Hello !

Voici donc la suite ! J'en profite pour remercier ceux qui ont follow ou fav cette histoire, et à nouveau ceux qui ont reviewer la première partie ! Le fandom français est plutôt petit, donc ça me rend heureuse que cette histoire ait attirée du monde ! ^^

Pour ce chapitre, il est plutôt long et dense, il fait 10,500 et quelques mots, mais c'est parce qu'il est important par rapport à ce qui vient encore après et qu'au vu des événements il valait mieux que je ne coupe pas plus court, puis ça compensera l'attente XD. Le rating M est justifié par ce chapitre, mais pas de lemon à proprement parlé. Du fluff au programme !

Je vous souhaite une bonne lecture !


Hinata se figea, ne fit même pas attention à ce que lui répondait Tsukishima. Ses pensées s'arrêtèrent, formèrent un vide. Kageyama lui cria quelque chose, sans doute un « quoi, j'ai quelque chose sur le visage, imbécile ?! » mais Hinata n'entendit rien. Ses sens s'étaient comme fermés, il sentait ses réflexes mous. D'un seul coup, tout explosa en lui. Les mots et les idées chargèrent sa conscience, embrouillés. Ses tempes se faisaient marteler alors que des frissons se mirent à le parcourir lentement, vicieusement. Il paniquait.

« KAGEYAMA TU SAIGNES ! »

Choqué par son cri, le brun ouvrit de grands yeux. Il porta instinctivement la main sous son nez, son diamètre oculaire s'agrandissant encore quand il la retira tachée de sang. Sous l'incompréhension, Hinata hurla à son téléphone :

« KAGEYAMA SAIGNE ! »

Le brun continuait de fixer sa main, stoïque. Hinata crut vomir. Ses jambes tremblaient, tout son corps avec, sa main se serra autour du clapet et du clavier qu'il tenait à les briser.

« Oï, l'alpha-crevette, essaie déjà de te calmer, d'accord ? »

C'était Tsukishima qui parlait, bien sûr.

Hinata déglutit, essaya de retrouver sa respiration. Il se sentait humilié de lui-même. Il était un alpha, mais il ne savait absolument pas s'occuper de son oméga en pleine chaleur. En fait, il ne savait vraiment rien. Comme il l'avait dit à Kageyama, il avait fait ses recherches. À part trouver que les omégas avaient besoin de confort, de contact physique, incluant le sexe – ce qui n'était pas une surprise, il avait bien trouvé des sites qui en révélaient plus que ça, cependant, il n'avait rien lu à propos de démarches à suivre en cas de problème. Il fallait dire qu'Hinata n'était pas un expert en recherches, puis qu'il avait surtout cherché les informations de base, il n'avait pas prévu les complications, n'avait en outre aucune idée de quoi faire pour des saignements –il ne savait pas que ça arrivait ! – et sa pensée première était même qu'il aurait voulu un adulte à leurs côtés pour être sûr que Kageyama ait les soins appropriés.

Il fut soudainement heureux que Tsukishima ait appelé. Le blond à lunettes était intelligent, alors il ferait l'affaire, et comme il l'avait précisé lui-même, il était un oméga. Toujours, Hinata avait honte de ne pas savoir s'occuper seul du brun, mais il n'avait pas d'autre choix que celui de reconnaître son inaptitude. Sur ce point-là, il ressemblait à son petit-ami. Kageyama n'était pas le seul à avoir envie de gérer les situations délicates à sa façon. Ce qui l'inquiétait, c'était que ce dernier ne réagissait toujours pas.

Laissant échapper une grande goulée d'air, le rouquin essaya de se mettre debout sur ses jambes en cotons. Son marmonnement s'adressa d'abord au blond :

« Attends, reste en ligne, je vais chercher une serviette… » Sa voix s'éleva. « Merde, Kageyama ! T'es mort ?! »

Le 'mort' ressuscita. Son regard, toujours immobilisé sur sa main souillée, se ralluma et il secoua la tête. Une fois debout, Hinata l'attrapa par une épaule pour le forcer à le regarder. Le brun protesta contre son visage effaré.

« Ça va abruti, ça va, je vais bien !

—Non tu vas pas bien, pourquoi tu m'as pas dit que tu te sentais mal ?! »

Hinata avait bien vu que le brun avait fait des efforts au niveau de la communication de ses sentiments, mais s'il ne parlait pas aussi de ses douleurs, surtout si ça prenait une telle ampleur, il ne pourrait absolument pas l'aider ! Hinata eut du mal à rester serein pendant que Kageyama tempêta :

« Parce que ça allait, je me sentais bien ! Je vais pas dire que ça va pas si ça va ! »

Sonné à en oublier d'arguer, Hinata courut littéralement jusqu'à la salle de bain de Kageyama, qui se trouvait à deux portes de sa chambre sur la gauche, arrachant la première serviette qu'il vit, une noire, au porte-serviette. Il respirait toujours aussi fort. Le silence de son appareil téléphonique l'inquiéta lorsque la voix du blond retentit encore.

« Hinata, ne panique pas.

—Toi, tais-toi, je t'ai pas sonné ! »

Il essayait de l'apaiser, mais l'attaquant se sentait sur le point de perdre pied. Un 'Tss' fut craché.

« Je ne donnerais pas de conseils si tu m'envoies bouler. »

Ignorant Tsukishima, Hinata se précipita jusqu'à Kageyama. Assis en tailleur sur le matelas, il coinça son portable entre son oreille et son épaule, forçant le brun à lever le menton alors qu'il appliquait la serviette au niveau du saignement. Kageyama voulut s'en servir pour essuyer sa main, le rouquin tirant pour la concentrer sous son nez.

« Laisse-toi faire, Bakageyama, tiens ça ! Tsukishima – Je comprends pas ce qui se passe ! Je m'occupais de lui et tout allait bien et d'un seul coup, il a… !

—Hinata, ça va, je vais bien, tu peux raccrocher avec cet abruti ! »

Kageyama tenait maintenant seul sa serviette et avait réussi à s'essuyer la main. Il était toujours aussi stoïque. C'était vraiment pas croyable, pensa Hinata en adoptant une position plus confortable.

« Il va nous donner des conseils et je vais en avoir besoin ! –Tsukishima ? T'es encore là ? Tu sais pourquoi il saigne ? »

Un soupir lassé lui répondit.

« Qu'est-ce que vous faisiez ? »

Hinata rougit. Bégayant, il tritura timidement le bas de son t-shirt, observé par Kageyama qui se demandait bien ce que le blond était en train de lui raconter.

« Je le prenais dans mes bras et j'allais…enfin…voilà quoi…

—OÏ HINATA, RACONTE PAS CA ! »

Kageyama avait instantanément déchanté. Ça ne se disait tout simplement pas ! Des fois, il détestait le côté naïf abruti de son petit-ami. Il tenta de soustraire le téléphone des mains d'Hinata pour raccrocher lui-même, quitte à le faire valser, mais avant qu'il ne puisse plaquer l'alpha sous lui et régler le problème, un vertige le força à se rallonger. Ces étourdissements le faisaient chier et le brun aurait bien aimé qu'ils se dissipent mais il ne saignait plus, c'était déjà ça. Hinata avait suivi son mouvement, plaçant une main anxieuse sur sa cuisse. Il se voulut sûr de lui :

« Il est un oméga aussi et il va me dire si j'ai fait un truc mal !

—Je vais t'étrangler, sérieusement ! »

Grâce à son mal de tête, Kageyama ne put que rôtir dans son exaspération et son aura meurtrière. Il n'avait pas le choix, ce qui était des plus frustrants. Comme s'il avait ressenti la tension, Tsukishima haussa la voix dans l'oreille d'Hinata :

« Calmez-vous, bande d'imbéciles, vous disputer ne changera rien ! Déjà, explique-moi comment il est et ce que tu as fait depuis le début. »

Hinata récapitula.

« Ben, quand je suis arrivé, il gémissait et je l'ai trouvé en train de se masser le ventre, il m'a dit qu'il avait un peu mal et que son corps lui faisait bizarre, j'avais vu sur internet qu'il fallait mettre des oreillers autour de lui donc je l'ai fait et j'étais allongé à côté de lui, après je t'ai dit ce qu'on faisait, il s'est rien passé d'autre.

—Ok. T'as mis des serviettes ? Autre que celle que tu as utilisé pour stopper son saignement. »

Tsukishima répondait nonchalamment. Interloqué, Hinata haussa les sourcils.

« Des serviettes ?

