Pairing : FrUk !

Disclaimer : Hetalia appartient à Hidekaz Himaruya

NdA

[1] Ce jeu n'est pas de moi :D Celui qui trouve la référence aura le droit à un bisou :DD

Chapitre 1

La semaine commençait avec un grand soleil, apportant chaleur et bonne humeur. Francis était au comptoir, discutant avec Gilbert. Arthur s'était installé sur son fauteuil, et le pâtissier attendait qu'il finisse pour avoir son avis. Chaque semaine, il changeait le goût des scones, pour varier les plaisirs des clients.

Tout en discutant, il lançait de régulier coup d'œil à la salle. Il était heureux de voir ses clients heureux. Il était d'autant plus heureux de voir chaque mardi ce client si régulier. Francis appréciait beaucoup Arthur. Ils ne se parlaient pas beaucoup, mais c'était toujours courtois et agréable. Ils ne se passaient rien d'extraordinaire entre eux, mais cela suffisait à Francis.

« Dis-moi, Francis, tu t'y connais en cordonnerie ? »

Le pâtissier regarda avec des yeux ronds Gilbert. Son ami avait des sujets de conversations plus qu'impromptus. Ce dernier le regardait avec un air sérieux.

« Non, pourquoi cette question ? »

Gilbert ne le lâchait pas du regard.

« Je sais pas, tu regardes les semelles du gars là-haut depuis tout à l'heure. Je me dis que tu dois t'intéresser à la cordonnerie du coup, et que tu voulais te reconvertir… »

Francis ne savait pas s'il devait rire des propos de l'albinos, ou rougir de cet état des faits. Il ne regardait pas n'importe quelles « semelles » mais Arthur. Francis devait bien avouer que ce dernier ne lui était pas indifférent. Ses cheveux indisciplinés, ses yeux verts, son attitude, sa voix, son sarcasme… Tout lui plaisait chez lui. Il n'était pas amoureux, il avait juste une certaine attirance pour Arthur. Au final, Francis ne put s'empêcher de rire. Cette situation était assez ridicule en elle-même.

« Je ne regarde pas spécialement ses semelles… J'attends juste qu'il descende pour de me dire ce qu'il pense de mes scones.

-Oh ! s'exclama Gilbert. C'est donc le fameux client du mardi ? »

Francis hocha la tête.

« C'est un client comme un autre. Il vient seulement le mardi. Tu n'es pas obligé de dire qu'il est « fameux », rajouta Francis. »

Gilbert leva au ciel.

« Est-ce que tu couves tous tes clients de cette manière ? »

Cette fois-ci, Francis rougit. C'était aussi visible qu'il attendait avec impatience la venue de ce client ? Et qu'il le surveillait du regard ? D'accord, parfois, il lui apportait lui-même sa commande, mais ce n'était pas si voyant que ça qu'il l'attirait. Gilbert rigolait de la soudaine gêne de son ami. Il n'avait rien contre cette attirance, et s'amusait à taquiner Francis avec.

Francis perdit son regard dans la salle, évitant de le lever pour contempler Arthur. Il était un client, il ne pouvait pas se permettre de lui faire des avances. De plus, il risquait de le faire fuir, et Francis perdrait alors tout contact avec lui. Alors c'était hors de question pour l'instant. Ils ne se connaissaient que depuis quelques mois, ne se voyaient que les mardis et ne s'échangeaient que quelques mots.

« Francis ? »

Les yeux bleus du pâtissier rencontrèrent une fois de plus les rouges de Gilbert. Celui-ci arborait un grand sourire, signe de bêtise imminente. Francis retint un frisson d'anticipation. Il ne savait pas s'il devait avoir peur ou non. Il savait que Gilbert n'était pas assez horrible pour parler directement à Arthur de cette attirance, mais il pouvait faire des choses qui décrédibiliserait Francis aux yeux d'Arthur.

« Je vais aller lui parler, à ton client comme un autre ! T'en fais pas, je dirais rien à propos de toi ! C'est juste pour… Chopper des infos ! »

Sur ce, Gilbert se redressa. Il marcha d'un pas conquérant vers les escaliers menant à la mezzanine. Francis retint un soupir. Il vit Bella et Elizavetha lançaient un coup d'œil en direction de l'albinos. Comme quoi, tout le monde sentait la catastrophe arriver.

Gilbert monta les marches, un sourire aux lèvres. Maintenant qu'il savait comment taquiner Francis, il n'allait pas se gêner ! Il vit Arthur, assis dans son fauteuil habituel. Il buvait son thé, tout en lisant un livre. Gilbert se campa devant lui et se racla la gorge. L'homme en face de lui leva les yeux.

« Je peux vous aider ? »

Gilbert sourit en reconnaissant un accent typiquement anglais.

