr Léonard ! Sermonna le professeur McGonagall, exaspérée.

- Voilà, voilà !

Sans plus attendre, il s'assit convenablement, et enfila le Choixpeau sur sa tête, faisant disparaître son visage. De sa place, Lily le regardait avec appréhension, espérant qu'il fût répartit dans sa maison. Au contraire, les Maraudeurs espéraient qu'il allât ailleurs, de préférence chez les Serpentards. Ils ne voulaient pas perdre vingt points si tôt dans l'année.

La réflexion du Choixpeau dura bien plus d'une minute, étonnant l'ensemble de la grande salle, et en inquiétant même certains. Soudain, coupant court au pourquoi du comment l'attente durait tant, un bruit reconnaissable entre mille s'éleva, d'abord faiblement, puis puissamment.

- RRRRRzzzzz… RRRRRzzzzz… RRRRRzzzzz…

- MR LEONARD ! Hurla le professeur McGonagall en tapant dans le dos de son élève, outrée.

- Hein ? Quoi ? Demanda celui-ci. Déjà le matin ?

- Cinquante points en moins à votre nouvelle maison ! Vous endormir pendant votre répartition ! Vous n'avez pas honte ?

- Ne vous énervez pas, Minerva ! S'exclama Léo en souriant, le Choixpeau relevé de son visage.

La plupart des élèves prirent un air horrifié. Il n'était même pas répartit, qu'il osait appeler un professeur par son prénom ? Quel culot !

Ladite Minerva se teint de rouge, mais se contint néanmoins, et ordonna au Choixpeau de se dépêcher.

- Bon, allez les enfants ! Dit Léo en tapotant le Choixpeau. Vous savez quoi dire !

- Oui oui, fit la voix de l'item magique. TABLE DES PROFESSEURS !

Lily, immédiatement suivie par les Maraudeurs, les professeurs et l'ensemble des élèves ouvrit grands les yeux en entendant cela. Il fallait que cela arrive. Le Choixpeau avait pété une durite, sûrement du fait de sa chute au sol. Qui donc allait payer le contrôle technique des mille ans ? Et la vidange ? Et la réparation de la carrosserie ?

Un moment de blanc passa, où personne n'osa parler. Léo, lui, ôta le Choixpeau de sa tête et le remit sur le tabouret. Puis il se tourna vers la grande salle silencieuse, et dit :

- Je voix que personne ne semble prendre le Choixpeau au sérieux. Et pourtant, c'est la vérité. Permettez moi de me présenter, je suis le professeur Léonard. Mon apparence porte à confusion, je ne fais effectivement pas mes septante cinq ans calendaires, et je m'en excuse. J'ai eu un petit problème temporel en venant ici.

Personne ne répondit rien, tous étant occupés à digérer ces paroles pour le moins étranges. A sa chaise, Lily pensait qu'il s'agissait d'une énorme farce. Sans rien ajouter d'autre, Léo alla à la place qui lui était réservée à la table des professeurs, juste à côté de Dumbledore.

- Bonjour Albus ! Excuse-moi du retard, mais Marie m'a longuement parlé.

Un sourire éclaira le visage de Dumbledore, qui se leva et s'exclama alors à l'intention de ses élèves :

- Mes chers enfants, malgré la récente confusion, je puis vous assurer que Mr Léonard est bel et bien votre nouveau professeur. Maintenant, je vous souhaite un bon appétit !

Les plats apparurent alors sur les tables, sortant immédiatement les plus goinfres de leur torpeur, puis les autres élèves, petit à petit. A la table des Gryffondors, au milieu d'un bourdonnement enflant de voix, les Maraudeurs étaient estomaqués, et Remus dit :

- Le voilà, mon mauvais pressentiment ! Il sait tout ce que nous avons prévu de faire !

- Mieux vaut reporter la farce à dans quelque jours, dit James. N'y va pas, Peter. Peter ?

Mais il n'y avait personne à la place de son camarade.

- Oh, non ! S'exclama Sirius. Trop tard !

Effectivement, se faufilant entre les pieds des différents élèves de Gryffondor, un rat bien connu portait entre ses dents une petite fiole à pipette.