—Il en faut pour protéger le lit. Je ne vais pas te faire de dessin. »

Le rouquin rougit à cause de l'implication. Il jeta un regard à Kageyama qui s'était tourné face au mur, boudeur car bien obligé d'abdiquer, et soupira.

« Je vais en chercher ! » lança Hinata, assez fort pour attirer l'attention du brun.

Ce dernier ne broncha pas. Les pieds du rouquin martelèrent le plancher. Une fois dans la salle de bain, il ouvrit un placard à côté du lavabo et chercha de grandes serviettes, avec le souci de ne pas faire plus de dérangement que nécessaire. Il en trouva une qui sembla assez longue et hésita à fouiller davantage.

« Euh, je dois en avoir combien ?

—Au moins trois. Tu lui as mis combien d'oreiller ? »

Encore sous le coup de la précipitation et sa frayeur, Hinata eut du mal à se représenter le lit du brun. Il énuméra lentement, en réflexion.

« Euh…Y en un de chaque côté de son corps…Trois derrière sa tête…Et il en a un autre qu'il tient dans ses bras.

—Donc six.»

Tsukishima ricana, sarcastique. Hinata avait trouvé une autre serviette longue et s'était agenouillé au pied du placard. Avant qu'il ne puisse grommeler, Tsukishima parla :

« Quatre suffisent, et espace les oreillers pour ne pas qu'il soit oppressé. Il faut qu'il puisse bouger tranquillement. Il risque d'avoir chaud. S'il est habillé, dis-lui de se mettre en caleçon. Passe-lui un gant de toilette sur le corps avec de l'eau tiède s'il a trop chaud. »

Prenant note des conseils, appréciant d'autant plus la voix calme et assurée du blond, Hinata ne put s'empêcher de se sentir troublé :

« D'accord, mais c'est normal qu'il saigne ?! »

Tsukishima soupira.

« Je ne sais pas comment dire ça autrement, alors je n'irais pas par quatre chemins. »

Il y eut un petit silence qui contracta le roux, ses mains se crispèrent, l'une sur les deux serviettes roulées en boule sur ses cuisses, l'autre sur le téléphone.

« C'est parce qu'il a besoin de se vider. »

A nouveau, Hinata vira au cramoisi. Il n'était pas toujours très vif d'esprit pour ce genre d'expressions qui n'appelaient pas un chat 'un chat' alors qu'il ne savait pas vraiment ce qu'était le chat en question, mais il comprenait ce que Tsukishima sous-entendait par 'se vider'. Il était donc sur le point de faire ce qu'il fallait avant l'appel du blond, si ce n'était pas ironique. Il était déjà soulagé, il n'y avait donc pas de problème, ce serait vite réglé !

Répondant à son silence attentif, le blond poursuivait :

« Je dois dire que généralement, les omégas qui ont ce problème ne l'ont pas fait depuis un moment, et ça intensifie les douleurs des chaleurs, ils peuvent même avoir des crampes abdominales. Moins un oméga se vide, plus il souffre, donc s'il ne veut pas que ça empire, il a intérêt à le faire vite. »

Cette affirmation pétrifia Hinata. Vu que Kageyama ne faisait pas ça habituellement, ça pouvait avoir une incidence ? Rien qu'à l'idée que Kageyama puisse de nouveau saigner et souffrir, il sentait des frissons désagréables onduler dans son dos. Hinata eut peur. La panique recommençait doucement à remonter en lui alors que Tsukishima développait.

« Je sais pas comment c'est pour lui, mais s'il ne veut pas que tu le soulages, il peut toujours le faire lui-même, selon ce qui lui convient, même si en général c'est mieux que ce soit l'alpha qui s'en charge, parce que c'est plus apaisant. »

Hinata articula un faible 'd'accord'.

« Dans tous les cas, je ne sais pas si vous êtes protégés des grossesses, » prévint Tsukishima, « donc n'allez pas jusqu'à coucher ensemble si vous n'avez aucune contraception. Tu sais ce que c'est ? »

L'attaquant tempêta :

« Je suis pas idiot !

—Bref, il ne pourra pas supporter les chaleurs s'il ne se vide pas plusieurs fois. »

La bouche sèche, réticent à trop en révéler, le petit roux posa la question qui lui brûlait les lèvres :

« Tu dis que les omégas qui se vident pas souffrent plus…mais si…euh…on est dans le cas d'un oméga qui n'aime pas faire ça seul jusqu'à ses chaleurs ?

—Attends, tu es en train de me dire qu'il ne s'est jamais soulagé ?! »

L'exclamation de Tsukishima le fit sursauter. Hinata bégaya.

« S-Si, mais une fois parce que je l'ai fait…

— Sérieusement, ce type…C'était quand ? »

A l'entente du ton effaré du blond, Hinata ressentit le besoin de défendre son petit-ami :

« Hé, juge pas ! Tu sais rien de lui ! Il aime pas être un oméga ! L-La semaine dernière. »

Tsukishima s'exprima avec plus de complaisance.

« Ce n'est pas pour autant qu'il doit négliger ce genre de choses, ça pourrait lui causer des problèmes de santés. » Il soupira. « Bon, en tout cas c'est déjà ça, mais il va sûrement avoir des chaleurs difficiles si son corps n'a pas l'habitude. Surtout que c'est ses premières. »

Hinata devina que si Sugawara lui avait demandé de les aider, il avait dû invoquer leur inexpérience pour l'y pousser. Ça ne l'empêcha pas d'être embarrassé devant cette preuve que le blond savait l'entièreté de la situation.

« Soulage-le s'il te laisse faire, j'ai cru comprendre que t'étais sur la bonne voie pour ça tout à l'heure. » Tsukishima ne se moquait pas. Il ajouta : « S'il refuse, fais-lui comprendre que c'est pour son bien. Aussi, une fois que ça sera fait, assure-toi de continuer les contacts physiques. Fais attention à ce qu'il soit hydraté. »

Le rouquin savait que son visage était bouillant. Parler de ça avec Tsukishima au téléphone était réellement étrange, mais ce qu'il disait lui était utile, alors il se raccrochait à cette pensée.

« Et s'il a des crampes, je dois faire quoi ?

—Tss. J'ai des cachets qui soulagent les douleurs. Tu veux que je vienne vous en apporter après l'entraînement ? »

Sans prêter attention à la voix exaspérée au bout du fil, Hinata s'exclama joyeusement, enthousiaste :

« Oh oui, ça serait sympa ! Merci, Tsukishima…T'es pas un enfoiré, en fait. »

Un grand sourire mangeait ses joues, et il fut sûr que le blond l'avait ressenti à l'entente de son hoquet de surprise. Ou peut-être que c'était le fait de se faire indirectement qualifier d'enfoiré, au choix.

« Je te l'ai dit, on m'a plus ou moins forcé la main pour le faire. Donne-moi l'adresse et à plus tard, ma pause est finie. »

Il réagissait comme s'il cherchait à se défaire de son beau geste, et c'était sûrement le cas. Hinata était trop joyeux pour penser à se moquer de lui ou pour le taquiner à ce propos. Ses lèvres étaient allongées de tous leurs longs. Quoiqu'il en soit, le rouquin fournit l'adresse de Kageyama, essayant de donner des indications sur la manière de rejoindre l'endroit depuis le lycée. Tsukishima les trouva trop imprécises. En accusant Hinata de faire du babillage, ce qui énerva ce dernier même s'il ne comprenait pas le sens exact de ce mot, il clôt le débat d'un 'je trouverais bien'. Avant qu'il ne raccroche, Hinata eut un rire désabusé.

« Merci, vraiment. Je suis un mauvais alpha… »

Il parlait plus pour lui-même à la fin et rougit d'avoir laissé échapper une telle pensée devant le blond, alias le salaud sarcastique de première, mais ce dernier ne le ridiculisa pas.

« T'es juste ignorant, ce genre de choses s'inventent pas. »

La communication se rompit.

Hinata sentit son moral remonter légèrement. Tsukishima avait raison. Il ne savait pas quoi faire, et maintenant qu'il avait eu des conseils, il allait faire ce qu'il fallait. Gérer Kageyama ne serait pas si difficile, il était son petit-ami, il l'aimait, bien qu'il ne lui ait encore jamais dit de vive voix et que son petit-ami ne risquait pas de l'avoir fait. Il serait un bon alpha pour lui. L'en convaincre serait peut-être compliqué, mais le rouquin était suffisamment têtu pour s'y acharner. C'était d'ailleurs assez paradoxal, parce qu'Hinata était loin d'être un as en relation humaines. Il était un gosse insouciant obsédé par le volley, sa vie ne tournerait qu'autour de ça, mais depuis qu'il avait rencontré Kageyama, l'alpha lui avait fait une place dans l'espace auquel se consacrait sa matière grise. Quand il était question de Kageyama, il observait, analysait, avec minutie. S'il restait maladroit parce qu'il était jeune qu'il ne réfléchissait pas toujours assez loin dû à sa candeur et son impétuosité, il prenait connaissance des détails concernant l'oméga.

