Disclaimer : Les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à Mme Rowling.
Couple : Harry Potter/Draco Malfoy – POV : original...
Rating : T
Genre : Romance – Post Poudlard
Suggestion musicale : « Baby, it's cold outside » - la version de Darren Criss et Chris Colfer
NdSs : Bonne lecture ^.^
OoOo Christmas is all around oOoO
Fenêtre 2 : Si les chaussettes pouvaient parler…
« Parfait » dit mon propriétaire avec un sourire satisfait. Si je pouvais lui répondre, je le remercierais et lui retournerais le compliment, aisément.
« Oh, attends, tu as oublié la mienne ! »
Les traits lisses de l'homme en face de moi se crispent une fraction de seconde, comme ennuyé par ce que vient de dire l'autre sorcier qui apparaît quelques instants plus tard, à ses côtés. Je suis surpris de le revoir, lui, ici. À croire que mon propriétaire – Draco de son prénom – a réussi à le supporter tout ce temps.
Mais mon étonnement est vite balayé par de la colère. L'autre – Henry ou quelque chose dans ce goût-là - m'a poussé légèrement pour faire de la place à… je détaille ce qu'il vient de suspendre à mes côtés. Je sens toutes les fibres (délicatement cousues à la main) de mon être se tendre. C'est une blague ! De mauvais goût. Non, mais c'est quoi cette chose hideuse ?! C'est bien trop coloré, bien trop difforme pour avoir le droit de me côtoyer ! Draco va faire quelque chose, c'est sûr ! Je le connais, et puis il n'y a qu'à voir son regard : Il est aussi rebuté que le mien. Cela dit mon inquiétude s'accroît car rien ne se passe. Draco se recompose un visage joyeux. Le lâche ! L'homme à la chevelure noire murmure quelque chose à son oreille. Draco sourit de plus bel. Il prend brusquement Henry par la main et l'entraîne dans une autre pièce, claquant la porte.
Je hais ce type. Je hais ma vie et ma condition. Je n'avais jamais été traité comme une vulgaire chaussette auparavant ! C'est scandaleux ! Je fulmine intérieurement pendant je ne sais combien de temps jusqu'à ce que...
« Salut ! »
Je fais mine de ne pas l'avoir entendu.
« SALUT ! » fait-il un peu plus fort.
Je marmonne dans ma maille en cachemire, un peu amical : « Bonjour » Il comprendra peut-être que je ne veux pas entamer la conversation…
« Ah, je me disais bien que tu pouvais parler, toi aussi ! » ou pas… « C'est cool ! Ça fait longtemps que je n'ai pas eu de compagnie. Comment …»
« Écoute, je t'arrête tout de suite. Je n'ai pas l'intention de te mentir : je n'aime pas les changements, j'aime le silence et qu'on m'admire. Apparemment, je suis contraint de supporter ta présence (je me retiens d'ajouter « et ton odeur ») mais je ne suis pas obligé de t'écouter, ni même de discuter avec toi. Alors ne me parle plus, merci. »
Mon attitude n'est pas celle à laquelle j'ai été habituée, mais je suis tellement énervé que je n'ai pas pu me retenir. Les rires provenant de la pièce où sont entrés les deux hommes n'arrangent en rien mon humeur.
Après quelques minutes, le silence est à nouveau brisé :
« Dra...co. Ah, Draco. Huh. C'est, original… »
J'essaie d'être le plus calme possible alors que je dis :
« Je croyais avoir été clair : ne me parle pas. Et je peux savoir ce que tu entends par original ?
- …
- Non, mais tu réponds à ma question et ensuite tu te tais » j'explique alors que l'autre chaussette reste muette.
Cela ne semble pas l'inciter à parler pour autant. Ce qui en soit n'est pas plus mal car c'est ce que je voulais.
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Je m'ennuie. L'autre n'a toujours pas daigné répondre à ma question. Je crois l'avoir vexé. Pour si peu, franchement, on n'a pas idée d'être aussi susceptible.
Original. C'est un compliment ? Ou pas ? Il n'était pas très explicite dans sa manière de le dire. Ca m'agace. Harry m'agace.
Ah, oui, j'ai découvert son prénom l'autre soir.
