Hello ! Je sais, je me suis fait attendre comme jamais encore mais j'ai franchement eu du mal à faire décoller les choses. Merci pour vos reviews qui me font chaud au cœur !

Spéciale dédicace à mon Dindon Glouton : ce chapitre, je l'ai écris en pensant à toi ! Je t'aime fort !

Mise à nu

(POV Watson)

-Soyez le bienvenu, jeune homme !

Je sursaute. Je m'attendais plutôt à une pique venant de Sir Hotchner, le professeur de sciences comportementales habituel. Celui-ci est assis à son bureau et me regarde avec un air pincé. Quelque chose me dit que mon retard n'est pas pardonné pour tout le monde… Mon regard se tourne enfin vers celui qui m'a accueilli si chaleureusement. Je m'en doutais. C'est bien lui. L'homme que j'ai percuté sur la pelouse. A nouveau, je rougis brutalement. J'ai manqué de politesse envers cet homme deux fois en moins de dix minutes. C'est une honte…

-Je vous prie de bien vouloir pardonner mon retard, monsieur.

-Je vous en prie. Prenez donc place, mon ami.

Gardant toujours une belle couleur coquelicot, je me dépêche d'aller m'assoir aux côtés de Lizbeth qui m'a gardé une place au premier rang. Elle me sourit. Je lui rends timidement son sourire et écoute l'homme qui a été si indulgent avec moi expliquer les raisons de sa présence à Cambridge.

-Bien, maintenant que nous sommes au complet, je me présente. Mon nom est Sherlock Holmes et je suis détective consultant. De fait, je me sers à chaque instant des sciences comportementales et elles m'ont plus d'une fois sauvé la vie. Je suis venu ici plus pour vous faire des conférences que pour vous donner cours. Je tiens cependant à vous rappeler que ce que vous verrez en classe avec moi sera considéré comme matière de fin d'année. Maintenant, comme certains actes valent plus que des mots, je vous propose de commencer tout de suite par une démonstration. Pour ceux qui désireraient prendre des notes, souvenez-vous que tout ce qui est important réside dans les détails. Le reste n'est que futilité… Voyons, qui va se prêter au jeu pour ma petite expérience ?

Plusieurs mains se lèvent dans la salle. Moi, je me trémousse un peu sur mon siège. Je suis mal a l'aise. Je n'aime généralement pas les démonstrations aux quelles l'assistance participe… Je préfère regarder. C'est moins dangereux. Les yeux pénétrant de Sir Holmes se posent sur moi. C'est cuit.

-Puis-je savoir votre nom, jeune homme ?

Je suis hypnotisé par ses yeux. Immenses. Brillants.

-Je… Heu… John Watson, Sir.

Il me sourit. Ce même sourire que j'avais trouvé sur fascinant il y a au moins, oh, dix milliards d'années…

-Acceptez-vous de vous prêtez à ma petite expérience, monsieur Watson ?

Que puis-je refuser à l'homme qui m'a aidé à me relever, s'est inquiété de ma santé et en plus m'a excusé sans le moindre problème pour mon retard et mon manque de politesse ?

-Oui, Sir.

-A la bonne heure ! Venez me rejoindre, s'il vous plait.

J'obéis. Je me lève de mon siège, marche jusqu'aux escaliers latéraux et descends jusqu'au cœur de l'amphithéâtre. Tel un magicien amenant son assistante vers la boîte à disparaître, sir Holmes me mène jusqu'à une chaise ou il me demande de m'assoir. Je m'exécute en silence, espérant que la suite ne soit pas trop pénible.

-Bien, commençons. Nous avons face à nous le sujet John Watson, vingt ans, étudiant en dernière année de médecine à l'Université Royale de Cambridge. Que pouvons-nous déduire de lui ?

Silence dans l'assistance.

-Personne ? Bon… Je vois qu'il est rasé de près et que ses vêtements sont d'une propreté irréprochable, j'en déduis donc qu'il fait attention à sa présentation. Il a à la fois le besoin et les moyens. Cependant, si je regarde de plus près, je vois des taches d'herbe sur son pantalon. J'en déduis qu'il est probablement tombé et donc certainement un peu maladroit.

Lizbeth tente de cacher son sourire derrière sa main. Je la fusille du regard. C'est vrai que je suis maladroit, mais il n'y a tout de même pas de quoi en faire tout un fromage !

-Ensuite… Je vois deux fossettes sous ses joues, je pense que monsieur Watson à tendance à sourire facilement. Il est donc d'une nature agréable. Je vois aussi de légers cernes sous ses yeux qui m'indiquent qu'il n'hésite pas à travailler jusque tard dans la nuit pour ne pas échouer aux épreuves qui lui seront présentées le lendemain.

A nouveau, je rougis. Que de compliments…

-Notre ami a tendance à rougir, c'est déjà le troisième fois depuis qu'il est entré ici. Il est donc d'une nature timide, il n'aime pas se faire remarquer.

Ca, c'est pas nouveau… Il m'adresse un léger sourire et je me sens rougir encore un peu plus fort. Enfin ! Qu'est-ce qui me prend de rougir comme une écolière !

