Harry Potter et le temps des bonnes intentions


(ou : La dernière tentation de Harry Potter)


Bonjour, voici la première partie du premier chapitre de Harry Potter et le temps des bonnes intentions. Pourquoi juste la première partie ? Parce que ce deuxième tome a une centaine de pages de plus, et une dizaine de chapitres de moins. Aussi, afin de diminuer les délais entre deux publications, je publierai les chapitres plus fréquemmment mais par plus petits bouts, et respectant les césures internes au chapitre que l'auteur a créé.

Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous.



Chapitre un


Planter les graines.


Il ouvrit la porte de sa chambre avec précaution, et mit son visage contre l'espace étroit entre elle et le montant (se cognant les lunettes dans le processus), surveillant le couloir de l'étage. Il y avait la chambre de son oncle et de sa tante à l'autre bout, encore fermée. Il pouvait entendre son oncle ronfler à travers, un peu comme on peut entendre un feu d'artifice quand on met sa tête vraiment près.


Le soleil du petit matin se faufilait par la petite fenêtre en haut des escaliers. Sa vue tronquée du mur à sa droite signifiait qu'il ne pouvait voir que le bouton des portes des deux chambres et de la salle de bain. Il tendait l'oreille pour un bruit qui ne venait pas de son oncle. Autrement, la maison semblait complètement silencieuse. Bien sûr, les Cold Stream Guards pourraient avoir donné un concert dans le salon. Il n'y avait aucun moyen de savoir.


Harry Potter ouvrit la porte de sa chambre assez pour pouvoir passer. Il était habillé pour courir, au détail près qu'il tenait ses chaussures de sport par les lacets dans sa main gauche. Il se déplaça furtivement vers la chambre de son oncle et de sa tante, puis tourna à gauche pour descendre les escaliers. Jusqu'ici, tout allait bien. Le ronflement lui avait empêché d'entendre quoique ce soit d'autre, mais il espérait aussi qu'il étoufferait tout bruit qu'il pourrait faire. Malheureusement, il savait qu'aucun son aussi fort soit-il ne pourrait masquer son odeur de Harry…


Malédiction ! pensa Harry, à mi-chemin dans les escaliers. Il regarda en bas où se tenait sa nouvelle Némésis, attendant en montrant les dents, un grognement sourd roulant dans sa poitrine, sa petite queue oscillant d'avant en arrière d'un air menaçant.


Harry rétrécit ses yeux, foudroyant Dunkirk. Cela commençait à dater. Il était à la maison depuis une semaine, et au lieu de s'améliorer, sa relation avec le petit Yorkshire terrier s'était détériorée au plus haut point depuis que Dunkirk avait manqué de planter ses dents dans la main de Harry la première fois qu'il avait essayé de le caresser.


Sortir de la maison pour aller courir le matin était progressivement devenu plus difficile. Harry avait commencé à se demander ce que sa tante faisait avec le chien blanc pendant que lui et son oncle travaillaient tous les jours. Il se l'imaginait donnant à Dunkirk des photos de lui et récompensant le chien avec de l'amour et des papouilles s'il réussissait à déchirer directement les images de Harry. Les chiens étaient des créatures conditionnées, il le savait. Pavlov était simplement le premier à le découvrir.


Il considérait ses options maintenant. Il pouvait sauter par-dessus la rampe, sprinter vers la cuisine et essayer de sortir par la porte de derrière avant que Dunkirk l'atteigne, ou il pouvait essayer de bondir au-dessus de lui et foncer vers la porte de devant, à seulement dix pieds du bas des escaliers. Que faire, que faire…


Finalement, il passa sa jambe par-dessus la rampe. Le petit chien fila vers le couloir pour l'intercepter, et Harry reposa rapidement sa jambe, dévalant le reste des marches, s'arrêtant pour prendre le bouton de la porte de devant.


