« _ Rose ! Comme je suis contente de te voir.
_ Maman !
Jackie Tyler s'approcha vivement de sa fille et la serra dans ses bras puis fit de même avec le Docteur qui protesta. Ils s'installèrent dans le canapé.
_ Raconte-moi tout. Décréta Jackie.
_ Tiens Maman, ça vient de la planète Zyrklivon. Commença Rose en lui tendant une boîte. Joyeux anniversaire !
_ Vous n'avez quand même pas cru que nous aurions oublié votre anniversaire. Commenta le Docteur devant son air surpris. J'ai tout calculé. Mais nous ne voulions pas vous le dire avant.
Elle referma la bouche et regarda la boîte sous toutes les coutures sans oser l'ouvrir. Finalement, elle l'ouvrit délicatement et trouva un bracelet argenté avec des pierres où se mêlaient du vert, du noir et du violet. Elle le mit aussitôt.
_ Le métal c'est du Glyphoraphe, un métal unique dans tous l'univers, expliqua le Docteur. Il est unique parce qu'indestructible. Et la pierre, c'est Falium, une pierre qu'on ne trouve que dans les hautes montagnes.
_ Tu es allée à la montagne ?! s'exclama Jackie.
Toute à l'admiration de son bracelet, elle ne vit pas l'imperceptible regard que Rose et le Docteur échangèrent. Elle releva la tête juste et crut voir une ombre dans le regard du Docteur. Mais l'humeur enjouée de Rose effaça cette inquiétude. Elle avait depuis longtemps fait confiance au Docteur pour lui ramener sa fille saine et sauve ce qu'il faisait avec grand plaisir. Pour le repas, Jackie s'était surpassée. Elle avait fait tous les plats préférés de Rose. Ils restèrent longtemps à discuter. Le Docteur laissa un moment les deux femmes ensemble. Il pouvait comprendre que Rose veuille parler à sa mère et vice versa. Il alla donc faire du thé. Après tout, une bouilloire ne devait pas lui résister, il avait toujours su tout faire fonctionner. D'une oreille distraite, il écoutait Rose et Jackie. Il revint quelques minutes plus tard avec trois tasses. Très tard, Jackie partit se coucher. Rose commençait elle-même à somnoler.
_ Je vais vous laisser dormir. Commença le Docteur. Je vais retourner au TARDIS examiner le prélèvement.
_ Non. Restez ici. Je sais bien que vous n'avez pas forcément besoin de dormir mais…
_ D'accord, mais vous allez dans votre chambre. Je vous suis.
Rose alla se mettre en pyjama et le rejoignit dans sa chambre. Il s'était assis sur le lit. La jeune femme s'allongea, il la prit dans ses bras et la berça doucement. Entre pas besoin de mots, depuis longtemps, ils se comprenaient sans un mot, juste un regard, un geste. Petit à petit, la respiration de Rose se fit plus calme et en baissant le regard, le Seigneur du Temps vit qu'elle dormait. Il reprit son manteau et quitta l'appartement endormi. A l'aide de son Tournevis sonique, il verrouilla la porte et retourna dans son vaisseau.
Une fois là-bas, il continua de chercher, de réfléchir. Un extra-terrestre qui se nourrit de la jeunesse de ses victimes au point de les tuer ? Il ne trouva rien dans sa mémoire et pourtant il en avait vu en 900 ans d'existence. Et pour le moment le prélèvement de la victime n'avait toujours rien donné. Un rugissement de frustration menacé de sortir, il se contint et fit une chose que Rose faisait lorsqu'elle était contrariée, il alla chercher le pot de glace dans la cuisine ainsi qu'un bon livre et retourna dans la station de pilotage, il mit un peu de musique en attendant le résultat. L'aube commençait à pointer son nez lorsque le Docteur se rendit compte qu'il avait sérieusement fini le pot de glace. Il haussa les épaules, ils iraient en chercher à New New York. Après une douche, il eut une inspiration subite mais réfréna son envie d'aller réveiller Rose. Leur dernière escapade sur la planète Nabuchodonosor, avait été très éprouvante pour la jeune femme qui avait peu dormi. Il attendrait qu'elle le rejoigne. Peut-être aurait-elle des idées. Et puis, elle lui en voudrait de partir sans lui. Il poursuivit donc ses recherches dans ses livres.
