Bonjour à tous ! Je suis heureuse que le premier vous ait plus. J'espère que la suite sera aussi satisfaisante, ou plus ! J'ai un peu changé la mise en page, j'ai l'impression que c'est mieux ainsi, enfin, je vous laisse lire
Guest : Merci pour ta review ! Pour tout te dire, je ne sais même pas quand je vais arrêter, comment je vais arranger les couples. C'est encore trop jeune dans ma tête. Mais tant que ça peut plaire, je suis contente.
japon0093 : Hey ! Te voilà ici aussi ^^ Merci pour ces compliments, j'en souris derrière l'écran. C'est sûr que c'est un autre contexte que Cocktail Aphrodisiaque. Je ne saurai encore te dire quand tu auras enfin ta réponse, mais je ne la donnerai pas avant ^^
Tenshi : Coucou ! Je te remercie pour ta review (ainsi que toutes les autres sur Cocktail Aphrodisiaque ^^). Je ne sais pas encore ce que je vais faire au final comme couples mais bon, je te laisse tout découvrir au fil de la lecture.
I
PROLOGUE
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2. DES DOUTES
• •
Je rouvre mes yeux. Une feuille m'est tombée sur le nez, me faisant loucher. Je souffle dessus et la fais s'envoler mais elle se pose cette fois sur mon front. J'abandonne et replonge mon regard dans le maillage que forment les branches de l'arbre sous lequel je me trouve. Mes pensées n'ont été distraites qu'un court moment, je me replonge dans le passé et reprends là où j'avais arrêté ma réflexion.
Oui, j'apprécie toujours cette sensation, l'impression qu'il me rend unique. Mais je ne m'en rends compte que maintenant, et je pense que c'est pour ça que je n'ai pas cherché à l'éviter, par la suite…
Après être partie du terrain d'entraînement de Sasuke, je rentrai chez moi, j'allais reprendre les missions dès le lendemain et souhaitais être dans un bon état d'esprit. Être concentrée uniquement dessus.
Kakashi avait cependant été indulgent au vu de ma maladie récente. Il m'avait confié quelque chose de simple, juste une transmission d'informations n'étant pas les plus convoitées. J'avais ainsi terminé à quinze heures et m'occupais à présent de la préparation de la surprise pour Naruto qui arrivait le lendemain. Je ne pouvais néanmoins m'empêcher de penser à la soirée que j'allais passer avec Sasuke. Il allait enfin me dire ce qu'il en résultait, si Sakura et lui étaient ensemble. C'est en essayant d'imaginer ses différentes expressions faciales que je terminai le bracelet pour Naruto.
Avant mon départ, j'emballai le bracelet que je venais de terminer, partis me doucher et m'habiller en civil pour aller chez Sasuke. J'avais revêtu une jupe bleu marine se terminant sur des volants, un haut à manches courtes lilas ainsi qu'une veste, le soir du mois d'avril était toujours frisquet.
Finalement, j'arrivai chez lui avec vingt minutes d'avance. J'allais toquer mais la porte s'ouvrit et je vis Sakura qui ne me remarqua pas tout de suite, elle avait la tête tournée vers Sasuke, derrière elle. Je me sentis gênée j'avais l'impression de ne pas être à ma place, particulièrement quand elle retourna la tête, prête à partir, et s'étonna de me voir, devant le seuil de la porte.
— Bah, Hinata, qu'est-ce que tu fais là ?
— Je…
Que lui répondre ? Bonsoir Sakura, je suis venu savoir si tu es avec Sasuke… je ne pouvais décidément pas. J'essayai donc de trouver une excuse mais aucune ne me venant à l'esprit, je balbutiai des débuts de phrases sans jamais les terminer, ce qui commença à l'agacer.
— Je dois l'aider à préparer un truc pour le retour de Naruto.
Sasuke fut pour moi un sauveur à ce moment-là. Il se tenait derrière Sakura et avait vite trouvé un prétexte. Sakura le regarda puis me regarda, je discernai les questionnements dans ses yeux verts, mais elle crut à cet argument.
— C'est vrai qu'il revient demain. Je ne savais pas que tu t'entendais avec Hinata, dit-elle avec étonnement, questionnant Sasuke.
— Tu le sais maintenant, répondit Sasuke avec flegmatisme.
J'espérai que Sakura ne le prendrait pas mal et je ne sais pas si ce fut le cas. Elle marqua un petit silence avant de finalement dire :
— Je vais vous laisser alors.
Elle déposa ensuite un léger baiser sur les lèvres de Sasuke, les joues roses de plaisirs puis elle partit, une joie sur son visage mais qui était amochée par le doute qui s'était frayé un chemin dessus quand elle me jeta un dernier regard. Je ne parvins pas à le soutenir, il ne dura pourtant que le temps qu'elle passe à mes côtés.
