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Une nouvelle fois, je vous avertie, et vous souhaite une bonne lecture. 3
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Dans une pièce parfaitement éclairée, une femme avait réuni tout le matériel dont elle avait besoin.
Avant d'entamer son oeuvre, la demoiselle avait prit soin de nettoyer les tissus, et les avaient placés de manière stratégique pour faciliter son travail.
Elle se munit d'une aiguille, dans laquelle elle passa un fil, et s'attela à la tâche, plus concentrée que jamais.
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Cette jeune femme avait toujours pris son travail au sérieux, et avait traité chaque cas avec soin. Elle se devait de rendre le résultat impeccable, et une erreur pourrait être fatale aux coeurs.
Mais cette fois, c'était assez... Spécial. Elle ne pouvait s'empêcher de trouver son quotidien différent.
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Cette fois, elle restaurait le corps de Ladybug.
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《 Désolé... Désolé...》 implorait une voix remplie de souffrance et de tristesse.
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L'eau arrosait abondamment son corps depuis une demi-heure déjà, mais il restait immobile sous le jet, à se lamenter sous la douche, au milieu de la vapeur.
C'est bizarre, d'ailleurs. Pourquoi la douche est un lieu où il est facile de pleurer ? Est-ce parce que l'on se retrouve à nu, seul avec soi-même, sans personne pour juger ? Ou est-ce simplement parce que l'eau s'attire elle-même ?
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Plagg s'était éloigné le plus possible de la salle de bains, ne voulant plus entendre ses plaintes douloureuses.
Il faut le comprendre, ce petit gaillard avait déjà beaucoup donné.
Devant lui, Tikki dormait. Il veillait sur elle, et bientôt, elle se réveillera. La petite rouge faisait trop souvent d'atroces cauchemars. Elle aussi, était à plaindre.
Le regard du kwami dévia sur les boucles d'oreilles déposées sur le bureau d'Adrien, et à côté, la bague. Il avait prit soin de les nettoyer de toutes taches et également de les désinfecter. Quel "homme" intentionné...
Maintenant, Plagg n'avait plus qu'à attendre.
Attendre, oui. Attendre. C'est ce qu'il devait faire, et puis franchement, il n'avait même pas envie de manger un sixième de camembert. Non. Franchement, trop déprimé.
Une alarme sonna dans la salle de bains. Ou plutôt, une sonnerie. Quelqu'un appelait Adrien sur son portable.
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En entendant cela, le blond revint à la réalité : il devait se préparer.
Le garçon se releva lentement et entreprit de se sécher brièvement avant de saisir son mobile.
L'écran afficha une photo de Nino. Le garçon devait décrocher.
《 Adrien ? 》
Le blondinet mit l'appel en haut-parleur.
《 Mec, t'es où ? Je t'attends depuis vingt minutes. On doit pas être en retard. Magne. 》
L'unique fils des Agreste ne put s'empêcher de froncer les sourcils.
Évidemment qu'il savait que personne ne devait être en retard ! Lui-même tenait à être ponctuel.
Adrien raccrocha et commença à se vêtir. Étant mannequin à temps partiel, ce fut sans étonnement qu'il parvint à être prêt en moins de dix minutes.
Sans prendre la peine de signaler sa sortie à son kwami, il disparut derrière la porte.
Il n'était pas en colère contre Plagg. Non. Seulement... Leur relation était devenue trop ambiguë dernièrement, et l'être noir avait dû le soutenir en toutes circonstances. Supportant sa colère, ses larmes, et plus récemment, ses sautes d'humeur.
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《 Salut, mec. fit faiblement Nino lorsque son ami arriva à la hauteur de son portail.
- Salut. 》répondit simplement Adrien.
Le brun portait un costume noir, abandonnant son habituel jean et ses t-shirts extra-large. Pas de casque, ni de casquette en vue.
Non. Juste une tenue sobre. Une tenue adéquate pour assister à un enterrement.
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Cela faisait déjà une semaine que toute la population était au courant que Marinette Dupain-Cheng et Ladybug ne faisait qu'un, et que cette dernière était morte au combat.
Une semaine, laissant bien le temps à ses proches de se remettre de leurs surprises, mais pas de leurs peines.
Nino avait vite compris qu'il était préférable de ne pas trop mentionner le nom de Marinette devant son meilleur ami. Il avait toujours su qu'Adrien avait une admiration excessive -à ses yeux- pour la super-héroïne, et que la bleuté était une de ses précieuses amies. Mais l'apprenti DJ se sentait bien incapable de comprendre le blond. Qu'aurait-il ressenti, lui, Nino Lahiffe, si la personne qu'il admirait et que son amie était une même fille ? Aurait-il culpabilisé de ne pas l'avoir réalisé ? Aurait-il été choqué qu'une personne qu'il semblait connaître lui ait caché un tel secret ?
Déjà, là, c'était compliqué. Mais alors, si cette personne n'était, en plus, plus de ce monde... Non.
Il ne pouvait pas comprendre Adrien.
Nino devait également gérer ses propres émotions. Après tout, Marinette était son premier coup de coeur. Le brun s'était remémoré toutes les fois où il avait été un peu dur avec elle, et toutes les fois où ils avaient eu des moments sympathiques en commun. Toutes ces fois... oui, il regrettait. Il regrettait terriblement que Marinette les ait quittés.
《 Y'a pas à dire...》marmonna-t-il d'une voix inaudible, levant la tête pour empêcher ses larmes de couler.