Draco – le sorcier, pas moi- s'est disputé avec Harry – pas la chaussette, l'humain- et Harry – la chaussette, pas le sorcier – était triste. Moi, je jubilais car j'allais retrouver ma vie d'avant. Je ne connaissais pas la raison de leur querelle, mais ça avait l'air sérieux. Les deux sorciers sont partis dans la chambre, continuant à se disputer. De temps en temps, on pouvait entendre des insultes être proférées. Au bout de quelques minutes, je me suis tourné légèrement pour dire adieu à l'autre chaussette. C'est là que j'ai pu voir le nom brodé sur le tissu multicolore : Harry.
Malheureusement, mon discours est resté à l'état de pensée car le feu de la cheminée s'est mis à crépiter anormalement. Cinq secondes plus tard, une voix féminine s'est écriée juste en dessous de moi : « Draco ? Harry ? Vous êtes là ? Ohé, y'a quelqu'un ? » La porte de la chambre s'est ouverte à la volée et Draco est apparu en peignoir. Il avait l'air agacé et légèrement essoufflé. Son agacement s'accentua lorsqu'il reconnut la personne qui avait appelé via le réseau de cheminette. Il la salua brièvement avant de demander à Harry de venir.
« Hey, salut Hermione ! » s'exclama Harry, mettant un peu d'ordre dans sa tenue.
« Soit bref, ordonna Draco à Harry quand ce dernier les rejoignit dans le salon, avant de regagner la chambre. »
« Salut Harry, j'espère ne pas vous déranger, dit la femme lorsque le brun fut à sa hauteur. »
Elle continua, embarrassée, sans attendre de réponse : « Tu as pu parler à Draco de ma requête ? »
« Tu ne nous déranges jamais, Mione. Et oui, j'en ai informé Draco. Il est, hum, finalement d'accord. J'allais te prévenir… juste après, acheva-t-il pour lui.
- Ah c'est super ! s'enthousiasma la sorcière. Merci infiniment, je te revaudrai ce service. Je ne te retiens pas plus longtemps. Je reviendrai demain matin, à 8 heures ça ira ?
- C'est parfait. Salue Ron de ma part.
- Bien entendu. Bonne soirée, Harry, souhaita Hermione avec une certaine malice dans la voix.
- À toi aussi » répliqua le brun.
Puis Harry s'est relevé et s'est précipité vers la pièce où l'attendait Draco. Je ne sais pas trop pourquoi, mais j'ai eu à ce moment comme un mauvais pressentiment.
Toute la nuit, j'ai attendu qu'Harry ressorte de la chambre, prenne le bout de tissu suspendu à mes côtés et disparaisse. Rien de tout cela n'arriva. Bien sûr, Harry est sorti de la chambre à deux reprises. Mais, c'était à chaque fois pour prendre quelque chose à la cuisine. Il fallait que je me fasse à l'idée. Ce n'était pas aujourd'hui que j'allais être débarrassé des Harry.
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Le lendemain, mon humeur était au plus bas. Les deux sorciers étaient joyeux. Harry aussi. Il se permit même de chantonner quelques mélodies de Noël. Je n'ai pas pu dire grand chose car il chante bien, en vérité. Et, comme il me l'a fait remarquer :
« Je chante pour moi, je ne m'adresse absolument pas à toi. »
Je voulais lui répondre, mais je fus interrompu dans mon élan par l'arrivée soudaine de Hermione. Et surtout de ce qu'elle déposa à Harry qui l'accueillit chaleureusement. Toute mon attention se reporta sur la chose. J'entraperçus Draco quitter l'appartement par la porte principale. Je n'entendis pas ce que Hermione dit à Harry. Je ne vis pas cette dernière repartir.
Rien de tout cela ne me parvient, à présent. Seul m'importe ce que fait le balai-brosse sur quatre pattes, pour reprendre les termes de Draco, qu'ils osent nommer : un chat.
Je comprends maintenant pourquoi Draco n'était pas content, hier. Moi, je suis surtout inquiet. Et je constate que Harry n'est pas à l'aise non plus. Ça craint ! Je l'entends murmurer :
« Ne fais plus un geste, sinon… »
Trop tard.
L'animal sauvage fonce droit sur moi. Le félin saute en l'air, toutes griffes dehors.
Je vois ma vie défiler devant mes yeux.
À ma grande surprise et à mon plus grand soulagement, le chat m'effleure seulement. Il a sauté sur le manteau de la cheminée. Il est assis juste au-dessus de moi. Sa queue balaie de gauche à droite, me chatouillant par moments.
