Pour répondre aux reviews :

bdf007 Encore merci !

Lycann : Merci pour ta review pour le moins constructive. Je suis consciente de la folie d'un tel projet (le voyage temporel, je veux dire), mais après tout, les fanfic sont là pour essayer de construire de nouvelles aventures, non ? Et ne t'en fais pas, l'histoire ne sera pas seulement tournée vers Hermione/Sirius.


Chapitre 2 : une nouvelle ère

Poudlard - 3 septembre 1977

Hermione cligna des yeux à plusieurs reprises, se demandant si le sort l'avait réellement envoyée dans le temps ou s'il avait raté et s'était contenté de l'envoyer aux portes de Poudlard. Elle rangea l'album photo au fond d'une poche de sa cape et donna un léger coup de baguette envers sa valise qui se souleva dans les airs. Elle souffla un grand coup, et franchit les grilles d'entrée du château.

L'école était identique à celle qu'elle connaissait. Les mêmes bâtiments aux pierres abîmées et vieillies par le temps surplombaient un parc aux couleurs de la fin de l'été. Sur sa gauche, Hermione pouvait apercevoir la cabane de Hagrid, en lisière de la Forêt Interdite. Un peu plus loin sur la droite, les eaux du lac ondulaient à peine et la jeune femme vit un long tentacule sortir sur l'horizon. Le terrain de Quidditch n'avait pas bougé, et les anneaux des buts se dessinaient dans un ciel baigné de soleil (1). Une légère brise de fin d'été faisait bouger les feuilles du Saule Cogneur fraîchement planté, et Hermione pensa instantanément à Rémus Lupin. Elle secoua légèrement la tête, et accéléra le pas, sa valise volant toujours à ses côtés.

L'air était frais dans le Grand Hall. Rien n'avait changé, mis à part un impressionnant tableau suspendu au-dessus du grand escalier de pierre. Les quatre fondateurs de l'école la regardaient et trois d'entre eux lui faisaient des signes de la main. Salazar Serpentard la regardait d'un air dédaigneux. Hermione se demanda où ce tableau avait-il pu être déplacé, car il n'existait pas à son époque. Cependant, elle ne s'attarda pas davantage. Elle devait se rendre dans le bureau du Professeur Dumbledore. Dirigeant son lourd bagage avec sa baguette, elle marcha quelques dizaines de minutes avant de s'arrêter, légèrement essoufflée, devant la gargouille de pierre dissimulant l'entrée du bureau du directeur de Poudlard. Elle jeta un coup d'œil à sa montre magique – un cadeau de Tonks pour son dernier anniversaire – qui indiquait vingt heures. Le banquet doit être à peine commencé et Dumbledore doit encore y être, se dit-elle. De toute façon, je ne connais pas le mot de passe. D'un coup sec de baguette magique, sa valise tomba lourdement sur le sol. Elle s'assit dessus, et attendit.

Hermione réfléchissait déjà à la tâche qui l'attendait. Il lui faudrait se rendre dans la Réserve de la bibliothèque pour effectuer des recherches, et pour cela il lui faudrait un mot d'un professeur. Bien qu'elle ait déjà épluché tous les ouvrages à lecture restreinte, il lui fallait recommencer, au cas où un détail lui aurait échappé. Elle devrait également faire une liste des objets et endroits probables à la création d'un Horcruxe. En espérant que je ne fais pas fausse route. Et puis il... Un léger toussotement interrompit ses pensées et la fit sursauter.

- Professeur Dumbledore ! s'écria-t-elle en se levant précipitamment.

Albus Dumbledore la regardait en souriant, une lueur d'amusement dansant au fond de ses yeux cachés par ses lunettes en demie-lune, les mains croisées dans son dos. Hermione eut un pincement au cœur – elle croyait ne jamais le revoir, après sa chute mortelle de la plus haute tour de Poudlard, en juin dernier. Il paraissait plus jeune que la dernière fois où elle avait vu et sa barbe était moins longue, bien que brillant toujours de cet éclat argenté. L'homme avait déjà cette aura de bienveillance et de sérénité, et Hermione se sentit tout de suite plus à l'aise.