Il savait que le brun faisait de même avec lui. Ça se voyait à la façon dont il lui prenait toujours ce même jus d'orange sans pulpe qu'il avait vu Hinata acheter une fois au distributeur de boisson. Quand il anticipait que l'entraînement l'avait crevé et lui demandait de passer une nuit chez lui, ou quand il lui sortait une réplique brutale mais à l'effet calmant avant un match qui le stressait. Tout ça s'expliquait par sa nature plus portée sur les détails que la sienne, mais à son contact, Hinata en avait pris de la graine. Il avait beau être son petit-ami et son partenaire, Hinata voulait toujours devenir meilleur que lui, alors il fallait bien qu'il se mette au niveau. Son cerveau se divisait entre volley et Kageyama.

Au vu de leur partenariat et rivalité, les deux prenaient pour ainsi dire une apparence indissociable pour lui.

La prochaine fois, au moins, ils sauraient se débrouiller seuls. Hinata sentit de la fierté l'envahir à cette pensée. Bien sûr, malgré sa bonne volonté, il n'avait pas dû être le seul alpha perdu devant son oméga, bien sûr. D'autant que Kageyama était son premier, tout comme le rouquin était le sien. S'ils ne paniquaient pas, ne se disputaient pas, et suivaient les directives de Tsukishima, tout se passerait bien.

Encore fallait-il y parvenir, mais il essaya de chasser cette négativité.

Le rouquin se releva rapidement, se dépêchant de regagner la chambre. Il tomba nez à nez avec le regard bleu sombre de Kageyama, avec toujours cette lueur de désir qui le retournait depuis l'estomac comme un steak saignant. Le brun avait la mâchoire tendue, il croisait les bras sur son torse et ses chevilles entre elles. Hinata se demanda s'il était toujours irrité par sa décision de tout à l'heure, ou s'il l'était encore plus en raison de l'évolution de sa conversation avec Tsukishima, quand il réalisa qu'il ne semblait pas fâché, juste gêné. Si Kageyama le laissa docilement prendre les oreillers en trop et l'aida à installer les serviettes en travers du lit, au-dessus de la couette, il ne le quitta pas des yeux une seconde. Dès qu'ils eurent fini, Kageyama cracha un soupir résigné.

« Hm. J'ai pu entendre ce que tu disais mais pas ce que lui disait. E-Est-ce qu'il a dit des trucs…utiles ? Et pourquoi tu lui as filé mon adresse ? »

Une belle rougeur prit place sur ses pommettes, même si sa question finale fut un peu plus agressive. Posant son téléphone sur le bureau de Kageyama, le rouquin se précipita sur le lit avec les lèvres ouvertes. Kageyama sursauta tout en fronçant les sourcils en le voyant s'écraser juste à côté de ses jambes, à moitié agenouillé avec les bras qui relevaient le haut de son corps. Hinata expliqua, tout en étalant son sourire :

« Il a vraiment été cool, il viendra même apporter des cachets pour toi après l'entraînement, faudra le remercier ! »

Kageyama eut un mouvement de recul sous sa stupeur, mais il hocha la tête avec l'air de méditer sur cette bonne action provenant du blond. Hinata le coupa dans ses réflexions, le rouge lui collant définitivement aux joues.

« Et f-faut que tu te vides, c'est pour ça que tu saignes, et tu risques d'avoir mal si tu le fais pas. »

Kageyama grinça des dents.

« J'ai cru comprendre ça, ouais… »

Hinata hésita à dire ce qu'il avait réellement envie de dire, parce qu'il avait peur que Kageyama ne s'énerve s'il mentionnait haut et fort qu'il avait expliqué son cas à Tsukishima. Cependant, en voyant sa réticence face au fait de se vider, ou peut-être était-ce un embarras qui le rendait réfractaire à l'idée, le plus petit énonça :

« Puis il a dit aussi que les omégas qui se vident pas ont des chaleurs plus dures que les autres, et toi comme tu fais jamais ça, ça risque d'être pire ! »

Le brun grogna, cette fois-ci, ses lèvres découvrirent une partie de ses dents en se retroussant. Hinata avait redressé le haut de son corps et se tenait debout sur le matelas à la force de ses genoux, mains retenant ses coudes. Il surplombait Kageyama ainsi.

« Me fais pas la morale pour ça !

—J'allais pas le faire ! »

Hinata décida d'aller au bout de sa pensée.

« J'espère que ça te gêne pas que je lui ai expliqué. »

Kageyama soupira.

« Pas tant que ça…Ça me plait pas qu'il sache mais je sais que tu l'as fait pour m'aider, puis on avait pas le choix... »

Il rougissait en prononçant ces paroles. Hinata se laissa tomber en avant, son front atterrissant sur le ventre de son petit-ami. En essayant de réguler son équilibre, il l'embrassa. Kageyama se raidit des pieds à la tête et gémit. Le rouquin se releva en lui jetant un regard d'excuse, il n'avait pas réfléchi à l'effet que pourrait lui faire une telle action durant ses chaleurs. Grimpant encore plus haut, il baisa les lèvres de Kageyama, cette fois. Hinata avait besoin d'être rassuré sur le fait que le brun le croyait capable de s'occuper de lui. Yeux bas, il révéla son insécurité.

« Honnêtement, ça me fait peur.

—Quoi ? Tu veux partir ? »

La voix du brun projeta une interrogation brutale, mais il n'était pas irrité. Comme offert à accepter sa décision, même si elle lui faisait mal. Hinata sut que ses joues se coloraient encore en comprenant le malentendu. Il bafouilla, à renfort de grands gestes :

« Hein ? Bien sûr que non, j'ai juste peur pour toi, Bakageyama ! Je partirais pas en te laissant ! Tu me prends pour qui ? Tu pourrais te trainer dans une flaque de sang, je resterais ! »

Sourcils rabattus sur la racine de son nez, yeux à la courbure ovale rétrécie, nez froncé et bouche close hargneusement, il reflétait la force de son obstination. En se représentant l'image qu'il avait invoquée, il faiblit néanmoins.

« Même si j'espère vraiment pas en arriver là… »

Hinata eut soudainement des petits yeux et un sentiment de nausée. Il essaya de se reprendre en attrapant la main de Kageyama. Ce dernier secoua la tête. Il se redressa péniblement et initia leur baiser. Hinata apprécia ce contact qui signifiait que Kageyama avait compris ce qu'il voulait dire et qu'il le remerciait. C'était très implicite, mais le rouquin savait quand même le décoder pour ça, ce qui l'attendrissait totalement. Au même instant, Kageyama soupira. Il lui ébouriffa les cheveux. Sa main décollait toujours un peu fortement les racines de son crâne. Le rouquin aimait ce geste, parce qu'il reflétait en lui seul la personnalité de son brun. Il se tut, restant attentif le temps que l'autre cherchait ses mots.

« Il est marrant mais si c'est juste que j'ai besoin de me…vider, comme tu dis…je te guidais pour ça tout à l'heure, avant qu'il appelle, si t'as pas remarqué ! »

Il s'était exclamé en rougissant, et Hinata réagit sur le même ton.

« J'ai remarqué, mais c'était sur le moment, j'avais eu peur de faire un truc mal ou de t'énerver… Et là j'avoue que ça me reprend… »

Kageyama secoua la tête. Il l'attira contre son torse et l'enveloppa de ses bras, tout en donnant un baiser au milieu de son front. Hinata n'aimait pas l'avouer, parce qu'orgueil, mais il adorait vraiment quand le brun faisait ce genre de chose. Il se sentait en sécurité et c'était comme si tout ce qui l'angoissait s'évaporait. Les bras dans son dos se crispèrent.

« Tu le feras pas, écoute, je me retiens de te demander depuis que t'es arrivé ici… »

Si Hinata commençait à se détendre, il dut avouer que cette phrase le contrariait. Son œil dressé s'arrêta sur Kageyama, mécontent. Cela renvoyait la balle à la réflexion qu'il se faisait tout à l'heure. Il avait été content de voir que Kageyama se livrait un peu plus, parce que dans une telle situation, les non-dits n'aideraient rien, mais s'il s'entêtait à taire ce dont il avait besoin et ce qui posait problème…

« Pourquoi tu retenais ? »

Ce dernier ne se détendit pas non plus. Il soupira, excédé.

