Traductrice : Hermi-kô

Auteur : kiyoshi rin


Le pari perdu


C'était une soirée habituelle au bar où tous les ex-managers féminins d'équipe de football américain se retrouvaient chaque semaine pour passer du temps entre nanas. Bien qu'elles ne fussent plus managers lycéens désormais, elles se fréquentaient toujours. Les seules qui n'avaient pas occupé cette position mais se trouvaient tout de même là étaient la quarterback devenue mangaka, Karin Koizumi, et la pom-pom girl, Suzuna Taki.

« Hey, faisons un pari ! » Megu Tsuyumine, l'ex-manager des Zokugaku Chameleons, posa violemment sa chope de bière vide sur la table en bois. Mamori étouffa un rire, c'était toujours la même rengaine lorsque Megu buvait trop.

« Cool ! » S'exclama joyeusement Juri Sawai, l'ex-manager des Bando Spiders : elle avait aussi eu quelques chopes de trop.

« Ya ! Qui joue ? » Demanda Suzuna surexcitée.

« Tout le monde ! » S'exclama Megu. « Celles qui se désistent devront courir nues sur le terrain de foot de Saikyoudai ! »

« Megu ! » Mamori était choquée par l'effronterie de Megu. Elle savait qu'elle aurait dû rester à la maison au lieu de sortir avec ces filles. Elle se retourna et vit Karin et Koharu Wakana (Ojo White Knights) devenir rouge pivoine. Ces deux timides n'allaient pas refuser le pari maintenant que la punition était si cruelle.

« C'est quel genre de pari ? » Soupira Maruko Himuro (Hakushu Dinosaurs). « Très bien, j'en suis. »

Si la très sérieuse Maruko était de la partie, personne n'osa objecter puisqu'en général elle ne jouait pas. Mamori soupira, espérant juste que ce n'était pas trop stupide.

« OK, tout le monde doit appeler un mec et se faire passer pour saoul. Nous verrons qui débarquera en premier ! La dernière personne doit embrasser le mec sur la bouche le lendemain et prendre une photo comme preuve ! »

« Hors de question ! » S'exclama Koharu alors que ses joues étaient écarlates.

« Tu te désistes ? » Megu glissa un bras autour de Koharu et lui sourit.

« Non ! » Rougit Koharu.

Alors les filles sortirent leurs téléphones portables et commencèrent à taper les numéros, la limite étant un joueur par personne. La deuxième règle disait qu'elle ne pouvait pas parler du pari. La troisième règle était qu'elles devaient mettre le haut-parleur lorsqu'elles passaient l'appel, ce que Mamori redoutait. La quatrième règle était que les mecs devaient venir les chercher à 11h et pas plus tôt. La dernière à s'en aller sera notée par le patron du bar qui connaissait bien leurs petits jeux.

Koharu savait qu'elle ne pouvait pas choisir Shin puisqu'il se fichait royalement de la savoir bourrée, et de plus il était sans doute en train de s'entrainer. Oh, et aussi le fait qu'il n'avait pas de portable n'aidait pas, ayant un problème chronique avec la technologie. Elle considéra Sakuraba, mais ce serait juste comme demander de mourir. Sakuraba avait déjà un million de fans qui lui couraient après, alors si elles découvraient qu'il était passé la prendre, elle allait le sentir passer. Ce qui ne lui restait qu'une option.

« Allo ? » La voix à l'autre bout du fil décrocha et elle avala la boule qu'elle avait dans la gorge.

« Bonsoir… Takami-senpai, » dit-elle avec une voix de souris. Tout le monde regarda son téléphone.

« Oh, Koharu, qu'est-ce qui se passe ? » Demanda Takami alors qu'il s'asseyait à son bureau, surpris que sa très discrète kouhai l'appelle.

« Euh… je suis un peu ivre là maintenant et je me demandais si tu pouvais … venir me chercher à 11h ? » Articula faiblement Koharu et tout le monde entoura le téléphone.