Je retrouve ma sérénité, quand soudain une fée vient se poser sur le haut de mon corps. Deux battements d'ailes plus tard, une patte de velours munie de griffes acérées s'abat sur moi. C'est douloureux. Surtout la seconde fois. Pour ne rien arranger et à ma grande horreur, une griffe reste accrochée tandis que la patte se retire en vain. Le chat me secoue alors pour se libérer. Je me sens glisser de mon crochet. Je vois la tête du chat, puis le sol se rapprocher et une chaleur m'envahir. La cheminée est allumée. Puis à nouveau la tête du chat, la petite fée qui vole au-dessus de sa tête, et Harry. Je me sens être levé en l'air quand brusquement, je chute pour atterrir sur quelque chose de chaud et moelleux. Je me laisse bercer par ces sensations nouvelles. N'entendant pas les cris affolés de Harry et Harry mêlés :
« Pattenrond ! Vilain chat ! »
« Je te tiens Draco, ne tombe pas, accroches-toi. »
Une main me détache de mon petit lit douillet, à mon plus grand agacement, et me suspend à ma place.
Le Gryffondor prend ensuite le chat dans ses bras en disant pour lui-même :
« Heureusement que Draco n'était pas là. »
Puis il s'en va.
Un silence pesant s'installe.
« Tu m'as sauvé… Hum, merci, Harry. » fais-je gêné, mais réellement reconnaissant qu'il fut là. Avec ma chance, j'aurais fini brûler vif. La petite fée volette jusqu'au sapin de Noël, retrouvant ses semblables et j'imagine une petite vengeance, jusqu'à ce que Harry me réponde tout aussi gêné:
« De rien, Draco. »
Après quelques minutes de silence, je demande sur le ton de la conversation : « Et sinon, que voulais-tu dire par : c'est original ? »
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Depuis l'incident avec le chat, mon compère me paraît bien moins ennuyeux qu'auparavant. Je le trouve même sympathique et son innocence est un régal. Comme par exemple, l'autre jour, nos deux propriétaires sont rentrés d'une fête et Harry m'a demandé perplexe :
« Pourquoi est-ce qu'ils se disputent, cette fois ?
- Euh, je ne crois pas qu'ils se disputent » ai-je répondu.
« Bah pourquoi est-ce qu'ils se battent s'ils ne se disputent pas ? me questionna-t-il de plus en plus dubitatif.
- Je ne crois pas qu'ils sont en train de se battre, non plus.
- Ça y ressemble pourtant : ils sont collés l'un à l'autre et Harry a pratiquement arraché la chemise de Draco, qui semblait pour le coup furax du peu de délicatesse. »
J'allais répliquer que ce n'était pas la première fois que j'assistais à ce genre de scène. L'an dernier déjà, j'avais été témoin de ce spectacle étrange. Mais la chaussette en laine continua à la limite de l'indignation : « Voilà que Draco a fait tomber Harry ! Heureusement que le canapé était là pour amortir la chute ! Ils sont l'un sur l'autre et regarde comme ils se tortillent pour savoir qui prendra le dessus ! »
J'ai préféré me taire. Ça ne servait à rien d'essayer de convaincre l'autre. Il était comme son propriétaire : naïf et têtu. Autant le laisser découvrir par lui-même la vérité.
Je reportais mon attention sur ce qui se passait entre les deux humains, n'écoutant qu'à moitié les paroles de mon congénère :
« Vas-y Harry ! Ne te laisse pas faire !… »
« C'est ça, mords-le dans le cou ! Il n'avait pas à te tirer les cheveux !… »
« Oulah, il est fou Draco ou quoi ?! Il n'a pas le droit de le prendre par là !… »
« Mais, vire ta main de là ! Il te dit qu'il n'en peut plus ! … »
« Ah quand même, Draco s'écarte… »
« Pauvre Harry, il n'aurait pas dû lui tourner le dos, voilà que Draco revient à la charge. Moi qui croyais que Draco voulait soigner Harry avec sa pommade. Il le torture, oui ! »
Je n'ai pu m'empêcher alors de répliquer : « Il m'a pourtant l'air tout à fait consentant. »
« Je… »
Harry n'ajouta rien de plus. Je crois qu'il venait de comprendre ce qui se passait en réalité. Si j'avais su que c'était le moyen pour le faire taire, plus de cinq minutes, j'aurais souhaité que les deux sorciers fassent ça dans le salon bien plus tôt.
Sauf qu'en vérité, j'aime bien quand Harry me parle. Je suis déjà triste à l'idée de savoir que dans quelques jours, chacun de nous retournera dans son carton d'emballage, sans garantie de le revoir l'année prochaine. Ça me déprime.
