Titre : Aurore

Auteur : Nandra-chan

Disclaimer : Tout est à Clamp.


Note : POV Fye. Un matin... Pas de résumé possible. Ce texte est dédié à Soren, dont c'est aujourd'hui l'anniversaire. Bon anniversaire, donc, Soso, j'espère que tu apprécieras ce petit cadeau !

La review des reviews (pour Les dessous de l'affaire)

Kuroxfyechan : oui, pour une fois que ce n'est pas angst. C'était juste un petit pétage de plombs après une dure journée ^^.

Irissia : Merci, et oui ça me rassure de voir qu'il n'y a pas que moi que ça amuse ! Je suis très soulagée, même !

Arona : Contente que ça t'ait amusée, et merci pour tes vœux :)

Soren : lol, j'avais envie de commencer l'année en rigolant un peu, ça a bien égayé ma soirée au boulot. Gros kisu.

x-nekow : Contente que tu aies aimé.

Alicia : héhé, les joutes verbales entre Kuro et Fye, ça m'amuse toujours beaucoup. Pour mon AU policier, il va arriver, un peu de patience encore :)

Evangelysta : Merci pour le compliment. Et c'est vrai que j'essaie de varier un peu les genres à chaque fois mais bon, la plupart du temps, ça finit angst. j'y peux rien c'est dans ma nature sadique je crois. Enfin cette fois on y a échappé.

Dracosplendens : Merci pour tes souhaits, je vais essayer de m'y tenir et la suite est déjà en préparation.

Vanina Chan : Merci pour toutes tes reviews ! ça m'a fait très plaisir et j'espère que tu aimeras ce nouvel OS.

Pour flatter mon ego ou me saper le moral, c'est en bas, au centre, en vert.


Aurore

Je m'éveille.

Il est encore très tôt, le jour se lève à peine. Dehors, les oiseaux donnent un concert pour saluer l'aube. Leurs chants emplissent un silence qui, sans eux, aurait été complet. J'aime ces instants paisibles, la vie est comme suspendue, le temps s'égrène tout en douceur, au rythme des trilles des merles. L'esprit encore embrumé, on ne réfléchit pas vraiment et on est vulnérable. Les émotions prennent le dessus, c'est le moment des ascensions ahurissantes vers les cimes de l'espoir, ou des plongées étourdissantes dans les abîmes du désespoir. Rien ne vient parasiter nos pensées, qui vont directement à l'essentiel. Mon essentiel, c'est toi.

Tu dors encore.

La faible lumière dessine en gris les contours de ton corps. La couverture se soulève et s'abaisse lentement, au rythme de ta respiration tranquille, ample. Ton sommeil est profond. C'est rare de te voir comme ça, toi qui es sans cesse aux aguets, toi dont les yeux s'ouvrent généralement au moindre bruit. C'est rare oui. Et je sais que je devrais te laisser en profiter mais…

J'ai envie de peau. De ta peau contre ma peau.

Je tends la main vers toi. J'effleure ton épaule. Tu réagis aussitôt. Je souris. Finalement, même quand tu te reposes, tu restes un guerrier, toujours sur le qui-vive. Tes prunelles me sondent longuement, de leur regard pénétrant. Tu me devines. Tu me comprends si bien… Tu m'attires dans tes bras, tout contre toi, dans ta chaleur. Je frémis et je souris. Tu es bien réveillé, maintenant. Mon corps entier lance un appel affamé.

J'ai envie de sang. Faim de toi.

Mes lèvres courent sur ton cou. J'aime ton odeur. Tu sens le soleil. Et j'aime cette énergie qui couve en toi. Je veux la sentir vibrer, plus fort. Je te mords doucement, à peine, pour de faux. Tu grognes. Tu en veux plus, beaucoup plus. Et tu n'as pas envie d'attendre. Tu n'es pas patient. Moi si. Et c'est si bon de prendre son temps ! Je poursuis mon jeu le long de ta gorge. Lentement. Je remonte vers le lobe de ton oreille. Je peux deviner les battements de ton cœur, plus rapides maintenant. Tu retiens ton souffle. Encore un peu. Supporte-la encore un peu, cette douce torture. Tu m'appartiens, corps et âme, et je veux en profiter.

J'ai envie de jouer. D'être cruel… à peine.