- Miss Granger, je suppose ? dit-il d'une voix posée.

Hermione acquiesça, soulagée. Visiblement, le tableau du Dumbledore de son époque avait bien joué son rôle.

- Suçacide, dit-il brusquement, s'adressant à la gargouille qui tourna sur elle-même, dévoila un escalier de pierre en colimaçon. Suivez-moi Miss Granger. Permettez-moi de m'occuper de votre valise, ajouta-t-il et, sans attendre de réponse, il donna un léger coup de baguette qui fit disparaître le bagage.

Hermione suivit le Professeur Dumbledore sans dire un mot et attendit qu'il lui demande de s'asseoir.

- Quelle ne fut ma surprise en voyant un portrait de moi-même venir me raconter une histoire des plus fantastiques, commença-t-il en souriant toujours. Si je résume la situation – arrêtez-moi si je me trompe – Voldemort va tenter de tuer le fils de James Potter et de Lily Evans, échouer et perdre ainsi tous ses pouvoirs ?

- Oui, souffla Hermione, dans trois ans à peine. Vous avez confié une mission à Harry Potter, qui est l'un de mes deux meilleurs amis, avec Ron Weasley.

- Molly et Arthur vont avoir un autre garçon donc, comme c'est amusant, dit Dumbledore. Cette mission vous a donc conduite jusqu'ici. En quoi puis-je vous être utile Miss Granger ?

- Vous ne voulez pas en savoir plus ? demanda Hermione, surprise du peu d'intérêt que le professeur semblait porter au futur.

- J'en sais déjà suffisamment, répondit-il. Mon futur moi m'a révélé tout ce dont j'avais besoin de savoir pour le moment. Bien évidemment, si vous ressentez le besoin d'ajouter quelque chose, je vous en prie.

- Je vois... Dans ce cas, pourriez-vous rédiger un mot qui m'autorise à consulter les ouvrages de la Réserve dès que j'en ai le besoin ?

Le Professeur Dumbledore ouvrit un tiroir de son large bureau de bois vernis et en sortit une feuille de parchemin roulée et attachée par un ruban rouge. Il le tendit à Hermione qui le saisit avec un sourire.

- Je suis assez prévoyant, expliqua-t-il en lui adressant un clin d'œil. Et ensuite ?

- Je pense que ce sera tout pour le moment, Professeur Dumbledore, dit-elle poliment en rangeant le rouleau dans la poche de sa cape qui contenait déjà l'album photo.

- Vous allez prendre place à Gryffondor, votre maison semble-t-il, dit-il. Pas besoin de vous refaire passer le test du Choixpeau. Vous suivrez les cours des...

- Septième année, professeur, l'informa Hermione.

- Très bien. Je vous demande toutefois de rester vigilante avec vos camarades. Je voudrais que vous ne dévoiliez pas les secrets du futur, ce ne serait pas très sage, ajouta-t-il en regardant par-dessus ses lunettes.

Hermione se demanda si le Dumbledore du tableau ne lui avait pas expliqué la trahison de Peter Pettigrew et les meurtres de Lily et James Potter.

- Si l'on vous pose la question, dites que...

- Que je viens de Beauxbâtons, coupa-t-elle. J'ai appris mon histoire par cœur avant de venir.

Le directeur approuva d'un signe de tête.

- Le mot de passe de Gryffondor est "Courage", lui dit-il. Vous savez où sont vos appartements. Bonne nuit Miss Granger.

- Bonne nuit professeur.

Elle quitta le bureau du directeur, soulagée de ne pas avoir eu à expliquer l'histoire du début à la fin.

- Courage ! lança-t-elle au portrait de la Grosse Dame qui gardait l'entrée de la Salle Commune des Gryffondor.

- La seule qualité importante des Gryffondor ! s'écria un peu trop joyeusement la Grosse Dame, et Hermione vit qu'une bouteille de vin vide était peinte sur la table à ses côtés, ce qui la fit sourire.

Le portrait coulissa, dévoilant une arche de pierre. La jeune fille souffla un grand coup et pénétra dans l'antre des Gryffondor.