« Très bien, je viendrais. » Et puis Takami raccrocha.

« Wow, il est trop gentil, » commenta Juri.

C'était maintenant au tour de Juri et elle transpirait à grosses gouttes. Elle savait qu'appeler autant Akaba que Kotaro ne servirait à rien, puisque l'un était dans sa musique et l'autre n'était qu'un imbécile qui ne se préoccupait que de ses cheveux. Elle soupira, est-ce que Dieu ne pouvait pas avoir pitié d'elle ? Elle décida toutefois d'appeler Kotaro vu qu'il serait surement émoustillé si elle appelait Akaba à sa place.

« Juri, quoi de neuf ? » Répondit-il depuis un bar, puisqu'elle entendait la musique en fond.

« Viens me chercher à 11h, je me sens éméchée. » Dit-elle.

« C'est pas classe, mais je suis occupé là. » Juri voulait l'étrangler à travers le téléphone.

« D'accord, alors je vais appeler Akaba. » Elle savait que cette pique allait atteindre son égo surdéveloppé où Akaba tenait la place de rival.

« Quoi ? L'appeler à ma place ! C'est pas classe ! Je serais là à 11h tapantes ! » Il raccrocha.

« Ce baka ! » Juri était à deux doigts de retourner la table, mais Megu la retint.

Megu n'eut pas de problèmes pour qu'on vienne la chercher, ce qui ne surprit personne.

« Yo, Rui. Viens me chercher à 11h ou je te tue. » Hurla-t-elle dans le téléphone. Mamori imaginait Habashira ployer alors que ses tympans éclataient.

« OK ! Pas besoin de crier ! » Hurla-t-il aussi fort qu'elle avant de raccrocher.

« Du Megu tout craché, » commenta Suzuna.

Suzuna se saisit de son téléphone, n'ayant pas besoin de réfléchir longtemps pour savoir qui appeler.

« Senaaaaa ! » Elle sourit lorsqu'elle entendit le déclic signifiant qu'il avait décroché.

« Suzuna, qu'est-ce que tu fais encore debout ? » Sa voix était ensommeillée, ce qui n'était pas étonnant vu qu'il était toujours crevé après l'entrainement.

« Sena, je suis un peu soûle, tu peux venir me chercher à 11h ? » Demanda Suzuna. Tout le monde se plaignit mentalement : c'était carrément injuste d'appeler son petit copain.

« B-bourrée ? J'arrive aussi vite que possible ! » Mamori imaginait très bien Sena sortir de son lit en courant, parfaitement réveillé.

Maruko n'avait pas non plus à choisir qui appeler : c'était l'un des avantages d'être en couple. « Maria, je t'ai manqué ? C'est pour ça que tu m'appelles ? » Maria était le surnom que Marco lui donnait et qui en général l'embêtait, mais désormais elle ne s'en formalisait plus. Enfin, c'est plutôt comme si elle avait arrêté de résister à son copain vu qu'elle savait qu'il ne changerait pas de si tôt.

« Marco, je suis ivre. Passe me prendre au bar à 11h. »

« Tout ce que tu voudras, Maria. »

Karin déglutit, c'était à elle maintenant. Elle n'était pas sûre de vouloir le déranger… il devait être en plein entrainement, mais elle ne voulait pas non plus courir nue sur le terrain. Connaissant Megu, elle était très sérieuse concernant les personnes qui se désistaient. Sa tête était pleine de pensées. Elle ouvrit son téléphone et commença à composer un numéro, les mains tremblantes et le cœur battant.

« Karin, comment vas-tu ? » Demanda une voix posée et tout le monde savait qui s'était. Evidemment, c'était lui que Karin avait choisi.

« Euh… U-unsui-sssan. » Karin rougit et tout le monde lui fit les yeux style Karin a un copain. « P-peux-tu venir me chercher à 11h ? »

« Qu'est-ce qu'il y a, Karin ? Tu as un problème ? » Unsui sentait que Karin était nerveuse parce qu'elle bégayait plus que d'habitude, non pas qu'il est compté mais il était assez observateur en tant que quarterback.

