Aphrodite est trés mignon pour ses dix-sept ans, non ? Mon cher Saga, ça fait huit années déjà que tu l'as abandonné, tout comme tu as délaissé Shura et Angelo, tes apprentis chevaliers. Aioros a fait de même. Mais tout cela n'est qu'un détail, veux-tu, je préfère revenir à un sujet plus intéressant. Le chevalier des Poissons était ton préféré parmi le lot de la fratrie du Sanctuaire, un mignon petit garçon à la chevelure d'azur déjà longue. Ses grands yeux clairs et purs avaient éveillé en toi l'envie de t'occuper de son entraînement et l'once d'interrogation permanente dans ses pupilles avaient, quant à elle, donné naissance au désir de nouer un lien avec lui...

Le chevalier d'Or des Poissons n'avait que neuf ans et ressemblait à une petite fille. Tu aimais lui enseigner ce que tu savais sur la vie des chevaliers d'Or, leur but, et lui t'écoutait sagement, osant rarement te demander quoi que se soit, il comprenait vite. Déjà à l'époque, tu aimais faire le bien autour de toi en aidant tout ceux qui en avaient besoin. Tu peux en être fier, Saga des Gémeaux, car sans toi, je doute que ma belle armée soit aussi compétente et puissante. Tu as fait du beau travail, et je t'en remercie sincèrement, maintenant repose toi bien. J'aimerais me détendre. Nous détendre. Passer trop de temps dehors, sous cette lumière aveuglante, à te laisser en pleine liberté soulager le peuple me donne un haut-le-coeur. Tu vois que je ne suis pas si cruel que tu veux bien me le faire croire, je te permets de sauver qui tu veux. Tu es bon, Saga, tu es un dieu, je suis le Dieu dont tu fais parti.

Le Grand Pope rentra dans le palais qui lui était réservé. En chemin, il prit tout son temps pour passer le Temple des Poissons dans lequel son gardien était présent. Saga, tapi au plus profond de son être, n'avait même pas senti son coeur se serrer, il n'en avait même plus le contrôle. Arès aurait volontiers été voir le chevalier pour une simple visite de courtoisie mais il ne se connaissait que trop bien. Il aurait certainement eu de drôles d'envies sur le coup et préféra attendre une meilleure occasion. Avec le temps, il le trouvait réellement charmant et... tentant. Aphrodite avait tapissé religieusement la route entre les deux endroits de pourtours de roses rouges. Des fleurs qu'Arès aimait voir, leur couleur charmait son coeur et une certaine joie s'y installa, balayant son mal passager dû à un surplus de plaintes que le peuple ne cessait de proférer. Néanmoins, il les pardonnait puisqu'ils le priaient avec foi. Il regagna donc sa demeure sans détour et prévint l'un de ses serviteurs qu'il désirait prendre un bain.

Enfin, la vue de la salle de bain lui fit ressentir une immense satisfaction. Une piscine aurait mieux qualifié cet endroit de par son ampleur. Oui, un large bassin empli d'une eau légèrement fumante qui n'attendait qu'une seule chose: bénir son corps divin. Une fois seul, Arès ne se fit pas prier longtemps pour retirer tous les artifices qui recouvraient l'Oeuvre d'art qu'il était. Petit à petit, casque, masque, colliers et tissus le quittèrent et lui s'en alla rejoindre l'eau chaleureuse. Un délicieux frisson le parcourut alors que sa main caressa cette dernière du bout des doigts. Sans se presser, il entra dans l'or bleu et suivit du regard ce dernier lui cacher quelques parties du corps. D'abord l'eau atteignit ses genoux, puis elle s'amouracha de ses fermes cuisses avant d'engloutir sa virilité. Le Grand Pope sourit, c'était ici qu'il se sentait bien et pleinement à l'aise pour le moment. Une position plus agréable serait celle du Dieu unique sur terre, mais il n'était pas encore reconnu comme tel. C'était dommage et il devait vivre en tant que traître, en tant qu'imposteur mais au moins, il profitait des privilèges qui auraient du être naturellement les siens. Personne d'autre dans ce Sanctuaire, son Sanctuaire - et la Terre entière n'était pas moins sa propriété - ne pouvait se vanter de se laver dans cette eau divine. Arès pouvait rester des heures ainsi à se prélasser dans ces eaux claires, assombries seulement par leur propre chaleur. Il s'assit en fermant les yeux et s'appuya contre l'un des rebords, s'allongeant jusqu'à être trempé jusqu'aux épaules. Là il était bien, là il sentait même Saga se calmer et être bercé par les légers remous du bassin. Il en oubliait son plus grave pêché; celui d'avoir amené son propre petit frère à la mort... L'imposteur ne savait pas si, en cet instant, le chevalier d'Or des Gémeaux se souvenait encore de quelque chose d'extérieur. Rien d'autre n'avait d'importance que cette eau chaude et réconfortante qui le lavait de tous ses maux.

