Regina se réveilla en sursaut. Sa poitrine bouillonnait. Elle aspira une grande quantité d'air dans l'espoir de faire taire ses suffocations et les palpitations de son cœur. Un râle sonore s'échappa de sa bouche, donnant le signal d'alarme. Son corps frêle s'agitait au rythme de la douleur qui le tiraillait. Ses parents accoururent dans sa chambre et l'aidèrent à se lever pour l'emmener à l'hôpital.

Emma arriva à l'accueil quelques dizaines de minutes après avoir eu le message du père de Regina.

La famille seule était autorisée à la voir. Cora la repoussa sèchement. Emma se plia à la règle injustement imposée et partit, sachant que Regina allait bien à présent.


Ses yeux s'ouvrirent, en proie à la lumière du jour. Les volets n'avaient pas été fermés et les rayons du soleil l'assaillissaient déjà. Elle papillonna des yeux pour s'habituer à la lumière qu'elle estimait vive comparée aux ténèbres de ses rêves. Il était encore tôt. Elle bailla et s'étira. Les médicaments avaient alourdi son sommeil et endormi sa douleur.

Regina sursauta en découvrant un corps allongé à même le sol. Elle l'appela à plusieurs reprises et finalement, se résolut à lui jeter un gobelet en plastique pour la réveiller.

Emma grogna et bascula sur le ventre avec une certaine raideur. Son visage était entièrement caché derrière ses longues boucles blondes. Elle se redressa avec la même rigidité et s'appuya sur le rebord du lit à l'aide de ses coudes. Elle posa sa tête sur le matelas et regarda Regina de ses yeux verts.

- « Qu'est-ce que tu fais ici ?, demanda Regina. Comment tu as fait pour venir ?

- Et bien je... J'ai..., bailla Emma. Je me suis cachée dans la chambre d'une petit vieille qui a bien voulu m'aider... Et après je suis entrée ici.

- C'est chevaleresque, commenta Regina dans un sourire.

- Dis ça à mon dos. »

Emma s'avachit sur le lit avec une certaine théâtralité. Regina caressa ses boucles blondes, ponctuant ses attentions de répliques moqueuses. Emma s'y déroba. Elle se hissa sur ses deux jambes.

- « Tu peux te lever ?

- Oui mais on va devoir tirer ma perfusion avec moi, la prévint la brune.

- Ça c'est rien. Viens. »

Emma incita Regina à s'accoler dos au mur. Bien qu'intriguée, elle s'exécuta curieuse de voir ce qu'Emma avait encore inventé. Emma sortit un pot de peinture qu'elle avait glissé sous le lit. Le liquide était translucide. Elle y plongea généreusement un large pinceau tout droit sorti de sa poche. Regina s'attendit à se voir peinturlurée mais Emma dessina son contour, la frôlant toujours sans la toucher. Lorsqu'elle eut achevé le pourtour de sa silhouette, Regina regarda le mur. Il était tout aussi blanc qu'il l'était de nature. Elle s'enquit de la nature de tout ceci mais Emma ne répondit pas et se colla au mur, un peu à côté de la place qu'avait prise Regina quelques secondes plus tôt. Elle lui tendit le pinceau.

- « Il faut que tu fasses mon contour, lui dit Emma.

- Oui mais arrête de te mettre sur la pointe des pieds » râla Regina.

Elle posa une main sur l'épaule d'Emma afin de la maintenir fermement au sol. Elle dessina le contour à l'aide du pinceau avec assiduité. Elle remonta afin de tracer le contour de sa deuxième épaule. Emma ne cessait de gesticuler pour l'agacer. Alors la brune passa le pinceau juste sous son nez, faisant pester sa pauvre victime qui essayait d'ôter le liquide gluant de son visage. Regina se hissa sur la pointe des pieds et dessina le contour de la tête de son amie.

Emma la cherchait du regard et cela la gênait. Elle lui sourit nerveusement et osa croiser son regard vert :

- « Quoi ?

- Rien, je me disais juste que tu étais magnifique.

- Arrête, Emma.

- Que j'arrête quoi ?

- De dire des choses comme ça.

