Bonjour/soir,
Voilà le nouveau chapitre toujours pour Artoung la plouuuusse jolie des chapillons qui déteste harceler les gens (c'est pas du tout son genre) :D !
Bon, j'avoue il est un peu court et il va sans doute vous laisser avec pas mal de questions mais le prochain arrive dans une bonne semaine et avec quelques réponses MOUHAHAHAHA !
Note 1 : A JKR encore et toujours !
Note 2 : Le titre de la fic est issu d'une chanson que j'adore et qui me rapelle tellement Harry et Draco depuis la première fois que je l'ai écouté. Il s'agit de Bad Blood de Bastille ! *_*
Sur ce ...
Malgré son mètre quatre-vingt dix et ses cents kilos de muscles, Grégory Goyle avait baissé les yeux au sol comme un petit garçon pris en faute dès que la voix traînante et basse de son patron s'était élevée.
-Tu es en train de me dire qu'il a rejeté notre offre, c'est bien ça ?
Le brun hocha timidement la tête. Draco Malefoy, impeccable dans son costume noir, avait de lourdes cernes sous ses yeux de glace et les traits tirés d'un homme qui venait de passer une nuit blanche. Et Grégory savait à quel point le manque de sommeil rendait le blond irritable et rapide à utiliser sa baguette.
-Tu sais combien j'ai besoin d'acquérir cette entreprise Grégory. La voix était trop doucereuse pour que ce ne soit pas une menace. Grâce ce contrat je pourrais doubler mon chiffre d'affaire annuel et contrôler la quasi totalité du marché des potions en Europe.
-J'ai ...j'ai enquêté sur lui, pour trouver un moyen de pression. Bredouilla-t-il finalement.
Le blond se rassit à son large bureau, momentanément apaisé -ou réfléchissant au sort qu'il allait lui jeter, Grégory n'était pas très sûr-. Finalement il lui ordonna de poursuivre d'un mouvement brusque de la tête.
-Il n'y a presque rien. Souffla-t-il en maudissant l'homme d'affaire roumain d'être aussi droit et honnête. Vladimyr Zaytsevof est marié depuis douze ans, il n'a jamais trompé sa se sont rencontrés à Durmstrang. Il a deux enfants en bonne santé : Livia et Yvan. Il a hérité de l'entreprise de potion de son oncle à sa mort il y a huit ans et l'a faite prospérer pour qu'elle devienne ce qu'elle est actuellement...La première entreprise de potions d'Europe...Grégory sentit sa voix trembler au fur et à mesure que le regard de Draco Malefoy se durcissait. Il était bon pour un sort particulièrement douloureux et une expédition inutile et punitive quelque part au fin fond de la Russie. Il poursuivit néanmoins, de plus en plus rapidement alors que les informations se mêlaient dans sa tête. Le mois dernier, il a renvoyé les prostituées qu'une entreprise japonaise lui avait envoyé et n'a pas accepté non plus leur offre pourtant très intéressante. Il ….il aime la gastronomie...euh... française, la peinture et... il... il..est un grand fan de Harry Potter...et...
Des gouttes de sueurs se mirent à couler entre ses omoplates alors qu'il réalisait que prononcer le nom de Celui-qui-a-vaincu était sans doute la dernière chose à faire pour calmer Draco Malfoy. Il retint à grand peine son glapissement de peur en voyant le blond se lever brusquement de son fauteuil de bureau. Mais il ne sortit pas sa baguette et ne se dirigea pas vers lui. En fait, il se tourna simplement vers l'immense fenêtre qui ornait un pan entier du mur et plongea son regard dans le parc qui entourait le Manoir Malefoy.
-Harry Potter ? Interrogea-t-il finalement, l'invitant à poursuivre.
Décontenancé, Grégory jeta un regard à la silhouette parfaitement droite qui lui tournait le dos, essayant de percevoir ce qui pouvait se passer sous les mèches blondes soigneusement peignées en arrière.
-Il...il a déboursé une somme astronomique l'année dernière pour faire un don à la fondation de monstres de Potter. Il a tout fait pour assister à l'inauguration et lui serrer la main. La photo est toujours dans son bureau.
Le blond hocha la tête lentement, signalant qu'il prenait cette information en compte. Puis il se tourna vers lui, son regard cruel parvenait à lui tout seul à faire chuter la température de la pièce de quelques degrés.
