CHAPITRE II

Qhuinn se matérialisa dans le hall de l'entrée, après que Blay ait raccompagné sa salope de cousin à la porte. Un sourire démoniaque avait fleuri sur ses lèvres quand il avait entendu Blay refuser la partie de sexe que Saxton lui avait proposé. Il aurait pensé que son mâle allait accepter et qu'il allait entendre le bruit des ressors dans sa chambre, mais Blay avait refusé. Oh, il avait peut-être refusé la partie de baise que l'autre lui avait proposée, mais il savait d'avance qu'il ne refuserait pas celle qu'il allait lui imposer. Même si ça lui faisait mal de savoir que l'autre allait revenir après la patrouille pour coucher avec Blay. Mais, au moins, il l'aurait eut avant qu'il ne s'envoie en l'air avec Saxton.

Il le suivit le plus discrètement possible, à bonne distance. Tous ses sens étaient focalisés sur le putain de cul qui se trouvait devant lui. Ce cul qu'il allait bientôt avoir. Putain ! Allait-il vraiment faire ce qu'il avait en tête ? « Oui, oui tu vas le faire, nous en avons envie tout les deux », lui dit sa conscience. « Nous le voulons. Prends-le, mais ne foire pas tout, comme tu as l'habitude de faire ».

Mais alors qu'il pensait avoir été discret dans sa petite filature de prédateur sexuel, Blay se retourna et le foudroya du regard. Bordel ! Il était en colère contre lui, mais il le regardait. Il le regardait pour la première fois depuis plus de trois mois. Il en aurait pleuré de joie, si la voix cassante de Blay n'avait pas balancé :

— Je peux savoir pourquoi tu me suis ? lui demanda-t-il.

Qhuinn se figea un court instant. Putain, même si se n'était pas se qu'il avait espéré, entendre de nouveau sa voix était comme un doux nectar. Une douce musique à ses oreilles.

— Tu va me répondre, au faut-il que je te foute mon poing sur la gueule pour te faire cracher le morceau ?

Qhuinn sentit sa peau le picoter. Non, il ne devait pas laisser sa fragrance de mâle dédié exploser dans le couloir. Pas encore. Et surtout pas maintenant. Il vit soudain Blay écarquiller les yeux de surprise. Il avait du voir son regard s'assombrir sous le coup du désir. Avant même que Blay ne puisse dire quelque chose ou faire le moindre geste, Qhuinn s'était approché de lui, l'avait saisis par le bras et avait ouvert la porte de la chambre du rouquin. Il s'en foutait royalement que l'autre pute les entende. Mais il prendrait Blay et lui ferait crier son nom. Il allait s'en assurer.

A peine arrivés dans la chambre, Qhuinn s'en prit déjà à la ceinture et commença à déboutonner le pantalon de son costume gris perle.

— Je... Je peux savoir ce que tu fais ? lui demanda Blay quand il vit son pyrocant s'attaquer

à sa chemise.

Qhuinn posa ses lèvres sur celles de Blay et lui suça la langue, avant de s'écarter et de le regarder. Puis il laissa son regard descendre et contempla le torse qu'il venait de dénuder et Blay dût déglutir à deux reprises. Il vit Blay porter les mains à son jean noir et déboutonner à son tour ledit pantalon, le faisant tomber sur ses chevilles avec son boxer. Qhuinn s'en débarrassa Blay le prit par surprise avec sa réaction. Il venait d'attraper sa queue, s'était mis à genoux devant lui et s'était mis à le sucer.

Qhuinn s'appuya ses deux mains sur le mur pour éviter de s'effondrer et commença à gémir.

— Putain Blay, c'est si bon ! J'ai envie de toi… J'ai envie de toi à en crever…

Il lui fit lever les yeux vers lui et le regarda longuement. Bon sang ! Blay était magnifique. "SON" mâle était magnifique. Mais là, il fallait qu'il s'arrête. S'il devait jouir, il le ferait en lui. Il se pencha, l'agrippa par les épaules le releva à sa hauteur.