Tes doigts glissent dans mes cheveux, les tirent légèrement. Mes détours exaspèrent tes sens. Tu veux prendre le contrôle, m'imposer ta volonté. Décider. Mais c'est non. Plus tard, je te laisserai faire mais pour l'instant, tu es ma Proie. Soumets-toi. Tu résistes ? Tu souris, tu savoures ce jeu de domination, tu aimes que je te défie. Tu veux un combat, avec un oreiller pour champ de bataille.

Tu cèderas. Oh, tu peux me renverser sur le matelas, m'écraser sous ton poids... ça ne marchera pas. Ressens-le, tu brûles intérieurement, tu es à ma merci. Tu me cherches, tu me veux, tu m'attends, mais tu ne peux pas me forcer.

J'ai envie de toi. Tu es à moi.

Moi seul choisirai le moment où mes crocs s'enfonceront dans ta chair, où nos essences vitales se mêleront, pour que nous ne formions plus qu'un. Est-il venu, cet instant ? Non, pas encore. Je le veux tellement que c'en est douloureux ! Toi en moi, moi en toi, ce qui nous unit aucun être normal ne pourrait le comprendre. Mais nous ne sommes pas comme les autres. Nous sommes des monstres, des parias. Nos désirs sont féroces, absolus, nous n'obéissons pas aux règles des hommes. Nous les enfreignons toutes, car nous sommes libres. Tu l'as voulu ainsi, nous liant l'un à l'autre. Tu es si fort ! Même le Destin n'a pas de prise sur toi. Et tu m'as entraîné dans ton sillage, tu as bouleversé ma vie, jeté mon futur sur le bûcher et fait naître un nouvel avenir dans ses cendres. J'ai souffert pour l'accepter, je souffre encore, chaque fois que mes lèvres se posent sur ta peau.

Voici ma vengeance. Mes mains remontent le long de ton dos, mes ongles te griffent doucement. Tu frissonnes. Ton souffle, dans le creux de mon oreille, murmure mon nom, comme une supplique. Tu es vaincu.

J'ai envie de mourir. Tue-moi.

Ta vie coule en moi, et tu souris encore. La défaite t'est douce, quel horrible paradoxe. Tu m'as voulu, mais je détruis ce qu'il y a de plus beau en toi. Entre mes bras, tu renonces, tu t'abandonnes, tu te perds. Et je me repais de cette abominable victoire. J'exulte et je nous hais. Je guide tes doigts vers mon cou et je sens qu'ils se crispent. C'est ça, tu sais ce que je veux. Fais-moi mal, punis-moi. Ma vie est un péché, et tu te consumes en enfer avec moi.

Je n'ai plus envie de rien.

Un sanglot se coince dans ma gorge. Mais je ne pleurerai pas. Ni sur toi, tu ne le supporterais pas, ni sur moi, je n'en vaux pas la peine. Ton regard me transperce, tu lis dans ma prunelle tout ce que je veux te cacher. Comme toujours. Tes sourcils se froncent légèrement. Tu as l'air un peu fâché, mais tu me comprends. Tu sais que c'est toi le responsable de cette situation. Et tu ne le regrettes pas. Tu assumes. Oui, tu es fort, et cette force, tu veux me la transmettre. Tes lèvres cherchent les miennes. Ton premier baiser est toujours très doux. Tu es si cruel ! Comment peux-tu me faire ça ? Je me déteste pour ce que je t'ai fait. Et je te déteste aussi, Kurogane. Tu n'as pas le droit de m'aimer à ce point, c'est injuste, je ne te mérite pas !

Laisse-moi !

Je me dérobe. Tu insistes. Ton corps revendique, et le mien cherche à me trahir. Je ne veux pas. Lâche-moi. Tu te redresses un peu, tu me regardes. Et tu souris à nouveau. Tu embrasses mon front, et tu repars doucement à la conquête de mes lèvres. Tu sais que je ne te repousserai pas. Tu sais que j'en suis incapable, que je me sens vide, à bout de souffle. Et tu en abuses, tu es si mesquin, vraiment, Kuro-chan ! Et c'est à moi de sourire. Comment te résister ? Tes mains sont savantes, elles connaissent mes faiblesses. Mon corps se liquéfie sous tes doigts, ton sang brûle dans mes veines et réchauffe mon cœur. Je cède, c'était un combat perdu d'avance.

Serre-moi dans tes bras. Je t'aime.

Et je murmure ton nom. Kurogane. Ce nom que je ne prononce presque jamais. Kurogane. Mon amour. Ma vie. Ma Proie.