-Puisque tu sembles inutile sur cette affaire, je vais me charger de cela personnellement. En attendant, je pense que quelques une de nos mines dans l'Oural ont besoin d'une visite de contrôle. Tu pars demain matin. Ne t'attends pas à revenir avant deux semaines.
L'ancien serpentard accepta la mission d'une hochement de tête. Il s'en était plutôt bien tiré tout compte fait.
Dès que son employé fut partit, Draco jeta un coup d'œil vers un coin de la pièce où son elfe de maison venait d'apparaître.
-Mr Potter s'est réveillé il y a vingt minutes Maître. Il a refusé le petit-déjeuner que Poppy lui a proposé comme le Maître l'a demandé...Il vient juste de quitter le manoir.
Le blond s'assit à nouveau à son bureau. Le bout de ses doigts suivit lentement les nervures du bois précieux et lustrés. Tout était en place. Potter allait se demander pourquoi il l'avait aidé -Par Merlin, il avait poussé le vice jusqu'à le couvrir avec une couverture !-, il allait y réfléchir à se rendre fou, se torturant l'esprit. Puis il allait revenir. Poser des questions. Peut-être réclamer un peu de potion aussi.
Draco la lui donnerait et il lui donnerait aussi les réponses qu'il attendait, celles qu'il voulait entendre. Il allait gagner sa confiance. Petit à petit en jouant avec ses faiblesses. Cela ne devrait pas prendre beaucoup de temps.
Il avait l'argent. Potter lui donnerait le pouvoir.
Il retrouverait l'aura d'influence qui lui manquait depuis la mort de son père.
Quand il deviendrait inutile, Draco le laisserait tomber, succombant au plaisir de lui révéler que tout ceci n'était qu'une horrible farce début le début. Qu'il s'était juste servit de lui.
Ensuite il laisserait la culpabilité du brun et ses démons faire le travail. Se contentant juste d'appuyer là où ça fait mal au cas où l'Élu serait encore un peu réticent à se donner la mort.
C'était parfait.
Un semblant de sourire naquit sur ses lèvres pâles alors qu'il levait les yeux vers le portrait de son père accroché sur le mur de droite. Ce dernier eut un reniflement méprisant en le regardant et il déclara avec une pointe d'accent aristocratique qu'il était consterné de laisser tout ce qu'il avait bâti à un fils aussi décevant et incapable.
Draco le fit taire d'un mouvement de baguette rageur. Il ordonna à son elfe de lui apporter un café et replongea dans ses dossiers. Son sourire avait disparu.
Une heure plus tard, quelque part au ministère de la magie, Harry Potter supportait les fausses remontrances de son patron pour son quatrième retard de la semaine. Et on était que jeudi.
Rupert Grint (1), la quarantaine passé et les cheveux roux flamboyant, semblait même avoir du mal à le regarder dans les yeux.
-Je sais que vous avez beaucoup de choses à faire Mr Potter. Mais, c'est la sixième fois ce mois-ci que votre coéquipier se retrouve seul sur des missions dangereuses.
Harry hocha douloureusement la tête.
Il n'avait même pas pu croiser Ron pour s'excuser avant d'être convoqué par son patron.
-Je suis tellement désolé de vous annoncer cela, Mr Potter. Mais je pense que je vais vous donner quelques jours de vacances. Cela vous permettra de remettre vos affaires en ordre. Nous comptons tous sur vous pour la Fondation Remus Lupin et le gala en faveur des Héros de Guerre dans deux mois !
Il y avait un peu d'admiration dans sa voix. Il ne parvenait même pas à se rendre autoritaire. Pourtant, Harry l'avait déjà vu mettre certains de ses hommes plus bas que terre quand la situation l'exigeait. Derek Grint était un auror respecté et compétent. Il était intelligent et seules ces compétences l'avaient amené à obtenir le badge de chef de brigade qui étincelait sur sa cape. Pourtant, cet homme si fort s'écrasait littéralement devant Harry. Et le pire était que les autres aurors ne paraissaient pas lui en vouloir pour ce traitement de faveur à peine dissimulé.
Harry quitta le bureau sans un mot après lui avoir serré la main. Il venait de gagner une semaine de vacance payée pour son incompétence et son immaturité.
Il en aurait presque rit.
Ron Weasley l'attendait devant la porte du chef, le visage fermé.