« Parce que c'est comme ça, c'est tout.

—Je t'ai dit et redit que je voulais pas que tu retiennes quand tu voulais vraiment quelque chose. »

L'attaquant avait relevé la tête, le passeur aboyant en retour.

« J'y arrive pas, okay ? C'est pas la question !

—Si, c'est la question, essaie ! On est meilleurs amis, on est en couple, qu'est-ce qui te retient avec moi ? »

A ce moment, Hinata sentit un regain d'insécurité nouvelle monter en lui. Enfin, ne faisait-il pas tout pour mettre Kageyama à l'aise ? Lui montrer qu'il n'était pas un mauvais alpha, du genre à vouloir le soumettre, mais qu'au contraire, il le laissait faire ce qu'il voulait comme il le voulait ? Tout ce qu'il demandait était des efforts de communication. Il voulait que Kageyama lui dise ce dont il avait besoin, il voulait qu'il soit en confiance. Si, au fond, le rouquin savait que ce genre de choses prenaient du temps, surtout avec quelqu'un comme Kageyama, il pensait que l'avancée de leur relation en dépendait et il était réellement plus qu'impatient que son petit-ami dépasse cette phase de doute.

En réponse à sa baisse d'assurance physique, voyant clairement qu'il était blessé, Kageyama essaya de le faire se relâcher en prenant son visage en coupe entre ses mains. Il rougit et mit une bonne minute à ouvrir la bouche. Bonne minute qu'Hinata passa dans cette même position, bien que son cou commença à le lancer. Kageyama se comprima les lèvres. Il hésita.

« Te moque pas de moi.

—Je le ferais pas. A moins que ce soit vraiment si débile que ça ? »

Hinata essayait de plaisanter, mais devant le visage mortellement sérieux du brun, il ravala son rire.

« J'ai juste…peur de m'ouvrir et de te perdre…Je suppose. »

Le passeur avait articulé lentement, non sans mal. Hinata écarquilla les yeux en entendant ça. Peu importe qu'il en ait déjà eu une vague intuition, l'entendre donnait vie à la pensée. Avant qu'il ne puisse répondre, Kageyama reprit, son ton se haussant :

« Et j'ai pas l'habitude, puis c'est gênant ! J'essaie de faire des efforts mais m'en demande pas trop d'un coup, imbécile ! »

Peut-être qu'il essayait de faire oublier sa précédente déclaration en élevant la voix, mais si c'était le cas, ça n'avait pas marché. Hinata comprit que si lui-même se comportait parfois comme un gros bébé, Kageyama était celui qui avait réellement besoin d'être rassuré. Il avait des insécurités qu'il n'exprimait pas, ce que le roux désapprouvait, mais pour l'encourager à les formuler, il devait lui faire comprendre qu'il le pouvait. C'était un processus long, pénible, mais pour une énième fois, Hinata était déterminé à faire tout ce qui était en son pouvoir pour que son petit-ami ait envie de se livrer à lui, tout autant qu'Hinata lui-même était prêt à le faire.

Kageyama attendait patiemment sa réaction. Il avait fini. Toujours entre ses bras, Hinata se dégagea à demi. Il remonta baiser ses deux joues, puis, un mouvement des plus volontaires le faisant glisser, leurs lèvres se joignirent. Douces, humides, elles bougeaient l'une contre l'autre, habituées à cet exercice dont elles n'étaient aucunement lassées. Sa langue demanda la permission d'entrer dans la bouche du brun en tapotant contre la barrière de ses dents. Kageyama céda, la sienne chargeant immédiatement.

Leurs baisers langoureux étaient une bataille à qui envahirait le plus longtemps la bouche de l'autre et ils en étaient friands comme de volleyball. Quand Hinata sentit la main de Kageyama dans sa nuque et l'autre chercher à caresser sa hanche, il eut du mal à retenir un gémissement. Avec ses phéromones, Kageyama le rendait proche d'être en état de rut. Petit à petit, il prenait conscience d'à quel point il avait envie de lui. C'était encore plus fort que lorsqu'ils avaient eu leur petit moment de récréation la semaine dernière. Rougissant lorsqu'ils se séparèrent, essayant de contrôler son envie, Hinata dit, tendrement :

« Premièrement, ça n'arrivera pas, je te le promets. Deuxièmement, prends l'habitude, et troisièmement…j'essaie de faire ça, mais il faut aussi que tu dises ce genre de choses, surtout en ce moment, crétin ! Je peux pas t'aider si tu dis pas ! Je veux que tu aies confiance en moi. J'ai déjà fait quelque chose de mal ? »

Il posait sérieusement la question. Kageyama s'empressa de secouer la tête et de lui voler un énième baiser.

« …Je vais essayer ça. C'est juste difficile…Mais c'est pas toi le problème…C'est moi. Comprends. S'il te plait. »

Le plus petit opina, montrant bien qu'il avait compris et qu'il le laissait faire à son rythme. Avant même qu'Hinata n'essaie de glisser du corps qu'il entravait pour descendre sur l'oreiller à côté de Kageyama, il fut retenu. Le désir dansant dans sa voix, le brun osa s'exprimer pour une rare fois.

« Maintenant s'il te plait, fais-le. Me fais pas demander une autre fois. »

Satisfait, et peut-être même un peu inquiet que Kageyama se sente obligé de dire ça, parce que ce n'était pas dans cet état d'esprit là qu'il voulait leurs communications, Hinata caressa les bras de son petit-ami au travers de son pyjama. Il essayait d'être rassurant, de ne pas le rendre mal à l'aise et de cultiver le climat de sécurité.

« Ok. Déshabille-toi, alors. T'auras déjà moins chaud. »

Kageyama hocha la tête. Le rouquin tomba donc à côté de lui pour lui laisser le champ libre. Ses mains tremblantes se baissèrent jusqu'à son t-shirt. Il se déshabillait devant Hinata depuis un bon moment dans les vestiaires et n'en avait rien à faire, même qu'il n'y avait pas qu'eux deux. En revanche, à ce moment précis, être nu et exposé prenait une dimension tellement gênante que le brun se sentait intimidé. Toujours, l'amour et les interactions sociales et lui avaient autant de difficulté à se mélanger que l'eau et l'huile. Kageyama savait qu'il devait se faire à l'idée, néanmoins. Il ne tenait pas à faire souffrir Hinata ni à ce qu'il doute de lui, parce que son comportement était parfait. Kageyama ne ressentait pas la différence alpha/oméga avec lui. Sauf en ce moment, à cause de ses chaleurs et des activités sexuelles, mais il savait aussi que ça se surmontait, parce qu'Hinata ne tenait justement pas à lui faire ressentir la différence.

Ils ne savaient peut-être pas toujours quoi faire par rapport à l'un et à l'autre, mais ils faisaient de leur mieux. Ça marchait. Le brun savait qu'il aurait pu s'abandonner à Hinata, que ce dernier ferait de même pour lui, même s'il se demandait jusqu'où allait cette affirmation. Ils avaient confiance l'un en l'autre, c'était le point le plus important. Ses mains se bloquèrent sur son haut. Il toisa Hinata.

« T-Tu veux bien le faire ? »

Lui avoir demandé de le déshabiller lui donnait déjà envie de se cacher dans un trou. Le rouquin eut un grand sourire et lui sauta littéralement au cou.

« Ouais ! Tu vois quand tu veux.

—La ferme. »

L'irritation de cette pique frappa le brun. Il comprenait qu'Hinata réagissait comme d'habitude, il jouait avec lui et essayait à sa manière de le pousser à prendre conscience de son effort, pour qu'il l'intègre de façon usuelle à son comportement. Il n'eut pas à attendre longtemps pour que le rouquin poursuive, tout en ourlant le bas de son t-shirt.

« C'est un encouragement Kageyama, prends-le bien.