Mais le chien était déjà sur lui, se tournant et l'atteignant trop rapidement pour que Harry puisse s'échapper. Il enfonça ses dents dans la chaussette de Harry, juste au-dessus de la cheville. Ses dents égratignaient la peau de Harry, mais ne rentraient pas dans sa chair. Harry leva son pied, le chien tenace pendu à la chaussette par ses dents. Il secoua à plusieurs reprises son pieds, mais le chien continua à s'accrocher.


« Casse-toi ! Stupide animal… » grogna-t-il, se tenant sur un pied et continuant à balancer Dunkirk en l'air. La chaussette se déformait et glissait de son pied à chaque mouvement. Le terrier s'accrochait.


« Saleté… de petit… » haleta Harry comme il continuait à essayer de secouer le chien. Sans avertissement, la chaussette glissa finalement complètement de son pied. Le chien alla voler dans le couloir, la chaussette encore dans sa bouche. Il atterrit lourdement sur ses quatre petites pattes, momentanément secoué. Harry respirait lourdement, la colère coulant en lui. Soudain, il eut une pensée : il savait ce qui pourrait le débarrasser de Dunkirk une fois pour toute.


Il fixa le chien et se concentra pour se transformer… et en une seconde, il se tenait sur ses quatre pattes, dans son couloir, sa crinière chatouillant son dos, sa longue queue fouettant l'air, un ronronnement grave vibrant dans tout son corps.


Les yeux du Yorkshire terrier s'ouvrirent si grand que Harry pouvait en fait en voir le blanc au bord. Sa mâchoire s'ouvrit, et la chaussette tomba sur le sol. Harry donna un petit rugissement, à peine une fraction aussi fort que les ronflements de Vernon Dursley, et le petit animal lâcha soudain un petit aboiement d'effroi et se réfugia dans le salon à travers la porte légèrement ouverte. Harry le vit disparaître sous l'ottoman, sa queue chamois encore visible sous la housse. Harry reprit sa forme humaine, les jointures douloureuses. Il se tint dans le cadre de la porte du salon, regardant la queue visible du chien, qui tremblait vigoureusement. Il se sentit légèrement honteux de lui même un instant. Effrayer un petit chien en prenant la forme d'un lion…


Mais ensuite, Dunkirk émergea de l'ottoman, et, espionnant Harry, courut à nouveau à toute allure vers lui, comme si rien n'avait changé. Harry ferma rapidement la porte. Il pouvait entendre Dunkirk de l'autre côté, grattant frénétiquement le bois, essayant de rouvrir la porte et grognant continuellement. Harry arrêta de se sentir désolé pour lui. Pour que Dunkirk le laisse tranquille, il était évident qu'il allait falloir plus que de voir Harry se transformer en griffon d'or juste une fois.


Harry reprit sa chaussette sur le sol du couloir, et commença à la remettre, mais elle était trempée par la salive du chien, et complètement déformée. Il remonta dans sa chambre avec sa chaussette ruinée, la jeta dans la corbeille et en reprit une nouvelle. Il retourna dans le couloir de devant et s'assit sur les marches pour lacer ses chaussures, grimaçant. Il avait laissé un stupide petit chien (qu'il entendait encore attaquer la porte du salon) l'énerver et il avait fait de la magie en dehors de l'école. Il ne pensait pas que quiconque trouverait. Il n'allait même pas avoir besoin de s'enregistrer comme animagus jusqu'à ce qu'il ait fini sa septième année à l'école, mais il devait encore faire preuve de plus de retenue. Si tante Pétunia ou oncle Vernon avaient vu cela, ils auraient vraiment été infernaux.


