Pensées, ressentis et sentiments de Milo

Shâka venait d'être battu par trois de mes anciens compagnons d'armes dont un qui

représentait plus qu'un simple frère pour moi. Une colère sans nom s'empara alors de mon

être.

Comment pouvaient-ils faire ça ? Comment LUI avait osé me faire ça ?

Et surtout comment pouvait-il faire ça à Hyôga, son ancien disciple, dont je suis devenu

malgré moi, le mentor, le frère qu'il n'avait jamais eu.

Je sentais de la confusion mais également de la tristesse et de la haine dans le cosmos de mon jeune frère. Je le comprenais car c'était ce que je ressentais mais à un niveau plus

élevé.

Descendant lentement les escaliers et passant par le temple qui me séparait de celui de la

Vierge, je brodais mon esprit pour que personne, même ces traîtres et surtout Camus, ne

puisse lire mes sentiments.

Lorsque j'arrivais près du petit groupe, j'entendis le chevalier des Gémeaux dire qu'ils

faisaient ça pour notre déesse. Mon Œil, Oui !

Lui, qui n'avait pas hésité à tuer Shion et avait voulu prendre une première fois la vie de

Saori, faisait cela pour ELLE ?! Balivernes selon moi.

Avant de m'immiscer dans leur conversation, je les observai tous, ces trois renégats qui avaient été nos amis jadis.

Intervenant enfin, je m'amusai intérieurement de la surprise que mon arrivée avait créée.

Je regardai rapidement les trois renégats et mon regard s'arrêta quelques secondes de plus sur le Verseau. Je sentais que malgré la perte de sa vue, qu'il me détaillait. Que pouvait-il

bien penser ? A vrai dire, je m'en fichais totalement étant donné que je me trouvais dans

une colère noire qui me permettait d'être vraiment le légendaire scorpion défenseur de la

déesse. Mon œil acéré m'indiqua que l'ex-gardien du onzième temple tremblait. De peur ?

Je l'espérais bien. Certes, il me connaissait et savait que je pouvais entrer dans des colères

qui m'étaient difficilement contrôlables, mais il ne m'avait jamais vu dans une fureur noire.

Sans crier gare, je lançai directement mon Scarlett Needle. Pitoyable, était la façon dont ils

s'étaient pris les premiers coups. Et ça avaient été des chevaliers d'ors?!

Alors que je répondais calmement à mes frères d'armes, qui avaient survécu à la bataille des douze temples un an auparavant, j'entendis, par télépathie, Camus qui me livrait, pour une

fois, ce qu'il ressentait.

La surprise me cloua sur place, si bien que je leur laissais le temps de se relever des trois

premières aiguilles. Mon visage se ferma encore plus et je lui lançai un regard, qui, s'y j'en

cru sa réaction, le tétanisa de peur. Je leur relançai trois de mes aiguilles et répondis à

l'ex-verseau : « TU TE FOUS DE MOI?! TUCROIS QUECELA TE SAUVERAS ? JE NE TE

PARDONNERAIS PAS CETTE TRAHISON ! »

Il hésita à me répondre mais finalement ne dit rien. J'étais hors de moi bien que je ne laissais pas paraître. Comment pouvait-il faire ça ? Certes, j'avais attendu ces paroles, cette

déclaration pendant longtemps mais l'entendre aujourd'hui, en cet instant, me broya le

cœur. Je ne pouvais pas l'accepter et c'est pourquoi je relançai quelques aiguilles, tout en leur réexpliquant le principe de mon attaque et en leur signifiant que je n'aurais pas de pitié pour eux. Ils subirent quelques autres coups et lorsque je m'apprêtais à lancer le quinzième, Saga se prépara à lancer la galaxian explosion. Je ne l'avais pas remarqué et ce fut Seiya qui m'averti. Bien qu'ayant évité la plupart des planètes, le gémeau me toucha lorsqu'il les fit

exploser. Je fus projeté contre le plafond du sixième temple et la chute fit mal. Je me relevai doucement en me posant des questions puis soudain les trois traîtres se mirent dans la

position de la trinité. Alors comme ça, ils voulaient relancer cette infamie ?