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L'heure de quitter ma place au-dessus de la cheminée est arrivée, bien plus tôt que je ne le pensais. Pourtant ce que les humains appellent Noël n'est pas encore passée. Harry est aussi surpris que moi lorsque Draco nous décroche, nous dépose dans un sac transparent et nous emmène avec lui dans la cheminée.
Quelques secondes plus tard, nous voilà dans une grande pièce assez bruyante. Des drôles de machines occupent les lieux et sont en état de marche, créant pour certaines de la vapeur ou de la mousse, tandis que d'autres filent de la laine. Cet endroit m'est familier. Nous continuons d'avancer jusqu'à une autre salle, bien plus silencieuse. Une vingtaine de personnes sont assises devant de petites machines d'où sortent des aiguilles. Un peu plus loin encore, un homme à moustache accueille Draco en lui serrant la main. Ils discutent un peu, puis Draco tend le sac où nous nous trouvons. L'homme à la moustache jette un rapide coup d'œil à l'intérieur, avant d'appeler une certaine Hélène. La femme arrive quelques instants plus tard et elle se voit confier la tâche de s'occuper de nous.
J'ai peur et Harry aussi. Draco est de plus en plus petit. J'ai juste le temps de voir qu'il tend une enveloppe à l'homme à la moustache, lui serre la main et jette un dernier regard vers nous.
« Où est-ce qu'il nous emmène ?
- Je ne sais pas.
- Qu'est-ce qu'il vont faire de nous ?
- Je ne sais pas. »
Je lui mens. Je tente de le rassurer. La vérité est que je pense que notre fin est venue. Je suis né ici, il est logique que je sois détruit ou recyclé ici. Ce qui me réconforte, c'est que je ne suis pas seul. Je me glisse plus près de Harry.
Notre parcours s'arrête alors que la femme s'installe devant sa machine, posant le sac juste à côté sur une petite table. Elle me sort du sac, avant d'avoir eu le temps de dire « Adieu » à Harry, et m'allonge sur le plan de travail. Ses doigts me caressent pour me mettre bien à plat. Elle fouille dans un tiroir et en sort une aiguille, ainsi que des ciseaux. Elle se lève et revient quelques minutes plus tard. Elle me prend ensuite dans sa main et je préfère fermer les yeux lorsque je sens une pointe en métal s'enfoncer doucement en moi…
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« Garde bien les yeux fermés !
- On avait dit un seul cadeau pour cette année ! Là, ça en fait déjà trois ! s'exclame Harry faussement agacé.
- Arrête de te plaindre, Potter. Et puis, tu pourras toujours me rembourser en nature, si ça te gêne tant que cela. »
Un petit rire, un soupir appréciateur et un long baiser plus tard :
« Tu peux les ouvrir, c'est bon. »
Harry s'approche de nous, suivi de près par Draco qui guette sa réaction. C'est la première fois que je le vois aussi nerveux. Draco fouille dans sa poche et pose un genou à terre.
Ah, oui, je vais bien. Je suis toujours entier. Harry aussi. Oups, pardon, je ne suis pas encore habitué à le dire en entier : Harry Potter Malfoy.
« Harry Potter Malfoy. » Bah, oui, c'est ce que je viens de dire. Harry répète le nouveau nom inscrit sur sa chaussette et lit le mien : « Draco Malfoy Potter » C'est la classe, n'est-ce pas ?
Harry se retourne et c'est ému qu'il accepte la bague offerte par Draco.
Puis les deux hommes s'embrassent sans retenue.
En temps normal, j'aurais été agacé qu'ils fassent leur câlin devant nous… aussi près en plus !
Un peu plus tard, alors que les deux hommes sont allongés dans les bras l'un de l'autre, devant la cheminée, sur une couverture qu'ils ont invoquée, j'aurais pu être d'autant plus choqué que Harry nous déloge de notre place pour nous enfiler à ses pieds, parce qu'il avait un peu froid.
Encore plus tard, j'aurais pu être complètement indigné qu'Harry et Draco remettent le couvert alors que nous étions toujours aux pieds de Harry.
Mais là, je m'en fiche. Je suis heureux car j'ai la certitude que je retrouverai Harry – qui là est couché sur moi et se frotte doucement contre moi - l'année prochaine, et toutes celles à venir.
C'est vraiment un très joyeux Noël.
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