—Juste, touche-moi, embrasse-moi, et tais-toi. »

Kageyama s'était fait clair et explicite, à l'instant. Même très impératif. Le plus petit souriait, ça ne lui déplaisait pas. Le brun éleva les bras pour l'aider à lui ôter son t-shirt. Arrivé au pantalon de pyjama, qui formait un mat de son érection grossissante, il tressauta. Hinata l'embrassa tendrement, continuant de le conforter dans l'idée que tout allait bien. Puis il retourna se poster à ses côtés, son corps suivant le mouvement de ses mains qui tiraient sur le vêtement. Kageyama le laissa poursuivre, levant les fesses, finalement soulagé en sentant l'entrave glisser le long de ses jambes. Enfin, le rouquin arriva à son caleçon. Le brun se tendit de nouveau, regardant anxieusement les doigts qui soulevaient la taille de son sous-vêtement.

« Tu veux le garder ? »

Hinata demandait, gentiment. Kageyama mima un 'non' de la tête.

« Vaut mieux pas, sinon je vais le salir, comme la dernière fois…

—Tu peux te couvrir avec une des serviettes, si jamais tu veux pas que je te vois nu. »

Tout de suite, Kageyama réagit avec véhémence. Le rouquin avait dit ça pour essayer d'être prévenant, l'air de rien, sans doute qu'il n'avait aucune arrière-pensée, mais le brun n'aima vraiment pas être traité ainsi. Certes, tout à l'heure, il s'était justement dit que c'était gênant de s'exposer, mais il ne voulait pas que son petit-ami se méprenne sur les raisons de son inconfort.

« Je suis un mec, je m'en fiche que tu me vois nu, connard, on est fait pareil ! »

Presque pareil, en fait, mais bon, le raisonnement s'appliquait tout de même. Hinata se passa une main sur le visage, excédé.

« C'est pas comme d'habitude donc je pourrais comprendre ! Sois pas orgueilleux !

—Ben je te dis que ça va ! »

Le rouquin ne chercha pas plus loin, décidant de ne plus chercher à débattre, puis s'empourpra.

« Tu veux que je me déshabille aussi ? »

Kageyama ré-adopta le teint tomate également, son visage déclinant déjà pour lui. Il s'empressa de répondre en voyant le rouquin agripper le bas de son t-shirt :

« Ç-Ça serait trop gênant s-si on était tous les deux nus. »

Hinata ne questionna pas son petit-ami, dans le souci de faire ce qui lui plaisait. Il tira lentement le caleçon, découvrant la verge érigée du passeur, gonflée et en clair demande d'attention. Cela lui faisait envie, indéniablement, d'autant que pour un oméga, eux qui avaient la réputation de ne pas être gâtés, il découvrait ce qu'il avait cru sentir avec sa main la dernière fois, Kageyama était franchement bien équipé. Une fois que ce dernier fut complètement nu devant lui, Hinata déglutit, sentant son assurance diminuer fortement. Il tenta de se rappeler comment il avait procédé la dernière fois et il mima des gestes similaires. Il se coucha tout contre le brun, procédant doucement. Sa main droite traça des arcs de cercle sur le torse de Kageyama, pendant que l'autre caressait sa joue. Il approchait leurs lèvres petit à petit. Au moment où ils s'embrassèrent, où il ressentit le frisson du brun dû aux frôlements érotiques, il le prit en main.

Le baiser s'intensifia, il prenait en approfondissement, pendant que leurs langues se rencontraient de nouveau. Hinata effectua son premier mouvement. A nouveau, Kageyama sursauta. Il lui en faudrait peu pour venir, surtout qu'il ne faisait pas ça souvent, c'était ce qu'Hinata avait observé, puis c'était logique, aussi. Ça ne le dérangeait pas. Comme Kageyama serait vite de nouveau d'attaque à cause de ses chaleurs, ça signifiait de fait qu'il lui donnerait plus de plaisir et Hinata en était bêtement content. Sa main raffermit légèrement son emprise autour du membre du brun, de manière à mieux le manier sans pour autant le blesser. Il caressa sa longueur, essayant de faire en sorte que son pouce appuie sur les veines. Il avait remarqué la dernière fois que Kageyama se mordait les lèvres lorsqu'il le faisait, et l'action se produisit comme escomptée. Étant donné leur baiser, il se fit même mordre la langue dans la foulée. C'était un peu douloureux, mais le regard d'excuse du brun chassa l'émotion négative.

Hinata se concentra sur ses gestes et sur la bienveillance qu'il tentait de transmettre. Alors qu'il arrivait au bout du pénis, son pouce appuya sur le gland, tout en le parcourant. Le plus grand s'arracha à ses lèvres pour reprendre son souffle. Il respirait bruyamment, ses yeux étaient de plus en plus humides. La rougeur inhabituelle de son visage ne tromperait personne, d'autant que ses lèvres sanguines, trempées de salives, lui allouaient un physique des plus attirants. Hinata lui sourit. Il était décidé à le faire se sentir bien. Ses gestes étaient réglés sur une cadence lente, il épargnait son temps pour être sûr que Kageyama puisse apprécier le mieux possible.

Oh, bien sûr, comme tous mecs, ils aimaient le faire rapidement, aller à l'essentiel. Seulement, Hinata avait remarqué plusieurs fois sur lui-même qu'il semblait ressentir un plaisir plus intense lorsqu'il prenait un peu son temps. Comme il faisait ça à son petit-ami, il voulait lui donner l'intense plaisir plutôt que de le faire venir trop vite, et pas seulement pour le taquiner, il savait que ce n'était pas le moment pour ça. De plus, Kageyama avait du mal avec le sexe, d'à ce qu'il avait compris, alors il n'aurait pas poussé trop loin. Il n'était habité que par de bonnes intentions. Des intentions amoureuses et un peu niaises, mais qui caractérisaient pourtant son ressenti. Sa main accéléra. Les dents du brun marquaient sa lèvre inférieure. Ses yeux étaient clos, fermés avec difficulté. Il s'entraînait à garder un vain contrôle.

Hinata avait cependant décidé de le faire s'abandonner. Il étira son corps pour déposer un baiser sur la commissure des lèvres de Kageyama, puis descendit s'en prendre à son cou. De son cou à ses clavicules, il retraça l'os lentement, et des clavicules à l'un de ses tétons pointés. Il n'hésita pas longtemps. Sa langue en lécha un. Il n'avait encore jamais essayé ça, s'en était tenu à dévorer le cou de Kageyama de baiser la dernière fois qu'il l'avait touché, enfin à partir du moment où sa timidité avait bien voulu lui céder l'occasion d'entreprendre des initiatives, soit pratiquement à la fin. Les tremblements de Kageyama lui apprirent qu'il était sensible. Sans attendre, il entoura la pointe de sa bouche et suça. Quand il pensa avoir assez taquiné le côté gauche, il s'attaqua au droit. Vu qu'il s'était concentré sur sa tâche, sa main avait ralenti, mais il prit bien vite soin de la ragaillardir en même temps qu'il tétait presque la poitrine du brun.

Une remontée plus agile de la longueur du membre de Kageyama fut de trop. Ce dernier gémit fortement, l'une de ses mains retenant le bras du rouquin, l'autre s'agrippant aux draps.

« Hin-ata…Aah… »

Le plus petit faiblit, inquiet que le brun ait changé d'avis. S'écartant du torse de l'oméga, il pinça ses lèvres et les amena se poser contre la joue pourpre.

« Laisse-toi aller, je m'occupe de toi. »

Il souriait. Kageyama éprouva du mal à réguler sa respiration et parut abandonner devant la complexité de la tâche en enfonçant son crâne dans l'oreiller. Ses orteils se courbèrent et il parla difficilement :

« N'arrête…pas… »

Les yeux d'Hinata devinrent des soucoupes. Kageyama s'offrait à lui en étalant son envie de ressentir plus de plaisir, il lui livrait son aval, c'était bien mieux que ce qu'il avait espéré. Il ricana, heureux.

« T'inquiète pas. »

Vaguement vexé, le brun grogna.

« Ris pas…espèce…d'imbécile… d'Hinata ! »

Hinata soupira, son rictus ne disparaissant pas. Ses doigts coururent de nouveau sur le membre, son pouce insista plus fortement sur le bout. Le brun eut du mal à étouffer son sentiment de délectation. Hinata resta d'humeur joueuse.

« Tais-toi, Kageyama, et apprécie ! »

Avant que le brun ne puisse protester d'aucune façon, Hinata se dépêcha de voler ses lèvres. Il revint s'échouer dans son cou qu'il couvrit de baisers. Le liquide pré-éjaculatoire perlait au sommet du membre de son petit-ami, son pouce l'étalait tout autour. Sa cadence augmenta encore. Cette fois, le gémissement de Kageyama résonna clairement dans la chambre. Hinata s'imprégnait de son odeur qui l'enhardissait autant qu'elle lui faisait perdre pied. Et sa précision d'impact se décuplait. Kageyama relâchait des gémissements de plus en plus bruyants. Oh, il allait bientôt jouir, Hinata le savait.