Sa longue chevelure cendrée devint d'un doux bleu saphir et sous ses paupières, ses iris retrouvèrent leur éclat perdu d'émeraude. Saga n'avait pas encore conscience de récupérer son corps, il chérissait le fait d'être aussi bien, comme à l'intérieur d'un cocon où personne ne pourrait le déloger en lui faisant du mal. Etait-ce cette sensation que connaissaient les enfants et qui les retenait dans le ventre de leur mère ? C'était tellement agréable qu'il crut enfin comprendre pourquoi ils ne semblaient jamais vouloir en partir. Le Gémeaux appréciait depuis toujours les enfants. Dans son adolescence, il passait le peu de temps libre qu'il avait entre deux missions ou entraînements à jouer avec des gamins laissés dans les rues. Evidemment, ils s'étaient tous pris d'affection pour ce jeune homme qui paraissait bien imposant ainsi revêtu d'une armure toute dorée. A leurs yeux ébahis, il était un dieu qui rayonnait de bonté et qui leur accordait ce qu'ils n'avaient jamais eu auparavant: une attention divine. Ils lui souriaient pour le remercier de son aide et du temps passé en leur compagnie. Et cela était la meilleure des récompenses pour Saga, leur bonheur suffisait à le motiver afin de se battre pour Athéna, et par la même occasion, pour eux. Beaucoup d'entre eux aimaient aussi toucher ses longs cheveux de saphir, le chevalier ne les grondait pas et les laissait ravir leur curiosité à l'égard de cette étrange couleur capillaire. Quelle petite bande de curieux ! Aphrodite n'était pas ce genre d'enfant, bien qu'une grande curiosité l'animait également. Le petit Poisson était trés calme et ne riait jamais pour un rien ou pour faire plaisir à qui que se soit. Il souriait peu au début de sa vie au Sanctuaire, puis la beauté de ses lèvres se révéla naturellement avec le temps. Le Gémeau avait été heureux de le voir rire franchement, et même avoir un fou rire. Juste aprés, il avait rougi et avait gentiment souri. Pourquoi se sentir idiot ? Ils étaient humains, et rire aussi fortement en était surement l'une des plus belles manifestations. Un bien tendre souvenir qui étira finement les lèvres de Saga, figé dans son bain. Il avait adoré cet enfant, mais lui n'en aurait jamais. Non, jamais une femme ne pourrait lui en donner un, puisque son coeur appartenait tout entier au chevalier des Poissons.