Quand la jeune femme ouvrit les yeux, la matinée était déjà bien avancée. Sa mère était sortie, elle se prépara et alla directement au TARDIS. Le Docteur attendait avec plus ou moins d'impatience, une pile de livres traînait sur le sol, ses cheveux déjà bien ébouriffés, l'étaient encore plus. Rose ne put s'empêcher de rigoler en le voyant. Il la regarda faussement vexé. « _ Quoi ? Votre mère ne vous a pas appris à dire « bonjour ». ?
_ Peut-être, sourit-elle. Mais elle m'a toujours dit qu'on ne dit pas « quoi » mais « comment ». Du nouveau ?
_ Non. Absolument rien ! D'après vous qu'est-ce qui utilise la jeunesse de ses victimes au point de les tuer pour se nourrir ?
_ Les Slitheens ?
_ Impossible. Nous les avons tous tuer.
_ Les Daleks ?
A ce nom, ils frissonnèrent tous les deux et imperceptiblement, Rose se rapprocha du Docteur. Il lui prit la main pour la rassurer.
_ Ce ne sont pas eux. Ils ne s'embarrasseraient pas des corps.
_ Mais alors qui ?
Rose jeta un regard autour d'elle.
_ Mon pot de glace !
Honteux, il se trémoussa du son siège et marmonna quelque chose qui devait être « réfléchir ».
_ Je vous emmènerai à New New York et nous ferons le plein c'est promis.
Elle le regarda dubitative. La dernière fois qu'ils étaient allée à New New York, ils avaient failli être arrêté parce que le Duc de New New York était mort devant eux. Ils avaient dû fuir et finalement, après pas mal de problème, il avait finalement découvert qu'il était mort d'une rupture d'un anévrisme. Soudain le bip salvateur arriva. Il se précipita sur l'écran et lut ce qu'il y était inscrit.
_ Impossible ! Comment….
_ Quoi ? demanda Rose. Docteur !
Mais, il n'était plus avec elle. Le Seigneur du Temps prit son manteau et sortit en courant. La jeune femme soupira et lut : « Flitavraguaz » Ce nom n'évoquait rien. Elle se résigna et le suivit.
Ce fut une vieille dame qui vint lui ouvrit. Vêtue d'une robe violette, les cheveux grisonnants un air aimable sur les traits. Elle indiqua à la jeune femme l'appartement qu'elle cherchait. Rose grimpa en courant les marches et frappa.
« _ Bonjour Docteur Watson, Mr. Holmes,
_ Bonjour Miss Tyler. Fit le médecin. Votre ami est là.
Elle entra et le trouva debout qui faisait les cent pas. Sherlock était allongé sur le canapé.
_ Merci d'être parti sans rien dire !
_ Oh… euh…. Excusez-moi Rose.
_ Qu'est-ce que…
_ Lestrade arrive. Fit John.
Le D.I arriva en courant et stoppa net lorsqu'il vit le Docteur et Rose.
_ Plus tard fit Sherlock en se redressant.
_ Encore un mort. Fit l'inspecteur. Vous venez ?
Sherlock bondit du canapé et attrapa écharpe et manteaux. Les trois autres le suivirent.
« _ Rose, vous restez avec moi, j'ai promis à votre mère de vous ramener entière. Fit le Docteur. Je suis prêt à parier le TARDIS qu'il est encore là. Qu'il habite dans l'immeuble.
Ils pénétrèrent dans la cave où la cadavre d'une femme d'apparemment trente ans comme le dit Anderson. Mais qui au vu de son cadavre en au bas mot soixante. Aucune trace ce coup, rien. Le Seigneur du Temps sortit son Tournevis Sonique et l'alluma. Sans prêté attention aux personnes présentes, il se promena dans la cave, regardant les cartons et bibelots alignés sur les étagères, une roue de vélo attendait qu'on la remonte, un vieux congélateur dans un coin ronronnait doucement. Finalement au bout d'une heure, il rejoignit Rose et John qui attendait que Sherlock aie fini d'examiner le cadavre. Le Docteur se pencha également dessus et son Tournevis Sonique reprit du service. Il secoua la tête, ouvrit la bouche de la victime, ses yeux, marmonna des choses que même Rose ne comprit pas. Finalement il poussa un cri de frustration.