Comme il partait, il pouvait encore entendre Dunkirk gratter la porte du salon. Il secoua la tête, puis sortit dans ce matin lumineux d'été, faisant rentrer l'air frais et encore humide dans ses poumons comme ses pieds frappaient le trottoir, courant vers le village. Cela avait été une décision consciente de sa part de courir sur un trajet différent de celui qu'il prenait avec Hermione et Dudley. Il avait eu l'habitude de tourner à gauche en quittant la maison. Maintenant, il tournait à droite. La flèche de St Bede et le clocher de son ancienne école s'élevaient au-dessus des maisons et des boutiques, et grandissaient comme il s'en approchait. Il n'avait jamais vraiment fait attention au village pittoresque de Little Whinging. C'était juste le fait qu'il devait vivre ici avec les Dursley. Il ne pouvait pas le comparer à grand chose, n'ayant jamais été nulle part (dans le monde des moldus). Dans le monde des sorciers, il n'avait pas beaucoup plus voyagé, de toutes façons, mais il avait été à un opéra et à un ceilidh à la salle municipale de Pré-au-lard, et à une fête privée dans un cottage de Pré-au-Lard. Il avait aussi été au ministère de la magie à Londres (Ou plutôt sous Londres).


Harry commença à ralentir, puis s'arrêta. Il mit sa main sur le montant de pierre à l'entrée du cimetière. Après un moment d'hésitation, Il entra. Il atteignit rapidement la tombe de Dudley. Il se tint là, à regarder la motte de terre, qui était encore plus haute que l'herbe environnante. Quelqu'un avait mit des graines d'herbes dans la terre, et de petites pousses vertes commençaient à sortir. Bientôt la pierre (qui n'était pas encore en place) serait la seule indication de l'endroit où Dudley avait été enterré. La terre serait à nouveau plate, couverte sans discontinuité d'herbe. De la terre à la terre, des cendres aux cendres…


Harry se détourna de la tombe de Dudley et monta la colline où il savait maintenant que ses parents étaient enterrés. Il s'agenouilla à côté de leur pierre, et arracha quelques mauvaises herbes de l'herbe qui les recouvrait. Déchiquetant les mauvaises herbes avec ses doigts, il en dispersa les morceaux autour des racines des arums* qu'il avait plantés de chaque côté de la pierre. Il avait mis les plantes il y a deux jours. Il aimait l'idée de venir à leur tombe le matin, s'asseyant juste paisiblement. Il se demandait s'il devait leur parler, ou parler à Dudley, mais même s'il était complètement seul, l'idée l'embarrassait. Il n'était pas du genre à parler aux morts. Cela l'ennuyait quand c'était fait dans les films ou les programmes, principalement pour permettre au public d'entendre les pensées de la personne. Il se serait senti bizarre en faisant cela.


*[NDT : arum = calla lily]


Après un petit moment, Harry caressa la pierre avec tendresse, puis parti pour continuer sa course. Quand il rentra à la maison à Privet Drive, bien que son oncle et sa tante ne l'aient pas vu se transformer en griffon d'or, c'était encore l'enfer. Quand il ouvrit la porte, le calme et la paix de son oncle ronflant lui manquèrent. Sa tête commença immédiatement à lui faire mal, à la fois à cause du bruit, et à cause du fait qu'il essayait de traiter des fragments de phrases.


« … aurait pu être blessé, pauvre bébé… »


« … ta tante hystérique… »


« … pleurant et pleurant… »


« … pissé sur mon fauteuil préféré… »


« … juste un gentil bébé… »


« … porte doit être repeinte maintenant, pleine de rayures… »


Harry vacilla quand son oncle l'attrapa par son oreille et le tira vers le salon pour voir les profonds trous que le chien avait fait dans la peinture sur l'intérieur de la porte. Quelle âge j'ai ? six ans ? pensa-t-il.


« Casse-toi ! » cria-t-il, échappant à la prise de son oncle. « Il m'a attaqué ! J'essayais juste de sortir ! » Il fut momentanément surpris de réaliser qu'il était maintenant plus grand que eux deux. Quand cela s'était-il produit ? Pas que ce soit utile à ce moment.