Quartier Général de l'Ordre du Phénix - 3 septembre 1997

Ron Weasley faisait les sens pas devant la cheminée du salon au 12, square Grimmaurd, tandis que Harry jetait du Miamhibou à Coquecigrue et Hedwige. Les derniers restes du dîner avaient disparu depuis longtemps, mais Ron et Harry ne comptaient pas se coucher tant qu'ils n'auraient pas eu de nouvelle de leur amie. Rémus Lupin avait tenté de les rassurer pendant une vingtaine de minutes après son départ, mais avait du partir continuer ses missions pour l'Ordre.

- Tu crois qu'elle a eu un problème ? demanda Ron pour la énième fois. Évidemment, qu'elle a eu un problème, continua-t-il en marmonnant, sinon elle nous aurait déjà contactés !

- Ron, tu recommences, indiqua Harry sans même le regarder. Elle est arrivée. Laisse lui le temps de prendre ses repères. Je te signale qu'elle ne connaît personne là-bas. Elle a sûrement du rendre visite au Professeur Dumbledore.

Son cœur se serra à la pensée du vieil homme.

- Désolé, soupira Ron en s'affalant de tout son poids sur le sofa. Elle me manque déjà. Je vois au moins un avantage à son départ, tu ne nous entendras plus nous disputer pour un rien.

Harry esquissa un sourire et acquiesça en silence. Il était presque vingt et une heures et la chaleur qui émanait du feu magique le rendait somnolent. Sur la table à manger, d'innombrables ouvrages, plus lourds les uns que les autres, étaient étalés. Harry songea que si Madame Pince, la bibliothécaire acariâtre de Poudlard, s'était trouvée dans les parages, Ron et lui auraient récolté une punition pour le désordre.

Lorsque Hermione avait disparu dans les méandres du temps, Harry et Ron étaient redescendus au salon, et avaient continué leurs recherches. Mais maintenant qu'ils avaient dîné et que la chaleur de la pièce était si agréable, le manque de sommeil se fit ressentir, les laissant épuisés. Ils baillaient à tour de rôle en attendant des nouvelles de Hermione.

Harry songea à Poudlard. Il n'y remettrait plus les pieds en tant qu'étudiant, et quelque part au fond, ça lui brisait le cœur. Il considérait l'établissement comme sa seule et véritable maison. L'école était entre les mains de Voldemort, et il avait nommé Severus Rogue directeur de l'école. L'idée seule écœurait Harry, qui avait hâte de se retrouver face à face avec celui qui avait tué Albus Dumbledore quelques mois plus tôt. L'école serait bien triste cette année : de nombreux parents avaient retirés leurs enfants, les sorciers nés de parents moldus n'avaient pas reçu de lettre d'admission, et Harry avait même entendu dire que des Mangemorts avaient pris place à la table des professeurs. Il se demanda si les professeurs McGonagall et Flitwick avaient tenu bon.

- Harry ? Harry ! répéta Ron en passant plusieurs fois sa main devant les yeux éteints du brun. Quelque chose ne va pas ?

- L'année va être bien vide pour les élèves de Poudlard, répondit-il d'une voix morne, en donnant un coup de pied dans le vide. Songe à tous les élèves qui ne reviendront pas... Maintenant que le professeur Dumbledore mort, Poudlard est tombé entre de mauvaises mains. beaucoup de parents vont empêcher leurs enfants de revenir à Poudlard. Il va y régner une atmosphère morbide.

- J'essayais de ne pas y penser, grimaça Ron. Allez viens Harry, on monte se coucher.

D'un coup de baguette, il rangea la table et les livres disparurent tandis que Harry acquiesça, toujours plongé dans ses sombres pensées.


Poudlard - 3 septembre 1977

Le calme qui régnait habituellement dans la salle commune des Gryffondor avait totalement disparu au profit d'une petite fête improvisée. Hermione tentait de se frayer un chemin à travers la foule d'élèves qui chahutaient en buvant de la Bièraubeurre, lorsqu'un jeune homme passa son bras autour de ses épaules.