— Tu entres ?
La question de Sasuke me sortit de cette posture. Je levai la tête, me rendant compte que je l'avais baissée puis opinai avant de m'avancer. À peine fus-je à l'intérieur que je lui proposai :
— Si tu veux, je peux partir. J'ai ma réponse.
— Non, reste, dit-il en refermant la porte.
Et c'est ce que je fis, oubliant tout le malaise qui avait commencé à s'installer en moi sous le regard de Sakura. Je sentais qu'il allait m'amuser. Je sais, c'est étonnant, dire que Sasuke pouvait amuser, mais c'est ce qu'il s'était passé durant cette semaine, et j'avais envie que ça continue.
Notre soirée se passa alors comme entre deux bons vieux amis. On ne parlait pas de sujets très sérieux, très originaux, mais c'était fluide et avec Sasuke, il y avait toujours un sarcasme, un cynisme qui me donnait une autre vision de certaines choses. J'exposai de mon côté mon caractère plus indulgent, trop empathique me reprochait-il avec son discret sourire.
Je m'aperçois que je cherchais en permanence à le faire sourire, à apercevoir l'amusement dans ses sombres prunelles. Et je le regardai, contente de le voir ainsi avec moi, qu'il me montre cette facette qu'il, je l'avais deviné, ne montrait presque jamais. Je pensais que ce n'était pas un drame et alors qu'il me parlait d'un de ses bons souvenirs d'enfance, je le vis sourire à nouveau pleinement. Et mon regard ne fut plus innocent.
Je fixai son visage, puis mes yeux suivirent la main qu'il passa dans ses cheveux pour retirer une mèche qui venait de lui tomber devant les yeux. Elle passa ensuite sur sa nuque qu'il gratta un peu pour finalement rejoindre le dossier de son canapé, sa main se rapprochant de mon épaule au fur et à mesure qu'il étendait son bras. Mon regard rejoignit alors le sien qui était recouvert de l'espièglerie qu'il me décrivait de son enfance. Et je rougis, bêtement, sans pour autant lâcher ses yeux. Il ne dit rien mais son regard changea, devenant plus profond. Je détournai alors le regard, me questionnant sur ce qu'il se passait. J'attendis qu'il termine son histoire et décidai de fuir. Je lui dis alors que je devais rentrer. Il se leva alors, sans rien dire et partit dans sa cuisine pour en ressortir avec deux tasses fumantes, m'expliquant qu'il lui restait encore du thé gardé bien chaudement, un sourire en coin sur les lèvres qui me déstabilisa.
— Bois ça avant de partir.
— Mer…ci, répondis-je lentement en prenant la tasse qu'il me proposait.
— T'évanouis pas demain.
Je ne compris pas tout de suite et le fixai, lui qui buvait son thé tout en me regardant, les yeux perçants, comme attendant quelque chose. Et je compris. Il me parlait de Naruto, où plutôt de ce qui était probable de se passer entre Naruto et moi, le lendemain soir. J'en rougis fortement et lui tapai le torse alors qu'il révélait son sourire taquin qu'il avait dissimulé derrière sa tasse. Il m'attrapa le poignet avant que je ramène ma main à moi puis rapprocha sa tête de la mienne et me chuchota dans l'oreille.
— N'oublie pas que tu n'as plus aucun secret pour moi.
Moi qui étais déjà mal à l'aise, ses mots en plus de sa proximité ne firent qu'augmenter mon embarras. Je ne savais plus où me mettre quand il décida de me lâcher le poignet et d'éloigner sa tête de la mienne. Il était revenu à sa position initiale et semblait apprécier ce qu'il avait déclenché en moi. Car je le savais, au contraire de Sasuke, je ne pouvais contenir toute trace d'émotions sur mon visage. Je devais alors être un véritable livre ouvert à travers ma nouvelle couleur carmin. Son regard devint moins dur, remplacé par de l'amusement quand il me dit :
— Détends-toi, je plaisante.
Et il rigola, avec franchise, comme au lac le jour d'avant. Je me remis alors à respirer et souris avec douceur en le voyant rire ainsi. Je profitai d'être moins embarrassée pour me lever, poser ma tasse à moitié vide et lui dire que je partais. Il rigola une dernière fois puis hocha de la tête se levant à son tour pour m'accompagner à la sortie. Je passai la porte après l'avoir salué de quelques mots hésitants, il me répondit simplement du sourire qui ne l'avait pas quitté et je passai la porte pour rejoindre la nuit. Je me retournai au bout de quelques mètres et vit qu'il n'avait pas encore fermé la porte. Il me regardait, l'épaule appuyée contre son mur, la tasse à ses lèvres. Il me fit un signe de main, auquel je répondis sans plus réfléchir, puis il ferma la porte.