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Les garçons se mirent en marche. Direction le cimetière de Père-Lachaise.
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Dans sa robe noir, Alya était entourée de quelques camarades de classe. Soit Mylène, Rose, ainsi que Juleka. Nathaniel était présent aussi, mais restait plutôt en retrait, ayant besoin de solitude.
C'était assez triste à voir. Leurs visages étaient tous retravaillés par des nuits blanches ou encore de fréquentes crises de larmes. En particulier celui d'Alya.
En fait, si on devait choisir quelqu'un à faire surveiller-voire interner-, c'était bien elle.
Personne ne pouvait prévoir quand est-ce que l'apprentie journaliste éclaterait en sanglots ou deviendrait rouge de colère.
La dernière fureur à son actif était d'ailleurs destinée à Nino, qui avait envoyé un message pour prévenir qu'Adrien et lui venaient seulement de se mettre en route.
Tous silencieux, mais solidaires, étaient là à attendre.
Ils n'étaient pratiquement qu'entre proches de Marinette.
Les personnes voulant rendre hommage à "Ladybug" étaient priés de rester à l'extérieur et de transmettre leurs fleurs aux policiers qui se chargeaient de contrôler la circulation et les échanges.
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Bientôt, le groupe de garçons Ivan, Max, et Kim rejoignirent leurs camarades. Madame Bustier derrière eux, suivit de monsieur Damoclès. Et madame Mendeleiev ? Bonne question.
Chloé restait aux côtés de son "papounet", alors que Sabrina, pour une fois, ne lui traînait pas dans les pattes.
Personne ne connaissait le ressenti de la blonde, mais on ne pouvait douter une seconde qu'elle devait être tourmentée. Chloé avait d'ailleurs pris soin de ne pas verser une seule larme en public. Ses regrets, elle les gardera au fond d'elle, pour le moment. Elle n'allait pas pouvoir soulager son âme de si tôt.
Le métisse suivi de son ami passèrent la "frontière" que formaient les policiers. Ils avaient dû jouer des coudes pour se faufiler parmi la foule de personnes prêtes à tout pour rentrer prendre des photos.
Oui. Prendre des photos.
Les gens n'avaient décidément plus aucun respect.
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Madame Chamack était d'ailleurs à remercier. C'est grâce à son influence que les Dupain-Cheng avaient pu obtenir la paix aujourd'hui.
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Adrien suivait Nino par automatisme. A vrai dire, il n'avait pas particulièrement envie de regarder devant lui. Il savait que bientôt, il se retrouverait parmi ses camarades, et que bientôt, il allait devoir affronter leurs regards.
Le blond s'appliqua sur la rétention de ses larmes, et força son dos à se tenir droit. Ses pensées se perdaient toujours dans ses souvenirs de Marinette, de Ladybug... Mais on lui demandait de veiller à ne pas montrer trop de proximité et de sensibilité à cet événement.
Si il pouvait, Adrien aurait déjà crié toute sa haine et sa douleur. Mais il devait lutter pour ne rien dire. Pour ne pas se faire démasquer.
Oui, il se fichait toujours de son identité.
Oui, il se fichait de mettre sa vie en danger.
Mais il voulait se venger. Et il allait tout faire pour cela.
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C'est le seul argument que Plagg avait réussi à faire avaler au garçon. En une semaine, il l'avait vu dans tous ses états.
Le premier soir, après ce fichu combat, Adrien était rentré dans sa chambre immédiatement, sous la forme de Chat Noir. Le héros s'était détransformé avant de se remettre à pleurer. Il avait mal.
Marinette, était Ladybug. Celle qu'il aimait depuis leur rencontre.
Adrien n'avait pas pu protéger sa bien-aimé. Il s'en voulait. Il s'en voulait à en mourir.
Si seulement ça avait été lui, et non Ladybug, qui s'était occupée de parer les balles, ils n'en seraient pas là. La jeune fille serait toujours en vie, souriante, offrant du bonheur à qui le voudrait.
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Le jeune homme sentit de nouveau son estomac se retourner et courut jusqu'aux toilettes pour se pencher au dessus de la cuvette.
Ladybug. Marinette. Ladybug. Marinette.
Il avait tout perdu. Il n'avait plus de vie, lui aussi.
《 Plagg, Je veux mourir. Je ne veux pas vivre dans ce monde, avait soufflé le garçon après avoir vomi une énième fois du suc digestif.
- Dis pas de bêtises, gamin. Tu es encore sous le choc. Contente-toi de pleurer.》
Le Kwami avait dû pousser son porteur à se mettre dans son lit pour évacuer son chagrin.
Une fois assuré que ce dernier ne bougerait plus, Plagg prit l'initiative de fermer la porte à clef, ainsi que de verrouiller les fenêtres. Il se chargea également de déposer la poubelle du garçon au pied de son lit, et avait par la suite caché tout ce qui était tranchant. Ciseaux, compas, cutter... Plus rien ne traînait.
Plagg allait faire en sorte de maintenir Adrien en vie. Coûte que coûte. Il le jurait.
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Les jours suivants furent très difficiles également.
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C'était sans surprise qu'Adrien ne mangeait plus, et ne sortait plus.
Naturellement, son père en avait été informé, et tout aussi naturellement, monsieur Agreste était resté en dehors de cela, et se contentait d'ordonner à la secrétaire de gérer l'affaire.
Mais Adrien ne voulait voir personne. Cloîtré de son plein gré dans la chambre, le blond ne donnait aucun signe de vie.