- Tu as l'air un peu perdue toi, dit-il en lui souriant. Tiens, bois-moi ça, ça te fera du bien !

Il lui tendit un verre plein et Hermione le saisit. Elle comptait traverser discrètement la salle pour rejoindre son dortoir, mais c'était visiblement raté pour cette fois. Le jeune homme devait avoir son âge, et ses cheveux mi-longs tombaient devant son visage rieur. Hermione ne put s'empêcher de le trouver très séduisant.

- Laisse-la donc, Sirius, lança une jeune fille en la saisissant par le bras pour l'éloigner de l'emprise de l'élève.

Les yeux de Hermione s'écarquillèrent. Elle venait tout juste de qualifier Sirius Black, le parrain de son meilleur ami, de séduisant. Elle secoua la tête pour chasser cette pensée et se tourna vers la jeune femme qui l'avait éloignée de Sirius. Ses longs cheveux roux étaient retenus par une queue de cheval et son regard émeraude pétillait. Oh non... se dit Hermione avant de se ressaisir.

- Excuse-moi, qu'est-ce qui se passe ici ? demanda Hermione en regardant le contenu de son verre avec méfiance.

- Ce n'est pas du poison, tu sais, dit la jeune femme en riant. Goûte, tu vas voir, c'est très bon ! Tu n'es pas d'ici toi, on dirait. Mais pour te répondre, ils fêtent le début de l'année scolaire et ce, depuis deux jours déjà. Ça va bien durer une semaine, autant t'y faire tout de suite ! Moi c'est Lily Evans, je suis la préfète-en-chef de Gryffondor.

- Hermione Granger, fit la jeune femme. Je suis nouvelle ici, mais en septième année, comme t...

Elle se mordit la lèvre en se rendant compte de sa presque bourde.

- Bienvenue à Poudlard alors ! s'écria Lily qui n'avait pas entendu la fin de sa phrase. On va suivre les mêmes cours.

Elle ponctua sa dernière phrase en buvant une longue gorgée de Bièraubeurre.

- Et tu viens d'où ?

- De Beauxbâtons, l'école française, récita Hermione avec assurance. Mes parents ont du déménager pour le travail.

- Je ne t'ai pas vue au banquet de rentrée. Tu sais où est ta chambre ? Tu as l'emploi du temps ?

- Le professeur Dumbledore me l'a donné lorsque je l'ai rencontré après le banquet. Et non, je ne connais pas encore les lieux. Je suis arrivé i peine quelques heures.

Lily Evans lui fit une rapide descriptions des lieux mais s'attarda également sur les cours et sur certains professeurs et élèves.

- Fais attention à certaines personnes, la mit-elle en garde en lançant un regard appuyé au centre de la pièce, où Sirius et trois de ses amis (Hermione devina aisément de qui il s'agissait et détourna le regard, gênée).

- Tu parles de... Sirius, c'est ça ? demanda-t-elle, feignant l'ignorance.

- Sirius oui, mais aussi James Potter et Peter Pettigrow, avoua-t-elle. Rémus Lupin est le second préfét-en-chef et il est plutôt abordable quand il n'est pas avec les trois idiots. Ils cherchent sans arrêt des ennuis, notamment en provoquant les Serpentard. Eux aussi d'ailleurs, tu devras t'en méfier. Ce ne sont pas les personnes les plus fréquentables de cette école, ajouta-t-elle en soupirant.

- Dans mon école aussi, il y a des tensions entre les maisons, appuya Hermione. Tu voudras bien m'excuser, je vais aller dormir. Le voyage n'a pas été de tout repos, je suis exténuée.

Hermione reposa son verre encore plein sur la table la plus proche, et s'éloigna de la préfète-en-chef avec un signe de la main. Elle monta quatre à quatre les marches de pierre qui la conduisirent à son dortoir et mit quelques instants à repérer son lit. Sans perdre une minute de plus, elle ouvrit sa valise et chercha pendant quelques secondes, avant d'extraire le miroir à double sens d'une paire de chaussettes dans laquelle elle l'avait enroulé. Elle s'assit en tailleur sur son lit, ferma les rideaux de son baldaquin et prononça une formule d'insonorisation, au cas où quelqu'un déciderait d'aller se coucher.

