Disclaimer : tout appartient à J.K. Rowling !

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Lentement, alors que Ron déposait la lettre sur la commode, Hermione éclata en sanglots. Le corps encore tiède de leur meilleur ami gisait dans des draps d'un blanc immaculé. L'expression de son visage était paisible. Il n'avait pas souffert.

« Il a fait le bon choix », murmura Ginny.

« Ne dis pas ça ! » s'emporta son frère.

« Tu sais comme moi que c'est la vérité », rétorqua-t-elle.

Ron ne répondit rien. Bien sûr que c'était la vérité. Mais comment accepter le suicide de son meilleur ami ? Quelle personne sensée était capable de faire cela ?

Une femme en pyjama entra dans la chambre, les bras tendus loin devant elle, les yeux exorbités, marmonnant des paroles incompréhensibles. Un médicomage la rattrapa avant qu'elle n'ait pu atteindre le centre de la pièce.

« Maggie, je vous ai déjà dit de ne pas déranger les autres patients ! Venez, je vais vous raccompagner dans votre chambre ! Vous ne voudriez quand même pas rater l'arrivée de vos enfants ? »

Doucement, il lui prit le bras et l'entraîna dans le couloir. Ron haussa les yeux vers le ciel et poussa un profond soupir.

« Je comprends pourquoi Harry n'ait pas voulu finir ses jours dans cet asile ! »

« Hôpital psychiatrique, Ron, corrigea Hermione, lasse, alors que Ginny lui plantait son coude dans les côtes. »

Il y eut quelques instants de silence, pendant lesquels les trois amis contemplèrent Harry Potter, le Survivant, se remémorant de bons moments passés avec lui. Le médicomage revint, coupant court à leur rêverie.

« Désirez-vous jeter un coup d'œil à son bilan de santé avant qu'on ne le classe aux archives ? »

Il leva le bras et agita un dossier au-dessus de sa tête. Ron le lui arracha et l'ouvrit d'un geste brusque. L'homme le regarda d'un air interloqué.

« Ca vous ennuierait de vous en aller », grogna le roux.

« Ron ! »

« Quoi ?? »

Hermione se prit la tête entre les mains et s'écroula sur une chaise à côté du lit tandis que Ginny levait les yeux au ciel. Elle poussa le médicomage vers la sortie en marmonnant de vagues excuses et vint s'asseoir près de son amie.

« Je sais bien que ce n'est pas ton fort mais tu pourrais faire preuve d'un peu de tact ! »

Mais Ron ne l'écoutait pas. Ses yeux parcouraient à une vitesse folle les feuilles volantes du dossier qu'il tenait entre les mains. Au plus sa lecture avançait, au plus son visage virait au cramoisi. Jusqu'à ce que…

« Tissu d'âneries ! » hurla-t-il en chiffonnant les pages et les envoyant valser par la fenêtre.

Le sang d'Hermione ne fit qu'un tour. Elle bondit et, d'un coup de baguette, fit voler les feuilles jusqu'à elle. Ron blêmit et recula en voyant l'expression de son visage.

« RONALD WEASLEY ! »

Ron déglutit péniblement, tandis que Ginny tentait d'étouffer un rire. L'hilarité n'avait pas sa place dans cette situation.

« Tu es impossible ! » s'emporte la brune. « Ce dossier est le seul témoin de ce qui est arrivé à Harry durant toutes ces années ! C'est la seule chose qui nous permettrait de comprendre… »

Sa voix s'enroua et, doucement, des larmes vinrent lui caresser les joues. Ron baissa la tête. Il ne savait plus quoi faire. Il ne voulait pas admettre ce qui était arrivé à son meilleur ami. Il ne savait pas comment tout cela avait pu se produire. Pourquoi le grand Harry Potter avait-il sombré dans la folie ?

Il s'approcha de son amie et, tendrement, la prit dans ses bras. Elle cala sa tête dans son cou et laissa le chagrin l'emporter. Elle non plus ne comprenait pas.