Plagg fut obligé de jouer des tours pour simuler de l'activité dans cette pièce, faisant tantôt tomber des objets, ou encore s'occupait de maintenir le cycle des lumières.
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Au bout du quatrième jour, Adrien ignorait toujours toute forme de vie. Mais cela ne devait plus durer.
Plagg alluma la télévision et régla le son au maximum, après avoir veillé qu'il n'y ait plus personne dans la grande maison des Agreste.
La voix de Nino résonna dans la chambre, de quoi vriller les tympans :
《Salut Adrien, c'est Nino. Je sais que tu ne veux pas être dérangé, mais va falloir que tu sortes, mec...
- Plagg, éteins ça ! hurla le blond, qui avait fermement décidé de ne plus consulter son portable.
- ... les funérailles de Marinette sont dimanche. Tu peux pa...》
Plagg coupa la messagerie.
C'était mission accomplie, Adrien était de sortie.
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《Nous sommes réunis ici, aujourd'hui, en la mémoire de Marinette Dupain-Cheng. Marinette était une jeune fille responsable et admirable qui vivait sa vie de collégienne, mais incarnait également...》
Paroles du maire. C'était déjà trop dur, trop lourd.
Son estomac se tordit de douleur lorsque le nom de « Ladybug » filtra l'enceinte de ses oreilles. Une part de lui-même voulait encore vivre dans l'illusion. Encore. Encore un peu, s'il vous plaît.
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《Alya, on peut s'éloigner si tu as besoin.》
Adrien tourna vivement la tête : Nino frottait avec compassion le dos de la rousse, impuissant face au malaise de la jeune fille.
Les personnes aux alentours jetèrent des regards intrigués dans leur direction, et Rose, qui se trouvait à sa gauche, s'abstint d'intervenir, laissant le rôle de soutien au métisse.
《C'est bon Nino, lâche moi un peu, dit-elle en grinçant les dents, repoussant légèrement le bras du garçon. Je ne suis pas au bord de l'évanouissement.
- Peut-être mais tu...
- "Je", rien du tout. coupa la métisse. Plus jamais j'accorderai au Papillon le plaisir de me voir pleurer à partir de maintenant. 》
Alya était une fille forte, et déterminée. En tant que meilleure amie de l'héroïne, c'est ce qu'elle devait montrer. La rousse voulait transmettre tout le courage qu'avait partagé Marinette avant sa mort.
《Mais je suis énervée.》
Nino arqua un sourcil, surpris par la rousse. Décidément, il n'était pas très doué pour se mettre à la place des autres, se dit-il.
《Énervée ? Mais pourquoi ?
- Pourquoi ? s'exclama-t-elle, oubliant être en pleine cérémonie. Parce que Chat Noir n'est même pas venu, ce lâche ! 》
Mauvais. C'était mauvais.
Derrière, Alya sentait la colère lui monter indéniablement à la tête. Toute la tristesse qu'elle ressentait, tous les moments de regret et de remord qu'elle s'imposait la dévoraient intérieurement. Elle avait été incapable de voir que sa meilleure amie, celle qu'elle chérissait le plus, était la super-héroïne. Et ce, jusqu'à sa mort. Une mort prématurée.
L'apprentie journaliste se mordit la lèvre inférieure, reconnaissant qu'il était temps de se taire en voyant le regard choqué du métisse. En fait, elle voulait se taire. Mais elle sentait qu'il était nécessaire de mettre en lumière ce que tout le monde pensait silencieusement.
《 Chat Noir n'est pas là. Il n'est jamais revenu depuis... Que Marinette est morte. Il n'est pas venu témoigner, expliquer ce qu'il s'est passé en détail. Il ne s'est pas excusé auprès des parents de Marinette...》
"Merde." se dit-elle. Les larmes lui montaient aux yeux, malgré elle, et malgré sa volonté de faire taire son coeur.
《 Oui, merde ! Il était là bon sang ! Il aurait dû être là pour la protéger ! Il aurait dû la sauver ! Pourquoi, mais pourquoi elle est morte ?! Il est même pas fichu de venir nous le dire ! Lui, sait. Mais il nous laisse souffrir dans ce silence égoïste !
- Alya... 》 chuchota une voix.
Mais Alya n'avait pas fini. Elle avait tout un sac à lâcher.
《Pourquoi n'a-t-il p...
- ALYA ! 》cria la même voix, attirant entièrement l'attention sur lui.
Le propriétaire de la voix, vous vous demandez ? Adrien, évidemment.
Le blond souffla un coup, se préparant à parler devant tout le monde. Il devait maîtriser ses paroles, maîtriser ses émotions.
Adrien avait, pendant une semaine, oublié qu'il était Chat Noir. Littéralement. Comme pour enterrer la scène du combat en un personnage fictif, créé de toute pièce par la société.
Mais Alya avait raison. Douloureusement raison.
Seulement, même si Adrien pouvait retourner dans le passé, il savait qu'il serait bien incapable de changer quoi que ce soit.
《Alya... Je pense sincèrement que... 》
Le blond se répéta sa phrase avant de parler.
《Je pense sincèrement que c'est difficile pour tout le monde, et pour Chat Noir également. 》
La phrase d'Adrien fut accueilli par de terribles sanglots. Trois pour être précis.
L'un venait d'Alya bien sûr, l'autre de Rose qui ne pouvait plus tenir, et enfin, de Sabine Dupain-Cheng.