-C'est l'heure de la pause déjeuner. Suis-moi, on va parler.
L'ancien gryffondor pouvait compter sur les doigts d'une main les fois où le roux jovial et rieur avait arboré ce masque de froideur. Ce masque lui était destiné cette fois. Harry eut peur que quelque chose ce soit brisé entre lui et Ron. Sa respiration se fit difficile alors qu'il le suivait hors du ministère vers un petit pub moldu où ils avaient leurs habitudes.
Trop de choses avaient changé au cours de la nuit précédente, et Harry avait du mal à en prendre pleinement conscience. Cette nuit, il avait touché le fond, pour de vrai. Et il avait voulu mourir. Pour de vrai ça aussi. Il était parti cherché la mort chez Draco Malfoy. Mais l'horripilant serpent lui avait donné à la place sa meilleure nuit de sommeil depuis de longs mois et beaucoup de questions. Il n'avait rien exigé en échange, se contentant d'écouter patiemment les pensées les plus sombres et morbides de l'homme qui avait fait tuer son père.
Ce matin, quand Harry s'était réveillé dans le fauteuil de cuir noir, avec un mal de dos effroyable et l'esprit plus clair qu'il ne l'avait eut depuis un bon moment, sa première pensée n'avait pas été sombre comme d'habitude. Il n'avait pas lutté contre son angoisse habituelle. Il avait un sentiment de plénitude comme seule une bonne nuit de sommeil tant attendue pouvait donner.
Son corps engourdi était emmitouflé dans une couverture bien chaude. Il n'arrivait toujours pas à réaliser que c'était Malfoy qui l'avait probablement posée sur lui.
Il l'avait eut endormi, sans défense, l'implorant quelques minutes auparavant de mettre fin à ses jours. Et ce bâtard avait juste pensé qu'il aurait froid et l'avait drapé du tissu réconfortant.
Une nouvelle envie de rire aussi inconvenante que malsaine le prit.
Depuis une bonne heure, les pensées sombres étaient revenues bien sûr, avec les souvenirs et leur odeur de mort. Mais pour l'instant, Harry arrivait à les gérer.
Ron s'installa à une table un peu en retrait. Il tritura la manche de sa robe d'auror alors que la serveuse venait prendre leur commande.
Quand elle fut partie, il planta ses yeux bleus et tristes dans les siens.
-Je suis désolé.
La surprise faillit faire lâcher à Harry son verre d'eau.
-Qu'est-ce que tu racontes Ron !? C'est à moi de m'excuser pour t'avoir encore laissé seul ce matin.
-Non, Harry. C'est ma faute. Je...Je suis désolé de t'avoir laissé tomber.
Le brun passa une main tremblante dans ses mèches noires et sales. Il n'avait pas eut le temps de prendre une douche en se levant et il pouvait sentir les effluves d'alcool, de cigarettes et de sueur qui émanaient de son corps.
Il se sentit pathétique.
Ron lui faisait face, bien droit sur sa chaise. Sa chemise sous l'uniforme était repassée et ses cheveux bien peignés. Les muscles de ses bras, sans être trop importants, tendaient le tissu d'une manière particulièrement avantageuse. Malgré quelques cernes et la tristesse inexplicable dans ses yeux, il y avait cette étincelle en lui. Cette étincelle que seuls le bonheur et l'amour pouvaient allumer et qui attirait les gens comme une lampe en pleine nuit. Harry avait vu le coup d'oeil appréciateur de la serveuse sur son ami d'enfance alors qu'elle n'avait eut qu'un regard vaguement dégoûté pour lui.
-Tu confonds Ron. C'est moi qui t'ai abandonné. Je suis désolé, j'ai oublié mon réveil... et je... je n'ai pas vu l'heure hier soir...
-Je voulais tout oublier. La guerre. Ginny. Remus. Toute cette merde qu'on a traversé. Poursuivit le roux sans lui laisser le temps de terminer sa phrase. Je voulais me reconstruire. Le mariage avec Hermione, le projet de bébé, tout ça. J'étais fier d'avoir réussi. D'être heureux. Je vois bien que tu ne l'es pas. Putain, on l'a tous bien vu mais on a fermé les yeux !
Sa voix tremblait. Harry sentit ses propres mains sur ses genoux bouger de manière incontrôlable. A part deux ou trois conseils de temps en temps quand il allait trop loin dans l'alcool ou les retards répétés, Ron et lui n'avait jamais vraiment parlé de cela.