« Tu sens vraiment trop bon… »

Un énième va-et-vient fit se tendre violemment le corps du plus grand. Ses tremblements augmentèrent considérablement. Hinata s'inquiéta en n'entendant plus sa respiration. Jetant un coup d'œil à son visage, il le voyait lutter contre la torpeur du pré-orgasme qui voulait s'emparer de son corps, il luttait aussi contre ses sons et contre ses réactions physiques. Avec ses sourcils remontés jusqu'au milieu de son front, ses yeux plissés à l'extrême et ses joues qu'il se mangeait presque de l'intérieur. Le rouquin expira puis l'embrassa tendrement, cessant brièvement. Kageyama relâcha la pression. Alors qu'il expirait à son tour et inspirait, ce qui semblait difficile le temps qu'il se remette de ses émotions, Hinata décida de l'interpeller, sa main libre lui penchant le menton :

« Regarde-moi. »

Le brun obéit et Hinata se mordit la lèvre.

« I-Il y a rien de mal au fait que tu aies du plaisir avec moi ou même tout seul, o-ok ? »

Il avait bégayé légèrement sur ses mots, mais il savait qu'il devait faire en sorte que le brun le comprenne. Hinata admirait sincèrement qu'il se batte contre certains aspects de sa nature, mais il devait aussi en accepter d'autres. Cela pouvait sonner simple d'esprit, et Hinata savait très bien qu'il l'était, mais il pensait que si son petit-ami adoptait la même logique, ça se passerait mieux. Kageyama plongeait son regard dans le sien sans répondre, attentif, et Hinata reprit de l'aisance. Expliquer ce qu'il pensait n'était pas des plus faciles, mais il sentait qu'il allait y arriver.

« T'as pas besoin de te retenir. Je suis là pour toi et je me moquerais pas. Faut pas avoir honte et aie pas l'air perturbé comme ça. »

Cela s'avéra être suffisant. Kageyama ravala son 'je sais' véhément. A la place, il hocha la tête à deux reprises. Il se contenta de s'agiter vers l'avant pour lui faire comprendre qu'il pouvait continuer. Peu sûr de lui, il se pencha sur les lèvres d'Hinata le premier, cette fois-ci. Ce dernier fut décidé à lui donner le coup de grâce. Sa main le caressait toujours avec soin, avec douceur, mais une certaine rapidité marquait ses impulsions et Kageyama n'aurait vraiment pas dit qu'il n'aimait pas ça, ni qu'il n'aurait pas voulu plus si le rouquin le lui avait demandé. Bien sûr, depuis qu'il avait commencé à le caresser, tout ce qu'avait ressenti le brun l'avait soulagé. Le poids dans son ventre s'en allait, ou avait muté en un autre mieux. C'était comme s'il était enfin satisfait, comme s'il avait enfin ce qui lui fallait. Il l'avait ressenti quand Hinata avait essayé de le toucher tout à l'heure, avant que Tsukishima ne les interrompe, mais le sentiment allait plus loin à présent. Kageyama aimait qu'Hinata le caresse ainsi, il s'en rendait compte, même si ce n'était que la deuxième fois. Le rouquin se débrouillait assez bien. Il le jugeait sans avoir d'éléments de comparaisons, mais c'était ce qu'il ressentait.

De telles pensées l'embarrassèrent. Obéissant à ce plaisir entêtant et abandonné à subir, il écarta les jambes instinctivement pour garantir un meilleur accès, s'exposant davantage. Il sentait le bassin d'Hinata contre sa cuisse, le tissu de son short frottait contre sa peau. Il ne retint pas son cri au moment où l'orgasme le frappa. Cette sensation violente, mais tellement bonne, lui fit fermer les yeux et lui fit ressentir un tel bien-être qu'il crut tout bonnement défaillir. Même le volleyball ne lui faisait pas autant prendre son pied que son petit-ami, si ce n'était pas totalement déroutant pour lui.

Contemplant le peu de sperme dans sa main –les omégas éjaculaient mais en flux très légers, Hinata rit de nouveau, plutôt satisfait.

« Ça a été vite !

—Sale connard ! »

Kageyama ressentait bel et bien de l'énervement pour cette remarque, au point qu'il avait insulté son petit-ami, mais sa colère ne dura pas très longtemps. Les sensations de plaisir vibrantes en lui étaient trop présentes pour que d'autres émotions ne les délogent. Le plus petit était visiblement au courant. Se levant pour aller chercher un mouchoir dans la boîte sur le bureau, il le jeta dans la poubelle de la chambre qui se trouvait sous le meuble après s'être essuyé la main. Il en donna un à Kageyama pour qu'il puisse essuyer son sexe, puis le rejoignit une fois cela fait, le serrant affectueusement dans ses bras. Ce dernier se laissa faire. Timidement, Kageyama décida de délivrer la maudite pensée qui rongeait son cerveau depuis sa jouissance, sachant que ça ferait plaisir à son petit-ami.

« Hm…Je crois, enfin je sais que…J'aime. Enfin c'est b-bien. Plutôt…Quand tu me touches co-comme ça. »

Ouah, ça avait été dur. Le brun fut proche d'être content en réalisant qu'il l'avait dit sans trop peiner. Hinata sourit, des dents complètement dévoilées, raffermissant le câlin tout en baisant le creux du cou de son brun.

« T'es trop mignon !

—La ferme. »

Kageyama grognait pour la forme, mais il décidait de ne pas prendre mal l'adjectif. Hinata se repoussa à ses côtés. Kageyama ramassa son caleçon qui avait fini par terre après qu'Hinata lui ait retiré ses vêtements et l'enfila. Son ventre ne lui faisait plus aussi mal, il pouvait déjà mieux bouger, même s'il ressentait encore le poids du désir, c'était moins violent. Il se sentait totalement délesté de toute pression, et si c'était à refaire, il se dit à lui-même qu'il ne protesterait pas. Remarquant la difficulté qu'avait le rouquin à rester en place à cause de l'érection qui pointait par-delà son short, Kageyama se rassit au bord du lit. Il chercha le regard de son petit-ami.

« Tu veux que je te le fasse aussi ? »

L'idée suffit pour rendre Hinata cramoisi. Kageyama eut un sourire sadique. A son tour ! Ça lui apprendrait, à ce petit idiot, il verrait bien si c'était si facile ! Se triturant les doigts, le rouquin articula nerveusement :

« O-Ouais, si tu veux…T'es pas obligé… »

Le brun se positionna plus confortablement, s'allongeant sur son flanc. Une pause, et il livra :

« J'en ai envie. »

Pendant qu'Hinata haussait les deux yeux sous cette affirmation posée, le sourire regagnait Kageyama. Le brun donna une pichenette au front du rouquin, lequel râla en retour.

« Hé, imbécile, t'es mignon aussi. »

Ils se regardèrent d'abord idiotement, en chien de faïence. Kageyama aida Hinata à se débarrasser de ses vêtements, tout comme lui l'avait fait tout à l'heure. Il ne put s'empêcher d'être excité en observant le corps nu de l'alpha. En passant par son torse que les entraînements avaient bien sculptés malgré sa petite taille et le fait que sa carrure soit plus fine que la sienne – Kageyama était fier de ça, mais il n'irait pas le nier, Hinata était franchement bien foutu de son côté, il y avait aussi son sexe en érection. Kageyama ne considérait pas qu'il faisait pitié, mais Hinata était gâté là-dessus, aussi, comme la majorité des alphas. La forme différait quelque peu de la sienne, tout comme la largeur. En dépit des chaleurs qui le dilataient au possible, l'endroit où Hinata devrait rentrer devait forcément être étroit. Il s'en doutait sans s'être jamais touché là, et il savait justement que ce serait sûrement douloureux.

Il était définitivement intrigué, mais tout aussi définitivement flippé, deux choses contradictoires qu'il avait tout autant de mal à admettre.

Il embrassa Hinata tout en l'allongeant sous lui alors qu'il prenait les commandes, empoignant sa virilité. Recevoir du plaisir était bien, même plus que bien, en donner l'était tout autant. Ça faisait peut-être bien partie de ce qu'il préférait. Docile, Hinata s'étendait sous son petit-ami et le laissait bouger à son rythme. Il ne cachait pas ses gémissements, qui étaient légers pour le moment vu que ça venait à peine de commencer. Kageyama l'embrassa d'abord dans le cou, puis imita ce qu'il lui avait fait précédemment avec ses tétons, satisfait des hoquets de surprise et des tressautements d'Hinata sous lui. Les pommettes rouges et le regard tout aussi éraillé que son souffle, Hinata posa une main derrière sa nuque, emmêlant le bas de ses cheveux tout en soupirant sous les caresses. Lui aussi était sensible, et cela plaisait au brun.