Sa tante Pétunia se tenait dans le cadre de la porte, berçant Dunkirk dans ses bras comme un bébé. « Il est claustrophobe ! Il avait peur. N'est-ce pas mon petit Dunkirk… » Elle le câlinait. Harry roula ses yeux. Sa tête lui faisait vraiment mal maintenant. Si seulement ils pouvaient se taire ! Si seulement…


« Aaaah ! » Il poussa un cri d'agonie, pressant ses mains de chaque côté de sa tête comme la douleur le piquait. Ses yeux étaient fermés hermétiquement. A l'intérieur de ses paupières, il pouvait voir des silhouettes sombres dans une vallée… un halo vert surtout… Ce serait un beau matin d'été dans une forêt fraîche et feuillue si ce n'était la torture…


L'homme se tordait sur le sol, sur les feuilles. Harry ne pouvait pas voir son visage. Il pouvait voir le sorcier lançant le sort, un éclair de lumière connectant sa baguette au corps de sa victime. Comme la torture continuait, sa cicatrice commença à brûler. Il savait qu'il criait encore parce que sa gorge lui faisait mal, mais il avait l'impression que ses oreilles étaient bouchées. Tout ce qu'il pouvait entendre étaient les sons venant directement dans son cerveau de ce bois à l'aspect plaisant trompeur.


Le grand sorcier maigre avec des yeux rouges de serpent leva sa baguette, rompant le sort. L'homme qui s'était tordu sur le sol haletait et essaya de se lever. Cela fut un grand effort. Quand il fut finalement sur ses pieds, Harry eut un aperçu de son visage. Puis ce fut comme si on lui avait lancé un sort de mémoire, et la fraction de seconde d'après, il n'avait aucune idée de qui il avait vu. Je le connais ! pensa-t-il. Qui… ?


Mais maintenant, l'instrument de torture était pointé vers le creux du coude gauche de l'homme.


Je le connais, je le connais, je le connais, je le connais…


« MORSMORDRE! »


Harry plissa son nez à l'odeur de la chair brûlée. C'était comme s'il était là-bas. L'homme poussa un cri d'agonie comme la marque se brûlait dans sa chair. La puanteur remplit les narines de Harry. Le hurlement tourmenté de l'homme monta encore d'un ton comme la marque devenait une part de lui. La cicatrice de Harry le lançait encore. Il hurlait peut-être encore, il ne savait pas.


Finalement, l'homme se tut. Il était retombé sur ses genoux, où il resta, son souffle haché. Son bourreau mit sa main sur son épaule, presque gentiment, en disant « Enfin. Je te reconnais comme mon héritier. »


« Aaaaah ! » le cri de Harry continua. Il pouvait encore s'entendre. Il ouvrit ses yeux et regarda autour. Sa cicatrice faisait mal, mais pas de manière si insistante. Son oncle s'était mis à couvert derrière son fauteuil. Sa tante, encore cramponnée au chien se débattant (essayant désespérément d'échapper à sa prise), s'était reculée contre la table du couloir.


Harry voulait se forcer à s'arrêter de crier, mais c'était difficile. L'héritier. Je connais l'héritier. Il ne savait juste pas qui c'était. Pourquoi ne puis-je pas m'en souvenir ? se demanda-t-il. Peut-être que c'était comme de la magie anti-moldue qui empêche de voir les choses comme le Chaudron Baveur. Un moldu pouvait en fait le voir pendant une fraction de seconde, mais ensuite ses yeux glissaient dessus et il l'oubliait. D'où est-ce que je le connais ? se demanda-t-il, essayant de rassembler les pièces du puzzle. Malédiction ! L'image lui échappait encore.


Il déglutit et regarda sa tante et son oncle, incertain.