Saga cessa sa pensée avant qu'elle ne dérive, y réfléchir davantage n'aurait fait qu'attirer le fauve apaiser en lui. Ce démon qu'il haïssait tant... Le seul moyen qu'il avait trouvé pour s'en débarasser avait été le suicide bien sûr, mais impossible de mettre un terme à la vie puisqu'Arès avait toujours un oeil sur lui... Qu'importe ce qu'il faisait ou envisageait, il le savait car leur âme n'était qu'une seule et même unité. Le seul répit que le Gémeau connaissait était lorsqu'il taisait ses pensées à sa facette maléfique. Il arrivait à lui fermer sa moitié d'âme et Arès avait depuis longtemps déjà renoncé à la forcer. C'était plus amusant de lui laisser une part de mystère, un petit refuge où Saga tournait en rond quand lui avait la posséssion de leur corps. Au plus profond de son être, il pouvait ressentir le chevalier faire les cent pas. Il avait de quoi devenir fou, il le serait probablement devenu si le démon ne l'avait pas laissé ressurgir sous certaines conditions. Et ne pas se trucider faisait parti de ces conditions à respecter.

Le chevalier des Gémeaux plongea dans le bassin, il voulait être entièrement submergé, disparaître pour de bon pour entraîner la fin de l'Autre, mais il n'y arrivait jamais. De gré ou de force, il regagnait toujours la surface comme maintenant. Parce qu'il était attaché à la vie et qu'Arès l'en empêcherait. Saga ne vivait plus, mais il n'était pas mort pour autant. Finalement, il polit sa peau légèrement cuivrée de ses mains trempées. Prendre soin de lui n'avait que peu d'importance à ses yeux, ce qui avait le don d'irriter Arès qui s'empressa de reprendre le contrôle de leur divin corps. Sa superbe enveloppe charnelle méritait un rituel digne du Dieu qu'il était. Ses mains se firent d'une extrème tendresse sur sa peau qu'elles effleurèrent délicatement. Avec une attention presque religieuse, il lava chaque parcelle de chair. Ce rite pouvait durer des heures entières, de longues heures à bénir ce corps qu'il aimait plus que tout. Un corps qui le rendait ivre de plaisir tant il était parfait et sien. Oui, un jour, Saga ne serait plus là pour le parasiter... Et quand bien même il resterait à jamais avec lui, alors il serait son éternel otage. Un étrange sentiment liait Arès au Gémeau... Il l'aimait tout autant que son corps, mais sa disparition lui ferait également le plus grand bien. Avec lui, c'était tout ou rien.

Le démon prit un malin plaisir à malaxer son puissant torse. Les gouttes d'eau semblèrent épouser amoureusement la forme du moindre de ses muscles, prenant tout leur temps pour en faire la descente. Sa gorge tentatrice était toute perlée de fines goutelettes amenées par sa longue chevelure cendrée. Les remous chauds, quant à eux, embrassèrent la fermeté de ses cuisses hâlées et s'autorisèrent même à taquiner son membre apaisé. Ne faire qu'un avec toute cette étendue aqueuse... C'était le bonheur parfait selon lui. Rien ne pouvait mieux honorer l'Oeuvre qu'il était que la nudité bénite par la pluie.

Nous sommes ce que Dieu a fait de mieux.

Enfin, Arès sortit de son bain, totalement détendu, puis alla se revêtir, cachant aux yeux du monde la magnificence de son ensemble. Ce jour était spécial, dans le sens où il allait se produire quelque chose d'inoubliable, il le ressentait. Plus précisémment, l'imposteur du Sanctuaire comptait bien s'amuser davantage si l'occasion se présentait d'elle-même et prolonger le plaisir platonique qu'il avait eu dans ses eaux aimables, celles qui lui renvoyaient une image de lui digne d'être aimé. Il termina en complétant son costume de son masque, derrière lequel il sourit largement. Saga, restreint au sein de son propre corps, avait l'habitude de voir son double maléfique être bien dans leur peau aprés le bain, il en devenait presque supportable et sa bonne humeur l'apaisait également.

