Et voici le chapitre 1 !

J'espère qu'il vous plaira, bonne lecture !

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Talking To the Moon by Bruno Mars

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Il est minuit, c'est l'heure du crime.

Tout est si sombre, si macabre. Aucune lumière, aucun espoir, aucun son excepté celui de deux respirations saccadées. Ils n'ont pas peur, ils sont excités. Leurs yeux jaunes, seuls choses que l'on peut apercevoir, brillent d'une certaine folie. L'un deux allument une bougie et la pose sur un rocher. Il jette alors un coup d'œil à son acolyte :

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« Greyback, c'est le moment. »

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Le dénommé Greyback sourit. Tout peut commencer. Le Maitre peut enfin revenir sur Terre.

Il se recule pour entrer dans la pénombre et en ressortir avec une jeune fille d'à peine seize ans, nue. Elle marche péniblement derrière lui, un grand hématome sur la joue droite, elle a peur mais n'a plus la force de s'enfuir. A qui bon de toute façon ? Elle ralentirait seulement l'heure de sa fin.

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« Donne-moi le couteau en argent Maurioche. »

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Lucy a peur. Elle commence à prier, mais à quoi bon ? Elle sent déjà la lame sur sa poitrine. Elle va mourir.

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« J'ai oublié de faire mon lit ce matin. Papa ne soit pas en colère. Je suis désolée. »

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Il l'oblige à s'agenouiller et à pencher la tête vers les étoiles. Dans deux minutes elle ne sera plus qu'un corps sans vie, un pantin sans âme avec lequel on pourra jouer. Ils pourront jouer d'elle. Lucy voudrait leur poser une seule question : Pourquoi moi ? En effet, pourquoi Lucy ? Elle avait toujours dénoncé l'injustice, elle ne regardait jamais ne serait-ce que le jardin des autres, mais s'occupait d'autrui. Lucy était une gentille fille, qui avait peur de partir sans dire au revoir, d'être seule, de mourir. Elle commence à avoir les larmes aux yeux.

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« Au revoir maman. Au revoir papa. »

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Greyback caresse ses larmes avec la lame du couteau. Lucy va mourir.

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« Merci d'avoir toujours été là pour moi, même pendant mes crises d'angoisse. Je sais que cela a été difficile pour vous de me voir, à cette époque, m'autodétruire mais… »

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Une gifle vole, Lucy tombe. De toute façon elle va mourir.

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« Ta gueule, putain ! Je m'en fou de ta vie pauvre gosse. Tu la fermes maintenant ! » Maurioche a le regard fou.

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La jeune femme est à terre mais elle ne pleure pas, du moins, elle ne le fait plus car plus rien ne l'effraie.

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« Merci de m'avoir redonné l'envie de vivre. Ne pleurez pas et surtout … et surtout… »

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Plus que quelques secondes maintenant. Deuxième gifle. Celle-ci résonne dans sa tête. Un filet de sang sort de la bouche de Lucy.

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« Je prendrai soin de vous là où je serai. Ne pleurez pas. J'y serai la plus heureuse. »

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Et Greyback lui tranche la gorge. Dans la forêt on entend au même moment un chuchotement. Une voix féminine qui s'envole. Trois petits mots.

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« Je vous aime.

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-Elle s'est enfin tu cette salope. »

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C'est ainsi que tout s'est fini. C'est comme ça qu'ils l'ont tué, qu'ils ont tracé un pentagramme, qu'ils l'ont balancé au milieu et que rien ne se passa. C'est de cette façon que Greyback s'est énervé, a balancé la bougie tout en criant des obscénités. C'est ainsi qu'ils sont partis. Ils avaient échoué.

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« Ils n'ont pas su me tuer correctement. »

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Encore la forêt qui chuchote ? C'est pourtant toujours cette voix. C'est Lucy. Elle vit, du moins, son âme n'est pas partie. Elle est ce qu'on appelle un fantôme. La situation qui la place comme témoin de tout et acteur de rien. L'enfer.