-Je me disais que tu avais besoin de plus de temps. J'ai été égoïste. Je ne voulais pas replonger dans tout ça en essayant de t'aider. J'avais eu tellement de mal à m'en sortir... Alors, je t'ai laissé tomber Harry.
La serveuse amena leur commande avec un large sourire. Le brun regarda sans les voir les frites épaisses et grasses dans son assiette. L'odeur d'huile et de viande grillée lui retourna l'estomac.
Ron repoussa son assiette. Ses yeux était toujours fixés sur son meilleur ami qui lui refusait le contact visuel.
-Hier soir, quand tu es parti du boulot j'ai eu un mauvais pressentiment. Je ne t'avais jamais vu avec ce regard. J'ai eu peur que tu... Il ne termina pas sa phrase et tritura à nouveau sa manche. Prononcer à haute voix les raisons de son angoisse paraissait au dessus de ses forces. Inconcevable. Il reprit la voix enrouée d'émotions. Je t'ai d'abord détesté parce que ça m'a empêché de faire comme d'habitude et de trouver le sommeil. Je n'arrêtais pas d'y penser. Je me suis même disputé avec Hermione, putain ! Puis je suis allé chez toi et j'ai vu toutes les bouteilles vides...
Harry sentit ses épaules s'affaisser. Ses yeux restèrent obstinément fixés sur son assiette jusqu'à ce que les frites disparaissent pour devenir un brouillard flou et graisseux. Il avait envie de partir en courant.
-Je suis allé voir Nott. Je sais que c'est toi qui a détruit les preuves de son dossier. Je sais ce qu'il te donne en échange. Je t'ai couvert.
Le verre sur la table explosa tandis que le brun accusait le coup. Quelques têtes se tournèrent vers eux mais il les ignora. Il leva les yeux vers Ron. Il était livide. Un maelström de pensées tourbillonnait dans sa tête. Pourquoi ? Pourquoi le roux si droit et honnête n'avait rien dit alors qu'il savait ?
La réponse vint sans qu'il n'ait à poser la question.
-Tu es mon meilleur ami, mon frère. Je t'aime Harry et je donnerais ma vie pour toi. Et j'ai merdé...
Ils n'étaient pas coutumiers des grandes déclarations de ce genre. C'était inutile. Pourquoi dire à haute voix ce qu'ils savaient déjà tout les deux implicitement ? Néanmoins, si son meilleur ami se laisser aller à de tels aveux en ce moment, c'était qu'il devait vraiment s'en vouloir.
-Je suis là maintenant. Je ne merderais plus. Je vais tout faire pour t'aider à aller mieux !
Harry hocha la tête maladroitement, les yeux bleus en face de lui étaient beaucoup trop brillants et il sentait aussi de son côté des larmes qui commençaient à piquer le coin de ses yeux. Craignant qu'ouvrir la bouche l'entraînerait à faire quelque chose de stupide comme éclater en sanglots dans un pub moldu bondé il se contenta de mimer un pathétique « merci » avec les lèvres.
Bientôt Ron poussa un long soupir de soulagement. Il avait l'air d'un homme dont on venait d'ôter un poids insupportable des épaules. Il poussa son assiette de frites et de steack vers lui.
-Première étape, poursuivi-t-il d'une voix encore un peu rauque par l'émotion. Prendre au moins dix kilos !
Un demi sourire vient prendre place sur les lèvres du brun. Le premier sincère depuis très longtemps.
La véranda à l'arrière du manoir familial était un lieu que Draco avait toujours particulièrement apprécié.
Tout petit déjà, il savourait à sa juste valeur la lumière du soleil qui passait à travers les larges fenêtres ouvragées, le plancher de bois qui claquait sous ses chaussures vernis d'enfant et surtout les énormes buissons de rosiers moussus que sa mère cultivait le long d'un pan entier de la pièce.
L'endroit lui inspirait la douceur et la paix.
Il se souvenait qu'il aimait y passer de longues heures, assis à la petite table de fer forgé avec un bon bouquin et une assiette pleine de biscuits à la cannelle. Quelques fois il s'asseyait simplement à même le sol et observait sa mère, son beau visage concentré alors qu'elle parlait doucement à ses « filles ».