《 Je... Je sais... reprit Alya, cherchant à reprendre au plus vite contenance. Je n'en doute pas, mais ne rien savoir sur la mort d'un être cher... C'est invivable ! On ne sait même pas si elle a souffert ! 》
Oh oui la souffrance. Le visage meurtri de sa Lady. Adrien n'avait plus les mots. Son coeur cognait contre sa cage thoracique, le suppliant de faire des aveux, de s'excuser convenablement devant tous, devant les Dupain-Cheng. Ils étaient en droit de connaître la vérité. Il dev...
《 Marinette... a certainement souffert. Et c'était pour nous. 》intervint une voix. Nathaniel. 《 Chat Noir était là. Et justement, il a été témoin de la scène. Il ne doit pas être mentalement en état de venir, et puis... Il aimait Ladybug, non ? 》chuchota-t-il en dernière phrase.
Ce "détail" des plus évidents était sorti de la tête des personnes, détail oublié aussi cruellement qu'était morte Marinette.
Le coeur d'Adrien valsa en entendant ses paroles. Il avait en effet toujours éprouvé des sentiments pour sa partenaire. Cette jeune fille si courageuse, à l'imagination débordante. Elle était extraordinaire.
Mais plus jamais, il ne la verra fendre l'air dans son costume à point noir. Plus jamais il ne pourra admirer sa silhouette parfaite, ou même lui lancer des mots doux pour plaisanter. Plus jamais il ne verra les petites maladresses de Marinette, ni ses sourire gênés. Ni même les moments où la bleuté lui semblait si lointaine, si sûre d'elle... Elle avait toujours eu l'étoffe d'une leader, et lui, avait été aveuglé par cette lumière.
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Lumière aujourd'hui éteinte, en raison de sa faiblesse.
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Adrien sentit soudainement ses entrailles se contracter avec violence et se pencha en avant. Le monde lui semblant de feu et de sang pendant quelques secondes. Il revoyait le corps inanimé sous ses yeux. Un liquide d'un rouge sombre s'étendait sous ses pieds, l'aspirant avec lenteur dans cette masse sombre. Le visage de sa Lady disparut peu à peu dans cette matière difforme.
Le garçon se jeta en avant, comme pour pouvoir la rattrapper, mais au moment où il s'en rapprocha, l'odeur insupportable du fer emplit de nouveau ses narines, lui donnant la nausée.
Le monde vacillait, les dernières parties visibles du corps devenaient floues.
Les couleurs tournaient, l'air lui manquait... Il perdit pied.
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Adrien vomit.
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Alors qu'Adrien était entrain de se faire prendre en charge, que le silence se réinstallait autour du cercueil, et que le maire reprenait son discours, une petite silhouette se tenait en retrait, à l'abri des regards.
《 Maître... Vous êtes sûr de ne pas vouloir aller lui parler ? murmura la voix attristée d'un petit être vert.
- Certain, Wayzz. Il en va de la sécurité de tous.
- Mais maître, ce silence va avoir raison de lui...
- Mon cher, tu sais tout comme moi qu'un homme ayant perdu son âme soeur...》
Maître Fu se tut. De sa position, le vieil homme regardait les proches de la défunte pleurer à chaudes larmes. Il avait commis une nouvelle erreur. Une deuxième. L'avoir promu en grand gardien était définitivement une erreur en elle-même.
《 Nous en reparlerons plus tard. Écoutons le discours d'adieu à Ladybug. 》
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《 Bonsoir Adrien. L'enterrement s'est bien passé ? 》 demanda la secrétaire des Agreste lorsque le jeune homme passa la porte d'entrée.
C'était stupide comme question. Complètement stupide. Mais la jeune femme se forçait à paraître impassible aux yeux du garçon.
《Oui Nathalie. répondit tout de même le concerné, par mécanisme.
- Bien. Allez-vous di...
- Dans ma chambre, s'il vous plaît. 》
Adrien passa devant la femme à mèche rouge, et monta les escaliers.
Il voulait être seul. Qu'on le laisse graver ses derniers souvenirs dans sa mémoire.
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De nouveau dans sa chambre, Adrien verrouilla sa porte avant d'aller s'asseoir devant son ordinateur. Il tapait rapidement quelques mots et ouvrit une fenêtre sur un des écrans : le Ladyblog. Sur un autre, il remit en marche une vidéo. Une vidéo filmé par Nino, pour la journée des parents.
Et sur le dernier, sur le dernier, TVI en replay.
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Pas de nouvelle du Papillon. Toujours pas.
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C'était incompréhensible. Plagg lui avait pourtant assuré qu'un homme ayant commis un meurtre, même indirect, ne pouvait pas rester en retrait infiniment. Que l'homme derrière le masque finirait par avouer, ou par reprendre ses activités.
Personnellement, Adrien préférait qu'il ne se rende pas à la police, autrement, le jeune homme n'aurait pas l'occasion d'avoir un tête à tête avec le tueur de sa chère et tendre.
C'est alors qu'une idée germa dans l'esprit d'Adrien.
"Et si le Papillon ne voulait pas se rendre à la police, mais à Chat Noir ?"
Ce n'était pas une hypothèse à rejeter. Clairement pas. Mais le blond ne se sentait pas de revêtir le costume du Chat Noir aussi vite.
《 Plagg, faut qu'on parle. 》 lança le garçon en descendant machinalement le fil des actualités.
Mais personne ne lui répondit.
《 Plagg ? répéta plus brusquement le blond. Plagg ? Tu es là ? 》
Un nouveau silence.
《 Tikki ? 》 tenta-t-il.
Adrien se leva d'un bond.