Je rentrai ensuite chez moi avec automatisme. Je m'en souviens encore. Soudain, je vois au loin Naruto et Sasuke se séparer. Il vient me voir, Sasuke partant après un sombre regard en ma direction.
— Ça va mieux, Hina ?
Je lui réponds que oui puis il s'installe à mes côtés. Je me sens alors mal, terriblement. C'est affreux à dire, mais je veux qu'il s'en aille. Et j'essaye de lui faire comprendre, chose contraire à mon comportement habituel. Quoique, je ne sais plus qui je suis depuis.
— Naruto, je suis désolée…
— Mais de quoi ? Tu as juste eu un moment de fatigue, on va rentrer et ça ira mieux.
— Oui, mais… je voudrai rester un instant ici avant…
— Et bien on reste, me coupe-t-il, me rendant la tâche encore plus difficile, il n'y a pas de problème.
— … seule, j'aimerai être un peu seule… pour réfléchir.
Naruto me regarde sans comprendre. Il n'a rien vu venir. La gêne et l'énervement se confrontent en lui, je le sens à la façon dont il se tient. Et je lui mens, encore.
— Ce n'est rien de grave Naruto. J'ai juste eu un petit souci dernièrement, et j'ai besoin de méditer dessus.
— On peut en parler ensemble ?
— Non, pas réellement, c'est par rapport à un secret entre ma sœur et moi, typiquement féminin, lui déclarais-je sans hésiter, en souriant.
— Ah, tu m'as fait peur. Tu veux vraiment rester seule, ici ?
Je hoche de la tête avec un air embarrassée. Et il me croit, m'embrasse après avoir confirmé que je passerai chez lui une fois terminé. Puis il part. J'ai obtenu la solitude dont j'avais besoin pour réfléchir à ce mois d'avril. Je me replonge dans ces souvenirs, là où je m'étais arrêtée.
Je me déteste.
Avec mécanisme, j'étais parvenue jusque chez moi. La route m'avait parue bien courte. Un flot de questions m'aspergea l'esprit quand j'arrivai dans ma chambre. Je ne réussissais pas à déterminer la raison de mon comportement. Je ne pouvais pas raconter comment j'étais rentrée chez moi, ma tête avait été vide de toutes pensées que celles des silences où je le fixais, où il ne disait rien, me laissait le regarder, puis se mettait soudainement à me taquiner, à rigoler, à sourire. Et je me rendis compte que mon pouls était bien trop rapide.
Je n'étais plus certaine de rien. Était-ce dû à la gêne qu'il avait provoqué en moi après avoir évoqué Naruto ? Je me rendis bien compte que ça sonnait faux, tout était dû à lui, ses expressions, son comportement, sa soudaine proximité. Je me pris la tête entre mes mains et la secouai : ce n'était rien. Il m'avait juste surprise, et cela avait suffit à me rendre ainsi. Et si mon rythme cardiaque accélérait à chaque fois que je pensais à lui, c'était parce que j'avais peur, oui, j'avais peur qu'il ne se renseigne trop auprès de Naruto. Je partis me coucher sur cette dernière pensée, réussissant à m'en convaincre.
Aujourd'hui, je vois bien que je me suis perdue à ce moment. J'allais alors agir comme si je jouais un rôle, écoutant ma raison et oubliant tout le reste, pour un certain temps.
Je me réveillai cependant le sourire aux lèvres. Le retour de Naruto à la fin de la journée me permettait de ne pas penser aux doutes que j'avais eus le soir d'avant. Je me levai de bonne humeur pour aller effectuer ma mission de la journée. Cette dernière se déroula sans souci et je pus revenir assez tôt au village pour accueillir Naruto, en lui sautant dans les bras. Il fut surpris de cette effusion de sentiments mais ne s'en plaignit pas. Je passai alors ma fin de journée à ses côtés.
Le soir, j'étais chez lui. Nous avions raconté chacun notre semaine, sa longue mission de son côté et du mien mon congé maladie. J'en profitai pour évoquer brièvement Sasuke, comme si parler de lui à Naruto me permettait de ne rien me reprocher. C'est étonnant ce qu'un cerveau est capable de faire, il avait suffi que je ne sois pas avec le brun pour que je refoule avec inconscience tous mes doutes.
Nous étions à présent dans son lit, j'étais blottie dans ses bras, au chaud. Il me caressait les cheveux et me demanda soudainement.
— Tu savais que Sasuke et Sakura étaient ensemble ?
— Ils le sont enfin ?
— Oui, enfin, me dit-il avec un ton qui laissait deviner son sourire.