« Je voulais savoir si vous aviez un jeu de cartes ! C'est pour faire un cul de chouette ! [1] »

Arthur fronça les sourcils. Quel nom barbare…

« C'est un jeu de cartes ? Je ne le connaissais pas, répondit-il poliment. »

L'albinos le regarda avec un air ahuri.

« Ce n'est pas un jeu de cartes, mais un jeu de dés ! »

Arthur fronça une fois plus les sourcils. Est-ce que cet homme se moquait de lui, là ? Lui demander un jeu de cartes qu'il n'avait pas, pour faire un jeu de dés ? Il décida de royalement l'ignorer, et de retourner à sa lecture. Avec de la chance, l'imbécile comprendrait qu'il ne voulait plus lui parler et qu'il pouvait, même devait s'en aller.

Mais la chance n'était pas du côté d'Arthur. Gilbert s'installa sans grâce sur le fauteuil d'à côté. Arthur priait pour qu'il le laisse tranquille.

« Vous vous y connaissez en cordonnerie ? lança l'albinos d'une voix assez forte. »

Francis, en bas, avait envie de se frapper la tête contre le comptoir devant l'imbécilité de son ami. Promis, si celui-ci redescendait, il l'ignorerait et ferait comme s'il ne le connaissait pas.

« Je vous demande pardon ? demanda Arthur.

-Eh ben, v'voyez, je regardais vos semelles et c'est de la qualité ! C'est awesome ! Alors je me suis demandé si vous vous y connaissiez ! Vous savez, j'ai un frère cordonnier et… »

Arthur décrocha rapidement de la conversation. Son voisin parlait fort, et trop. C'en était désagréable. Très désagréable, même. Il retint un soupir de justesse. Un bon gentleman savait se contrôler, même en compagnie de personnes sans manière. En regardant sa tasse vide, il se décida à aller en demander une autre. L'albinos allait surement le lâcher.

Il se leva, ignorant toujours les paroles de l'autre. Il descendit rapidement, et fut heureux de voir le pâtissier au comptoir. Il sourit intérieurement. Arthur appréciait beaucoup le jeune homme, qui n'avait pas hésité à faire des scones à sa demande, alors qu'il n'en avait jamais fait. De plus, ils étaient toujours exceptionnels. Même étant anglais, Arthur n'arrivait pas à en faire d'aussi bon, chez lui.

Francis vit Arthur s'approchait du comptoir. Il lui sourit lorsque celui-ci se tint devant lui. Ce dernier lui commanda une autre tasse de thé que Francis s'empressa de faire avec bonne humeur. L'anglais tapotait distraitement sur le bois du comptoir.

« Désolé pour Gilbert, s'excusa Francis. Il est un peu collant et bruyant, mais il ne pense pas à mal. Il est très gentil et vivable quand il le veut… »

Arthur renifla dédaigneusement.

« Si vous le dîtes… »

Francis sourit, et lui tendit sa tasse de thé. Arthur la prit. Il allait partir, avant de voir les assortiments de pâtisseries à côté de lui. Il resta plusieurs instants, à se demander s'il allait craquer ou pas. D'habitude, il ne prenait que des scones, mais surtout, il ne s'attardait pas devant le comptoir à pâtisserie. Sa gourmandise reprit le dessus. Tarte aux pommes, opéras, macarons, roses des sables, bichons au citron, choux à la crème, éclairs, et un Paris Brest. Tout lui donnait envie.

Francis remarqua son regard gourmand et sourit.

« Je peux vous aider à choisir, si vous voulez »

Arthur releva le regard vers lui, un peu honteux. Il n'avait pas pour habitude de céder à ses tentations comme ça, mais là, ces éclairs au chocolat le tentaient bien. Francis ne l'avait pas quitté des yeux. Il lui prit un éclair au chocolat qu'il mit dans une petite assiette, avec une cuillère. Il lui fit un grand sourire.

« Cadeau de la maison ! »

Arthur ne put s'empêcher de rougir. Le sourire du pâtissier le toucha énormément. Cela lui allait bien. Il se gifla mentalement à cette remarque. Il ne le trouvait pas mignon, beau ou quoi que ce soit, c'était juste qu'un sourire égayait tous les visages, pas lui en particulier. Il retint un grognement, et prit l'assiette tendue, en glissant un timide « merci ».

Si le sourire de Francis avait pu s'élargir, c'est ce qu'il se serait passé, en voyant Arthur partir rapidement retrouver son fauteuil. Il entendit un fort rire à côté de lui. Gilbert était là, accoudé au comptoir. Francis ne put s'empêcher de pouffer.

« Tu sais que tu es un imbécile ? demanda-t-il gentiment.