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Quand on est petit, on nous raconte qu'une fois mort, il ne reste plus que le corps sur Terre mais l'esprit s'en va. Il s'envole vers, soit le ciel, soit sous Terre. Quand on est plus grand, on s'accroche à cet espoir. L'espoir qu'après la fin, on aura une vie meilleure. La vérité, c'est que malgré tout, on a peur de la mort, de ne plus existé. On est que des poussières dans l'univers.

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Il a fallu quatre jours pour la retrouver

Lucy voyait son père se rendre tous les jours au commissariat. Elle a vu sa mère aller à l'église pendant ce temps, prier pour qu'on la retrouve. Elle y allait seule, traversait le village en fauteuil roulant, brûlait un cierge et repartait.

Le premier jour, elle priait pour que l'on retrouve sa fille vivante. C'est le troisième jour qu'elle pria pour que sa fille soit dans un endroit meilleur.

La première fois, Lucy voulu leur dire où elle était, mais ils n'entendaient rien. Elle finit par hurler mais le silence fut sa seule réponse. Certains ont peur de la mort, le pire, c'est d'être transparent, d'assister à la lente descente aux enfers de ses parents sans pouvoir dire un mot. Sa mère, en plus de sa sclérose, était devenue dépressive, elle savait qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps.

C'est un mardi que sa mère mourra. Elle crut voir un ange. En réalité c'était Lucy, sa fille morte, assassinée. Elle assembla ses dernières forces pour lui caresser le visage, ce même visage qu'elle avait vu tuméfier deux semaines avant. Lucy se rapprocha. Sa mère tenta de la toucher, de glisser ses doigts dans ses cheveux, de caresser sa joue, ne serait-ce que de frôler sa joue. Elle la traversa et mourra.

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Aujourd'hui Lucy regarde son père vivre, si c'est ça vivre. Maintenant, il fait nuit. Cela fait un mois qu'elle est un fantôme et une semaine que sa mère est morte. Un homme est assis en face d'une cheminée, un verre de scotch dans la main. Il ne s'est pas rasé depuis la mort de sa femme. Ses yeux sont vides, il fixe sans voir, il voit sans regarder, il vit sans vivre. Pire qu'une loque. De toute façon, maintenant, à quoi sert-il ? Il a failli. Son rôle était de protéger sa fille et il a échoué. Que doit-il faire maintenant ? Œdipe ne s'est-il pas crevé les yeux après avoir commis parricide et inceste ? Plus personne ne l'attend quand il rentre de l'épicerie. Tout est vide ici. Il jette un coup d'œil par la fenêtre, la lune est pleine et belle.

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I know you're somewhere out there
Somewhere far away
I want you back

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Il veut la sentir sous ses doigts. Il s'approche. Il n'est pas assez près. Il ouvre la fenêtre. Peut-être que là où elles sont, Lucy et Annie peuvent toucher ce majestueux cercle dorée ?

Lucy est à côté de lui mais il ne la voit pas, il ne sent pas la chaleur de ses bras autour de lui. Il est sur le balcon. Comment est-il arrivé jusque là, debout sur la balustrade ? Il regarde le sol. C'est haut. Mais c'est le seul moyen de redonner à un sens à tout ça.

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At night when the stars
light up my room
I sit by myself
Talking to the Moon
Tryin' to get to You
In hopes your on
the other side

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Lucy lui dit de descendre. Elle hurle, pleure, essaie de le faire descendre, le tire, se casse la voix. Elle en devient folle. Mais il ne l'entend pas, il ne perçoit pas son désespoir.

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« J'arrive mes chéries. »

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Et il tombe.

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Effectivement. Une simple spectatrice.

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Voilà, fin du chapitre.

La chanson si vous ne l'avez pas reconnu est, Talking to the Moon de Bruno Mars :)
Laissez-moi des reviews (pleins, pleins, pleins !) pour me dire ce que vous pensez de ce chapitre, ce qu'il faudrait changer, ce que vous n'avez pas compris, ce qui vous a plu, ect...

Je vous fais pleins de bisous, et je publierai le prochain chapitre dans 2 semaines, pendant le week-end.