- C'est mal si je le pense ? »

Regina secoua la tête et se recula. Elle changea de sujet et demanda, encore une fois, le but de cette fresque invisible. Elle s'assit sur le rebord du lit et reprit le souffle qui commençait de nouveau à lui manquer. Emma ferma alors les volets et la pièce sombra dans l'obscurité. La nuit tombait dans la pièce et le mur s'illuminait de minuscules petits poins innombrables. Les contours qu'elles avaient dessinés luisaient aussi dans les ténèbres. On voyait alors deux silhouettes parmi les astres.

- « Tu disais aimer l'astronomie... Pourquoi ?, demanda Emma en prenant place sur le lit.

- Parce que c'est mystérieux et aussi parce que lorsque les étoiles meurent, elles continuent d'éclairer la nuit bien des siècles après. Les romains pensaient que le ciel était un immense voile percé et qu'on apercevait le feu derrière. Ils pensaient que c'était la même matière que nos âmes. Je trouvais ça beau qu'ils croient que nos âmes soient de la même matière que les étoiles. »

Regina regarda en direction d'Emma, sentant sa présence plus qu'elle ne la voyait... Cependant, elle distinguait nettement son coup de pinceau, à présent brillant, qu'elle avait laissé sur son visage. Elle ricana moqueusement et chercha son visage à tâtons. Elle sentit la douceur de ses cheveux entre ses doigts et découvrit sa mâchoire. Elle savait qu'Emma souriait sous ses doigts. Regina passa doucement un doigt sur la partie lumineuse de sa chair, se moquant de cette peau d'étoile.

- « Personnellement, je préfère la lune, déclara Emma.

- Pourquoi ?

- Parce qu'elle renvoie son éclat au soleil pour lui rappeler à quel point il est brillant. »

Les doigts de Regina s'arrêtèrent. Un sourire narquois se peignit sur ses lèvres mais Emma ne pouvait le voir dans la pénombre.

- « Pourtant la Terre sépare parfois la Lune et le Soleil.

- La Terre est une grosse emmerdeuse » conclut Emma avec évidence.

Regina s'humecta les lèvres et entoura le visage de ses mains. Elle posa ses lèvres sur sa joue. Elle la devinait plus qu'elle ne la voyait. Elle appuya ses lèvres à la commissure de sa bouche finement dessinée. Les joues d'Emma devenaient plus chaudes sous ses mains et ses lèvres et Regina devina son teint empourpré. Elle approcha encore une fois son visage du sien, hésitant une dernière fois. Puis elle l'effleura d'un premier véritable baiser qui finit de l'embraser.


Le ventre cria famine pour rappeler au corps entier la souffrance qui était la sienne. Emma laissa échapper un râle, pour approuver le grognement de son ventre.

« Je meurs de faim... » marmonna-t-elle en regardant amoureusement le distributeur au bout du couloir.

Regina la détourna de sa tentation et l'emmena un peu plus loin. Mme Swan s'était arrêtée à l'accueil afin de savoir dans quelle salle sa fille avait rendez-vous.

- « C'est plus efficace si tu es à jeun, lui rappela Regina inutilement.

- Si je finis affamée, il y aura plus rien à sauver..., ironisa Emma d'une voix légère.

- Ce sera pas long. »

Mme Swan revint vers elle et les guida à travers l'hôpital. Elle connaissait à présent ces murs comme ceux de sa propre demeure et ce, à son plus grand déplaisir. Emma leur adressa un dernier signe et disparut dans une salle.

Regina s'assit à côté de la mère d'Emma. Elle plaça son sac sur un siège vide à sa gauche et rajusta le petit tuyau qui facilitait sa respiration.

« Elle avait arrêté son traitement. Elle attendait de mourir. » confia la mère d'Emma.

Regina ne dit rien, n'osant même pas risquer un regard dans sa direction. Elle fixa ses chaussures. Emma restait évasive la plupart du temps aussi Regina n'avait pas soupçonné ce genre de comportements.

« Je sais qu'elle l'a fait pour toi parce que ma fille et toi vous êtes... », continua-t-elle.

Regina tourna la tête vers son interlocutrice et commença à essayer de se justifier, de démentir. Mary Margaret sourit tristement il aurait été presque plaisant de s'inquiéter de ce genre de détails de l'existence.

- « Je veux juste qu'elle vive et qu'elle soit heureuse.