Bien que le stress l'ait bloqué, au final, Kageyama s'était livré aux mains d'Hinata, lui laissant le contrôle de son plaisir et le choix aisé de lui faire ressentir le bien-être ultime, il allait maintenant lui rendre cette sensation et attendait le même abandon. Que le rouquin lui offrait de bon cœur. Encore une chose qui faisait que Kageyama se sentait coupable de ne pas être si relâché. Il compensait par ses actions bienfaisantes, toutefois. Sa main en mouvement se faisait à la fois tendre mais précise, il calculait ses gestes de manière à viser le meilleur point d'impact. Hinata était plutôt sensible sur la base de son sexe et sur ses testicules, que Kageyama frôlait de sa paume tout en l'agaçant. Entre ça et ses baisers, Hinata ne fut plus capable de contenir ses gémissements, et il n'essaya pas.

Adorable.

Kageyama le trouvait tout à fait adorable. Sa langue qui se promenait sous sa bouche effectua une nouvelle migration jusqu'aux tétons. Lentement. Il en fit le tour dangereusement et prit en bouche, l'un après l'autre. Hinata laissait échapper des soupirs demandeurs en même temps qu'il relevait le bassin pour chercher à approfondir le contact avec sa main. Comme lui précédemment, le brun s'en donnait à cœur joie, et il était réellement ravi en voyant que ses efforts portaient leurs fruits. Au risque d'être totalement niais, Kageyama pensa brièvement qu'il appréciait le fait de donner du plaisir à Hinata, justement parce que comme c'était Hinata, l'acte prenait un sens affectif qu'il aimait, malgré une certaine gêne s'ajoutant. Elle était encore plus présente lorsque lui était celui qui recevait, mais il ressentait cette affection par les caresses du rouquin également.

Au regard de ces sentiments, il avait peut-être envie d'un peu plus. Comme une stupide envie de faire l'amour avec lui. Associée à celle de se cogner pour sa crétinerie et ces stupides pensées niaises que lui donnait cet imbécile.

« A-ah, Kageyama… ! »

Le massage accentué, le faible gémissement du rouquin montrait à lui seul qu'il était proche. Chaque mouvement de Kageyama expédiait des frissons dans la colonne vertébrale du plus petit. Ce dernier laissait ses pensées se vider petit à petit, et elles laissaient la place à ses désirs. Bien sûr, il en voulait plus. Le fait d'être dans une position où il était livré au bon vouloir de son petit-ami l'excitait considérablement, d'autant que Kageyama faisait exactement tout ce qu'il fallait pour le satisfaire, il le savait et le ressentait tout autant. Hinata n'avait jamais été aussi excité de toute sa vie. Cette envie que ça se finisse, que ça s'arrête, s'accompagnait du sentiment qu'il avait besoin et envie d'encore plus. Cette journée avait pris une tournure qu'il n'attendait absolument pas, aussi risible puisse paraître cette constatation, elle lui sautait clairement au visage.

Hinata sentait les pics de plaisirs de l'orgasme monter en lui, cette sensation que tous ses sens se concentraient sur le bien-être que son corps recevait, un vide béat et une explosion de chaleur qui lui faisaient lâcher gémissements soupirés par gémissements soupirés à chaque fois que Kageyama faisait un mouvement de bras. Sa main droite continuait de le masturber, la gauche malaxant ses testicules –à peine, Kageyama semblait ne pas oser y aller pleinement, et Hinata lui était reconnaissant vu que cette partie-là était extrêmement sensible, même si la sensation à moitié de son intensité le faisait espérer pour plus de compression. Ses sons se transformèrent bientôt, plus implorants, plus désireux, alors que Kageyama s'engageait dans une remontée appuyée de sa longueur.

Il trembla presque. La bouche du brun se posait partout. Sur son torse, entre ses pectoraux, sur ses tétons, qu'elle léchait ou suçotait encore, sur sa clavicule, remontait dans son cou, sur son menton, sur sa propre bouche. Hinata se sentait dévoré par les baisers et la fougue de Kageyama. Pour sûr, si les chaleurs le rendaient moins prompt d'action que d'habitude, son tempérament décisionnaire et meneur resurgissait ici. Il l'avait remarqué aussi à la façon dont le brun l'avait caressé, la première fois. Si Hinata était sincèrement heureux que Kageyama n'ait aucun mal à lui donner du plaisir, il attendait d'autant plus, tout aussi sincèrement, qu'il soit aussi à l'aise pour ce qu'il lui donnait, lui. Il remarquait déjà des progrès par rapport à sa crispation et le fait qu'il lui ait dit de vive voix qu'il aimait qu'il le touche était un énorme effort qu'Hinata n'avait vraiment pas vu venir.

D'autant qu'il savait que rien que le fait de le laisser le toucher comme ça constituait un grand abandon, et malgré les apparences, il lui en avait été reconnaissant. Il l'était toujours. C'était pour cette raison que d'un certain côté, le rouquin se sentait coupable de toujours vouloir plus, mais c'était dans son caractère. Il était quelqu'un qui aimait briser les murs autour de lui, et il voulait briser ceux de la maudite fierté, ou peur craintive, qui le séparaient de Kageyama. Il avait besoin de savoir que son partenaire avait toute confiance en lui et qu'il n'y avait aucun doute, et il savait qu'il partageait ce point commun avec Kageyama. Ça se valait autant pour le sport que pour le domaine amoureux.

Bien sûr, il était déjà satisfait de leur relation dans l'état actuel des choses, mais avoir des preuves que les quelques manques de communication qui le dérangeaient se dissipaient petit à petit et qu'encourager Kageyama marchait effectivement pour le persuader de se donner davantage le rendait heureux. Ajouter à cela que l'odeur des phéromones jouait sur ses sentiments impulsifs, Hinata se décidait à rester sage, à ne pas le brusquer. Ils franchissaient une étape, aujourd'hui, et à chaque chose son temps. Un cri léger sortit de sa bouche. Kageyama souriait, au-dessus de lui. Quelques caresses supplémentaires, et Hinata se figeait, pétrifié par le plaisir qui le remplissait, ses mains accrochées au dos de son petit-ami, qu'il poussa à s'aplatir contre lui. Il éjacula en se mordant l'intérieur de la joue, observant à peine le visage étonné que prenait le brun en recevant sa semence, nettement plus abondante que la sienne, au creux de sa main.

Il se précipita à la recherche d'un mouchoir, lequel partit vite rejoindre ceux utilisés précédemment, et pendant qu'il tendait la boîte à Hinata qui clôt ainsi la boucle de répétition une fois son propre mouchoir jeté, ils se regardèrent et sourirent en même temps, pour deux raisons différentes. Hinata parce qu'il se sentait soulagé et heureux, empli de sentiments légers. Kageyama parce que…Le rouquin se demandait bien ce que l'étrange sourire de son brun signifiait, et la réponse ne tarda pas.

« Ça a été rapide, imbécile. »

Debout devant le lit, il le toisait d'en haut, implacable. Oh, d'accord, il se vengeait. Rentrant dans son jeu, Hinata se redressa à moitié et beugla :

« T'avais pas tenu très longtemps, toi aussi !

—T'es pas en chaleur, toi, et j'ai tenu au moins aussi longtemps que toi. Je gagne, comme toujours. »

Le sourire de Kageyama s'était transformé en rictus auto-satisfait qui donnait au roux une envie de l'étrangler. D'accord, il venait de le faire jouir et Hinata était amoureux de lui, mais ça ne voulait pas dire qu'il ne lui tapait pas sur le système quand il décidait d'agir ainsi. Surtout que, toujours ? Ce n'était absolument pas le cas ! Hinata se mordit l'intérieur des joues, aussi en colère que frustré.

« Je gagne aussi, des fois ! T'es juste…

—Souvent devant. »

L'air pédant se gravait sur son visage. Bien obligé d'admettre cependant que Kageyama gagnait peut-être plus souvent que lui, Hinata croisa les bras sur son torse, prenant compte de sa nudité tout en rougissant.

« Pff, arrête de te vanter, Bakageyama ! »

Ce fut au tour de Kageyama de croiser les bras, tout en le regardant de toute sa hauteur, avec un froncement des lèvres.