《 PLAGG ?! 》
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Personne, à part lui, ne se trouvait dans la chambre.
Mais Adrien ne l'avait pas réalisé.
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Le garçon continuait d'appeler son kwami dans sa chambre, inutilement.
La petite créature noire ne pouvait pas avoir disparu. Elle devait être quelque part. A se cacher. A le narguer. Plagg ne pouvait pas le laisser seul à un moment pareil. Adrien ne s'en remettrait pas. Il ne pouvait pas vivre une vie comme celle-ci.
Plagg ne pouvait pas l'avoir abandonné, tout de même !
Il finit par perdre contrôle et chercher dans tous les recoins de la pièce. Lit, poubelle, oreiller, boîte à fromage, sac de cours, tiroirs, baby foot, lampe, tube à dentifrice, derrière la cuvette des toilettes.
Adrien se mit à plat ventre pour chercher sous ses meubles. Balayant minutieusement entre le parquet et le tissu de son canapé du regard.
Soudain, il repéra des formes non identifié dans ce minuscule espace.
《 Plagg ? 》 s'écria-t-il, victorieux.
Le blond tendit la main en direction de l'ombre. La "chose" était froide, et recouvert de ce qu'il semble être du plastique.
Adrien arqua un sourcil et saisit l'objet, avant de l'arracher.
《 Du scotch ? Mais qu'est-ce qu...》
Le garçon se tut.
Il s'agissait d'un ciseau. Il réitéra son geste, et se retrouva entouré de cutter, sa dague, et ainsi que du couteau que Plagg utilisait pour couper son fromage.
《 Ah...》
Les larmes gagnèrent le visage du garçon.
《 P-P-Plaagg...》appela-t-il avant de fondre en larmes, se recroquevillant sur lui-même. Les genoux contre sa poitrine, et le front contre le parquet, il ressentait plus que jamais le poids de la solitude sur ses épaules.
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Adrien ne saura jamais que maître Fu était venu récupérer les Miraculous pendant son absence. Pour lui, Plagg avait fui.
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Un mois passa à une vitesse fulgurante, mais le comportement d'Adrien ne changeait pas d'un pouce.
Le garçon était bien décidé à rester enfermé dans sa chambre, et à n'ouvrir la porte uniquement pour prendre ou reposer son plateau repas.
La secrétaire de Gabriel Agreste refusait fermement de brusquer le garçon, et malgré tous les efforts fournis par ses proches, Adrien restait cloîtré dans sa cage dorée.
Le père du jeune homme avait étonnement beaucoup de temps dernièrement, et s'inquiétait sincèrement pour son enfant, mais il n'osait pas le lui faire savoir ou même l'approcher.
Etait-ce la honte ou la culpabilité qui l'empêchait de faire le premier pas ? Il ne savait pas.
Le grand Gabriel Agreste froid et distant n'était plus que l'ombre de lui-même. L'homme avait des difficultés pour reprendre une vie normale après ces funestes événements.
Jamais au grand jamais il ne se serait douté que la volonté d'une personne terrorisée surpasserait celle de la violence même. Était-on plus susceptible de perdre nos moyens par la peur plutôt que de faire du mal intentionnellement ?
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Gabriel n'avait pas l'habitude de remettre en question ses actes. Il n'avait jamais eu pour intention de tuer.
Mais actuellement, le plus grave était que Ladybug était une amie de son fils. Et que pour une "simple" amie, il se mettait dans des états pas possible.
Le styliste avait pourtant demandé à des détectives privés d'éclaircir la relation qui existait entre Adrien et Marinette, mais rien. Ils avaient toujours été de "simples et bons" amis. L'homme pouvait écarter l'hypothèse de l'amoureuse secrète.
Mais alors avec Ladybug ? Il l'admirait, c'était un fait. L'historique de son fils montrait un grand intérêt pour la super-héroïne.
Gabriel Agreste avait toujours su que sa progéniture était beaucoup trop... Sentimentale. Et ce malheureux "accident" montrait la véracité de ses propos.
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《 Monsieur Agreste ? 》
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Nathalie le sortit de ces réflexions, alors qu'il feuilletait un tas de feuilles sur son bureau.
《 Monsieur, si je puis me permettre, je pense qu'Adrien sera dans l'incapacité de faire son deuil temps qu'il n'aura pas appris les circonstance de la mort de...
- Il n'a pas besoin de le savoir. répondit fermement l'homme en remontant son foulard rouge. Ce garçon doit s'en remettre sans le savoir.
- Mais monsieur...
- Il n'y a pas de "Mais", j'ai déjà pris ma décision. 》
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Gabriel Agreste ne voulait plus rien entendre. Tout avouer à Adrien ? Quelle sottise. Ce garçon avait simplement besoin de temps pour assimiler les choses, voilà tout.
Le styliste rassembla ses dossiers en une pile impeccable, avant de reprendre encore plus durement.
《 Nathalie, ramenez moi la commande de-
- Monsieur, vous avez brisé votre fils. 》
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La secrétaire soutenait le regard de son employeur comme elle ne l'avait jamais fait. Ses yeux étaient le reflet de sa détermination, mais également de son chagrin de voir un père aussi inconscient de la douleur qu'endurait son fils.
Etait-ce réellement humain de montrer autant de froideur envers son enfant ? Maintenant qu'il avait renoncé à continuer de semer la terreur dans Paris, ne pouvait-il pas consacrer plus de temps à ce garçon, alors que le jeune homme vivait probablement le pire moment de sa vie ?