« _ Vous avez dit ? demanda John, je n'ai pas compris la langue.
_ Oh, il vaut mieux ne pas comprendre. Répondit le Docteur. C'est du Gallifreyen.
Il fit un clin d'œil à la jeune femme qui sourit.
_ Vous avez perdu… fit-elle. Je garde le TARDIS.
_ Vous ne saurez pas le piloter.
_ Parce que vous vous le savez ? Je suis certaine que vous n'avez pas eu votre permis.
_ Dans ce cas, je vous laisse à votre triste vie…
_ Alors ? fit Lestrade coupant leur chamaillerie.
_ C'est un tueur en série. Répondit Sherlock. Pas de coups, pas de marques de strangulation, pas de traces de piqûre. J'aurais pensé à un empoisonnement au gaz, mais ce n'est pas possible. Docteur ?
Anderson s'approcha.
_ Pas vous ! s'exclama Sherlock. Dégagez ! Vous faites baissez le niveau intellectuel de la rue !
Vexé le légiste partit. Le Docteur s'approcha.
_ Le moins que l'on puisse dire c'est que vous n'y allez pas avec le dos de la cuillère. Peut-être pourrions-nous poursuivre cette conversation ailleurs. Car même si je n'ai pas trouvé de traces de lui, cela ne veut pas dire qu'il ne sais pas qui je suis.
Ils se retrouvèrent quelques minutes plus tard au Yard dans le bureau de Lestrade. Donnavan et Anderson étaient là ainsi que John, Sherlock, Lestrade, le Docteur et Rose.
_ Où en étions-nous ? Ah oui, fit-il en jouant avec son Tournevis. Vous ne trouverez aucune trace du meurtrier. Ni rien qui puisse indiquer la cause de la mort. Je peux juste vous affirmer avec autant de certitude que je suis le plus vieux….
_ Le plus vieux ? demanda Lestrade. Vous ne devez pas avoir plus de quarante ans.
_ Erreur, j'ai effectivement l'allure d'un humain de quarante ans, mais j'en ai neuf ans trois pour être précis. Bref, je vous expliquerai çà plus tard. Parce que pour une fois, le Temps nous aie comptés. Il recommencera. A l'époque, il leur fallait un humain de trente ans tous les trois semaines, mais cela variait en fonction de leur état général. Je dirais que celui-là est blessé. Et il a un besoin plus important. Le plus étrange, c'est que je pensais qu'ils étaient tous morts dans l'explosion de leur planète ils y a trois siècles. Et comment a-t-il pu arriver ici ? Sa planète est à plus de cent milliards d'année lumières, il n'est même pas dans ce monde…
_ Rappelez-vous Docteur, coupa Rose, que vous pensiez que les Daleks avaient tous été détruits lors de la Guerre du Temps, celui-là est peut-être un rescapé ?
_ Possible…
_ Qui sont-ils ? demanda le D.I. D'où viennent-ils ? Comment le retrouve-t-on ? A quoi ressemble-t-il ?
_ Moi seul peut le retrouver et l'empêcher de nuire. Pour l'heure, il doit ressembler à quelque chose qui nécessite peu d'énergie vitale puisqu'il en a besoin pour se soigner, je dirais un petit animal comme un chat ou une souris… Enfin tous les animaux de compagnie que vous pouvez avoir vous autres humains. Regardez si dans l'immeuble un animal est arrivé récemment.
_ Qui sont-ils ? demanda Sherlock.
_ C'est un Flitavraguaz. En général, c'est une espèce de… éléphant sur deux jambes avec des tentacules à la place des défenses et de grosses griffes sur les mains sans doigts. Ce n'est pas l'espèce la plus belle à regarder. Ils viennent du système Yala.
_ Celui où il y a Raxacoricofallapatorius et Clom ? questionna sa compagne.
_ Même pas cap de le dire à l'envers ! rit le Docteur avant de redevenir sérieux. Oui, on peut dire çà, un poil plus loin quand même, c'est à la limite entre le système Yala et le système Rilgy.
_ Mais vous ? fit Donnovan, Qui êtes-vous tous les deux ?
_ Je suis le Docteur. Juste le Docteur et mon amie Rose. Nous voyageons à travers le temps et l'espace. Oh et pour en revenir à votre question sur mon âge, je ne suis pas humain. Maintenant, il faut attraper notre ami.
John remarqua que son ami était depuis leur retour dans les locaux du Yard étrangement silencieux. Cela ne lui ressemblait d'accepter en silence les divagations de deux fous. Le détective ne disait rien, le front appuyé contre la vitre plongé dans ses pensées. Le regard perdu dans les méandres de la ville qui s'étendait à leur pied. Il regardait les déambulations des londoniens sans les voir.
_ Vous êtes fous ! s'exclama Anderson. Les extraterrestres çà n'existe pas.
_ Ah bon ?! coupa Rose. On a risqué notre vie un bon nombre de fois pour que la Terre ne soit pas envahie ! Les Daleks, les Slighteens, les Krillitanes, l'Abzorballof et j'en passe ! Oh bien sûr, installés dans votre confort, vous préférez ne pas regarder plus loin que le bout de votre nez ! Nous avons failli mourir au moins mille fois depuis que nous voyageons à deux alors vos insultes vous pouvez vous les garder.
_ Rose ! Le docteur s'approcha vivement de sa compagne et la prit dans ses bras. Tout en la gardant contre lui, il se tourna vers les membres du Yard. Vous refusez notre aide et bien soit, ce n'est pas la première fois, mais attendez-vous à ce qu'il tue encore. Vous ne le retrouverez pas. Au revoir.
Il partit Rose sur les talons. Les cinq autres se regardèrent en silence. Brusquement Sherlock partit suivi évidemment de John qui tenait absolument à savoir le fin mot de l'histoire.
« _ Vas-tu enfin me dire pourquoi tu es comme çà depuis ton retour de Saint Bart's ? Sherlock ?!
Le jeune homme ne répondit pas et continua de fixer le plafond.
_ Sherlock !
_ Je ne comprends pas ! Explosa le détective. Voilà pourquoi je ne dis rien ! C'est vital, il faut que je comprenne ce qui se passe et pourquoi !
_ C'est ces meurtres ? Une mort naturelle ?
_ Non, je suis passée voir Molly, mais, elle n'a rien. Elle ne sait pas ce qui pourrai les faire vieillir.
_ Et pourquoi tu as écouté les divagations de ces deux fous ?
_ Parce que malheureusement, je pense qu'ils ont raison. Je l'ai vu ce Docteur, il n'est pas humain et c'est vrai, je suis monté dans son vaisseau. Mais tu te rends compte John de ce que çà veut dire ?
Sherlock semblait dans un état second comme fou. Dans ses yeux, son ami pouvait y lire tellement de choses mais entre tous les sentiments, ce qui l'effraya le plus ce fut la peur de ne pas comprendre. Le jeune homme sortit son violon et commença à jouer.
_ Tu les crois.
Ce n'était pas une question. John l'avait compris à la minute où le détective n'avait pas cherché à les faire taire.
_ Oui. Aussi étrange que cela puisse paraître, je pense qu'ils ont raison. Mais çà me coûte d'admettre la vérité. Ca veut dire que…
_ Que tu ne sais pas tout. Que tu dois admettre que certaines choses dépassent ta logique cartésienne. Et c'est çà qui te perturbe. Que pour une fois, quelques choses ne soit ni logique ni scientifique.
Le regard de Sherlock fut plus clair que des mots. Le célèbre détective était perdu et malgré ses connaissances en criminologie et en sciences, ses déductions, ses idées, il ne pouvait pas résoudre ces meurtres. Le violon raisonna de nouveau dans l'appartement. Au bout de trois heures de violon, John tenta de nouveau de la calmer sans succès et Mycroft qui n'était pas là ! Seul son frère aurait pu le calmer ! Le médecin décida une nouvelle approche. Il prit les mains du violoniste et lui donna son manteau. Sherlock avait besoin de comprendre et lui aussi. Une seule personne pouvait les aider.