« Dé… désolé d'avoir enfermé Dunkirk dans le salon. Je… Je dois me préparer à aller travailler… »


Il monta en courant les escaliers jusqu'à la salle de bain. Il ferma la porte et s'appuya lourdement contre elle, son cœur tapant dans ses oreilles. Il avait besoin d'écrire à Sirius, pensa-t-il avec désespoir. Je dois lui raconter. Et je dois me souvenir. Souviens-toi, souviens-toi, souviens-toi…


Il enleva ses vêtements de sport trempés de sueur et rentra dans la douche. Voldemort avait son héritier à son côté maintenant, pensa-t-il. Et c'est quelqu'un que je connais. Est-ce quelqu'un en qui j'ai confiance ? Tout ce qu'il savait était que c'était quelqu'un de grand, avec les cheveux noirs et la peau blanche. Diable, pensa-t-il. Cela correspond seulement à la moitié des hommes que je connais… Au moins, cela exclue les Weasley, Gilderoy Lockhart et Lee Jordan… Super. Cela rétrécit vraiment l'éventail de choix.


Tandis qu'il se douchait, il pensa à quelques autres gens que cela ne pouvait pas être. Seamus Finnigan, Will Flitwick, Dean Thomas, Neville Londubat... Cela ne le menait nulle part.


Il avait besoin de renvoyer Hedwige de toutes façons. Il ne pouvait pas prendre le risque que Mrs Figg pose des questions sur sa chouette blanche. Il n'était en fait pas resté avec elle depuis qu'il avait découvert qu'il était un sorcier, lors de son onzième anniversaire. Après le travail, il rentrerait chez Mrs Figg plutôt que de retourner à Privet Drive. Sa malle et quelques vêtements d'été avaient déjà été amenés là-bas la veille au soir. Après avoir hissé sa malle jusque dans la salle de couture de Mrs Figg, où il dormirait sur un vieux canapé, il s'était tenu dans son salon pendant que les Dursley refaisaient le compte de toutes les choses qu'elle ne devait 'pas lui laisser passer'.


« Ne le laissez pas vous contredire. Dites-lui qui est le chef. »


« Ne le laissez pas sans faire des tâches ménagères. Spécialement son nettoyage… »


« Ne le laissez pas regarder la télé après dix heures du soir… »


« Ne le laissez pas sortir de table avant qu'il ait achevé son assiette, légumes compris… »


Ceci qui vient du couple qui essayait de m'affamer il y a deux ans, pensa Harry. Comme la litanie continuait, il s'était tenu, grimaçant, ses bras croisés sur sa poitrine. Il aurait souhaité fumer, comme cela il aurait pu se tenir là avec une cigarette tenant négligemment à ses lèvres, un paquet clairement visible sous la manche de son T-shirt. Il aurait aussi aimé encore avoir Sandy, le serpent de jardin, qu'il avait eu l'habitude de porter enroulé autour de son bras gauche, et peut-être aussi une boucle d'oreille en os, comme Bill Weasley, ou un tatouage…


A être accusé, par essence, d'être le pire délinquant juvénile depuis Billy le Kid, il voulait au moins en avoir l'air. Mais au lieu de cela, il avait attendu en ronchonnant, écoutant la liste des choses qui lui étaient interdites (celle-ci incluant les puddings de toutes sortes bien pour lui : il haïssait les puddings de Mrs Figg.). Pendant qu'il écoutait, son regard s'était promené autour de la pièce, qui ressemblait à ses souvenirs, ce qui revenait à dire qu'elle ressemblait remarquablement aux tentes que Mr Weasley avait empruntées pour eux pour dormir lors de la Coupe du Monde de Quidditch. On aurait dit qu'un bataillon de petites vieilles armées de crochets avait été lâché sur l'endroit, car il y avait à peine quelques bouts de housse sans le renfort de napperons ou de surfaces planes qui ne soit pas complètement couverte par des ouvrages de point de croix.


Quand son oncle et sa tante avaient finalement terminé et avaient payé Mrs Figg pour le service qu'elle leur rendrait pendant leur absence, ils étaient repartis par la porte de son étrange maison sentant le choux.