Elle lui disait que les fleurs comprenaient et ressentaient son amour et que contrairement aux humain, elles lui rendaient chaque marque d'affection au centuple. Elle avait cette curieuse expression sur le visage en disant cela. Il ne comprenait pas à l'époque.
Maintenant, Draco savait que la tristesse de sa mère ne datait pas de la mort de son époux. Déjà des années en arrière, elle la portait sur ses épaules. La mort de Lucius avait juste été un déclencheur. Et lui n'avait rien vu.
L'odeur douceâtre des roses ne lui laissait à présent qu'un sentiment amer d'absence et de colère. Néanmoins, il se forçait à venir presque chaque jour s'occuper en personne des fleurs si délicates. Une fois par semaine, et après avoir soigneusement taillés et arrosés les rosiers, il choisissait sept fleurs.
Toujours les plus belles.
Et les arrangeait en bouquet pour les poser dans la chambre de sa mère.
Il était en train de prélever la première rose quand Poppy lui indiqua que Harry Potter attendait devant la porte d'entrée.
Quelques minutes plus tard le brun entra précautionneusement dans la véranda, l'air aussi à l'aise qu'un vampire dans un service d'urgence un soir d'hiver verglacé.
Il avait mis une semaine avant de revenir. Draco pensait que cela prendrait moins de temps et il s'était surpris à feuilleter fébrilement chaque journal qu'il avait pu trouver en quête d'un article annonçant la mort de l'ancien gryffondor. Il avait même recontacté quelques anciens amis pour les interroger discrètement et il avait appris de précieuses informations par Théodore Nott et Millicent Bulstrode.
Aux prix de longues négociations, tortures et chantage, Nott l'avait mis au courant du pacte qui le liait à l'auror depuis deux mois. Il avait aussi mentionné la curieuse visite de Weasley quelques jours après qui lui avait ordonné de donner à Harry des potions diluées (il devait craindre une overdose ou une addiction) sous couvert de menaces vraisemblablement très efficaces puisque l'ancien serpentard avait obéit.
Puis Weasley était revenu une nuit, il y'a une semaine pour lui demander si il savait où il était. Et Nott n'avait revu ni le roux, ni le brun depuis.
Bulstrode avait été alors particulièrement utile puisqu'il avait compris à demi-mot que Potter était depuis une semaine exactement un nouveau client hautement confidentiel de sa patronne.
L'ancienne serpentarde était devenue la secrétaire de Sigmouna Froud, psychomage reconnue internationalement et spécialisée dans les addictions magiques. Il savait même qu'un grand rouquin et une petite brune à l'air stressée l'avait accompagné à sa première visite.
Au vue de ses nouvelles informations, Draco ne fut pas en surpris en voyant le teint cireux du brun, ses profondes cernes et ses mains qui tremblaient toutes seules. Il n'aimait pas savoir Potter en train d'essayer de s'en sortir avec l'aide de ses deux abrutis d'amis. Ce n'était pas bon pour lui. A de nombreuses reprises, il avait cru que sa chance était passée et qu'il avait laissé s'échapper une occasion en or mais visiblement les Dieux l'avaient à la bonne actuellement.
Potter était moins fort que ce que tout le monde se plaisait à penser.
Il cacha son sourire et continua de sélectionner méticuleusement les fleurs au rose délavé. Le brun alla s'asseoir sur la chaise en face de la table où Draco posait les roses choisies.
-Je ne te dérange pas ?
-Tu me dérange toujours, Potter. Déclara-t-il avec mépris, constatant qu'il aimait toujours autant prononcer le nom tant honni.
Le brun, était sobre maintenant, alors mieux valait ne pas attirer sa méfiance en étant trop gentil.
Il coupa la dernière rose et alla la poser sur la table en fer forgé. Ils se faisaient face à présent. Potter avait toujours son air maladif et ses joues creusées par la faim mais ses cheveux étaient propres et il ne puait plus l'alcool et la tristesse.
Son pull en laine d'un horrible vert criard portait un H majuscule et tordu sur son torse. Draco retint la remarque sarcastique qui lui venait et l'observa plus attentivement. La baguette magique qui dépassait de la poche de sa veste en jean était nouvelle.
Il s'en était racheté une autre.