Pourquoi lui avais-je menti ? Avec autant de facilité en plus ? Sur le moment, je ne m'en étais même pas souciée, mais je crois qu'inconsciemment, je ne voulais pas expliquer à Naruto que j'avais passé une partie de ma soirée avec Sasuke. Puisque lui en parler m'aurais immédiatement fait repenser à tous ce que j'avais ressenti, sensations et sentiments que j'avais décidé d'oublier à cet instant-là. C'est ainsi que je dis mon premier mensonge à Naruto et qu'une longue série débuta par la suite, continuant encore aujourd'hui…
Naruto m'embrassa sur la tête et me demanda :
— Sakura souhaite faire une sortie de couples demain soir. Un resto, tous les quatre, ça te dit ?
— Oui, ce serait sympa !
Malgré mon ton enthousiaste, j'étais partagée. J'avais envie de revoir Sasuke, et ce sentiment me dérangeait. Ce n'était pas le même que je ressentais quand je voulais voir un ami, ni même Naruto. Je ne connaissais pas ce nouveau sentiment. J'y décelai une pointe de curiosité mais n'arrivais pas à déterminer envers quoi exactement. Une fois de plus, ma raison agit, bloquant la vérité qui me serait parvenue.
Je voulais voir comment se comportait Sasuke en couple, c'était tout. Bien sûr, ce n'était pas le cas. Et comme pour bloquer toute autre hypothèse, je m'abandonnai sous les baisers de Naruto dans une étreinte intime.
Le lendemain, la journée se passa sans aucun changement entre Naruto et moi. Je nous préparai un petit déjeuner, il ronchonna car il ne voulait pas se lever, on se balada, discuta… rien d'exceptionnel mais quelque chose d'apaisant et cela me fit du bien, me permit de ne plus ressentir les petits signes de la lutte que ma raison avait entamée contre moi-même.
Le Soleil se coucha dans un feu d'artifice de couleurs pour faire place à sa sœur, la Lune. Naruto et moi nous étions assis pour le regarder en attendant l'heure du rendez-vous. Il se leva et me tendit la main pour que je fasse de même.
— On y va ?
— Je te suis.
Je me concentrai sur ce que me disait Naruto et arrivai au restaurant sans nervosité. Jusqu'à ce que je me rende compte que ce restaurant était celui où j'avais parlé véritablement avec Sasuke pour la première fois. La nervosité monta en moi immédiatement mais je réussis à me calmer en me disant que je ne voyais qu'un ami.
Le couple de l'équipe 7 arriva peu après nous. Sakura était accrochée au bras de Sasuke, l'expression la plus heureuse sur le visage. Je les trouvais bien ensemble, malgré le manque d'expression habituel chez Sasuke. Mais je ressentis un pincement au cœur. Naruto me le fit vite oublier lorsqu'il scanda fortement :
— Vous n'auriez pas pu vous mettre ensemble avant le Hanami ?! J'aurais gagné mon pari !
Sakura le frappa sur la tête dès qu'elle arriva à notre niveau et Sasuke soupira. Voir ce genre de scène me mit enfin à l'aise, je ricanai même de ce classique entre Naruto et Sakura.
— Salut Hinata.
— Salut Sasuke.
Il m'avait salué et je pus lire toute l'exaspération dans son regard alors que Naruto et Sakura se chamaillaient tout en se dirigeant dans le restaurant, me laissant derrière avec le brun. Ce dernier me fit signe d'entrer. Je lui souris timidement pour le remercier puis secouai la tête une fois à l'intérieur. Cette expression, où mes yeux se plissaient légèrement, était réservée à Naruto. C'était ma petite minauderie pour lui. Je m'étais dispersée à cause de la faim qui me tenaillait, c'est ce que je me dis.
Je partis ainsi rejoindre Naruto et lui attrapai le bras, en souriant de la même façon qu'avant. Il me regarda et me sourit pendant que Sakura demandait une table pour quatre personnes.
— Désolé, mais j'étais obligé de faire ce genre de remarque auprès d'eux, me dit-il en se grattant l'arrière du crâne.
— C'est rien, lui répondis-je, c'était plutôt comique.
Le serveur nous emmena à une table sur la droite de la salle. Naruto se mit du côté fenêtre et je m'assis à ses côtés, m'attendant à ce que Sakura s'installe en face de moi. Mais non, elle alla se mettre en face de Naruto, ce qui me surprit. Sasuke était alors face à moi. Comme si elle avait entendu mon questionnement, elle déclara :
— Tu devrais te taire, Naruto. Mon pied est prêt à te placer un coup discrètement mais avec force.
— Hina-chan, sauve-moi… me supplia Naruto.
Je lui répondis avec humour qu'il était un grand garçon et qu'il n'avait pas besoin de moi puis je me plongeai dans la carte des menus, à la recherche du bon choix. Naruto s'approcha de moi pour regarder également.