Elle souffla sur la surface glacée du miroir et un léger nuage de buée se dessina. Elle prononça les noms de Harry et Ron et n'eut à attendre qu'une seconde avant de voir apparaître leur visage endormi, mais alerte, du roux.

- Hermione ! s'écria Ron. Harry, viens voir ! Hermione est là !

Un second visage apparut sur le miroir et Hermione sourit en voyant soudain ses deux meilleurs amis.

- Je suis en direct du dortoir des filles de Gryffondor, dit-elle dans un sourire. Ta mère est absolument charmante aux premiers abords. Et j'ai rencontré Sirius également.

Harry mordit sa lèvre. Il n'avait jamais connu ses parents et il se dit que, finalement, Hermione avait sûrement eu raison en lui ordonnant de rester dans le présent. Dieu seul sait ce qu'il se serait passé si Harry s'était retrouvé face à face avec ses proches et surtout, face à Peter Pettigrow, à cause de qui, il ne connaîtrait jamais ses parents.

Ils discutèrent longtemps ce soir-là mais Hermione finit par couper le lien temporel magique et ordonna aux garçons d'aller se coucher lorsque Ron commença à s'endormir devant le miroir. Après avoir rangé son miroir, elle ensorcela l'album photo que lui avaient offert Harry et Ron de manière à ce qu'il apparaisse vierge si quelqu'un venait à l'ouvrir. Si quelqu'un tombait dessus... Malgré la fatigue qui lui piquait les paupières, Hermione eut du mal à s'endormir. Les semaines qui suivraient n'allaient pas être de tout repos, et elle savait qu'il lui faudrait se montrer sans arrêt vigilante.Vigilance constante ! lui criait son esprit, à la manière de Maugrey Fol'Oeil. Il ne fallait surtout pas dévoiler le futur à qui que ce soit, et ça allait être particulièrement difficile – mais sa troisième année à Poudlard lui avait fait prendre conscience des dangers encourus par ceux qui se jouent de l'espace et du temps, et elle savait ce qu'il fallait qu'elle fasse.

Lorsque Hermione se réveilla, les premiers rayons de soleil s'infiltraient déjà par l'interstice des rideaux entourant son lit. Il lui fallu plusieurs minutes avant de se rappeler où et quand elle se trouvait. Quelques minutes pendant lesquelles elle resta allongée sur le dos, avant de sortir brusquement du lit. Elle mit plus longtemps pour se préparer qu'à son habitude et la Grande Salle était quasiment pleine lorsqu'elle en franchit les portes de bois.

Plusieurs regards se tournèrent vers elle et elle pressa le pas, peu contente d'être le point de mire de tous ces yeux. Lily Evans leva les yeux de son verre de jus de citrouille et lui fit joyeusement signe d'approcher. Les regards cessèrent de la suivre lorsqu'elle prit place à la table des Gryffondor, à côté de Lily Evans qui déjeunait avec une de ses amies.

- Bien dormi ? demanda-t-elle alors. Je te présente Emily Lack, elle est avec nous en cours.

Hermione lui adressa un signe de tête en souriant, et se saisit d'un toast. La rumeur des conversations lui était familière, et elle se sentit davantage comme chez elle – malgré le manque de ses deux amis.

- Les Français mangent comme nous le matin ? demanda Lily, curieuse.

- Plus ou moins. Mais mes parents sont anglais, expliqua la jeune femme, alors je n'ai jamais vraiment suivi la mode culinaire française.

Les conversations baissèrent d'un ton, et Lily soupira bruyamment, les sourcils froncés et le regard tourné vers l'entrée de la Grande Salle. Quatre jeunes hommes venaient d'entrer et Hermione remarqua que la gente féminine de Poudlard ne semblait pas mécontente. Certaines les regardaient comme s'il s'était agit de fantômes, avec un sourire stupide au bord des lèvres.

Comme s'ils n'avaient pas remarqué les regards portés sur eux, ils continuèrent leur conversation en s'installant à la table de leur maison, juste à côté des trois jeunes femmes.