Ginny les regarda quelques instants et, sentant le chagrin sur le point de l'emporter elle aussi, se leva d'un bond et prétendit aller chercher un café. Alors que la porte se refermait doucement derrière elle, un hibou se posa sur le rebord de la fenêtre et toqua contre le carreau pour qu'on le fasse entrer.

Hermione s'arracha des bras de son ami de toujours. Elle ouvrit la fenêtre en reniflant et détacha le paquet de lettres attaché à la patte de l'oiseau. Il s'envola directement après, de peur d'avoir un autre chargement aussi imposant à transporter en retour.

La jeune femme alla s'installer à la petite table où se trouvaient encore le reste d'un repas et commença à déchiqueter quelques lettres. Elles étaient toutes adressées à Harry.

« Il n'aura donc jamais la paix ? » demanda-t-elle à mi-voix, plus pour elle-même que dans l'attente d'une réponse.

Ron soupira et la rejoignit. Il attrapa une poignée de lettres et s'arrêta, après avoir vu le visage d'Hermione changer d'expression.

Sous l'effet de la colère, elle devenait de plus en plus rouge. Sa respiration était bloquée. Ses yeux s'agrandirent et commencèrent à lancer des éclairs de fureur. Le contenu de l'exemplaire de Sorcières Hebdo qu'elle tenait entre les mains ne devait pas être des plus admirables. Ron en eût la certitude lorsque plusieurs lettres s'enflammèrent d'un coup. Soudain…

« Cette vieille chouette en remet une couche ! Je ne vais pas laisser passer ça ! » hurla-t-elle.

Elle sortit en trombe de la chambre, laissant Ron abasourdi sur sa chaise. Il s'empara du magazine qu'elle avait abandonné sur la table, tourna les pages et, arrivé à l'article qui avait mis Hermione hors d'elle, commença sa lecture.

Le Survivant n'est plus !

La nouvelle est sur toutes les lèvres. Le grand Harry Potter, qui a vaincu Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, a délibérément mis fin à ses jours dans sa chambre de l'hôpital Sainte-Mangouste. Interné depuis plusieurs mois déjà, il semblerait que le jeune homme en ait eu marre de son état, qui empirait de jours en jours, d'après les magicomages du service psychiatrique.

Pour rappel, Harry Potter, victimes de graves hallucinations, a dû subir un traitement de force. Certains s'accordent à dire que son malheureux état était dû aux nombreux sorts de magie noire qu'il a endurés durant ses combats contre Vous-Savez-Qui et ses fidèles, mais, durant sa scolarité, ses camarades de classe avaient déjà pu assister à de fréquentes crises de paranoïa.

'Il se jetait par terre en se prenant la tête entre les mains et hurlait à la mort. Il se relevait en sueur et racontait des histoires à dormir debout pour qu'on lui porte attention', explique Pansy Parkinson, la jeune et jolie secrétaire du Département des Créatures Magiques au Ministère. 'J'ai toujours su qu'il avait un problème et que tout cela finirait mal. Mais que voulez-vous, le statut de héros ne fait pas tout.'

On ne doute donc plus que celui qu'on nomme le Survivant aurait dû être pris en charge il y a de nombreuses années déjà et qu'il ne doit sa victoire contre le Mage noir que grâce à sa folie. En effet, qui donc aurait été assez fou pour se mesurer au Seigneur des Ténèbres ?

Quoiqu'il en soit, Harry Potter ne fut pas trop dépaysé lorsqu'il fut enregistré au service de psychiatrie puisqu'il y retrouva son ancien professeur de Défense Contre les Forces du Mal, le très célèbre Gilderoy Lockhart. D'après le témoignage d'une jeune infirmière, qui a préféré rester anonyme, les deux hommes passaient de longues heures à discuter et à jouer aux échecs.

Malheureusement, l'état de santé du jeune homme à son arrivée à l'hôpital ne laissait rien présager de bon. Il n'est donc pas étonnant qu'il en soit arrivé à cette issue fatale.

Bien que nous serons présents à son inhumation, nous souhaitons d'ores et déjà nos sincères condoléances aux proches de Harry Potter.

En direct de Londres, votre dévouée Rita Skeeter.

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