Nous en étions au dessert. Une ambiance bon enfant s'était finalement installée à notre table. Je me sentais bien. J'étais en train d'écouter Sakura qui évoquait un souvenir d'une de leurs missions en équipe. Elle faisait l'effort de bien la raconter car j'étais la seule qui n'en avait pas fait partie ici.
L'histoire me disait quelque chose, vraiment. Je lançai alors un regard à Sasuke et vit ses sourcils froncés, dans une expression que je discernai comme… nerveuse ? Et je compris alors. Sasuke m'en avait parlé, lors d'une de ses confessions. Il m'avait confié comment il s'était ridiculisé, sans pour autant que ses coéquipiers ne le sachent.
Le brun avait dû aller chercher une femme âgée dans le village pour l'escorter, ses coéquipiers et Kakashi surveillant les alentours. Sasuke était arrivé à destination et au moment où la vieille femme fut dehors, un gros chien avait surgit brusquement en aboyant, sautant sur lui, le mettant au sol avant de lui lécher à grands coups de langues la figure. Sasuke m'avait alors dit qu'il s'était mit à hurler, qu'il avait juste voulu s'enfuir mais était paralysé par la peur. Il avait peur des chiens et ne pouvait rien faire contre les gros. La femme âgée était partie dans un grand fou rire en voyant la scène avant de calmer le chien qui s'avérait être le sien. Ce fut elle qui aida Sasuke à se relever et le prit même dans ses bras pour arrêter ses tremblements.
Sasuke m'avait dit avec exactitude les mots que cette femme lui avait dit en rigolant : « J'espère qu'il n'y aura pas de chiens, j'aimerai bien te voir combattre un peu mon petit. » Il m'avait ensuite raconté que durant toute la mission, il avait angoissé à l'idée que la vieille femme dise tout à ses coéquipiers à propos de sa peur.
Donc, quand je compris que Sakura évoquait cette mission, je ne pus m'empêcher de penser à cette anecdote en souriant mais surtout, je ne pus retenir mon rire quand Sakura parla d'un chien qui les avait aidé, mais qui avait faillit ruiner la réputation de Sasuke. Ce dernier me fusilla du regard, voyant bien que je me souvenais. Sakura et Naruto me regardèrent sans comprendre la raison de mon rire. Il fallut que Sasuke me donne un coup de pied sous la table pour que j'arrête mon rire, même si je continuais de pouffer de temps à autre. Naruto me posa la question que la rose devait aussi se poser.
— Qu'est-ce qui te fait autant rire Hinata ?
Je sentis le pied de Sasuke s'appuyer de plus en plus sur mon tibia, comme me menaçant d'un autre coup. Je tournai ma tête sur ma droite pour regarder les deux qui ne comprenaient pas et répondit, en essayant de contenir mon rire qui devint inévitablement un sourire.
— Ce n'est rien, c'est bête.
Cela ne parut pas satisfaire Sakura puisqu'elle me regarda bizarrement, comme essayant de déceler ce que je cachais. Naruto, quant à lui, haussa les épaules. J'étais encore en train de retenir mon rire en essayant de penser à quelque chose quand il fallut que Sakura continue son histoire et que Sasuke s'agite sur sa chaise, mal à l'aise. Il avait ruiné tous mes efforts.
Je montai alors mon foulard rouge sur mes lèvres pour tenter de dissimuler les ricanements qui me faisaient légèrement tressauter. Sasuke le remarqua et me donna un autre coup de pied dans le tibia en souriant malgré tout. Les deux autres ne virent rien de ce petit échange. Puis Sasuke tourna la tête vers Sakura et mon rire disparut immédiatement.
Il la regarda avec une douceur que je n'avais encore jamais vu, ni même imaginé de sa part. Une pensée s'introduit malicieusement dans mon esprit : que ressentirais-je à la place de Sakura ? Il me paraissait vraiment charmant à cet instant. Puis mon esprit me montra le souvenir de ses yeux taquins, puis de son regard plus sombre, plus vicieux, plus séduisant à mes yeux. Et je voulais qu'il me l'adresse. Je sentis une caresse sur ma cuisse et rougis soudainement, toute frémissante.
— On rentre Hina, je dois me lever tôt demain.
Je sursautai au chuchotement de Naruto.
— Je t'ai fait peur ?
— Oh, euh, non, j'étais juste dans mes pensées.
Non, c'était à moi que je me faisais peur. J'avais imaginé que cette main qui était posée sur ma cuisse était celle de Sasuke. La remarque de Naruto m'avait ramenée à la réalité, et m'avait confrontée à moi-même, pour la première fois. Sasuke m'inspirait quelque chose que je ne pouvais pas me permettre.