L'héritier Malfoy retira dignement ses gants de jardinage et lissa les manches de sa chemise grise impeccable avant de s'installer sur la chaise en face de son invité. Il réalisa que, contrairement à leur dernière rencontre, la lueur dans les yeux verts étaient plus intense encore à la lumière du jour. Des frissons d'excitation piquèrent la nuque du blond qui sentait les poils de ses avant-bras se dresser sous le regard intense.
-J'ai sonné à la porte avant d'entrer cette fois pourtant.
Draco se composa un masque impassible en hocha machinalement la tête comme il l'aurait fait à un animal de compagnie qui se serait bien comporté. Il sortit un paquet de cigarettes de sa poche et s'en alluma une.
Il avait du mal à respirer en fait. Il choisit de ne pas parler et d'attendre que le brun reprenne la parole. Attendre de savoir qu'elles étaient ses motivations pour tourner la situation à son avantage.
L'autre prit son temps.
Peut-être appréciait-il lui aussi la tranquillité de la pièce : les lueurs de la fin d'après-midi projetaient de grandes flaques d'or sur le parquet et les effluves entêtantes des roses rappelaient une contrée lointaine et exotique.
Il sortit un paquet de cigarettes de sa poche à son tour, un curieux sourire aux lèvres. Draco sentit un pincement contre son sternum en reconnaissant le logo bleu et noir de la même marque qu'il utilisait.
Il rendit son sourire au brun.
Un sourire un peu provocateur et un peu amusé.
Il n'y avait plus rien autour. La pièce, le manoir. Plus rien n'existait à part lui et Potter.
L'ancien gryffondor se pencha pour lui emprunter le briquet en argent qu'il avait posé sur la table et tira une bouffée sans le lâcher des yeux. Il ne souriait plus.
-Pourquoi m'as tu aidé ?
Le manoir réapparut brusquement. Son silence pesant. L'absence. Draco lutta contre une impétueuse et surprenante envie de renverser la table et de cogner sur l'homme qui lui faisait face.
Mais cela ne mènerait à rien. Il fallait s'en tenir au plan.
-Tu veux dire, pourquoi je ne t'ai pas découpé en morceau la dernière fois ? C'est cela que tu appelle aider ? Car, Potter, à part t'écouter geindre sur ta vie misérable je n'ai rien fait pour te venir en aide.
-Tu m'as donné ta potion. Tu m'a laissé dormir chez toi. Et oui, tu m'as écouté alors que rien ne t'y obligeait. Enuméra-t-il rapidement. J'ai repensé à cela pendant toute la semaine et je n'arrive pas à comprendre pourquoi. Pourquoi tu ne m'as pas juste foutu à la porte ? Pourquoi tu m'as donné exactement ce dont j'avais besoin ? Grâce à toi j'ai tenu une journée de plus et Ron et Hermione sont venus m'aider. J'essaye de m'en sortir à présent. Si tu n'avais pas été là, je ne sais pas ce que j'aurais fait dans l'état où j'étais.
-T'aurais-je malencontreusement sauvé ? Mince alors... Ricana l'ancien serpentard en détournant les yeux pour observer la fumée blanchâtre de sa cigarette. Mes plans diaboliques tombent à l'eau on dirait.
-Tu n'avais aucune raison valable pour faire ce que tu as fais. Insista le brun en cherchant son regard.
Il voulait des réponses. Draco sourit. Il savait quoi répondre. Finalement tout tenait encore la route. Il allait obtenir exactement ce qu'il voulait du brun.
-Mon père méritait de mourir. C'était une ordure. Déclara-t-il brusquement et cela eut l'avantage de faire taire l'auror. Le blond se délecta de sa soudaine pâleur, il planta ses yeux gris droit dans les siens. Mon père était un homme dur et violent. Il ne s'intéressait qu'à ses propres intérêts, financiers principalement. Et la mort de ma mère n'a rien à voir avec toi.
Draco ne mentait pas, aussi il n'eut pas à jouer la colère qui l'anima soudain et faisait se contracter les muscles de sa mâchoire. Mais il n'aimait pas autant se dévoiler, il n'avait d'ailleurs jamais dit cela à personne. Aussi il saupoudra son discours de mensonges.
-En fait Potter, je te hais simplement parce que je te trouve stupide et que, contrairement à ce que tout le monde pense, je suis persuadé que c'est ta putain de chance qui t'a permis d'arriver à battre Tu-sais-qui. Tu n'es qu'un imposteur et un débile profond qui s'y croit trop. Cela ne suffit pas à me donner des intentions de meurtres à ton encontre. Encore une fois, tu te donnes trop d'importance. Je me fiches complètement de toi.