《 Monsieur, pourquoi refuser aussi fortement de parler à Adrien ? 》
Gabriel Agreste ne voulait pas le dire. Il ne voulait pas. Il ne voulait pas que ces sons sortent de sa bouche, mais malgré lui :
《 Je voulais lui ramener sa mère. Mais au lieu de ça, je lui ai retiré à jamais une amie, et je serai bien incapable de réunir notre famille au grand complet. Je ne... Je ne peux simplement pas me présenter devant lui après être devenu aussi faible et méprisable. 》
Faible. Méprisable. Meurtrier. Assassin. Père indigne.
Ces mots mitraillaient à tour de rôle l'esprit de Gabriel, le poussant à s'accabler de reproche.
Sa conscience était une chose qu'il aurait dû rejeter depuis bien longtemps. Et pourtant, pourtant aujourd'hui encore, son humanité lui reprochait tous les actes qu'il avait commis.
Jusqu'alors, il se justifiait : "Je le fais pour mon fils. Pour ma femme. Pour notre famille."
Mais ces douces paroles n'avaient fait que berner son esprit alors qu'il exécutait des crimes plus horribles les uns que les autres.
Il était bien beau notre Agreste, à reprocher l'animosité des pensées à Willem, à Alyson, mais il faisait également partie de ces personnes. Ces personnes envoyées à l'asile à l'heure qu'il est.
Mais non, il le savait très bien. Il lui restait une part d'humanité. Une humanité qu'il devait démontrer à tous, et tout particulièrement à son fils.
« Nathalie, veuillez... Vérifier si mon fils est disponible. Je vais lui parler. dit-il d'un ton lourd.
- Tout de suite monsieur. »
La secrétaire sortit du bureau en prenant soin de fermer la porte derrière elle, un léger sourire tendre aux lèvres.
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Une demi-heure plus tard, le père d'Adrien se trouva devant la porte de son fils, demandant la permission de rentrer, mais ne reçu pas de réponse. Il décida donc de son propre chef de tourner la poignée.
A peine eut-il passé la porte qu'il sentit un énorme courant d'air traverser la pièce. Gabriel leva la tête et constata que toutes les baies vitrées étaient ouvertes.
« Adrien ! hurla-t-il, craignant le pire.
- Père, je suis là. répondit enfin la voix, certes enrouée, du jeune blond. Désolé pour la fraîcheur de la pièce, mais je n'avais pas ouvert depuis un moment. Un peu d'air frais était nécessaire. »
Le styliste renommé regarda son fils, qui était dos à lui, ranger quelques affaires qui traînaient sur son bureau d'ordinateur.
« Je... Je vois, Adrien. articula péniblement l'homme.
- Mais je vous en prie, ne restez pas debout, père. Asseyez-vous. dit alors Adrien, en désignant son canapé. J'ai cru comprendre... Que vous aviez des "choses" à me dire. »
La situation était bien étrange. Gabriel Agreste ne pouvait nier qu'il s'attendait à être reçu comme un père de la pire espèce, mais au lieu de ça, son fils l'accueillait normalement, comme si... Comme si tout était normal.
Intrigué, et assez nerveux, il faut l'avouer, le géniteur parcourut brièvement la chambre du regard, et constata que la salle de bain était encore fumante, et que des vêtements avaient été négligemment posés sur le lavabo.
« Tu viens de prendre une douche ? demanda-t-il.
- J'étais en train, quand Nathalie est passée. répondit simplement le blond, maintenant occupé à couper ses écrans d'ordinateurs.
- Ecoute, Adrien. J'ai besoin de te parler d'une chose de la plus haute importance. Viens t'asseoir, toi aussi. » ordonna doucement le styliste, tout en prenant place sur le canapé.
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Sagement, Adrien se retourna, et alla s'installer au bord de son lit, comme l'attendait son père.
Lorsque leurs regards se croisèrent, Gabriel Agreste eut la plus grande difficulté du monde à retenir un hoquet de surprise en voyant le visage de son fils. Il était... Méconnaissable. C'était le mot.
Ses cheveux blond qu'à moitié coiffer, ses joues creusées par la mauvaise nutrition de ces derniers jours, sans parler de ses yeux. Yeux soulignés par de profondes cernes, détruisant l'harmonie des traits délicats du garçon.
Et pourtant, Adrien semblait sourire. Un sourire que son père ne pouvait juger être vrai, ou faux. Il en était incapable, en fait.
"Père indigne." se jugea-t-il.
« J'ai des aveux à te faire, mon fils. Mais cela doit rester entre nous, du moins... Pour le moment.
- Ne vous en faites pas père, vous pouvez tout me dire, vous savez.» répondit presque immédiatement Adrien sur un ton à la limite de l'enjouement.
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Surpris par cette pseudo-assurance, l'illustre géniteur se sentit comme plaqué contre un mur. Il ne pouvait plus faire marche arrière. Il devait se repentir.
« Je dois t'avouer que je ne sais pas vraiment par où commencer et-.
- Prenez votre temps, père. Prenez votre temps. Rien ne presse, je vous assure. »
De nouveau surpris, mais heureux de la compréhension de son fils. Gabriel Agreste inspira, puis expira profondément. Il devait se montrer digne des attentes de son garçon, et s'engagea à annoncer le plus clairement possible la "nouvelle". Les yeux rivés au sol, il se lança :
« Il se trouve que c'est moi, le responsable de la mort de ta camarade. Adrien. »
Un silence. Pas de réaction. Gabriel décida de poursuivre :
« En réalité, je suis l'homme qu'on appelle "Le Papillon". »
Une nouvelle fois, aucune réponse. Inquiété, le styliste releva la tête et constata que son fils n'était plus assis sur son lit. Il n'eut besoin que de quelques secondes pour le repérer à son bureau.