Déboussolée par mes pensées, je me levais, hagarde, et attendit que Naruto dise au revoir pour nous deux. Je ne peux pas décrire comment m'a regardé le couple restant, j'étais focalisée sur mes pensées. Je suivis juste Naruto et sortis enfin de cet état quand il régla à l'entrée.
Je jetai alors un coup d'œil à la table. Sakura lui faisait manger dans son dessert, en lui portant la cuiller à sa bouche. Il attendit patiemment la prochaine bouchée puis me regarda soudainement. Je lui souris, il leva les yeux aux ciels en prenant une expression faussement agacée, et me fit signe de partir, un sourire aux lèvres qui répondit au mien. Je le saluai une dernière fois de la main et reporta mon attention sur Naruto, comme si j'allais être prise en flagrant délit. Il venait de terminer de payer et me tendit un bras auquel je m'accrochai d'une main.
Je me sentis mal à l'aise tout le long du chemin où l'on rejoignit son appartement. Mais je fis bonne figure devant Naruto. Il ne vit rien. Cela me soulagea, mais maintenant, ce n'est plus le cas. Je devais être très bonne actrice, ou alors… j'y réfléchirai plus tard.
Lorsque le silence fut installé dans la chambre, je repensai à mes réactions au restaurant, particulièrement celle qui m'avait obligée à ne plus trouver d'excuses face à moi-même.
Comment avais-je pu penser, sans objection en plus, qu'il s'agissait de Sasuke qui me caressait la cuisse ?! J'étais censée n'aimer que Naruto, et uniquement lui ! Je me tournai dans le lit pour le regarder. Quand je le voyais ainsi, je ressentais l'amour que j'avais pour lui, j'en étais certaine ! Alors qu'est-ce qui n'allait pas chez moi ? Pourquoi avoir imaginé cette autre main sur moi ? Et pourquoi je me sentais si bien avec Sasuke, adorais le voir sourire, rire, particulièrement quand on était seul ? Fatiguée de mes questions qui ne trouvaient de réponses, je laissai tomber et fermai les yeux, en serrant Naruto dans mes bras.
Essayais-je à ce moment de chasser mes pensées en me servant de Naruto, de me convaincre que j'aimais Naruto ? Je sais juste une chose, j'aimais toujours Naruto.
Les deux journées qui suivirent me firent du bien, autant qu'une retraite spirituelle. Une mission d'espionnage avait complètement occupé mon esprit, le vidant de toutes pensées superflues. J'étais rentrée à vingt-deux heures au village et m'étais rendue dans le bureau de l'Hokage. Fatiguée, je n'écoutai pas totalement les instructions de Kakashi, pensant plutôt à mes oreillers.
— Tu m'écoutes, Hinata ?
— Euh, je vous prie de me pardonner, m'excusai-je en m'inclinant. Je suis juste un peu fatiguée.
— Et bien repose-toi bien cette nuit parce que tu dois repartir dès demain pour poursuivre ce que tu as entamé. Départ à cinq heures aux portes du village, Sasuke t'y attendra.
— Oui Kakashi-s… avec qui ?
Je pensai avoir mal entendu et que mon esprit m'avait, après m'avoir laissée tranquille là-dessus durant deux jours, jouait un tour avec Sasuke. Kakashi me répéta en soupirant un résumé de tout ce qu'il m'avait déjà dit. D'après mon rapport, les endroits que Konoha soupçonnait de base d'un trafic illégal l'étaient en partie. Mais aucun d'entre eux n'était le siège où toutes décisions étaient prises. Ayant un temps limité, je n'avais pas pu enquêter plus intensément et étais rentrée. Kakashi me renvoyait alors terminer avec un partenaire, Sasuke, ce qui allait nous permettre d'être plus rapides. J'avais donc bien entendu.
Je disposai ensuite sans faire de remarques et me dirigeai chez moi, intérieurement affolée. J'étais en plus en colère contre moi-même. Je n'avais pas à être effrayée de partir en mission avec lui, ce n'était que Sasuke, on s'entendait bien de plus, appréciant la compagnie de l'autre. Mais justement, peut-être trop de mon côté. Je me cognai la tête avec mon oreiller et pris conscience que j'étais arrivée chez moi, déjà en pyjama, dans mon lit.
J'avais agis par pur mécanise et ce n'était pas bon, j'avais fait la même chose après la soirée passée chez Sasuke, après qu'il m'ait paralysée par son regard, son sourire. J'émis un son de lamentation ridicule en l'assourdissant dans mon oreiller, complètement désespérée que mes pensées s'attardent encore sur lui. Je sortis la tête de ce doux coussin et entamai de profondes inspirations. Mon pouls ne devait pas s'accélérer ainsi, il fallait que je reste calme.