- C'est ce que je veux aussi, assura Regina.

- Dans ce cas, je ne vois aucune raison de te refuser dans sa vie. »

Mary Margaret fixait la porte. Elle savait que le cancer généralisé d'Emma était une cause perdue. Il ne lui restait plus que l'espoir irrationnel d'un mère qui prie pour la grâce de son enfant.

Emma savait qu'elle ne pourrait pas repousser éternellement la mort qui lui tendait les bras. Elle l'avait attendue patiemment mais cette fatalité moqueuse s'était détournée d'elle. Emma n'avait perçu sa vie que comme une souffrance injustement imposée à ses parents. Mais à présent, elle avait envie de vivre un peu plus longtemps, juste un peu, rien qu'un seul jour de plus. Elle souhaitait simplement profiter encore de la présence de Regina.

La porte s'ouvrit et Emma sortit de la pièce d'un pas trainant. Elle était plus fatiguée qu'à l'aller. Sa mère passa une main dans son dos, lui rappelant d'une caresse maternelle qu'elle était présente. Emma se réjouit plus qu'elle ne s'étonna que Regina soit restée. Elle lança un commentaire visant à rappeler qu'elle criait famine ce qui amusa sa mère. Cette dernière se plaisait à entendre ces exigeantes banales qui lui rappelaient que sa fille existait malgré la maladie.

Regina reposa son sac sur le sol et en tira la poignée. Elle fit rouler son oxygène derrière elle, suivant les pas d'Emma.

- « Regina pourrait venir manger et dormir à la maison ce soir, commença la mère d'Emma.

- C'est vrai ?, s'enthousiasma sa fille malgré sa fatigue. Il y a des trucs que t'aimes pas manger ?, demanda-elle à leur invitée.

- Et bien, réfléchit Regina prise au dépourvu. Je mange de tout. Il faudra juste que je demande à ma mère si je...

- Je m'en charge » déclara Mary Margaret.

Emma et sa mère commençait à débattre du menu, demandant l'avis de Regina pour trancher. Mary Margaret lui rappelait qu'il ne fallait pas manger n'importe quoi et Emma se plaignait que seule la bonne nourriture était un crime.

L'épaule de Regina effleurait parfois celle d'Emma au gré de leur pas. Et discrètement, leurs doigts s'enlacèrent.


Regina tendit les bras devant elle afin d'aviser la robe que sa mère venait de lui offrir. Cette dernière feignait l'indifférence derrière un magazine.

- « Tu ne peux pas aller chez des gens en étant mal fagotée... Et comme ton amie s'amuse à t'appeler Dark Vador, je pensais que tu trouverais amusant de porter une robe noire, lança Cora dans un sarcasme.

- Et bien, il me manque mon sabre laser..., lui fit remarquer sa fille.

- Pour ça, demande à ton paternel de trafiquer une lampe... Mais si tu électrocutes ton amie par inadvertance, il ne faudra pas venir t'en plaindre. »

L'humour de Cora était tout relatif et cachait toujours un remarque acerbe irrépressible. Regina ne releva pas et fila dans sa chambre pour enfiler sa robe.

Le tissu glissa sur sa peau. Elle remonta habillement la fermeture éclair dans son dos. Elle se mit timidement devant son grand miroir. Elle rechignait à se regarder mais il fallait bien s'y résoudre.

La robe dissimulait sa poitrine inexistante. Le tissu fluide laissait imaginer le galbe des courbes. Sa mère avait choisi ce vêtement pour ce seul attrait, se souvenant par ailleurs que sa fille appréciait le noir.


Emma s'empressa d'ouvrir la porte, s'habituant douloureusement à ses chaussures à talons. Ses deux nouvelles amies à ses pieds lui rappelaient douloureusement qu'une démarche si hâtive était peu recommandée.

- « Hey... Ca tombe bien que tu aies mis une robe, dit-elle en lui ouvrant.

- Pourquoi ?, » s'enquit Regina en entrant.

Emma referma la porte. Elle laissa Regina aller dans le salon, la suivant d'un pas moins assuré. Ceci lui permit cependant de se délecter de la peau satinée que la robe offrait à travers un décolletée habillement situé dans le dos. La brune avait arrêté son choix sur des chaussures plates afin de faciliter sa marche, son petit sac la suivant toujours. Le tissu de sa robe dansait au fil de ses pas.