A présent, il allait se remettre au travail, ce fantastique travail qu'il prenait trés au sérieux depuis qu'il l'avait acquis. Les tâches qu'il effectuait pour l'ensemble du Sanctuaire était son devoir. Et il les accomplissait avec un soin particulièrement dévoué. Le bien de sa fratrie était important pour qu'il réussisse à atteindre son objectif: être le Dieu de la Terre. Il était suffisemment lucide pour se rendre compte qu'il n'y arriverait jamais seul, mais bel et bien avec l'aide des autres chevaliers d'Or. Parmi ces derniers, trois en particulier retenaient son attention depuis des années déjà: Death Mask du Cancer pour sa cruauté, Shura du Capricorne pour sa loyauté et bien évidemment, Aphrodite des Poissons pour sa Beauté et sa fidélité. Autrement dit la triade des ainés parmi les chevaliers. Il suffirait de leur confier, à eux, les missions plus dérangeantes et ses soucis seraient trés rapidement éradiqués.

Alors qu'Arès allait s'asseoir à son bureau pour jetter un oeil aux nouveaux dossiers du Grand Pope, un serviteur vint frapper à sa porte.

- Grand Pope, je suis navré de vous déranger en plein travail, mais un chevalier demande une audience avec vous.

- De qui s'agit-il ?

- Il s'agit du chevalier d'Or des Poissons, votre Sainteté.

Aphrodite voulait le voir ? Cette demande réchauffa d'un seul coup tout le sang d'Arès ce qui inquièta grandement Saga. Leur imagination s'enflamma vite mais le Pope répondit simplement à son serviteur par un hochement de la tête, confirmant qu'il le recevrait de suite. Il lui tardait déjà d'admirer le jeune homme une nouvelle fois ! De contempler de ses yeux affamés le joli plat élégamment orné d'or... Mais que lui voulait-il ? Depuis toutes ces dernières années, le chevalier des Poissons n'était venu le voir que deux fois: une fois peu aprés la mort d'Aioros suivie de la mystérieuse disparition de Saga afin d'otenir des renseignements sur cette affaire. A cette époque, il n'était encore qu'un jeune garçon... Dix années tout au plus. Puis une seconde fois le Grand Pope le vit pour les mêmes raisons, quelques mois plus tard, il était venu solliciter davantage son aide et ses connaissances. Aprés des recherches menées en solitaire, il était revenu déprimé, sans aucune piste à exploiter pour continuer à avancer et depuis, Aphrodite n'avait plus passé les portes du palais si on oubliait les réunions entre chevaliers d'Or. Jusqu'à maintenant.

Repenser à lui de la sorte, le doux visage du Poisson, sérieux comme à son habitude excita Arès qui ne se fit pas prier plus longtemps pour se rendre à la salle principale. Au grand désarroi du Gémeaux, ce dernier eut honte de l'imaginer tel qu'il paraissait dans ses fantasmes soufflés par le démon alors qu'il ne l'avait même pas encore vu. C'était à croire qu'il lui déteignait dessus... Pourtant, quoi qu'il en soit, le Grand Pope ne devait absolument pas approcher Aphrodite, Saga se le jura. Sans se préoccuper de lui malgré tout, le démon retourna dans la salle principale de son palais. Le chevalier des Poissons était là, debout devant lui alors qu'il alla s'asseoir pour régner en maître de ces lieux.

Le silence est surement l'une des meilleures vertus qui existent. Et je crois que c'en est une également pour ce beau jeune homme. Il semble encore hésiter sur le choix de ses mots et me laisse dans l'incompréhension. Que me veut-il donc ? Est-ce qu'il va de nouveau me parler de Saga ? Ah, Saga ! Que tu es chanceux d'avoir autant de monde inquièt pour toi ! Et en parfait ingrat, tu les as laissé se faire un sang d'encre à ton sujet. En remerciement, ils t'ont tous oublié. Je veux que que cela soit ta récompense pour m'avoir autant contrarié.