« Dé-désolée, je suis un peu i-ivre. » Elle virait à l'écarlate bien qu'Unsui ne soit pas là.

« Reste où tu es ! J'arrive, sois sage, d'accord ? » L'inquiétude d'Unsui ne fit qu'augmenter lorsqu'il entendit dans quel état elle se trouvait.

« D'ac-accord, merci. » Karin poussa un soupir de soulagement lorsque ce fut fini.

« Wow, il tient vraiment beaucoup à toi, non ? » Megu lui fit un clin d'œil et Karin tourna encore plus rouge si c'était même croyable.

Mamori essaya de s'esquiver, mais tout le monde, même Karin, l'encercla. Si Karin et Koharu l'avaient fait, alors elle aussi. Mamori soupira : elle ne voulait pas qu'elles entendent la conversation qu'elle aurait avec Hiruma puisqu'en général ils se chamaillaient toujours. Elle aurait bien appelé Sena à la place si Suzuna ne l'avait pas déjà réveillé. Son seul choix était donc l'ancien quarterback de Deimon.

Elle retint son souffle quand le téléphone sonna plusieurs fois avant que quelqu'un ne réponde enfin.

« Qu'est-ce que tu veux, putain d'manager ? » Prononça la voix rauque à l'autre bout du fil.

« Ne m'appelle pas comme ça ! » Protesta Mamori. Une fois qu'ils commençaient à s'engueuler, ils étaient dans leur propre monde à eux, même s'ils ne pouvaient pas se voir ou n'étaient pas au même endroit.

« Bon, qu'est-ce que tu veux ? » Demanda-t-il avec sa brusquerie habituelle à laquelle Mamori ne faisait plus attention, mais qu'elle ne voulait pas que les autres filles écoutent puisque c'était un choc pour elles. Bien sûr, elles savaient qu'il était comme ça avec les autres joueurs, mais elles n'auraient jamais cru qu'il s'adresserait de la sorte à son manager, en particulier une fille.

« Je suis soûle… tu peux passer me chercher ? » Demanda Mamori, se préparant à la réponse.

« Soûle ? » Elle entendit le très célèbre caquètement et s'y attendait un peu quand même. « L'ancienne membre du conseil disciplinaire est en train de se beurrer ? Ça va direct dans mon carnet ! »

Mamori sentit une veine éclater dans sa tête alors qu'Hiruma ajoutait de l'huile sur le feu. « H-Hiruma-kun ! Si tu ne viens pas me chercher, très bien ! Je n'aurais qu'à demander à Juumonji-kun de venir ! » Elle bluffait. Elle ne pourrait pas l'appeler, pas avec la règle qui stipulait que c'était un coup de fil par personne. Elle rougit à la pensée d'embrasser Hiruma. Il exigerait sûrement une copie de la photo où ils s'embrassaient pour la glisser dans son calepin. Non… il prendrait la photo lui-même.

« D'accord, putain d'manager, appelle-le ! » Il raccrocha, non sans avoir caqueté encore une fois comme un maniaque. L'ensemble du groupe était silencieux et ne savait pas quoi dire. Mamori était gênée et énervée en même temps aussi personne ne bougea. Elles avaient l'impression qu'elle allait exploser tôt ou tard et s'écartèrent donc un brin pour se préparer. Même Suzuna, qui connaissait le mieux Mamori, réalisait qu'il n'y avait rien à dire pour alléger son humiliation et les autres savaient que si Suzuna ne pouvait rien, alors elles non plus.