Je ne comprenais pas mon corps. Je n'étais pas amoureuse et c'était pourtant tout comme. Je me levai finalement et décidai de me confier. Je risquai sinon de tourner en rond sous mes draps et arriver tel un zombie aux portes de Konoha le lendemain matin. Et puis, je n'en pouvais plus de garder tout ça en moi.
La chambre de ma petite sœur se situait au bout du couloir, j'espérai que je ne la réveillerais pas. Hanabi n'avait peut-être que dix-sept ans, mais elle avait toujours été de bons conseils au niveau du relationnel en tout genre, chose qui pouvait m'être difficile à mes vingt-deux ans. Je lui demande encore aujourd'hui des conseils quand je ne m'en sors plus.
Arrivée devant sa porte, je frappai deux coups. Heureusement, elle l'ouvrit rapidement et je vis à ses yeux qu'elle était encore bien éveillée. Elle me sourit avec assurance, ayant déjà compris ce qui allait se passer. J'entrai alors, elle referma derrière moi et l'on s'installa en tailleur sur son lit. Je lui souris en apercevant la brosse dans sa main qu'elle avait dû saisir au passage. Je la récupérai alors et elle s'avança vers moi en me tournant le dos. J'entamai de lui démêler les cheveux. On faisait ça depuis toutes petites. Elle entama alors la conversation, voyant que je ne savais pas par où commencer.
— Quelque chose ne va pas avec Naruto ?
— Ce n'est pas vraiment ça, répondis-je hésitante. En fait, c'est quelque chose qui ne va plus chez moi.
— Ah oui ? Et tu peux m'expliquer ?
J'inspirai profondément, saisis trois mèches de ses cheveux au devant de sa tête puis entama sa tresse et mes explications.
— Je suis merveilleusement bien avec Naruto.
— Mais ?
— Mais je… comment t'expliquer… Je ressens des choses que je ne devrai pas envers…
Je lui tapotai sa tête qu'elle venait de tourner, surprise puis repris.
— Envers quelqu'un d'autre.
— Tu n'aimes plus Naruto ?
— Non, je l'aime toujours, mais mon corps a des réactions qu'il ne devrait pas avoir envers cette autre personne.
Elle dut réfléchir quelque seconde, laissant un court silence dans la chambre puis elle demanda :
— Tu peux détailler plus ? »
Même si c'était Hanabi, ma petite sœur adorée à qui je disais presque tout, je fus extrêmement gênée d'avouer, à haute voix, tous ce qui se passait en moi.
— Je, me retrouve paralysée ou accaparée par lui quand il rit, quand il sourit avec… cette générosité si rare. Mon pouls s'accélère alors, je rougis…
En l'évoquant, je le revoyais et ressentais à nouveaux ces mêmes sentiments et ces sensations, je me rendis aussi compte d'une autre réaction.
— … et j'ai chaud.
— T'es sûre que tu ne commences pas à tomber amoureuse ?
— Non ! J'en suis certaine, il n'y a qu'avec Naruto que je suis complètement apaisée.
Ma sœur tiqua quand je lui donnai cet argument. Or, ce que je disais était vrai.
— Et bien, je ne vois qu'une seule solution.
Elle me fit sadiquement patienter, attendant que je termine sa tresse. J'avais peur de sa réponse, et peur d'une en particulier, qui était déjà en moi mais que j'avais refoulée dès le début. Je tapotai son épaule pour lui indiquer que j'avais terminé sa tresse et elle se retourna, un large sourire espiègle sur les lèvres.
— Je crois que t'es attirée par lui ! Il éveille ta curiosité parce qu'il est différent des personnes que tu fréquentes et j'ai l'impression qu'il t'accorde une certaine exclusivité, et c'est ça qui te fait frémir de désir Nee-chan !
Alors que cela semblait l'amuser, moi, ça me rendait terriblement honteuse et mal. Je cachai ma tête dans mes mains. Hanabi s'esclaffa devant mon comportement et s'allongea sur le dos.
— Tu sais, ça arrive, Nee-chan. Ça doit être la première fois que tes yeux ne sont plus irradiés par Naruto et que tu vois qu'il y a d'autres hommes, très bien aussi.
— Mais non, Hanabi !
— En fait, ignora-t-elle mon refus en se rapprochant de moi, à quatre pattes, tu me dis c'est qui ?
— Non, Hanabi, ça restera secret et enterré à jamais !
— C'est ça ton problème, Hinata.
Cette phrase m'interloqua.
— Comment ça ? lui demandai-je.
— Dès qu'un sentiment inhabituel que tu juges mauvais survient, tu l'ignores, tu le réprimes, l'enterres comme tu le dis… Enfin, quelque chose comme ça…
Honnêtement, Hanabi me perdit pendant quelques secondes, le temps que je comprenne son analyse. Elle donna un exemple bien plus concret.