Mrs Figg avait levé la tête et surveillait Harry d'un regard critique. « Je comprends que tu travailles pour ce Dick.* » Cela lui avait prit un moment pour réaliser qu'elle disait son nom, et ne tombait pas dans une grossièreté inhabituelle. « Tu fais du jardinage, eh ? Bien, tu pourras aussi m'aider dans mon jardin. Te rendre utile. Et mon dos m'a fait souffrir. Tu pourras nettoyer les box des chats tant que tu seras ici. Les deux. Deux fois par jour. Les chats sont très exigeants. On ne peut pas s'attendre à ce qu'ils se vautrent dans la saleté. »


*[NDT : for that Dick - peut aussi être traduit par 'pour cette bite'. Désolé. ]


Harry grimaça. Il était content de devoir travailler avec Dick la plupart du temps. Cela se profilait pour être bien pire que lorsqu'il avait dix ans. Elle avait essayé de lui faire enlever les poils de chat de ses housses une fois, et à la place, il avait commencé à aspirer les napperons dans le ventre de l'aspirateur. C'était une méthode efficace de nettoyage (et cela n'avait impliqué aucune magie accidentelle), mais il ne savait pas comment il éviterait de travailler dans le jardin ou de nettoyer les box des chats.


Harry alla dans sa chambre quand il eut fini sa douche et s'habilla pour travailler. Il écrivit rapidement un mot pour Sirius, lui parlant de son rêve éveillé, voyant Voldemort initier son héritier. Harry s'arrêta pendant qu'il écrivait, regardant dans le vide. Il y avait deux choses qui le frappaient et qu'il trouvait bizarres. La première était que Voldemort faisait cela en plein jour, et la seconde, qu'ils avaient semblé être seuls. S'il y avait d'autres Mangemorts présents, Harry ne les avait pas vus. Est-ce que quelqu'un d'autre savait qui était l'héritier ? se demanda-t-il. Si je m'en souviens, serais-je le seul ?


Il envoya Hedwige avec la lettre pour Sirius, plus un petit mot pour Hermione. Il l'avait averti avec Ron que les cartes d'anniversaires et les autres lettres devraient arriver chez Mrs Figg par le système postal britannique. Il ne voulait pas qu'elle ait une crise en voyant plusieurs chouettes apparaître dans sa maison le trente-et-un juillet. Ce ne serait pas un problème pour Hermione, mais il se souvint de la fois où Mrs Weasley avait envoyé une lettre par la poste normale aux Dursley, couverte de tant de timbres que le facteur avait sonné à la porte afin de la délivrer en mains propres et de s'enquérir de qui avait fait une telle faute. L'oncle Vernon avait été livide, inquiet que le postier puisse penser que lui et tante Pétunia étaient bizarres de quelque façon que ce soit. Ils aspiraient à être la quintessence de la normalité, et ne supporteraient pas que quiconque détruise leur illusion.


Il s'assit pour relire encore la dernière lettre qu'il avait reçue d'Hermione.


Cher Harry,


Je sais que je t'ai juste écrit avant-hier, mais ce n'était pas au sujet de ce que je fais en fait au jour le jour, alors je voulais encore t'écrire. J'espère que cela ne te dérangera pas que cette lettre ne soit pas aussi descriptive.


Harry sourit. L'autre lettre avait été descriptive dans le bon sens, décrivant ce qu'elle voulait faire avec lui la prochaine fois qu'ils auraient une chance d'être seuls. Il lui avait écrit une lettre disant qu'il était bien rentré à la maison, mais que Sandy l'avait quitté, et Hedwige était rentrée avec la réponse au milieu de la nuit. Il s'était retrouvé à prendre une douche froide à deux heures du matin après l'avoir lue.