« En fait, mon père a voulu faire une surprise à ma mère et l'emmener au restaurant ce soir mais il s'est pété la cheville entre temps » annonça Emma en désignant son père d'un geste de la main.

Regina salua les parents d'Emma. Elle se tourna vers son amie, attendant la suite de son récit. La brune saisit cette occasion pour détailler la robe pourpre d'Emma. Elle était ravissante quoique visiblement peu à l'aise dans cette tenue qui dénotait de sa garde-robe habituelle.

- « La réservation au resto est déjà payée et comme ma mère peut pas y aller toute seule..., continua-t-elle.

- Vous allez y aller toutes les deux, abrégea M. Swan.

- Il serait dommage que cette réservation ce soit faite pour rien » renchérit sa femme.

Regina lança un regard en direction d'Emma. Elle n'était guère convaincue par ce récit pourtant plausible... Emma haussa les épaules : la vérité des circonstances lui importait si peu.


Le taxi les ramena jusque devant la maison d'Emma. Les deux adolescentes en sortirent, toutes guillerettes de leur soirée.

- « Le serveur était vraiment... pompeux ! 'Madame' ceci, 'Madame' cela, fit-elle en imitant le ton cérémonieux du serveur.

- C'est vrai que c'était bizarre, rit doucement Regina. Et puis quand il a laissé le champagne !

- Oh oui ! 'Bien sûr qu'on a l'âge légal'. »

Elles rirent, se moquant du pauvre serveur qui leur avait été attribué. Le pauvre homme avait été bien malmené.

Emma glissa sa clef dans la serrure et ouvrit la porte. Elle la referma referma aussitôt que Regina eut pénétré dans la maison. Elles montèrent les escaliers tout en essayant de faire le moins de bruit possible. Regina réalisa alors son oublie :

- « Je n'ai pas de pyjama.

- Attends je vais t'en passer un. »

Emma tira un tiroir de sa commode et en sortit un bas de pyjama et un débardeur large. Regina la remercia et partit se changer dans la salle de bain. La blonde ôta sa robe et revêtit un débardeur à son tour, assorti d'un short léger. Elle se laissa tomber sur son lit, sa tête s'appuyant contre son oreiller douillet. Elle ferma les yeux quelques secondes, se remémorant sa soirée avec délice. Elle sentit Regina approcher et rouvrit les yeux.

- « Tu dors déjà ?, s'amusa-t-elle.

- Non, je t'attendais. »

Elle tapota la place libre à côté d'elle, l'incitant à y prendre place. Emma remarqua qu'elle tirait sur le tissu du débardeur pour l'empêcher de tomber et de laisser deviner sa poitrine amoindrie.

- « Tu sais que ça n'a pas d'importance ?

- C'est moi que ça gêne. On dirait la poitrine d'un garçon.

- Tu n'as rien d'un garçon. », assura Emma.

Elle se redressa sur le lit afin d'approcher son visage à hauteur de celui de Regina. Emma fit glisser ses doigts le long de son bras et enlaça la main de Regina dans la sienne. Elle accompagna ce geste d'un baiser léger sur ses lèvres. La brune la repoussa doucement. Emma craignit de n'avoir commis un impair.

Regina ôta le fin tuyau de son visage. Il était presque étrange de la voir sans ce masque léger qui habillait habituellement ses traits.

« Ca va aller. Je peux gérer. » dit-elle en devançant sa question.

Elle voulait laisser cet appareil derrière elle, juste un instant. Elle désirait n'être qu'elle. Elle passa ses jambes de part et d'autre d'Emma. Cette dernière se redressa à l'aide de ses coudes.

« Tu n'as rien d'un garçon. Je le vois à ta bouche... », commença-t-elle.

Elle approcha ses lèvres des siennes pour les effleurer d'un baiser fugace. Ses doigts décrivirent une course imaginaire de sa mâchoire, effleurant la clavicule et ses épaules nues.

« Je le vois à tes épaules fines aussi... » continua-t-elle en embrassant son cou et son épaule.

Ses mains esquissèrent le dessin de ses côtes, s'apesantirent brièvement sur ses hanches.

« Ta taille marquée n'a rien d'un corps de garçon... », conclut Emma.