- Salut Lily, tu sors avec moi ? demanda James Potter en passant un bras autour de ses épaules.

- Jamais Potter, vociféra Lily, même dans tes rêves les plus fous !

James Potter haussa les épaules sans se dénuer de son sourire et reporta son attention vers ses trois amis. Hermione songea alors qu'étant donné le peu d'attention accordé à Lily, James ne devait pas être à son coup d'essai. Alors que la jeune femme aux cheveux roux engagea la conversation vers les cours de la journée, Hermione observa les quatre jeunes hommes.

Elle avait toujours pensé que les gens exagéraient lorsqu'ils disaient que Harry ressemblait à son père. Pourtant, elle avait l'impression de voir son meilleur ami. Petit et mince, il avait tous les atouts de l'attrapeur de Quidditch. Une épaisse masse de cheveux noirs lui tombaient sur le visage de manière désordonnée, et de petites lunettes rondes étaient suspendues à son nez. Cependant, ses yeux étaient marrons et il n'avait pas de cicatrice sur le front.

- Ne les regarde pas comme ça, grommela Lily, c'est tout ce qu'ils aiment. Leur fanclub est plus grand que celui de n'importe quelle équipe de Quidditch nationale.

Hermione détourna son regard des jeunes garçons qui continuaient de déjeuner, et tenta d'être plus discrète en les observant. Rémus Lupin avait le même visage fatigué que celui que Hermione connaissait et de grands cernes violets marquaient ses yeux. Il semblait anxieux malgré son sourire éclatant – peut-être la pleine lune approchait-elle. Ses cheveux châtains étaient courts et ses yeux noisette étaient rieurs. Sirius Black, qu'elle avait déjà eu l'occasion de rencontrer brièvement, était toujours aussi séduisant. Ses grands yeux gris brillaient et il racontait quelque chose qui faisait rire ses amis. Grand et plutôt bien bâti, son visage était fin. Hermione ne put s'empêcher de remarquer le contraste entre ces trois jeunes hommes et le dernier. Peter Pettigrow (Hermione fronça les sourcils, dégoûtée) était un jeune homme petit et grassouillet, et il semblait boire les paroles de ses acolytes sans véritablement rentrer dans la conversation. Il ne semblait avoir aucun atout physique et son rire ressemblait déjà au couinement des rongeurs. Ses cheveux de couleur paille étaient coupés à la manière des moines médiévaux, et il était agité de tics. Hermione dut se ressaisir. Ils ne doivent rien remarquer d'étrange, se dit-elle. Ils sont sensés m'être inconnus, tous autant qu'ils sont.

- Lily, tu veux bien nous présenter ta nouvelle amie ? dit Rémus Lupin en se penchant soudainement vers Hermione.

James, Sirius et Peter arrêtèrent de parler et leur attention se porta également vers la jeune femme qui se sentit rougir.

- Hermione Granger, je suis en septième année, dit-elle d'une voix qu'elle aurait aimé plus affirmée.

- J'imagine que tu sais déjà qui nous sommes ? lança James, d'un ton très assuré.

- Absolument pas, fit-elle en haussant les sourcils et en se retenant de rire face à la mine déconfite des jeunes hommes. Je suis nouvelle.

- Je suis Sirius Black, voici James Potter, Rémus Lupin et Peter Pettigrow, lui dit-il en lui adressant son sourire le plus charmeur.

Aussitôt, il se détourna d'elle et murmura quelque chose à James, qui éclata de rire. Hermione eut la vive impression qu'il se moquait d'elle, et son agacement n'en fut que plus grand. Lily lui lança un regard qui signifiait Je t'avais prévenue, n'y fais pas attention. Lorsque la cloche sonna, les élèves de l'école se levèrent, et le raclement des bancs sur le sol dallé fut amplifié par la hauteur de plafond. Il était déjà l'heure de reprendre les cours, et Hermione dut faire mine de suivre Lily et son amie afin de se rendre en classe.


(1) Pour la petite info, en Ecosse (où est sensé se situer Poudlard), le soleil se couche bien plus tard qu'en France, aux environs de vingt-trois heures, en été. (: