Bonjour !

Voici le chapitre 2 de cette fiction. Pour ceux qui trouveraient qu'il ne se passe pas encore grand chose, pas de panique, ça va venir, j'ai juste besoin de poser quelques bases du cadre =). Rassurez-vous donc, les choses vont commencer à bouger dès le prochain chapitre, donc encore un peu de patience s'il vous plaît.

Sinon eh bien un grand merci à toutes les personnes qui ont eu la gentillesse de me laisser un commentaire, notamment les guests à qui je n'ai pas pu répondre par message, c'est vraiment encourageant, et utile. Je tiens compte de vos propos pour les prochains chapitres, notamment au niveau des descriptions parfois un peu manquantes (ça peut paraître étrange mais certaines descriptions des personnages, même des principaux, vont se faire plus tard, car je veux que la découverte physique de l'autre se fasse du point de vue des personnages : il y aura description quand ils voudront vraiment se découvrir, voilà tout =).). Donc merci encore pour vos avis, j'en suis vraiment contente.

En espérant que cette suite vous conviendra, je vous souhaite une bonne lecture =) !

P.S. : Pour la parution des chapitres, je vais essayer de tenir les délais d'un chapitre par semaine minimum, il y en aura donc parfois qu'un et parfois plus, je veux essayer de garder toujours un chapitre d'écrit d'avance sur la parution pour pouvoir prendre le temps de me relire (même si, et je m'en excuse, je ne vois pas toutes mes fautes d'orthographe pour autant).


Mai 2014.

Un mois était passé depuis la rentrée des classes et comme à son habitude, Grimmjow traînait avec Renji dans le salon de tatouage que le père de ce dernier tenait. Alors que les Abaraï étaient occupés à discuter des prochaines commandes d'encre qu'ils devaient faire, Jaggerjack réfléchissait. Malgré un mois passait à côté de lui, il n'arrivait toujours pas à cerner son voisin de classe, Ichigo Kurosaki. Plutôt solitaire, il n'avait absolument jamais fait un pas vers le bleuté (ou vers qui que ce soit d'autre d'ailleurs, à part un peu Renji, étrangement, mais il mettait ça sur le compte du caractère enjoué et envahissant de son ami), et n'avait jamais cherché à échanger avec lui plus de mots que nécessaire. Son attitude discrète et indifférente envers tout ce qui l'entourait quasiment pouvait le faire passer pour un gars quelconque, voir un faible essayant de se donner une allure, mais Grimmjow n'était pas dupe : Ichigo était bien plus qu'un banal étudiant sans caractère, de ça, il en avait la conviction.

Alors qu'il réfléchissait encore à tout ça dans l'arrière-boutique, la porte du salon de tatouage s'ouvrit sur un jeune roux, aux formes agréablement mises en évidence dans un simple t-shirt noir moulant et un jean délavé.

« _ Vous prenez encore ?

_ On ferme dans 15 minutes normalement, mais pour toi gamin, ça ira. Viens t'installer. »

En entendant ces mots, Grimmjow tiqua. En dehors des membres du clan, personne n'avait jusqu'ici eu droit aux faveurs du père de Renji, et ce dernier ne se permettrait pas d'appeler un Espada ''gamin'', il était courageux, mais pas fou. Discrètement, il passa donc la tête, et ne vis d'abord rien, les deux montagnes de muscles qu'étaient le père et le fils Abaraï lui bloquant toute vue possible. Puis, alors que Renji s'éloignait pour aller chercher les pigments dont son père allait avoir besoin, il le vit. Sa touffe orange était toujours aussi peu domptée, mais ses yeux ambre avaient changés. Ils n'étaient plus désintéressés de tout, dédaigneux comme au lycée ils étaient pétillants d'excitation, soulignés d'un très léger coup de crayon noir, à peine visible, mais qui rehaussait merveilleusement la couleur miel de ses orbes. Encore une fois, le cœur de Grimmjow rata un battement. Que venait faire ce mec ici ? Pas qu'il n'ait pas le droit d'y être bien sûr, mais en temps normal, peu de lycéens s'aventuraient dans les petites ruelles de la ville à une heure aussi tardive pour finir dans un salon de tatouage. Et ceux qui s'y aventuraient, en général, n'étaient pas vraiment ce qu'on pouvait appeler de ''bons gars''. Trop étonné pour pouvoir décider de la marche à suivre, Grimmjow se contenta donc de rester dans son coin, à observer l'intrus sans se faire voir.

Sur les ordres du tatoueur, Ichigo enleva son t-shirt ainsi que son jean et s'allongea sur le fauteuil. Dans son dos s'était déjà dévoilé deux tatouages, laissant le bleuté sur le cul face à cette vision plutôt sexy, mais surtout inattendue. En effet, ce que le roux avait dans le dos n'était pas commun, du moins l'un de ses deux tatouages, le plus petit, le moins visible, n'était pas commun. Dans le creux de ses reins s'étendait une fleur de lys, revisitée dans un style plus royal que floral. Sur n'importe qui d'autre, ce tatouage, à cet emplacement, aurait pu faire féminin, mais sur Ichigo, il était élégant et hypnotisant. Les traits tirés, parfois presque effacés, comme lorsque le tatouage était apposé sur une peau jeune, enfantine qui était destinée à encore beaucoup s'étendre, le dessin n'en gardait pas moins une sacrée prestance.

Le second tatouage qu'arborait le rouquin était un magnifique tigre au pelage d'un roux flamboyant, qui partait de l'omoplate gauche pour finir avec la tête posée sur le muscle pectoral du jeune homme, comme à l'affût du moindre danger, sa queue remontant sous les côtes après être passée sur son flanc. Le dessin avait été admirablement bien réalisé et bien que ce fût le plus impressionnant des deux, l'attention de Grimmjow resta fixée sur la discrète fleur de lys. Il connaissait cette marque, il la connaissait même très bien pour avoir lui-même tué un homme portant la même. Cette marque était le symbole d'un ancien clan, ancré dans la région depuis des lustres mais qui s'était détruit de l'intérieur une dizaine d'années plus tôt par la trahison du bras droit du chef. Clan allié économiquement aux Espadas, ces derniers étaient intervenus à la faveur d'Isshin, alors chef régent du clan Shiniga. Pourtant, et malgré les nombreux combats qui avaient découlés de cette trahison, ils avaient tous été impuissants et Isshin était mort éventré sous leur yeux, sa femme égorgée. Grimmjow s'en rappelait encore très bien. Starrk l'y avait emmené dans le but que le futur héritier assiste à de lourdes affaires internes, mais les choses avaient dégénérées et, du haut de ses 10 ans, le bleuté s'était retrouvé avec son premier cadavre sur les bras. Après ça, le clan avait disparu, les traîtres ayant tous été tué, et les rares survivants qu'il restait s'étaient volatilisés dans la nature, craignant pour leur vie. Alors que faisait l'un des leurs ici ?

Grimmjow sourit. Un survivant du clan Shiniga était rare, très rare : il allait devoir garder un œil sur lui. Découvrir la véritable identité de son camarade allait enfin lui permettre de l'approcher.