Saga venait de finir de parler que deux de nos cadets voulurent intervenir mais Aiolia les en empêcha. Inconsciemment ou non, nous les trois derniers chevaliers d'or, nous mirent

également dans la position de l'Athéna exclamation. Tandis que Mû répondait à une

question du chevalier du Dragon, je regardais mon vis-à-vis qui se trouvait être celui que

j'aimais toujours malgré les circonstances. Bien que j'essayais d'être impassible, je savais que Camus réussissait à lire en moi. Il devait donc avoir deviné que je l'aimé. Je me demandais

ce qu'il pouvait bien se dire. Je cessais de me posais des questions pour lancer cette infâme attaque. Le souffle qu'elle produisit envoya nos cadets contre les colonnes du sixième

temple. J'eus mal pour mon petit frère mais je ressentis en même temps que Camus avait

mal pour lui. La colère qui grondait en moi me submergea à nouveau et c'est par télépathie que je lui dis ce que je pensais. J'entendis ensuite Hyôga essayai de le raisonner mais en

vain.

Les quatre bronzes vinrent se positionner de chaque côté de nous, les anciens et les actuels

chevaliers d'or. Ils combinèrent ensuite leur pouvoir et réussirent à repousser la puissance

de l'énergie destructrice vers le ciel. Le plafond s'effondra et je ne pus rien faire pour aider mon petit frère.

Sortant des décombres à la suite de Mû, je répondis à sa question et formula à voix haute ce qu'on craignait. Un bruit de pierre nous fit nous retourner. C'était Saga qui venait à son tour de sortir du tas de ruines. Je me mis en position pour terminer ce que j'avais commencé lorsque je fus interrompu par un cosmos. Et quel cosmos ! Celui de notre déesse !

Elle nous demanda de lui amener nos trois anciens frères. Après quelques protestations en

particulier de ma part, nous finîmes par accéder à sa demande. C'est ainsi que Mû se retrouva à prendre Saga, Aiolia s'occupa de Shura et moi de Camus. Cela me faisait mal de l'avoir à côté de moi. J'étais toujours autant en colère contre eux, surtout contre lui qui avait

toujours fait passer son devoir avant le reste. Lui, qui avait toujours était fier et droit, juste

également malgré sa froideur. C'est sa façon d'être qui m'avait séduit et le fait de le voir

trahir Athéna me rendait fou de rage même si je regrettais notre amitié perdue. Je retenais

difficilement les larmes qui me venaient pendant la montée du reste de l'escalier sacré.

J'avais envie de lui parler, quitte à provoquer un clash entre lui et moi, pour pouvoir ensuite

lui pardonner et enfin peut-être lui avouer ce que je ressentais pour lui. Je me forçais donc à garder la tête haute pour ne pas le regarder et craquer malgré le fait que je sentais sa

tristesse et son envie de me parler.

Notre calvaire prit fin lorsque nous arrivâmes devant l'autel de notre déesse. Là, nous

laissâmes tomber les traîtres comme de vieilles chaussettes. Ils ne se relevèrent qu'à moitié. Athéna demanda à Kanon, le frère jumeau de Saga de lui remettre le petit coffret qu'il tenait dans les mains. Lorsque celui-ci l'ouvrit, je pus voir son contenu et en fut effaré. La dague

d'or ! Celle qui permettait de tuer les dieux. Qu'allait faire Athéna ? Elle nous l'expliqua et

se suicida sous nos regards ahuris sans que l'on fasse quelque chose. Les instants qui

suivirent furent…plus que difficiles. Nous restâmes de longues minutes à pleurer car nous

n'arrivions pas à réaliser ce qui venait de se passer. Enfin si, seul Mû avait comprit mais cela ne m'étonnai guère.