Les nuages de vapeurs brûlantes ne parvenaient pas à la repousser, ni à lui faire croire à ce qu'elle tenait entre les mains.

Elle le maintenait fermement contre sa poitrine.

Il était là.

Il était bel et bien là, vivant.

Pour s'en assurer, elle avait même écouté les battements de son cœur, réguliers, doux, rassurants, vivant.

Elle avait alors pleuré. Elle, la forte et protectrice Mikasa, pleurait à chaudes larmes. Mais ce n'était pas par peine que les grosses goûtes roulaient sur ses joues.

C'était par joie.

Il était là.

Malgré tout ce qu'on lui avait raconté sur sa mort, c'était bien son odeur, sa chaleur qu'elle sentait et ressentait.

Depuis qu'elle le croyait mort, elle avait vécus comme en apnée.

A retenir sa respiration sous peine de vider ses poumons en un hurlement libérateur. Au lieu d'extérioriser, elle avait emmagasiné.

C'était en mode automatique qu'elle avait passé ces instants, ne réfléchissant plus, ne pensant plus.

Ne vivant plus.

Une part d'elle était morte en même temps que son frère.

Et voilà qu'elle le retrouvait.

Comme un enfant venant de naître, elle pleurait sa volonté de vivre retrouvée.

Sa renaissance.

Son ciel qui avait jusqu'alors était recouvert de sombres nuages venait de s'éclaircir.

Même quand on les avait ramenés au sommet de la tour, elle n'avait pas lâché ce corps encore inconscient.

Elle y tenait plus qu'à sa propre vie, choses qu'elle savait depuis longtemps.

Mais qu'elle venait aussi de découvrir qu'il lui était nécessaire pour vivre.

Son impétueux petit frère.

Son colérique petit frère.

Son fier petit frère.

Son protecteur petit frère.

Son guide.

Son soleil dans ce ciel rougis de sang.

Sa lumière.