Ichigo tenta de s'apaiser. Il était arrivé au salon pour un nouveau tatouage, phœnix devant se poser sur le bas de son dos, au niveau de sa hanche droite et dont la longue queue devait venir titiller l'orée de sa toison pubienne. Vu la taille du dessin, cela allait prendre quelques heures et faire très mal, alors il devait se calmer, maintenant. En venant, il ne s'était pas inquiété de l'heure tardive, le tatoueur étant un ancien ami de son père, mais en s'installant, son regard avait été attiré par une tâche bleue dans l'entrebâillement de la porte de l'arrière-boutique et cette tâche bleue le perturbait grandement, l'empêchant de se détendre complétement. Il avait tout de suite reconnu son voisin de classe, se demandant pendant une seconde pourquoi il était là, avant de se souvenir qu'il était apparemment ami avec Abaraï, et n'avait plus fait que penser à lui depuis. Ce mec lui rappelait quelque chose, mais le plus dérangeant, c'est qu'il lui donnait de sérieux frissons dans le dos, et pas que de peur, c'était bien ça le problème. Il l'avait surpris de nombreuses fois à le regarder en coin, à le suivre dans les couloirs même parfois, et à force de faire attention à lui, Ichigo avait fini par réagir fortement à sa présence. De façon désagréablement agréable, quand il était en contact avec lui, il sentait les poils de son corps se hérisser d'excitation (pas que sexuelle malheureusement) : à chaque fois, il avait envie de se battre. Lui qui faisait tout pour rester un maximum à l'écart, pour n'attirer l'attention de personne, se retrouvait indubitablement attiré par Jaggerjack. Mais ce dernier faisait aussi revivre en lui un sentiment qu'il aurait aimé oublié depuis longtemps, ce mélange d'appréhension malsaine, de malaise qu'il n'avait plus connue depuis ses 8 ans, quand sa famille entière avait été décimée, son père fixant le vide à ses pieds, nageant dans ses tripes tandis que sa mère perdaient ses derniers litres de sang en se tenant désespérément la gorge. A l'époque il s'était évanoui, faible et désespéré qu'il était, mais bien vite les choses avaient changées. De sa tristesse et de son désespoir était née une nouvelle force, une source inépuisable de colère qui l'avait mené vers le haut un peu plus chaque jour. Ainsi, des mois avant son neuvième anniversaire, aidé par le peu d'argent qu'il avait récupéré chez lui, il avait commencé à apprendre plusieurs arts de combat, alliant les méthodes orientales aux occidentales, les leçons à la simple improvisation. Bien vite, il avait trouvé un endroit où loger, dans un petit magasin, le gérant se prenant d'une grande affection pour lui, et ainsi, il avait pu progresser. En six ans, il avait appris plus de 5 arts différents et, à force d'une persévérance qui lui était propre, avait fini par atteindre un niveau bien plus que satisfaisant. Et à mesure que cette force grandissait en lui, autre chose se développait. Au fil des entraînements, des combats entre jeunes, … naissait un besoin, une envie irrépressible de dominer. L'atmosphère du combat, la raideur de ses muscles, le challenge du KO, tout lui plaisait, l'excitait. Il avait appris à aimer se battre, et cet amour n'avait fait que se conforter dans la sourde colère qui grondait en lui. Et puis il s'était lançait. Pendant des semaines, abandonnant tout derrière lui, il s'était mis à traquer. Il savait où trouver la raclure de cette ville, ce qui lui avait permis de trouver, de suivre puis d'approcher sa cible en toute discrétion. Cet homme, il l'avait reconnu malgré de récente cicatrices en le croisant par hasard dans la rue, était un de ceux qui avait été là ce soir-là, il en était sûr. Il était grand, fort, froid, un rictus sadique collé aux lèvres, une horrible cicatrice traçant comme une raie au milieu de ses rares cheveux. Le jeune rouquin n'avait aucune chance (à 14 ans, qui en aurait eu une ?), mais s'en fichait, se croyant bêtement invincible, et avait attaqué, sans relâche, de toutes parts, jusqu'à ce que l'autre, bien amoché quand même l'envoie s'éclater le crâne d'un puissant revers de main. Deux semaines plus tard, quand il s'était réveillé sur un lit d'hôpital, il avait compris. Compris qu'il était encore trop faible, trop con et qu'il aurait pu mourir, si facilement, si l'autre n'avait pas vu en lui qu'un déchet pour lequel il ne voulait pas perdre de temps. Et il avait pleuré, beaucoup, gorgeant de ses larmes le tissu vert de la veste de Kisuke, resté patiemment au chevet de son petit protégé. Pourtant, quelques semaines plus tard, quand il avait repris son entraînement, encore plus assidument qu'auparavant, tout sentiment de honte par rapport à sa défaite avait disparu, ne laissant plus qu'en lui ce besoin décuplé de persévérer, de dominer son adversaire, bref, de se battre, de s'améliorer, encore et toujours, pour enfin, se venger. Et c'est ce qu'il avait pu faire deux ans plus tard lorsque, revêtant le même sourire sadique que son adversaire, Ichigo lui avait éclaté la boîte crânienne contre un trottoir, riant comme un dément, les larmes aux yeux en repensant à ses défunts parents tandis que sous ses pieds ne restait plus qu'un vague mélange d'os, de sang et de matière cérébrale. De longues minutes plus tard, horrifié de ses propres agissements, mais néanmoins heureux, il s'était évanoui, s'échappant de cette vision chaotique par l'inconscience. Et de tout ce chaos, ce dont il se souvenait le mieux, c'était ce qu'il avait ressenti. Cette excitation morbide de savoir qu'un autre malade, peut-être plus dangereux qu'on ne l'était soi-même était dans le coin et qu'on devait le dominer, voir le tuer, car un bon ennemi était un ennemi mort après tout.

C'est ça que le dénommé Grimmjow lui faisait ressentir, le besoin de dominer, de se venger, de se battre à mort, de se rappeler qu'on était puissant, qu'on existait. Il lui rappelait simplement l'ambiance de son enfance, chose qu'il essayait d'oublier, chaque jour un peu plus. Alors avec tout ça, se calmer et se concentrer sur le fichu tatouage qu'il était venu se faire faire, c'était vraiment difficile. Surtout que ce taré de bleuté continuait encore et toujours de le fixer, un sourire devenu carnassier au fil des minutes collé aux lèvres.

Ooooooooooooo0000000000000000ooooooooooooooooo

Six heures s'étaient déjà écoulées quand Ichigo sortit du salon, éreinté, meurtri et larmoyant, les bras remplis de crèmes et produits en tout genre destinés à le soulager et à faciliter sa cicatrisation. D'un pas maladroit, le jeune rouquin marcha une bonne dizaine de minutes, inconscient du lourd regard qui pesait encore sur lui, rentra chez lui et s'affala sur son canapé, avant de hurler de rage face à son geste stupide et de s'installer sur son flanc gauche, le seul encore intact, et de laisser le sommeil l'emporter.