Regarde le, Saga... Je peux comprendre qu'un si ravissant visage t'enchante, Aphrodite est réellement désirable. Il n'y a que l'amour que tu lui voues que je ne peux pas comprendre, en revanche. Nous allons nous arranger mon cher, je serai le côté physique et tu seras la psychée. Interdis le moi autant que tu le voudras, mais le petit Poisson sera mien, de gré comme de force.

Le douzième gardien du Sanctuaire s'avança jusqu'à être à quelques mètres du Grand Pope assis, majestueux dans son uniforme. Son visage masqué empêchait au Poisson de connaître l'humeur de son propriétaire, ce qui ne le rassura guère. Comment prendrait-il sa demande ? Il posa un genou à terre, s'inclina en fermant les yeux et en baissant la tête, une parade formelle mais ô combien plaisante pour Arès.

- Grand Pope, j'ai besoin de vos conseils.

Sa voix se fait claire et précise, il sait où il veut m'amener. C'est presque touchant à écouter, continue donc mon joli. Oh, tu attends mon accord ? Vois Saga la force que me confère le statut de Grand Pope ! L'homme que tu aimes m'est totalement soumis sans que je n'ai eu recours à quelque mot.

- Je t'écoute Aphrodite.

Aphrodite relève son visage vers moi et me regarde de ses grands yeux clairs. Bien que ses lèvres restent neutres et qu'aucun trait ne semble trahir une quelconque émotion, je ressens au fin fond de son cosmos une énorme motivation. La peur est toujours présente en lui par contre... Le Poisson n'a pas peur de moi, mais de ma réaction. Dis moi tout.

- Vous connaissez déjà l'objet de ma demande, Grand Pope, alors je serai direct. Je vous prie une nouvelle fois de bien vouloir me dire ce que vous savez du chevalier des Gémeaux disparu, Saga.

Alors c'est encore ça qui le chagrine ? Bel Aphrodite, tu t'entêtes à chercher un mort ! Saga est mort pour vous tous, pourquoi ne t'y fais-tu donc pas ? Je croyais que le temps avait apaisé ta douleur, celle qu'avait laissée cet ainé pour toi mais tu viens de me prouver que je me trompais. Et je n'aime pas me tromper. Ah... Voilà que tes mots ont réveillé cet endormi en moi ! Maudis sois-tu, Aphrodite ! Je te jure que tu me le paieras ! Tout cet amour qui rejaillit... Ah, quelle horreur... C'est écoeurant...

Saga s'était effectivement réveillé des tréfonds de son âme en entendant la voix claire et reposante du Poisson. Depuis longtemps il n'avait plus eu le loisir de l'écouter comme il le pouvait avant, lorsqu'il l'entraînait afin de devenir un chevalier d'Or encore plus performant. Plus il passait les jours enfermé dans son propre corps et plus sa seule raison de tenir à la vie se résumait à Aphrodite des Poissons. Sa foi en Athéna avait été sérieusement ébranlée, il doutait depuis huit ans déjà qu'elle soit encore en vie... Comment un bébé aurait-il pu survivre seul alors que son gardien, Aioros du Sagittaire, avait été exécuté ? Saga connaissait bien son cosmos... Et il avait su le reconnaître parfaitement lorsqu'il s'était totalement éteint. L'espoir n'avait fait que s'amenuiser depuis. Il n'avait plus qu'à croire en Aphrodite... Qu'il fasse quelque chose pour le renverser, pour arrêter la folie qui était sa maîtresse...

- Ah, Saga des Gémeaux...

- Notre frère d'armes, dîtes moi ce que vous savez, Grand Pope, je vous prie.

Quelle courtoisie exaspérante... Saga, j'ai l'impression que ton bien-aimé Poisson ose me donner un ordre déguisé. Dois-je vraiment lui répondre ? J'ai plutôt envie de le faire taire, et d'en profiter pour tuer toutes ses illusions à ton sujet ! Il n'a rien à voir avec l'Oeuvre que nous sommes ! Que je représente pour nous deux. Qu... ?!