Il conjura un cendrier d'un mouvement de la main et écrasa le mégot rougeoyant dedans. Potter passa une main dans ses cheveux, clairement décontenancé.
-D'autres questions à poser ?
Il le regarda, les yeux verts étaient confus, troublés. Il avait l'air de vouloir poser un milliard de questions mais il eut du mal à ouvrir de nouveau la bouche.
-Je...je pensais...
-Ne présuppose pas de choses dont tu ignores tout, Potter. Tu ne sais absolument rien de moi.
Le visage pointu était fermé et glacial, celui en face eut l'air brusquement fatigué. Presque triste.
-Je viens de m'en rendre compte.
Sur un haussement d'épaules satisfait, Draco se leva et rassembla les roses en un semblant de bouquet. Il les disposa dans un vase en cristal posé à l'autre extrémité de la table. Il agissait comme si la discussion était close et qu'il attendait que le brun parte.
Potter soupira, encore un peu secoué. Le blond compta mentalement dans sa tête en arrangeant inutilement les fleurs déjà parfaitement organisées. Quand il arriva au chiffre huit, un toussotement de l'ancien gryffondor le fit sourire.
-La potion que tu m'as donné. C'était quoi exactement ?
-Une potion de mon invention. Plus puissante que les potions de sommeil sans rêve.
Il regarda le brun se tendre imperceptiblement, il avait les yeux fixés sur ses mains qui recommençaient à trembler.
-Tu as l'air de bien supporter le manque d'alcool Potter. Ton sevrage se passe bien ?
L'auror sursauta, les yeux emplis de colère et sur la défensive.
-Comment tu le sais ?
-C'est évident en te voyant. Répondit le blond en haussant les épaules pour chasser la question intempestive. Je pense que tu vas réussir à t'en sortir..., enfin, sauf si tes insomnies sont toujours là n'est-ce pas ?
Le brun hocha lentement la tête, il venait de comprendre que Malfoy savait qu'il était aussi venu lui demander de la potion. Et il venait de comprendre que cette fois il ne l'obtiendrait pas sans quelque chose en échange.
Sa première réaction était d'envoyer l'ancien mangemort se faire foutre quelque part et de partir. D'autant plus que l'autre lui avait dit qu'il ne signifiait rien pour lui et cette révélation lui laissait un goût amer dans la bouche et un drôle de pincement au cœur. Il n'aurait jamais pensé qu'une relation de haine puisse revêtir autant d'importance. C'était comme si Malfoy mettait un terme à une relation amoureuse d'une manière particulièrement méprisable. Cette pensée était risible mais la sensation de douleur et d'humiliation était la même.
Harry se força à respirer calmement. Sa vie alternait entre calvaire et répit depuis une semaine. Il avait prolongé son absence au travail et allait voir une psychomage presque tous les jours. Elle l'aidait à vaincre sa dépendance à l'alcool et le bourrait de potions anxiolytiques et de théories absurdes sur son enfance malheureuse qui lui aurait donné des tendances masochistes et auto-destructrices. Il ne puisait sa force que dans ses deux meilleurs amis Ron et Hermione chez qui il habitait actuellement et qui se relayaient pour qu'il ne passe pas une seconde seul face à ses démons.
La gratitude qu'il ressentait pour eux était au delà des mots mais il sentait bien qu'ils s'épuisaient. Harry dormait très peu voire pas du tout et Ron se retrouvait souvent après une nuit blanche à jouer aux échecs pour détourner l'esprit de son meilleur ami du manque à devoir assurer une journée de travail épuisante aux bureaux des aurors. Ils ne tiendraient pas très longtemps à ce rythme et le brun ne supportait plus d'être un poids pour eux. Aussi, après avoir prétexté une sortie pour récupérer quelques affaires chez lui et s'acheter des cigarettes, il était revenu chez Draco Malfoy.
Il avait besoin de cette potion.
-Si je te demande encore un peu de ta potion, que veux tu en échange ? Demanda-t-il finalement avec la désagréable impression de passer un marché avec le diable.
Le sourire sans joie qu'eut l'ancien serpentard confirma à Harry qu'il attendait cette question. C'était comme si un piège se refermait sur lui sans qu'il ne comprenne pleinement les tenants et aboutissements de la manœuvre.