« Et tu disais qu'il fallait pas avoir honte, hein ? »

Hinata se renfonça dans le matelas en grommelant.

« C'est pas pareil ! J'ai pas honte d'avoir aimé, j'ai honte que tu te moques de moi parce que j'ai joui vite ! »

Tandis que les yeux marron exprimaient le ressentiment, Kageyama se pencha sur leur propriétaire, posant ses fesses au bord du lit, et déposa un baiser sur son front de manière à lui rappeler que leur petit jeu restait un jeu. Ce qui ne changeait aucunement le fait qu'il était content d'avoir gagné, et qu'il avait gagné. Sentiment que son visage refléta lorsqu'il répondit, sur un ton taquin :

« Tant que t'as aimé, imbécile. »

Hinata se renfrogna et ne protesta pas au moment où le plus grand attrapa ses lèvres. Après tout, ce n'était pas totalement faux. Esquissant un sourire, le rouquin bondit en avant, de manière à plaquer Kageyama sous lui, en travers du matelas, ses pieds dépassant solidement campés au sol. La tête du brun tomba brusquement contre le coussin et ses cheveux découvraient maintenant son front. Amusé devant son visage hébété, sûrement à cause de son corps nu au contact du sien, malgré le fait qu'il ne se débattit pas, Hinata baisa sa bouche à son tour avant de se laisser glisser sur le côté. Il saisit sa main et appuya sa tête contre son épaule. Ils restèrent comme cela quelques instants, nettement plus détendus. Ils échangèrent un regard tacite, presque tendre, qui transportait sans mot ce qu'ils ressentaient.

Hinata en aurait presque oublié qu'il était toujours complètement nu s'il n'avait pas eu un peu froid. Il ne se relevait pas pour s'habiller car la position qu'ils avaient adoptée lui plaisait.

Kageyama fut le premier à rompre le silence, bien à contre cœur.

« Il reste combien de temps avant que le binoclard vienne ? »

Pensée plutôt contrariante. Même s'ils savaient l'un comme l'autre qu'il venait pour aider, il serait accompagné de ses sarcasmes incessants. Hinata laissa échapper un soupir de dépit, bien obligé de se lever pour ramasser ses vêtements. Après les avoir enfilés, ce qui le rendait déjà plus à l'aise, il regarda l'heure sur son cellulaire.

« Il va bientôt être onze heures, l'entraînement va se terminer », puis, il ajouta, la bouche ouverte avec un regard interrogatif : « …Euh, tu as chaud ? Tu voudrais que je te passe un gant mouillé pour te rafraîchir ? »

Hinata se disait que le faire avant l'arrivée du blond pourrait être une bonne idée. Puis, ça serait peut-être mieux que des mouchoirs comme moyen de se nettoyer, lui-même en aurait eu besoin aussi. Kageyama approuva timidement.

« Ouais, c-c'est une bonne idée, imbécile. »

Toujours aussi allègre, Hinata acquiesça. Il demanda au brun s'il avait une bassine, afin qu'il puisse la remplir et éviter qu'ils n'aient à se déplacer ou que le gant sèche trop vite avec les allers-retours, celui-ci lui disant de chercher dans le placard sous l'évier de la salle de bain. Une fois cela fait, le rouquin posa la bassine pleine au sol, juste à côté de la tête de lit du brun, et entreprit de le laver. En ignorant l'embarras, Kageyama ne se révolta pas, même si un certain malaise faisant éclore successivement les veines de son front ne le lâchait pas quant à l'idée d'être traité comme un enfant en bas âge. D'un certain côté, il s'y résolvait : il aimait qu'Hinata prenne soin de lui. Le toucher du gant de toilette mouillé sur corps était plaisant. Assis au bord du lit pour plus de mobilité et une proximité avec la bassine, Hinata trempait et tordait le tissu à chaque fois qu'il changeait de membre, de manière à plonger tout son corps sous la sensation de fraicheur.

Kageyama se retourna docilement pour qu'il puisse lui faire le dos et l'arrière de ses jambes, se retourna à nouveau pour son torse et l'avant. Quand il ne resta que ses parties intimes, Hinata voulut tendre le gant au brun, mais ce dernier secoua la tête et ôta simplement son caleçon.

La pièce se remplissait d'une tension nouvelle, et si Hinata hésita brièvement, il se remit à le frotter comme si de rien était. Il vit que Kageyama rougissait lorsqu'il passa du haut de ses cuisses à ses aines, puis de ses aines à son bas-ventre, où reposait le sommet de son sexe semi-érigé, qui s'éveillait de plus en plus à chaque mouvement. Après un nouveau trempage, sa main commença à parcourir son pénis au travers du gant, Kageyama poussant un gémissement. Hinata se sentit excité, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, la séance de nettoyage vira en quelque chose de beaucoup moins innocent. Ils étaient des jeunes avec des phéromones plein les narines, il fallait les comprendre. Durant la durée de ses mouvements, Kageyama se cachait les yeux avec son avant-bras gauche, ses lèvres tremblantes apparaissaient si douces aux yeux du rouquin qu'il ne le blâma pas pour lui cacher son regard.

Peut-être que c'était à cause de son précédent orgasme, mais cela ne dura vraiment pas longtemps. Hinata visualisa les quelques taches du liquide blanchâtre sur le gant et enleva sa main de l'intérieur. Après l'avoir trempé dans la bassine et tordu, il revint pour terminer sa tâche, sans aucun mouvement tendancieux, cette fois-ci. Kageyama lui prit le gant pour nettoyer le seul endroit qu'il n'avait pas osé toucher, entre ses fesses. Hinata rajouta de la luminosité à son fard pendant qu'il prenait conscience qu'en tant qu'oméga, son petit-ami devait être moite, ici. Kageyama qui l'accusa justement :

« T'es un putain de pervers, Hinata. »

Piqué au vif par rapport à ses pensées précédentes, Hinata secoua la tête, agitant ses mains devant son torse, puis finit par froncer les sourcils, vaguement moqueur.

« Tu as eu l'air d'aimer ça, de toute façon, Ya-ma-Ya-ma-kunn ! »

Il décomposait les syllabes de ce surnom avec une lenteur exagérément irritante. Kageyama eut un rictus dangereux, poussant du doigt le torse du plus petit.

« Peut-être que tu devrais être rafraichi, toi aussi ? »

Comprenant très bien où il voulait en venir, Hinata hocha la tête avec lenteur. Il changea l'eau souillée et prit un autre gant de toilette. Une fois qu'il se fut de nouveau déshabillé, il subit le même sort, constatant encore que Kageyama, qui s'était empressé de réenfiler son caleçon pendant qu'il préparait son propre nettoyage improvisé qui n'en était pas vraiment un, adorait le faire s'abandonner. Il pouvait parler, mais l'alpha était d'avis que son oméga était largement aussi pervers que lui. Toujours, ils étaient deux garçons bourrés d'hormones, ça s'expliquait tout seul. Son uniforme de sport remis, Hinata mit un peu d'ordre dans le lit qui avait été perturbé par leurs précédents déboires, aidé par Kageyama. Ils se couchèrent côte à côte, puis Hinata posa sa tête sur le torse de Kageyama, écoutant son battement de cœur paisible, pendant que ce dernier l'entourait d'un bras solide depuis son épaule, tout en lui caressant le crâne avec l'autre main.

Hinata aurait presque pu s'endormir, et peut-être même qu'il le fit, en considérant le sursaut gigantesque qui le gagna à l'entente de la sonnette. Tsukishima était arrivé.


Prochain chapitre, Tsukki entre en scène :'). Cette histoire pourrait facilement se renommer 'Oméga : mode d'emploi, par Tsukishima Kei' XD.

Sinon, ce chapitre montre bien que Kageyama a des difficultés avec la sexualité et qu'Hinata, malgré sa volonté de respecter ses doutes, est très désireux qu'il s'ouvre à lui. Ils sont encore deux ados idéalistes qui se découvrent intimement avec des attentes à la fois similaires mais différentes. C'est important pour la suite, alors gardez-le en tête ^^. Les choses évoluent doucement, mais sûrement !

J'ai pas mal planché sur cette partie, donc j'espère que ça vous aura plu !

La suite sera postée mercredi prochain ! :)

Toujours, n'hésitez vraiment pas à reviewer si vous avez une remarque, si ça vous a fait passer un bon moment, vous a plu ou diverti, ou si vous avez des critiques, je serais ravie de les avoir !

Merci de votre lecture !