Une vie, une rédemption

Chp 1 : Dernière leçon

Ce soir-là, Barriss sortit doucement de son sommeil. Elle n'avait pas eu un repos aussi paisible depuis des semaines. Les anesthésiants qui lui avait été administrés pour l'opération avaient été d'une véritable aide pour calmer l'esprit de la jeune fille. Elle aurait d'ailleurs aimée que cette anesthésie dure plus longtemps. Ce sommeil était à ses yeux bien plus agréable que la mort qui l'attendait.

Elle savait très bien que l'exécution serait rapide et sans douleur. Mais l'objet de ses craintes était sans nul doute l'après mort. Une fois que l'exécution serait finie, que se passerait-il pour l'âme de cette Jedi déchue ? La Mirialanne connaissait La Force, elle savait ce qui se passait lorsque que le corps d'une personne devenait sans vie. L'essence de son être rejoignait la Force pour ne faire plus qu'un avec elle. Mais elle voyait son cas bien différemment. Seuls les êtres remplis d'amour et de compassion pouvaient avoir une après-mort paisible. Pour elle, il était évident que la lumière n'était plus présente dans son cœur. Ce qui signifiait certainement que la suite de son exécution serait faite de beaucoup de tourment.

C'était pour cela qu'elle n'acceptait pas sa peine. Elle ne voulait pas être hantée par le souvenir de ses actes pour l'éternité. Elle s'était ouvert l'abdomen dans cet unique but, prenant soin d'enfoncer le couteau là où aucun organe vital n'était présent. Elle savait bien qu'ils allaient la conduire à l'hôpital après cet incident. Cela lui donnait un sursis pour tenter de se racheter. Elle voulait avoir la possibilité de modifier ce qu'elle avait fait avant de mourir. C'était peut-être absurde puisque son passé ne pouvait évidemment pas changer. Mais c'était la seul chose qu'elle avait pu choisir. En espérant que cette décision l'amènerait peut-être sur le chemin de la rédemption.

La jeune fille imaginait pouvoir soigner un malade de l'hôpital. Ne serait-ce que de placer un pansement autour du bras d'un enfant ou bien de faire disparaitre l'éraflure d'une personne à l'aide de La Force. Cela aurait surement apaisé son cœur de savoir que son dernier acte aurait été de guérir une personne. Pourtant elle devait bien se faire une raison, elle ne sortirait surement pas de sa chambre. Elle était attachée à son lit par des menottes et deux stormtroopers la surveillaient.

La situation n'avait donc pas changée depuis qu'elle avait quitté sa cellule. Ce qu'elle devait attendre était manifestement la mort et rien d'autre. Voilà pourquoi elle avait fermé les yeux et s'était mise à méditer. La contemplation de sa respiration était finalement la seule chose qui lui était permise.

La Mirialanne fut interrompue dans sa méditation lorsqu'une femme médecin entra dans la pièce. La jeune fille ouvrit les yeux et remarqua que l'inconnue était vêtue d'une blouse blanche et portait un calo ainsi qu'un masque. Le docteur ferma la porte de la chambre puis se posta devant le lit de sa patiente. Le médecin ferma ensuite les yeux, courba le front et parla :

-Je suis vraiment navrée pour ce qu'il va se passer. Toutefois, je peux vous assurer que cela ne vous fera aucun mal.

La Mirialanne n'eut aucune difficulté à ressentir l'énergie de La Force qui se fit immédiatement très forte dans la pièce. La jeune fille comprit que le docteur était en train d'y faire appel.

En une fraction des secondes, les deux gardes se mirent à perdre connaissance et ils tombèrent sur le sol. La femme plaça ensuite son masque sous son menton, ce qui révéla à Barriss un visage très familier.

-Maitre !

La Jedi s'approcha de son disciple et lui posa une question :

-Pourquoi es-tu dans cet endroit ?

Barriss n'eut pour réponse qu'un long silence. Parler avec son mentor lui était presque impossible. Devant une Jedi aussi intègre et rempli de compassion que Maitre Luminira, la jeune fille ne ressentait qu'une insupportable honte. Soutenir son regard lui écrasait la poitrine à tel point que son souffle était presque coupé. Pourtant elle réussit à lui dire avec peine :

-Parce que je ne veux pas terminer ma vie en tant que criminelle.

-Comment veux-tu que cela finisse ?

-Avec l'honneur d'une Jedi.

Une fois cette phrase terminée, la jeune fille eut les larmes aux yeux. Elle savait qu'elle n'était plus une Jedi et qu'il lui était à présent impossible d'agir en tant que telle. Elle le savait depuis l'annonce de sa sentence. Mais le reconnaitre à haute voix devant son maitre la rendait particulièrement triste.

-Est-ce qu'il t'arrive d'entendre les voix de tes victimes ? Posa le Maitre.

-Oui tout le temps, j'ai l'impression de vivre l'explosion du hangar à chaque seconde. Je perçois leurs souffrances lorsque la bombe a explosé, j'entends leurs cris et même les pleures de leurs proches. La Force me tourmente à chaque instant.

La plus âgée esquissa un léger sourire et répondit :

-Cela signifie que tu es toujours une Jedi.

-Pardonnez-moi, je ne comprends pas.

-Tu perçois toutes ces souffrances parce que tu éprouves encore de la compassion. Si tu étais pleinement tombée dans l'obscurité et devenue égoïste, tu n'aurais jamais ressenti les souffrances des autres. De mon point de vue, c'est parfaitement suffisant pour te donner une seconde chance.

-Je suis condamnée à mort. Se contenta de répondre Barriss. Comment voudriez-vous que j'ai une seconde chance ?

Maitre Luminara dirigea ses mains en directions des menottes de la prisonnière et les brisa grâce à La Force.

-Je vais te faire sortir de cet hôpital.

-Maitre, je ne peux pas faire cela, je mérite ma peine.

-Barriss. Fit-elle en lui tendant la main. A partir de maintenant toute ta vie est ta rédemption. Tu devras te souvenir chaque jour de tes actes passés pour agir à l'opposé de la criminelle que tu as été.

Barriss joignit sa main à celle-de son mentor. Maitre Luminara l'aida à se lever puis la prit dans ses bras pour l'enlacer.

-Il est temps d'y aller ma Padawan.