Joyeux anniversaire Bandelette !
Nous n'avons pas pu faire les douze heures, mais il me semble que le thème de cette année était jouer... ;) J'espère que ça te plaira !
Rien n'a moi, gagne pas de sousous, etc, etc.
Enjoy tout le monde !
« Fais attention avec mon petit bijou entre tes grandes paluches, c'est sensible ! Il est très réactif, alors c'est pas la peine d'appuyer comme une brute… Hum tiens, il semblerait qu'il va bientôt nous lâcher, faut dire qu'on joue dessus depuis pas mal de temps. Allez passe, on va faire autre chose pendant que je le mets à charger ! »
Sur ces mots, Jim Moriarty, couché lascivement sur le tapis du 221B, arrache la tablette des mains de Sherlock installé en tailleur face à lui, pour la mettre à charger et faire taire le signal de batterie faible apparu sur l'écran. Sherlock soupire dramatiquement, déçu de voir sa partie d'échec interrompue, et soupçonne le consultant du crime d'avoir traficoté l'engin. Trois coups plus tard, il aurait gagné sur un magnifique échec et mat. Aussi, devant la déception de cette victoire avortée, notre détective réagit comme à son habitude de manière digne et adulte. C'est-à-dire qu'il se lève, se drape dans sa robe de chambre en soie, et part bouder sur son fauteuil.
Moriarty esquisse un sourire amusé devant le comportement de son ennemi intime. S'approchant d'une démarche féline vers le grand brun à la bouche pincée, un plan se dessine dans son esprit pour se faire pardonner et raviver l'envie de jouer chez son compagnon.
Arrivé au pied du fauteuil de Sherlock, le détective daigne tout juste lever un regard ennuyé vers son vis-à-vis. Pas le moins du monde effarouché, Jim arborant un sourire carnassier, se penche vers Sherlock, une main sur chaque accoudoir, et prend la parole.
« Puisque notre partie a été interrompue – et ce, indépendamment de ma volonté, je te l'assure –, et que nous sommes aujourd'hui le jour de ton anniversaire, je te propose un défi. Affrontons-nous sur trois jeux différents. Si tu gagnes deux manches ou plus, je t'offre ton cadeau. Si c'est moi qui gagne au moins deux manches, tu me devras une faveur. »
Ces derniers mots sont accompagnés d'un regard lubrique qui aurait fait fuir quiconque un tant soit peu sain d'esprit, mais Sherlock n'est pas sain d'esprit, et il est très amateur de défi. C'est pourquoi il accepte le marché d'un hochement de tête, et suit Moriarty pour s'installer face à la première épreuve.
Celle-ci se fait autour du célèbre jeu Docteur Maboul. La partie est vite expédiée, même avec les nombreuses manœuvres de déconcentration de Jim tentant d'aguicher Sherlock. Le consultant du crime n'a pu rivaliser avec les mains précises et expertes de notre violoniste. Mains expertes qui avaient d'ailleurs déjà eu d'autres adversaires d'entrainement, Mycroft s'étant ainsi cassé les dents de nombreuses fois sur ce jeu face à son petit frère.
Ainsi, bilan de première épreuve : Jim Moriarty 0 – Sherlock Holmes 1
La deuxième épreuve est plus serrée. Ce n'est autre qu'un combat Pokémon en duo. Malgré la grande attention portée aux avantages types, les puissants légendaires de Moriarty ont raison de la robuste équipe originaire de Kanto de Sherlock. Le combat s'achève sur les attaques Vol de Sulfura et Surf de Suicune, qui dévastent les pauvres Florizarre et Dracaufeu de notre détective, ne leur laissant aucune chance.
Bilan de deuxième épreuve : Jim Moriarty 1 – Sherlock Holmes 1
Enfin arrive l'ultime épreuve que Jim entend bien remporter pour obtenir de Sherlock une faveur – faveur que le détective devine à connotation lubrique. Le dernier jeu continue sur Nintendo DS avec l'une des plus célèbres licences de jeu vidéo – qui a détruit plus d'amitiés encore que l'unique dernier dessert du frigo là où il y a deux amis qui le convoitent – le célèbre et inimitable Mario Kart. Le classement aux courses, les queues de poisson éjectant du terrain celui qui était considéré comme un ami une heure avant, les nombreux objets avec la peau de banane, la carapace rouge, et l'ultime carapace bleue… Le potentiel de ruinage d'amitié de ce jeu est pratiquement illimité.
Et c'est sur ce jeu de fourberie, domaine de prédilection de notre cher génie du crime, que nos deux compères s'affrontent pour la victoire. Il n'y a droit qu'à une seule partie, et Jim laisse humblement à Sherlock le choix du terrain. Notre amateur de challenge choisit alors le terrain responsable du traumatisme de toute une génération : la Route Arc-en-ciel. L'adversaire n'est plus le seul danger, la route elle-même semble vouloir tuer le joueur à chaque virage. Accélérations, virages en épingle, absence régulière de barrière protégeant du vide interstellaire, et toujours les adversaires… Ce terrain a été le lieu de nombreux drames du volant.
Sherlock et Moriarty sont sur la ligne de départ. Le détective ayant choisi le terrain, Jim a sélectionné les personnages. Ainsi Moriarty glousse devant la tête déconfite de son adversaire qui hérite de la célèbre princesse Peach affublée de sa robe à froufrous roses alors que Jim s'impose avec le massif Bowser.
Le départ est lancé, parfaitement exécuté des deux côtés. Les virages se succèdent, les accélérations sont prises et chaque voiture est maniée avec une précision chirurgicale. Sherlock et Moriarty se battent, au coude à coude pour la première place, les six ordinateurs adverses laissés bien loin derrière. Le dernier tour est bien entamé, Sherlock mène talonné par Jim et la ligne d'arrivée se profile. Soudain, Sherlock agite ses boucles brunes, attirant l'attention de Moriarty, et lâche d'une main la console pour déboutonner sa chemise jusqu'à mi-torse, perdant ainsi de la vitesse. Désarçonné, le criminel prend la tête, dépassant Peach et sa robe rose, tombant droit dans le piège de Sherlock. Car à une dizaine de mètres de la ligne d'arrivée, une carapace bleue surgit, fauchant Bowser, et Peach qui évite habilement la déflagration émanant de son adversaire, franchit aisément en première position la ligne d'arrivée.
Bilan final : Jim Moriarty 1 – Sherlock Holmes 2
Moriarty veut être en colère, il a perdu et il s'est laissé berner si facilement… mais à y réfléchir, la vision du torse du détective compense la perte du défi et de sa faveur et il n'arrive pas à être déçu, d'autant plus que c'est l'anniversaire de Sherlock aujourd'hui, alors il accepte d'être beau joueur. S'inclinant, Jim va fouiller dans sa veste et tend ensuite un joli paquet noir aux motifs baroques. Sherlock s'en saisit et l'ouvre doucement pour attraper un étui en cuir noir duquel il sort une magnifique loupe. Le manche en bois d'ébène est joliment ouvragé, présentant des motifs semblables à ceux présents sur le paquet cadeau. Et alors que Jim souhaite joyeux anniversaire à Sherlock, ce dernier remarque une fine gravure au bas du verre. I miss you.