-Merci, Sir Watson, vous pouvez regagner votre place.

Je me lève et rejoins Lizbeth avec autant de panache que possible. Ce qui n'est pas aisé lorsque vous êtes d'une superbe couleur rouge brique.

Je sens toujours le regard de Holmes sur moi. Ses yeux rencontrent à nouveau les miens. C'est incroyable ce que cet homme est hypnotisant. Et, contrairement à ce qu'on pourrait croire, cet effet est plutôt agréable.

-Bien.

Son regard englobe à nouveau l'assistance à la suite de ce petit mot. Le charme est rompu.

-Nous allons maintenant synthétiser. Qui veut se lancer ?

Some hours later…

Couché sur mon lit, j'ai du mal à comprendre ce qui m'arrive. J'ai été incapable de faire mes devoirs, ce soir. Quoi que je fasse ou que j'entreprenne de faire, mes pensées convergent inévitablement vers Sir Holmes. Les yeux de Sir Holmes, les mains de Sir Holmes, les mots de Sir Holmes… Son regard si pénétrant, si troublant… C'est définitivement à ne rien y comprendre ! Ce n'est pas la première fois qu'une nouveau professeur vient enseigner à Cambridge et je m'en suis toujours bien accommodé. Or, voici que Sir Holmes m'ôte toutes facultés intellectuelles ? C'est inadmissible ! Pris d'un accès de témérité, je me lève de mon lit et m'élance vers les appartements réservés aux consultants. Arrivé dans le jardin intérieur, je regarde quelles fenêtres sont éclairées. Il n'est pas encore tard, et seules deux fenêtres appartenant au même appartement son illuminées. J'en déduis donc que c'est le seul qui est occupé à ce jour. Je grimpe les escaliers quatre à quatre, tourne dans un couloir et me stoppe, poing déjà levé sur le point de frapper, devant la porte de Sir Holmes. Que vais-je bien pouvoir lui dire ? « Excusez-moi de vous déranger à cette heure tardive, Sir, mais il se trouve que, depuis que j'ai croisé votre regard, je n'arrive plus à détourner mes pensées de votre personne. Que dois-je faire ? » Ridicule ! J'allais abaisser ma main, ne trouvant rien de plus intelligent à dire, lorsque la porte s'ouvrit, me laissant nez à nez avec Sir Holmes, en peignoir, une cruche vide à la main.

-Bonsoir, Sir Watson.

-B… B… Bonsoir…

-En quoi puis-je vous être utile ?

-P… Plait-il ?

-Je vous trouve à neuf heure du soir, devant ma porte, en train de vous tortiller les mains, j'en déduis donc que vous êtes venu me demander quelque chose. De quoi s'agit-il ?

-Eh bien… Heu… Comment vous expliquer ? En fait, je… Depuis que vous… Il se trouve que…

-Que depuis que je suis là, rien n'est plus comme avant.

Je le regarde, éberlué.

-C'est… C'est ça, oui.

-Je vous impressionne. Je vous intéresse. Je vous fascine. Je vous hypnotise. Et vous ne comprenez pas le pourquoi du comment. Est-ce exact ?

-Oui.

Un charmant sourire s'étale sur ses lèvres. Il pose amicalement sa main sur mon bras.

-Je vous propose de prendre cela comme une énigme. Situation : ma personne vous fascine. Problème : d'où vient cette fascination jamais encore ressentie ? Comment résoudre ce problème ? En approfondissant et en analysant chacun de vos sentiments. Qu'en pensez-vous ?

Son raisonnement me paraît tellement logique que je rougis de ne pas y avoir pensé moi-même.

-C'est une excellente idée, Sir. C'est ce que je vais faire.

Il retire sa main de mon bras. Je rougis encore plus.

-Dans ce cas, je propose que vous reveniez me trouver une fois que vous aurez trouvé la réponse à votre question.

-D'accord, Sir, je viendrai.

Son sourire s'accentue encore et je me rends compte qu'il est temps que je prenne congé.

-Heu…Bonsoir, Sir.

-Bonsoir, Sir Watson.

Je retourne dans ma chambre d'un pas lent et sonné. Qu'est-ce qui m'a pris d'aller à sa porte aussi tard pour une question tout aussi stupide ? Et comment vais-je faire pour approfondir et analyser mes sentiments ? Qu'est-ce que je ressens, au juste ? Je me sens… Impressionné et fasciné. Un peu honteux mais… Heureux, aussi. Très heureux. Et grisé. Je n'y comprends rien.

Arrivé dans ma chambre, je fais ma toilette et enfile ma tenue de nuit. C'est seulement une fois bien au chaud sous mes draps que je me rends compte que l'endroit où il m'a touché me brûle intensément. Voila tout un tas de sentiments que je me sens tout a fait incapable d'analyser…

Peut-être que Lizbeth saura me donner un coup de main…

Et voila ! Je vous dit à bientôt pour le prochain chapitre, et cette fois, je me ferai moins longue, promis !