-Oui ! Mais un imbécile qui te permet de parler à ton client comme les autres. »

Touché. Francis regarda l'heure et soupira. Il allait être temps de se remettre en cuisine, il ne pouvait pas laisser Matthew tout seul tout l'après-midi. Il s'excusa auprès de Gilbert, et fila en cuisine. Son jeune serveur nettoyait le plan de travail.

« Merci beaucoup, Matthew ! Tu peux rentrer, si tu veux, annonça Francis. Pour m'excuser de t'avoir laissé tout seul ici ! »

Ledit Matthew secoua la tête.

« Ce n'est pas grave. Je sais à quel point le mardi est important pour vous ! »

Francis ne releva pas. Etait-ce si voyant que ça ? Matthew enleva rapidement son tablier, avant de prendre congé. Francis rattacha ses cheveux avec son ruban. Il commença à siffloter tout en commençant sa préparation des meringues. C'était une des rares choses qu'il pouvait faire assez en avance pour le lendemain.

Il se sentait vraiment bien. La cuisine était plus qu'une passion pour lui, mais aussi une partie de sa vie. Ses parents avaient préféré qu'il fasse des études de commerce, pour qu'il fasse une bonne carrière, et qu'il ne manque de rien dans le futur. Il avait tenu deux ans. Ensuite, il avait tout plaqué pour faire de la cuisine, sous les conseils de Bella.

Une fois ses diplômes acquis, il avait voulu ouvrir sa propre pâtisserie. Et au final, il avait opté pour un salon de thé, ce qui lui plaisait d'autant plus. Ses parents étant contre, il ne parla de ce projet qu'à Bella. Il était content du résultat. Sur la route du Graal marchait très bien. Les clients étaient satisfaits, ses employés aussi, et lui de-même. Tout marchait pour le mieux.

Un « toc toc » le fit sortir de ses pensées. Antonio se tenait dans l'entrebâillement de la porte, un carton dans les mains. Il le posa sur le plan de travail. Francis s'arrêta de faire ses meringues pour parler un peu avec son ami.

« J'ai appris que Gil' avait encore fait des siennes cet après-midi ? Je suis désolé si ça t'a causé des ennuis ! Mais tu connais Gil'…

-Ce n'est pas grave ! Il n'y a pas de mal… Et puis, je pense que les clients sont habitués à son comportement, maintenant ! »

Ils rirent tous les deux. Antonio en profita pour lui raconter sa journée, avant de poser des questions sur un certain client. Francis ne put s'empêcher de soupirer. Tout le monde lui faisait des remarques à ce sujet, alors qu'il n'y avait rien d'exceptionnel. D'accord, il appréciait un client plus que les autres. D'accord, il avait une certaine attirance pour ce même client, mais c'était tout. Il était assez lucide pour savoir qu'il ne se passerait jamais rien entre eux. Il n'était pas stupide au point d'espérer pendant des mois que ce soit réciproque, ou qu'il se passe quoi que ce soit.

Antonio n'insista pas trop, mais laissa sous-entendre qu'il devait quand même tenter sa chance. Il allait avoir 26ans, il serait temps qu'il rencontre quelqu'un. Francis ne dit rien, pour ne pas froisser son ami. Il n'en avait que faire de se trouver quelqu'un pour de bon. Il avait toute la vie devant lui, et était très bien comme ça pour l'instant.

Il accompagna son ami espagnol jusque dans la salle principale. Cela allait être l'heure de fermeture, et la plupart des clients étaient en train de payer leur consommation. Gilbert n'avait pas bougé, et embêtait Elizavetha, qui elle, le menaçait de son plateau. Francis leur proposa alors de sortir ensemble tous les trois, pour boire un coup, ce qui fut accepté avec joie.

Francis remplaça Bella pour encaisser, pour qu'elle puisse rentrer chez elle un peu plus tôt. Comme par hasard, un certain client anglais attendait son tour pour payer. Le cuisinier lui fit un sourire.

« Alors, cet éclair ? »

Arthur rougit un peu, avant de marmonner des mots que Francis ne comprit pas. Il encaissa sans rien dire. L'anglais glissa un « C'était très bon, merci » avant de partir rapidement, gêné. Le blond resta ébahi, puis sourit. C'était trop mignon pour qu'il ne s'empêche de sourire. Quand tous les clients furent partis, Francis ferma le salon.

Cette journée avait été, comme tous les mardis, très fructueuse. De plus, il avait pu parler à Arthur, et il en était très heureux. Bien qu'il ait décidé de ne rien tenter pour le séduire, il n'était pas contre un rapprochement amical.

Une fois tout réglé, il sortit avec ses deux amis, sans savoir que le lendemain serait plein de surprises.