-Rien de bien compliqué. Finit par dire le serpentard en se dirigeant déjà vers la sortie de la véranda pour récupérer la potion. J'ai un repas d'affaire demain soir, j'apprécierais que tu viennes avec moi.
Harry eut un sursaut de surprise, il regarda sans comprendre le dos du serpentard s'éloigner alors qu'il traversait rapidement le couloir. Il ne s'absenta que quelques minutes, pendant lesquelles l'auror resta assit à la table de fer forgé, interdit et pensif. Il pensait plus que l'ancien mangemort lui réclamerait son âme plutôt qu'une invitation à dîner...
Bientôt une minuscule fiole dorée apparut devant ses yeux alors que l'ancien serpentard l'agitait devant son visage comme un os devant un chien.
Draco Malfoy avait son sourire sans joie. Ce sourire qu'il affectionnait particulièrement et qui lui donnait l'air d'un prédateur anticipant avec délice la manière dont il allait torturer sa proie avant de la dévorer.
Harry attrapa la fiole, le regard noir et les poings serrés. Il n'arrivait pas à se débarrasser de cette sensation d'être pris au piège. Il y avait une sorte de sentiment d'urgence dans le creux de sa poitrine. Il regardait Malfoy : ses iris au gris délavé, son menton pointu et son corps parfait sous ses vêtements hors de prix et la sensation s'intensifiait, devenait presque douloureuse.
-Aucune fille ne voulait t'accompagner Malfoy ? Tenta-t-il enfin, repoussant le moment de partir.
Le blond haussa négligemment les épaules et une de ses mains alla jouer avec une de ses chevalières sur l'autre main.
-C'est un simple repas d'affaire.J'ai pensé qu'avoir le Grand Sauveur du Monde Sorcier, L'Elu, Celui-Qui-A-Vaincu, La Lumière de Grande Bretagne et du Monde Tout Entier à mes côtés serait un argument de poids pour convaincre mon interlocuteur.
Harry déglutit difficilement tendit que l'énumération de ses surnoms prenaient l'aspect d'insultes avec la voix traînante. Ses yeux se posèrent sans sa permission sur les avant-bras de l'ancien serpentard. Il avait remonté ses manches durant sa petite expédition dans sa réserve de potions et à présent le brun voyait la marque noire qui tranchait sur la peau pâle et lisse.
Draco Malfoy est un homme dangereux.
Il avait beau se répéter la phrase depuis de longues minutes, son corps n'était pas d'accord avec son esprit et ne voulait pas partir.
-Tu voudrais que je le menace ? Demanda-t-il finalement, un peu surpris.
-Bien sûr que non Potter. Il leva les yeux au ciel. Ton rôle consistera simplement à t'asseoir à côté de moi, te taire et sourire et hochant la tête quand je dirais à quel point nous nous entendons bien. Tu penses en être capable ?
Le blond se permit un sourire suffisant et condescendant. Il voulait se donner l'air de penser que le brun n'accepterais jamais de faire ça.
C'était comme ça que le balafré fonctionnait après tout !
Tellement d'égo et de choses à se prouver qu'il se lançait à tête baissée dans n'importe quel défi pour un peu qu'on mette son courage en doute.
Draco avait délibérement remonté les manches de sa chemise pour lui rappeler la marque et à quel point il était dangereux. Il voulait exciter son côté tête-brûlé, attiser son attrait pour le risque et les ténèbres.
Potter se redressa, une lueur de défi dans les yeux. Il paraissait soudain à Draco que le brun était plus grand, plus imposant. La magie s'échappait de lui et sa puissance lui coupa le souffle un moment alors que ses mains dans les poches se mirent à trembler d'une irrésistible envie de toucher ce pouvoir impalpable. Les iris verts étaient profonds et ancrés dans les siens.
-A quelle heure dois-je venir demain ?
(1) Et oui, il s'agit d'un personnage que j'ai crée pour Arkhamage et que je réutilise honteusement ! (je suis écolo que voulez-vous, je recycle :p)
Merci d'avoir lu jusque là et j'espère que vous avez aimé. N'hésitez pas à me signaler toute fautes d'orthographe, incohérences ou menaces par mp, reviews ou lettre anonyme :D
A bientôooot !