— Je veux jouir en toi.

Sans plus de cérémonie, il le plaqua contre le mur et le regarda à nouveau. Puis, lentement, délibérément, il fit glisser ses mains sur son torse, son ventre et s'arrêta sur son boxer. D'un mouvement rapide et un peu brutal, il le fit glisser le long de ses jambes. Il l'embrassa avidement tout en l'enlaçant et laissa ses mains glisser le long de son dos puissant pour venir se refermer dans une poigne de fer sur son cul rebondi. Il sourit quand un hoquet s'échappa de la bouche de Blay pour venir mourir dans la sienne. Et sans attendre, il le souleva et le plaqua plus étroitement entre le mur et lui. Blay s'agrippa des deux mains à sa nuque et enroula ses jambes autour de sa taille puissante. Blay put sentir sa queue dressée lui caresser la raie. Qhuinn bougea doucement en essayant de trouver son entrée. Lorsqu'il la trouva enfin, Blay ne put retenir un gémissement de plaisir.

Qhuinn recula légèrement la tête et, tout en plongeant ses yeux dépareillés dans ceux de Blay, il se mit à le descendre vers le bas pour l'empaler sur sa queue. Blay se sentit brutalement écartelé, mais l'intensité était merveilleuse et son corps tout entier réagit avec délectation à cette violente intrusion.

— Bordel !

Il ne pouvait rien dire d'autre. Il ne pouvait pas parler, c'était impossible. Pas avec la queue de Qhuinn plantée en lui. Il l'avait plaqué plus étroitement encore contre le mur en maintenant ses jambes avec ses bras. L'effort le faisait légèrement transpirer, car une fine pellicule de sueur recouvrait son corps. Il l'abaissa sur lui à la force puissante de ses bras, tout en usant de ses puissantes cuisses pour aller et venir en lui.

Sa queue se frottait dans le même temps contre le ventre dur, accentuant son excitation. Il pouvait sentir son odeur, sa sueur. Leurs gémissements constants emplissaient la chambre. C'était

divin.

Les frottements incessants de la queue de Qhuinn en lui, sans aucun lubrifiant, provoquaient un savant mélange de souffrance et de plaisir mêlés. Même s'il avait plusieurs fois fait l'amour avec Saxton, jamais la pénétration n'avait été aussi brutale : il entrait toujours en lui avec douceur, mais ça, c'était ce qu'il voulait avec Qhuinn. De la brutalité. Car ainsi, c'était le paradis. Il pouvait sentir son corps se crisper à chaque coup de reins.

Qhuinn releva la tête et le regarda avec attention. Blay était totalement à sa merci, mais avait besoin de jouir maintenant. Il le voyait tenter de reprendre son souffle, mais sa frustration était telle qu'il se cogna violemment l'arrière de la tête contre le mur, tout en exposant son cou et la veine qui palpitait ardemment. Et Qhuinn lui asséna ses deux coups de grâce. Sa fragrance de mâle dédié explosa alors qu'il plantait ses dents dans son cou.

— Qhuinn ! cria Blay.

Il gémit en s'autorisant enfin à jouir et que sa fragrance de mâle dédié explosait involontairement pour aller rejoindre celle de son amant. Il sentit Qhuinn lui emboiter le pas et jouir à son tour, au plus profond de lui.

Qhuinn s'effondra contre lui et posa son front contre celui de Blay alors que celui-ci lui caressait amoureusement le dos et lui murmurait des mots d'amour contre ses lèvres.

Il se raidit en entendant les mots que Blay venait de lui dire. Il se retira de Blay, le remit sur ses pieds malgré son vacillement. Il ramassa ses vêtements, enfila son boxer et, sans un regard en arrière, quitta le chambre.

"Tu n'es qu'un sombre imbécile", crut-il entendre quand il referma la porte derrière lui.