Regina prit une profonde inspiration et croisa les bras. Elle attrapa le tissu du débardeur et le passa par dessus sa tête. Ses cheveux bruns ruisselèrent sur ses épaules et elle ne prit pas la peine de les remettre en place. Elle recroquevilla machinalement ses bras sur sa poitrine. Emma ne cilla pas. Elle plongea son regard dans celui de Regina. Ses yeux reflétaient mille couleurs à la manière de deux opales précieuses.

- « Je suis tombée amoureuse de ton âme avant d'aimer ton corps, informa Emma afin de dissiper toute once de doute qui pouvait encore subsister.

- Emma...

- C'est vrai, je... »

Regina sertit son visage de ses doigts et l'attira vers elle pour lui donner un baiser appuyé qui l'empêcherait de parler. Elle ne voulait plus se soucier de son corps décharné, de son cœur essoufflé.

Regina risqua ses mains sur le corps d'Emma, s'appropriant ses courbes. Lorsque les vêtements tombèrent et que les corps s'épousèrent, le souffle de Regina se fit plus rare. Elle bloquait l'air dans sa poitrine pour faire taire un soupir de plaisir. Emma ne parvenait que difficilement à se défaire de son inquiétude.

La poitrine de Regina se soulevait au rythme d'une respiration profonde en vue de procurer à ses poumons l'air qu'ils quémandaient. Elle passa une main dans la chevelure blonde d'Emma, embrassa sa nuque, caressa son ventre, grava l'empreinte du désir sur sa chair. Regina scella ses lèvres dans une promesse silencieuse.

Il ne s'agissait que de s'aimer.


Emma attendait impatiemment sur le pas de la porte. Elle apportait avec elle un bouquet de fleurs et un paquet de feuilles minutieusement imprimées, méticuleusement agrafées par paquet organisés. Elle avait écrit une multitudes de suites et de fins au livre que Regina adorait. Elle en était plutôt satisfaite. Un sourire s'étira sur les lèvres de l'adolescente lorsqu'elle entendit quelqu'un tourner la clef dans la serrure.

Elle fut quelque peu déçue de constater qu'il ne s'agissait que de sa mère.

- « Bonjour, est-ce que Regina est là ?

- Non, répondit sèchement Cora.

- Je peux la voir ?

- Non.

- Hein ? Mais pourquoi ? »

Emma commençaient à s'emporter. Elle ne voyait pas pourquoi on lui refusait de voir Regina. Il n'y avait pas eu de désaccord ou de problèmes jusqu'à présent. Cora regarda la petite-amie de sa fille, ses yeux sertis de la rougeur des pleurs. Puis elle lui annonça avec autant de délicatesse qu'il lui était possible de le faire. :

« Regina est partie hier soir. Elle ne reviendra pas. »

Son cœur comprit ces mots avant que son esprit ne puisse les saisir. Son corps se figea, tétanisé par l'horreur. Regina était morte. Les feuilles tombèrent sur le sol, les fleurs s'écrasèrent à terre, quelques pétales s'échappant du bouquet pour choir à ses pieds. Regina était morte. Sa vision se brouilla et ses yeux la brulèrent. Les larmes inondèrent ses joues. Elle plaqua les mains sur sa bouche pour faire taire le sanglot déchirant qu'elle ne pouvait taire. Regina était morte.

Emma avait tant parlé de mourir. Elle l'avait tant désiré. Elle avait parlé de mourir de faim, de mourir d'ennui, de mourir de rire. Mais à trop se jouer de la mort, elle avait oublié que le pire n'était pas de s'en aller mais de subir l'absence de quelqu'un que l'on a ardemment aimé.

Regina était morte et désormais Emma...


FIN.


Notes :

Cette fanfiction est calquée sur le film Les Etoiles Contraires (je n'ai pas lu le livre). J'ai abandonné l'idée de « l'auteur » parce que ça collait vraiment trop, trop au contenu original et que j'y trouvais pas d'intérêt. Mais j'ai repris l'idée de cette phrase laissée en suspens.

C'est aussi inspiré du film The Theory of Everything , du drama japonais 1 liter of tears et du livre les Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar.

Emma lit le livre La mélancolie de Haruhi Suzumiya.