- Scouic ! S'écria t'il philosophiquement en voyant apparaître une cage à rat devant lui, et en s'y engouffrant avant de parvenir à s'arrêter, provoquant la fermeture de sa prison.

- Scouic ! Couicouic ! Scouic !

A sa place, Léonard mangeait calmement en se balançant les jambes, un sourire en coin. Fort bien, ils n'avaient pas renoncé !

En effet, les trois Maraudeurs restants n'avaient plus le choix. Pour éviter à Peter de se faire prendre, ils devaient lancer leur blague.

- Prêts ? Chuchota James en sortant sa baguette sous la table.

- Prêts ! Répondirent silencieusement Sirius et Remus, pâles comme les fantômes.

- Maintenant !

Aussitôt, alors qu'il agitait sa baguette en une succession de mouvements de va-et-vient (…), un feu d'artifice explosa derrière la table des professeurs.

- La belle bleue ! S'exclama Léonard en admirant le feu vert et en se faisant entendre de tout le monde, tout en partant dans un rire enfantin.

Personne n'eut le temps de souffler, que le professeur Dumbledore se leva en criant de surprise. Sa barbe venait de prendre feu ! Mais pas un feu qui brûlait, une illusion de combustion, sans chaleur, qui se répandait au fur et à mesure que vous tentiez de l'éteindre. Dumbledore, parfaitement serein, se transforma rapidement en torche humaine, et se rassit à sa place comme si de rien n'était. Immédiatement, le feu changea de couleur, et plusieurs nouveaux feux d'artifice sortirent de son corps, pour exploser inoffensivement haut dans le ciel de la grande salle.

Tandis que les professeurs « normaux » tentaient d'aider leur directeur, Léonard s'esclaffait de son rire enfantin, et applaudissait de ses mains le spectacle.

Ce zigoto ne peut pas être professeur, ce n'est pas possible ! Pensa Severus en même temps que plusieurs élèves médusés devant le spectacle.

Mais personne n'eut de répit. Venant du plafond, des gouttes de potions étranges chutèrent dans chaque verre de la grande salle, sans se faire voir. Immédiatement, les élèves qui se désaltérèrent furent victimes de plusieurs effets étranges… Certains se transformaient en l'animal qui leur ressemblait le plus. Sirius –prenant part à la blague pour éviter d'être trop soupçonné- se métamorphosa en sa forme animagus, et aboya bruyamment. Chez les Poufsouffle, l'ont vit apparaître deux blaireaux et une girafe grandeur nature, dont la tête se perdait dans le plafond magique.

Mais les dégâts ne se limitaient pas là. Outre les transformations en animaux, certains élèves se voyaient victime de transformations caractérielles… Alors que certains calmes devenaient soudain nerveux, et hurlaient de colère contre tout, certains timides montèrent sur leur table et entamèrent un strip-tease. Les professeurs McGonagall et Slughorn ne furent pas en reste, et étonnèrent tout le monde en s'enivrant soudain, et en entamant des chansons paillardes.

- Ah qu'elles sont jolies, les filles du bas de la rue ! Laïlaïlaïlaï laïlaï ! Laïlaïlaïlaï laïlaï ! Hurla Slughorn.

- Deux zéro plus un, égal la carotte à papa ! S'exclama McGonagall.

Entre autres. Ils firent rapidement un concours de pets et de rots détonants.

Enumérer les diverses farces réalisées ce jour nécessiterait un arrêt sur image afin de l'étudier, car soudain, une voix s'éleva :

- STOP ! Cria t'elle fortement, se faisant entendre partout.

Tous les visages épargnés par les pigeons qui déféquaient sur tout ce qui bougeait se tournèrent vers la table des professeurs, et plus particulièrement sur le professeur Léonard. D'un geste désinvolte de la main, celui-ci éteignit la Bubus-Torche ® désennivra ses collègues des potions et de la métamorphose et les fit flatuler une dernière fois ; rhabilla les personnes souffrant de bouffées de chaleur et retransforma les animaux en leur forme originale. Puis il se rassit.

- Il est grand temps, je crois, que tout le monde aille se coucher ! Finissez votre repas, et au lit ! Le petit-déjeuner sera composé de ragoût de rat !

Remus, James et Sirius prirent un air horrifié en entendant cela.

A suivre