— Merde ! Je trouve pas les bons mots, s'énerva-t-elle. Au lieu de… cacher, de refouler ces sentiments que tu n'as pas l'habitude de ressentir, tu dois faire y face, les affronter ! C'est pareil que ton entraînement, t'as été plus persévérante que jamais ! Pareil avec Naruto aussi !
Elle était en train de me dire que je fuyais cette attirance, au lieu de l'extérioriser afin de la combattre réellement. Mais le fait qu'elle compare ça à Naruto me dérangea, ce n'était pas la même chose. Je m'étais battue pour lui, n'abandonnant jamais, parce qu'il était devenu une de mes raisons de vivre. Cette attirance, elle n'était qu'une calamité qui n'apportait que des doutes qui n'avaient pas lieu d'être. J'étais bien avec Naruto, et c'était tout. Je le lui dis :
— Raison de plus pour l'oublier, et la supprimer.
— Mais non ! Faut pas l'oublier, faut la combattre.
— Et c'est ce que je vais faire.
— En l'oubliant ? soupira ma sœur.
— Oui.
— Tu vas te planter, Nee-chan.
Elle me regarda et je vis cette lueur typique dans ces yeux qui indiquait qu'elle allait dire une bêtise.
— À ta place, j'aurais flirté innocemment… puis je serais bien vite devenue lassée. Et tout se serait arrangé !
— Mais oui, bien sûr !
Je lui chatouillai alors les côtes, comme pour la punir de ce qu'elle venait de dire. Elle finit toujours par une petite phrase moqueuse, mais pas méchante. Et cela me détend, comme ce soir-là.
À la fin, on parla de choses insignifiantes puis je partis rejoindre ma chambre, nous allions toutes deux dormir à présent. Enfin, moi, j'allais surtout essayer de faire le vide dans ma tête, car même si le fait de m'être confiée m'avait un peu soulagée, je n'en étais pas pour le moins chamboulée. J'avais l'impression de ne pas me reconnaître, avec cette attirance irrationnelle. Et malgré tout ce que me dit ma sœur, je décidai de faire ce que j'avais prévu dès le départ, oublier.
Cette nouvelle résolution fut difficile à tenir dès les premières minutes avec Sasuke. À peine étais-je arrivée aux portes du village que je m'étais mise à le contempler. Il m'attendait adossé, les yeux fermés et les bras croisés dans la lumière naissante du soleil levant, se reflétant avec chaleur dans ses cheveux sombres comme l'ébène. Puis je mis tous de suite cette pensée de côté, me dis que ce n'était rien et m'avançai vers lui en le saluant à haute voix. Il ouvrit ses yeux et sourit en me scrutant le visage, le rendant carmin. Une bataille intérieure se faisait dans ma tête et elle ne fit qu'empirer quand il me dit :
— Ta nuit a plutôt été courte, je me trompe ?
Mes pensées raisonnables réussirent à remporter cette manche et je pus sortir une excuse tout à fait valable.
— Oui, je suis rentrée tard de mission.
Et surtout, je n'avais pas arrêté de réfléchir à cause de lui.
Il hocha simplement la tête, se redressa et se mit en route. Je me mis à ses côtés et nous passâmes les portes de Konoha, direction le repère principal de l'organisation criminelle que j'avais trouvé hier. Je me forçais à ne penser à rien d'autre qu'à la mission et j'y parvins dès que nous fûmes dans la forêt, à sauter de branche en branche. Je dois aussi avouer que sa concentration et son comportement inflexible qu'il avait adoptée dès qu'on était parti m'aida à faire de même.
Une petite fille qui court après une balle interrompt mes pensées quelques instants. Je la regarde disparaître, rejoindre une adolescente. Elles doivent être sœurs. Ça me fait repenser à Hanabi. Elle m'avait dit que j'allais me perdre. Et elle avait raison. Je sais maintenant qu'il ne faut rien refouler. Ça peut devenir pire après.
Bon, je sais qu'il est plus court que le précédent mais, le fait est que j'ai coupé cette partie en deux -.-' Ce serait sinon trop long. Enfin, je ne sais pas ce que vous en avez penser, mais j'ai bien aimé écrire ce texte là.
Je voulais aussi vous prévenir que je ne savais pas encore si je vais faire ce three-shot (à la base) un four-shot ou une fanfiction, ni même si elle serait longue ou courte... Donc, je ne peux pas vous dire grand chose là-dessus. Enfin, au pire, vous verrez bien de toutes façons
Sur ce, n'hésitez pas à me faire part de vos impressions, de vos hypothèses ! Ça me fait toujours plaisir ^_^
Bises et à la prochaine !