Sirius vient courir avec moi le matin, sous sa forme canine. Il s'assoit comme un chien dans la salle d'attente du cabinet la plupart du temps aussi. Papa et maman ne voient que les gens qui étaient déjà venus chez eux avant, pas de nouveaux. Sirius a amené quelques détecteurs de magie noire avec lui. Aucun n'a bougé, mais il y a eu ce gars que Sirius n'a pas laissé rentrer dans le cabinet hier. Il a grogné et l'homme a reculé et s'est enfui en courant.


J'étais assise dans la salle d'attente, lisant. Maman est sortie, se demandant où était son rendez-vous de deux heures, et je lui ai dit ce que Sirius avait fait, espérant qu'elle ne serait pas en colère. Elle m'a surprise en riant et en disant qu'elle se moquait qu'il ne revienne pas. Évidemment, il s'est comporté très bêtement comme s' il était sous gaz hilarant, et il avait tendance à essayer de toucher maman d'une manière dont seul mon père devrait la toucher. J'étais choquée ! Je veux dire, de penser que quelqu'un fasse des avances à ma mère ! Pas que ma mère ne soit pas encore jolie. Tu vois ce que je veux dire. Je pense à la pensine. En tous cas, elle était contente de Sirius hier. Au dîner (il est alors sous sa forme humaine) elle lui a demandé pourquoi il l'avait fait. Il a dit qu'il n'avait juste pas confiance en l'homme. Quelque chose avait enclenché une alarme en lui. Instinct canin. Il s'est excusé, mais maman lui dit que ce n'était pas la peine. « Bien visé ! » a-t-elle dit en riant.


Sirius va rencontrer les autres opérationnels le soir. Nous sommes parfaitement en sécurité grâce aux sorts protégeant la maison. Nous ne pouvons pas vraiment avoir tous les mêmes sorts au cabinet parce que c'est un espace public. Je ne suis habituellement pas au cabinet. Nous avons une cour au centre de la maison où je peux lire et prendre le soleil. Si c'est nuageux, je vais voir ce que font papa et maman. Ils m'ont tant manqué l'an dernier.


Et tu me manques ! J'ai rêvé de toi la nuit dernière. Tu portais ton kilt. Et seulement ton kilt…


Harry sourit, continuant à lire un petit peu. Tellement peu pour que cette lettre ne soit pas aussi 'descriptive' que la précédente. Il ne finit pas de toute la lire (Il venait juste de prendre une douche, et n'avait pas le temps d'en prendre une autre). Pliant la lettre, il l'enfouit dans sa poche de derrière.


Il prit une autre lettre de son bureau. Comme l'année précédente, elle était arrivée peu de temps après son retour à la maison. Elle était de MacGonagall, l'accueillant en septembre en tant que préfet de sixième année. Elle l'informait aussi que Liam Quirke était préfet en chef, et Cho Chang préfète en chef. Harry était content pour elle. Ils avaient voté à la dernière réunion de l'année, à laquelle assistaient les enseignants, qui devaient aussi voter. Hermione voulait que Katie gagne, étant donné qu'elle était de Griffondor, et Harry ne lui avait pas dit qu'il avait voté pour Cho. Il espérait que son seul vote n'avait pas coûté la victoire à Katie. Aucun d'eux ne savait qui avait gagné avant de recevoir les lettres. La plupart du temps, les six préfets de chaque maison votaient pour leur candidat (Les préfets de sixième année votant bien sûr pour eux-mêmes). Et les responsables de maison votaient aussi généralement pour les membres de leur maison. Alors, en réalité, c'était les autres membres de l'équipe qui en décidaient. Il suspectait que la plupart des autres professeurs voterait pour Cho de toutes façons, alors son vote n'avait probablement pas d'importance. Mais il avait senti le besoin de le faire quand même. Il ne pouvait certainement pas imaginer beaucoup de professeurs votant pour la préfète de sixième année, Régina quelque chose… sans parler d'Eloise Midgen de Pouffsouffle.