« Adrien? tenta l'homme.
- C-Continuez, père... J'ai simplement besoin de me déplacer pour assimiler la nouvelle. »
Cette fois, la voix de son fils était légèrement tremblante, ce qui était déjà un peu plus "normal" en vue des circonstances.
L'homme acquiesça avant de poursuivre :
《 Je suis le Papillon depuis le début. C'est moi qui ai causé toutes ces akumatisations et répandu le mal dans la capit-.》
Un coup sourd interrompit le styliste.
《 Adrien, tu vas bien ?
- Parfaitement Père. Un livre m'a juste glissé des mains. Juste un livre. Mais s'il vous plaît, ne vous arrêtez pas comme cela dans vos explications. Dites-moi... Pourquoi avez-vous endossé ce rôle ? 》 répondit méthodiquement le jeune blond.
Son fils lui demandait pourquoi ? Mais Gabriel Agreste avait au moins le courage de lui répondre ?
Cette question n'avait rien de surprenant. Il était même légitime qu'Adrien se la pose.
《 Tu dois certainement savoir... Que le but du Papillon est-était de récupérer les Miraculous du Chat Noir et de L-
- Comme tout le monde, père. J'étais moi-même fan des super-héros, vous savez. 》coupa immédiatement le blond.
Comprenant qu'il devait éviter de prononcer le nom de la coccinelle, le styliste poursuivit :
《 Il se trouve que ces bijoux, réunis, permettent d'obtenir le pouvoir absolu. Et moi, mon souhait le plus cher était de faire revenir ta mère, Adrien.
- Cher au point de sacrifier des vies ?
- Ce n'était pas ce qui était prévu. Cesse de me couper la parole. répliqua le père du garçon en haussant le ton. La dernière akumatisation n'est qu'un regrettable incident !
- A cause de vous, Ladybug est MORTE. 》 hurla Adrien sans crier garde.
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L'ancien Papillon regarda sa progéniture, stupéfait. Le blond se retourna, l'air coupable, et marcha en direction de son père.
《 Ah, désolé... Je me suis emporté. Pardonnez-moi.
- Ce n'est rien... Je devrais me mettre un peu plus à ta plac-
- A la place de Ladybug vous voulez dire ? rectifia Adrien, un sourire aux lèvres. Mais dites-moi, je n'ai pas bien compris. Comment pouvez-vous être sûr que les "Miraculous" peuvent ramener les êtres qui nous sont chers, père ? 》
Adrien était maintenant assez proche pour que Gabriel puisse voir la lueur de malice briller dans son regard. Un regard qui maintenant n'avait plus rien d'enfantin.
《 Je ne suis pas sûr que cette discussion ait un grand intérêt pour t-.
- Dites-moi TOUT. 》 marqua Adrien en posant amicalement sa main sur l'épaule droite de son père.
Mais voyant que ce dernier avait perdu ses mots, le blond perdit patience et plaqua son géniteur contre le dos du canapé.
《 Monsieur le Papillon, montrez-moi toute l'ampleur de votre pouvoir. Montrez-moi tous vos secrets. 》
C'était hilarant. Hilarant, vous dis-je.
Le père d'Adrien était complètement déboussolé par la tournure que prenait les évènements.
"Sans ton costume, tu n'es rien, hein PA-PA ?" aurait voulu siffler le garçon.
Mais il se retint bien. Il voulait encore savourer le moment.
Oui, le moment où le destin du Papillon reposait entre ses griffes.
Adrien siffla légèrement, et lâcha son père. Il recula de quelques pas avant de prendre une petite moue de défaitiste :
《 Père, j'ai besoin de savoir. Montrez-moi l'origine de ces super-pouvoirs. 》 dit-il sur un ton suppliant, retenant à peine les larmes qui gagnaient soudainement ses yeux.
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《 Voilà, c'est ici. 》 dit Gabriel en montra la pièce violacé.
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Adrien avança doucement, un pas après l'autre. Il se sentait comme envoûté par l'atmosphère de cette salle.
Il y régnait une odeur qu'il aimait. Une odeur de vanille.
"C'est ici." se dit-il en ouvrant les bras, remplissant ses poumons de ce parfum nostalgique.
Le garçon avança encore, se rapprochant du vitrail représentant un papillon.
《 C'est magnifique, père. C'est par là que sortent les akumas ? Est-ce vous qui avez commandé la construction de ce chef-oeuvre ? demanda le garçon d'une voix rêveuse.
- Tu divagues, Adrien. Reviens par ici. J'ai des choses à te montrer. 》
Un peu déçu que son parent rejette l'élan d'enfantillage dont il faisait preuve, le jeune homme obéit, et rejoignit son père au niveau d'une petite table qu'il avait intentionnellement évité auparavant.
D'un côté, une boîte. De l'autre, une tablette, dont Gabriel déverrouilla l'écran.
《 Ici est répertorié toutes les connaissances que j'ai récupéré sur les supers-héros. Il m'a fallu des années pour déchiffrer les manuscrits que j'avais obtenu, et bien plus encore pour obtenir... Ceci. 》
Gabriel Agreste désigna la petite boîte qui était toujours posée sur la table.
Le blond tendit sa main en direction de l'objet, mais son père lui saisit le poignet.