- Aphrodite...

- Damné sois-tu, Saga !! Laisse moi reprendre le contrôle, le pouvoir !

Le Gémeau avait réussi à reprendre l'espace de quelques instants ses esprits, enfin ! Il avait faiblement murmuré le nom du chevalier face à lui et ce dernier l'entendit, le regardant d'un air interrogatif. Qu'il l'aimait ! Saga mourrait d'envie de le prendre dans ses bras, de lui dire qu'il n'avait aucune inquiètude à avoir et qu'il était bien vivant ! Qu'il voulait le rassurer... Et espérer. Non, il ne devait pas faire cela; ses sentiments devaient passer aprés la sécurité d'Aphrodite. Il devait surtout prévenir le douzième gardien du Sanctuaire de ne plus jamais franchir les portes du palais seul, de n'être jamais seul en sa présence car il savait parfaitement qu'Arès ne portait pas dans son coeur le chevalier des Poissons depuis qu'il avait pris connaissance de l'amour que Saga lui portait. Le Gémeau était terrorisé sous son masque, ses doigts s'étaient crispés sur le trône royal. Il était trop affaibli... Le démon l'avait trop épuisé sur tous les plans psychiques... Avoir repris posséssion de son corps relevait du miracle !

Ah... Saga, je te tuerai un jour pour tous les coups bas que tu me fais ! Regarde à quel point je dois te maintenir fébrile pour reprendre notre corps divin ! Je n'ai rien fait encore que tu veux déjà me contrarier, moi, qui t'aime et te préserve... Pour cette injure, je vais devoir te montrer qui est le maître ici... Et ton Poisson me semble tout désigné pour m'aider dans cette tâche.

- Trés bien. Relève toi et suis moi, chevalier des Poissons, nous parlerons de cette affaire en privé.

Oui, c'est bien... Laisse moi t'admirer dans toute ta longueur vu que tu es enfin debout... Oh Saga, tu vas devenir fou, je te le promets ! Vois comme je vois ses longues jambes encore vêtues... Que dirais-tu de le précipiter dans la gueule du loup ? Un frisson me parcourt, tu détestes tant que ça l'idée que nos mains pourraient caresser, puis étouffer ton petit protégé ? C'est parfait ! Je vais le mener à sa perte ! Et si je peux le tuer... Oui le tuer par ta faute... Alors, je pense que je serais le plus heureux des hommes car je jouirai pour l'éternité de ton affliction et de ton désespoir. Je me lève finalement et guide Aphrodite sur la voix sacrée de la débauche... Ne me mens pas Saga, ne nous mens pas, tu penses ça aussi de lui, n'est-ce pas ? L'excés des plaisirs, tu voudrais le vivre avec Aphrodite ! Oh, si tu savais à quel point la rancoeur que tu as à présent envers moi me rend ivre de joie ! Loin de moi l'idée de vengeance maintenant, je vais te remercier de ce délice !


Bon bon... Chapitre deux terminé ! Qu'en pensez-vous ? Si je vais bien ? Oui, oui, merci de vous en inquièter !

Plus sérieusement, pour les lecteurs du premier chapitre, vous devez absolument vous rappeler de la petite devinette que j'avais laissée en suspens, au sujet du cadeau qu'Arès allait offrir à Saga... Eh bien voilà, la réponse est tombée: un bon bain ! ... Qui avait deviné juste ? ;D

Prochain chapitre: est-ce qu'Aphrodite va trouver un bon prétexte pour s'enfuir de la géôle qu'est la chambre du Grand Pope ? Est-ce qu'Arès ne va pas plutôt inviter le plus beau des chevaliers à faire de la corde à sauter ? (n'y voyez aucune connotation relative au bondage... trop tard !) Et si Arès demandait à Aphrodite d'être son psy ?

Beaucoup de questions... A suivre !

A bientôt ! ;3