Bientôt les garçons arrivèrent au bar pour récupérer ces demoiselles enivrées. Le premier à se montrer fut Sena, puisqu'il était très inquiet pour Suzuna et était aussi le plus rapide de tous. Le deuxième était Unsui qui avec ses manières de gentleman fit jalouser Karin. Le troisième fut Marco, mais il avait une bonne excuse puisqu'il était allé acheter des roses sur le chemin. Le quatrième fut Habashira qui craignait l'ire de Megu et arriva en moto, mais Megu le punit quand même pour être arrivé si tard. Il dut porter sa moto sur son dos pendant que Megu était assise dessus. Le cinquième fut Tamaki qui n'avait pas vu le temps passer en préparant ses stratégies, mais Koharu, contrairement à Megu, était très conciliante. Le sixième fut Kotaro : Juri était juste contente de ne pas être la dernière. Elle s'était doutée qu'elle ne serait pas la première à s'en aller, mais être la dernière lui foutait vraiment les jetons car elle n'avait aucune envie d'embrasser son ami d'enfance. A chaque fois qu'un mec arrivait et que ce n'était pas Hiruma, Mamori buvait pour se calmer les nerfs.

« Ça va aller ? Pourquoi ne viens-tu pas avec nous ? » Suggéra Juri, mais Mamori refusa l'offre. Elle ne se sentait pas en super forme et ne voulait pas être la quatrième roue du carrosse. Alors elle leur mentit en disant qu'elle allait appeler un autre joueur des Devil Bats.

« Stupide Youichi ! » Grommela Mamori, ne s'embarrassant plus des honorifiques ou d'appeler Hiruma Hiruma-kun.

« Qu'est-ce que tu as dit, putain d'manager ? » Elle entendit une voix derrière elle et leva les yeux pour voir Hiruma au-dessus d'elle. Mamori eut un hoquet et fixa Hiruma.

« J'ai perdu le pari ! » S'exclama-t-elle hargneusement. « Je dois être punie maintenant ! »

« Je sais. » Il fondit sur elle et pressa ses lèvres sur les siennes. Avant qu'elle ne puisse réagir et le repousser, son corps doubla son esprit et lui fit fermer les yeux. Elle goûta à la saveur mentholée de ses chewing-gums sans sucre et à celle du saké. Saké ? Ne venait-il pas directement de l'entrainement de foot ? Avant qu'elle ne puisse demander, elle entendit le déclic d'un appareil photo et elle était à peine éveillée. Après quelques secondes elle s'affaissa, sa tête contre l'épaule d'Hiruma. La seule manière qu'il avait de savoir qu'elle était juste endormie et pas inconsciente était les faibles ronflements qui émanaient d'elle.

« Tsss, » dit-il avec dédain, mais un petit sourire germa sur ses lèvres. A l'insu de Mamori, il avait été là depuis le début dès qu'elle lui avait dit qu'elle retrouverait les filles à leur bar habituel. Il avait bu du saké et sourit jusqu'aux oreilles à chaque fois que Mamori parlait, comme si sa voix était celle de l'arbitre hurlant « touchdown ». Il était au courant pour le pari et pour une fois, cela ne le dérangeait pas de perdre.


Note de la traductrice : Ce chapitre m'a fait traduire toute l'histoire. C'était touchant comment Hiruma utilisait l'excuse du pari pour embrasser une Mamori conscentante (grâce à l'alcool, vraiment ?) Le chapitre qui suit m'a également beaucoup touchée aussi vous l'aurez bientôt à votre disposition. Vu qu'il est plutôt long, un peu comme celui-là, ce ne sera pas pour desuite je pense vu la paperasse que j'ai à écrire pour l'école (je ne peux décemment pas passer 3h sur une traduction quant j'ai 5 pages à écrire en une nuit). Donc j'espère que vous savourerez ce chapitre du Quarterback et de Son Assistante ! Pour toute erreur de traduction, n'hésitez pas à m'envoyer des reviews ! Signées ou non, je veux m'améliorer alors tout me va. J'ai d'autres fandom en cours, par ailleurs, d' Anime/Manga mais aussi de jeux [Vindictus est vraiment addictif]. Bonne lecture !

*Hermi-kô***