Harry continua à lire la lettre, jusqu'à l'endroit où les noms des préfets de cinquième année étaient listés. Sous Griffondor se trouvaient les noms Anthony Perugia et Virginia Weasley. Il sourit. MacGonagall devait avoir pardonné la mise en scène du donjon de potions. Ginny avait les meilleures notes… et Harry n'était pas du tout surpris au sujet de Tony. Il aurait été choqué si cela avait été Colin Creevey, qui avait encore tendance à se perdre en chemin en allant en classe. Et peut-être que Tony les rejoindrait dans l'équipe de Quidditch avec Zoey Russell, une des camarades de Ginny. Il tardait à Harry de connaître quelques élèves de l'année de Ginny un peu mieux.


Harry remit sa lettre dans le bureau. Il n'avait pas besoin de la prendre avec lui. Il parcourut sa chambre aride. Il ne la reverrait pas avant un an encore. Son oncle et sa tante avaient abandonné l'idée d'aller au Portugal maintenant qu'ils avaient Dunkirk. A la place, ils allaient faire une croisière sur un bateau autorisant les chiens. Ils s'arrêteraient d'abord dans les îles Anglo-normandes, puis aux Açores, de nombreux endroits le long de la côte espagnole, le détroit de Gibraltar et autour de la Méditerranée. Quand ils arriveraient dans un port, Dunkirk resterait à bord pendant qu'ils descendraient. Harry avait en fait le sentiment que Tante Pétunia ne serait pas très souvent à terre.


Il arriva dans la cuisine comme son oncle attaquait les œufs. Sa tante réchauffait les saucisses de Dunkirk. Le petit chien était déjà à table, regardant avec insistance son assiette vide. Harry attrapa son toast rapidement, comme le chien grognait à chaque fois qu'il tendait son bras. Harry espérait que la nourriture de Dunkirk serait bientôt prête, avant qu'il ne confonde un de ses doigts avec une saucisse.


Ils mangèrent en silence. Personne ne mentionna la petite crise de hurlement que Harry avait eue dans le salon. Il essaya d'en effacer le souvenir de son esprit, mais sa tentative ne fit que le rendre plus persistant. Sa tante et son oncle l'intriguaient. C'était comme si en ne regardant pas ou ne pensant pas à la magie, elle disparaîtrait simplement, n'existerait pas. Il finit rapidement et se leva pour partir.


« Bien » dit-il maladroitement. « Faites un bon voyage. » Son oncle grogna en guise de réception des mots de Harry. Sa tante, évidemment, saisit cela comme une dernière opportunité de le disputer.


« Rends-toi utile auprès de Mrs Figg. Et n'oublie pas de venir ici pour t'occuper de notre jardin le week-end. Je ne veux pas rentrer à la maison et me retrouver dans la jungle ! Et quoique tu fasses… »


« Ne pas faire ce que je suis supposé ne pas faire en dehors de l'école. Oui, oui. Je sais, je sais. » Il ne pouvait même pas dire « Je ne ferai pas de magie. » Cela aurait été aussi mal que d'en faire, à leurs yeux. Il était très content qu'ils n'aient pas vu sa métamorphose en animagus plus tôt.


« Ne soit pas insolent comme cela avec Mrs Figg. Et rappelle-toi de renvoyer cette chouette… »


« Je l'ai déjà fait. J'ai écrit à mon parrain ce matin, et je lui ai demandé de prendre soin d'Hedwige pour le reste de l'été. Il pourra me l'envoyer à l'école. »


Mais il sembla qu'ils avaient recommencé à l'ignorer. D'accord, pensa-t-il.


« Au revoir. Je pars travailler. » Encore rien. A moins que l'on compte Dunkirk tournant sa tête et grognant doucement dans sa direction. Bien, pensa-t-il encore. Il ouvrit la porte et partit, les regardant encore pour quelque signe de leur part notifiant son départ. Il n'en eut aucun avant d'avoir fini de fermer la porte. Oh, bien. Il n'aurait probablement pas du s'attendre à un changement, même après Dudley. La vie continuait au quatre Privet Drive.