《 Je préfère que le "Miraculous du Papillon" reste à l'intérieur, et qu'il n'en ressorte plus jam-
- Je suis désolé père, je n'ai qu'un couteau à fromage. Il va falloir plusieurs coups avant de pouvoir vous ôtez la vie. 》
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Immédiatement, Gabriel Agreste fut plaqué au sol par son fils.
L'impact l'ayant désorienté, il ne put empêcher le garçon de lui retirer ses lunettes.
《 Ca va faire mal, Pa-pa-a.》
Adrien sortit son couteau de sa chemise aussi vite qu'il aurait fallu dégainer son bâton et planta la lame dans l'oeil de son père. L'oeil gauche, pour être précis.
《 TAISEZ-VOUS. 》 rugit le garçon en répétant son geste dans l'autre oeil. 《 Non. HURLEZ. 》
Une incroyable sensation de plaisir submergea Adrien de tout son être. C'était délicieux, et rouge. Enivrant, grisant.
Son père hurlait. Le Papillon hurlait.
Ses cris de douleurs paraissaient comme une douce mélodie pour ses oreilles. Jamais il ne s'était senti aussi libre et apaisé. Il en était certain.
Son arme se plantait dans la chair. Cette chair chaude. Cette chair ruisselante de sang, brillant d'une lueur étonnamment violacée.
Hypnotisant. Ce spectacle était hypnotisant. Et il en voulait encore.
Il avait souhaité la souffrance de cet homme, et c'était encore insuffisant.
Il se mit alors à peler la chair, morceau par morceau, en partant du torse.
Les os le gênaient ? Il les brisait. Puis il creusait. Il jeta son couteau derrière et plongea ses mains dans la masse rouge.
Il détestait l'odeur qui s'y dégageait.
Adrien voulait trouver la source de cette vie. Il voulait la trouver, et la détruire.
Le jeune homme arracha des vaisseaux, dégagea les poumons et enfin..
《 Enfin. Le coeur. 》
Soigneusement, il prit l'organe entre ses mains.
Les cellules de ce petit muscle continuaient encore de se contracter, mais qu'importe...
《Cataclysme. 》
Il explosa entre ses mains.
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De nouveau calme, Adrien se releva lentement, et repousse une de ses mèches en arrière avec son poignet.
Laissant le cadavre de son père, ainsi que le couteau derrière lui, le garçon prit la voie de sortie et se retrouva de nouveau dans le bureau du styliste.
D'une démarche régulière, il passa devant ses portraits sans y jeter le moindre regard avant de tomber face à la secrétaire, Nathalie.
《 Adrien ! Mais qu'est-ce qu-
- Je reviens, je vais me laver les mains. 》 la coupa-t-il, un sourire d'ange sur le visage.
Pas plus embêté d'avoir croisé une personne vivante, le garçon se rendit dans sa salle de bains pour se débarbouiller avant de retourner dans l'antre du Papillon.
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Sans perdre une seconde, Adrien ouvrit la petite boîte qui renfermait la broche, et l'accrocha à sa veste, tandis qu'une petite boule de lumière éclatante se forma dans les airs, laissant apparaître un kwami d'un violet clair, pur.
《 Qui es-tu ? demanda le blond avec douceur.
- N-N-Noor-roo... répondit le petit être tremblant de tout son 'allez-vous faire de m-m-moi ?...
- Utiliser tes pouvoirs pour ramener Marinette. 》 dit-il simplement en lui servant son plus beau sourire.
Le kwami, choqué, regarda autour de lui et parut encore plus effrayé qu'il ne l'était, mais ne put commenter ses impressions.
《 Nooroo, transforme-moi. 》 s'écria Adrien tout aussi énergiquement que s'il s'agissait de Plagg.
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Une nuée de Papillon voleta autour de lui avant d'éclater, laissant voir le garçon recouvert d'un costume parfaitement adapté à son charme naturel, et à sa carrure.
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D'un pas assuré, il avança vers le vitrail où s'échappaient déjà des centaines d'insectes violacés.
《 Parisiennes, parisiens, je suis... Le nouveau Papillon. 》
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FIN.
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Argh. Enfin. Finis. ENFIN.
Bon, je voulais finir avant la sortie de la saison deux maaaais... Yavait un peu plus urgent, et une part de flemme indégniable.
Enfin bref.
Pour moi, ce chapitre est très différent du précédent. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire ?
Et puis pour être tout à fait honnête, je ne savais exactement comment finir ce chapitre. J'avais imaginé pleins d'avenirs plus étranges les uns que les autres pour Adrien, et longtemps hésiter... Mais là, je ne regrette rien. C'est ce que je voulais, et puis c'est ce qui se rapproche le plus de mon "monde". Voili voilou.
Merci à Ophélia-Agreste et MerricupBiss pour m'avoir aidé au niveau du scénario final, relu, et corriger.
Merci à Mindell et liuanne pour les précieux conseils en écriture du "ressenti". (moi pas parler français mais vous comprendre.)
Merci à lo-la_blonde pour son soutient et son sourire éternel. 3
Et puis je remercie naturellement tous ceux qui ont lu jusqu'ici. J'espère que cette fanfic a été à la hauteur de vos attentes, et j'ai fait en sorte d'appliquer vos conseils dans ce chapitre 2. (donc j'espère avoir progressé également. TwT)
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J'ai encore pleins de truc à écrire. (pas aussi glauque, hein, promis) Du coup, à bientôt ! 3
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A peluuucheuuuuh ! 3
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