Le crépuscule infini de l'humanité

XXVII – Des soucis de Président

" Une rencontre n'est que le début d'une séparation. " Proverbe japonais


Personnages du chapitre

L'Union Terrestre

Warius Zéro : Nouveau Président de l'Union Terrestre, successeur de Marie Attia au poste
Marina Oki : Nouvel officier général dans la flotte de l'Union en reconstitution
Lord-député Jader : Secrétaire parfois agaçant de Zéro
Friedmar Kurt : Magistrat de 2
ème échelon au tribunal spécial de l'Union pour crimes de guerre
Maître Perraloc : Jeune avocat pas bien brillant commis d'office pour défendre l'indéfendable Prométhium.

L'équipage de 'l'Ombre de la mort'

Harlock : Capitaine de 'L'ombre de la mort'
Tochiro Oyama : Ingénieur de génie un peu surmené.
Mimee : Jurassienne suivant Harlock, et qui arrive parfois à l'agacer

Autres personnages

Prométhium : Prisonnière de marque des geôles de l'Union Terrestre
Technétium : Général de l'ex Empire Mécanique, serviteur zélé et absolu de sa Reine


Chacun son tour

La forme féminine restait impassible face à l'auditoire. Le magistrat Friedmar Kurt lisait machinalement le papier que le greffier lui avait présenté peu avant :

- Enfin, Prométhium Andromeda, vous êtes accusée d'actes de torture et de barbarie envers les personnes de feu la Présidente Marie Attia et le Président Warius Zéro. Le jury a pu prendre connaissance des pièces et éléments de preuves apportés au-devant de cette cour. Avez-vous un mot à dire ?
- Oui, stupide humain à la solde de Warius Zéro. Vous vous permettez de juger uniquement car vous croyez détenir le droit par votre victoire militaire. Mais votre Union n'est rien ! L'Empire Mécanique ne pourra jamais être vaincu !

La nouvelle tirade de Prométhium arracha des murmures de la part du nombreux public venu assister au procès du siècle dans le tout nouveau tribunal central. Plusieurs visiophones relayaient en direct les images à destination de systèmes lointains, dans une sorte de voyeurisme morbide. Les humains n'étaient pas les seuls à se repaitre des malheurs d'autrui.

Le magistrat saisit son antique marteau de bois (en tequeri noir, seule touche d'originalité), tapa plusieurs fois et cria d'une voix forte :

- Silence ! Silence ou je fais évacuer la salle. Maître Perraloc, avez-vous quelque chose à ajouter ?

L'avocat de Prométhium avait probablement le métier le moins envié de l'univers, surtout en ce moment. Malgré une immense fortune encore disponible pour ses propres frais, la reine de l'ex Empire Mécanique n'avait pas du tout réussi à s'offrir les services d'un avocat digne de ce nom. Tous avaient refusé, même face à la somme astronomique qui était en jeu. Au grand désespoir des hautes juridictions, il fallut lui en commettre un d'office pour respecter les propres principes judiciaires de l'Union. Maître Perraloc fut tiré au sort parmi les novices fraichement diplômés.

- Ma cliente souffre d'un a priori manifestement négatif de la part de cette cour ! Elle est déjà condamnée aux yeux des humains uniquement pour ce qu'elle est et non sur la base de ce qu'elle a fait. Il faut…
- La ferme ! Elle a voulu tuer des milliards d'humains fit une voix dans la salle.
- Elle voulait tous nous robotiser ! ajouta une autre.
- Qu'on la pende ! Qu'on la brûle ! osa une troisième.

La foule se faisait plus menaçante et les policiers en tenue magnétique durent s'interposer pour éviter une émeute. Le magistrat jugea que l'arrêt des débats aujourd'hui serait une décision qui ferait consensus.

Prométhium fut conduite dans une navette Xylonnienne blindée, solidement escortée par plusieurs chasseurs de l'armée régulière. Elle reprenait sans surprise le chemin de sa triste prison. Elle était seule avec son pauvre avocat.

- Je… je sais que la situation est… euh… corsée… se hasarda-t-il… mais je vous assure que…
- Ne faites pas semblant, répliqua Prométhium en le fixant droit dans les yeux. Vous me détestez. Comme tout être vivant vous me haïssez du fond de votre âme. Vous n'êtes ici que par la force du destin.
- Mais… enfin je suis là pour servir vos intérêts et…
- Vous vous méprenez. S'il n'y avait pas tous ces militaires dehors prêts à m'abattre comme une chienne au moindre faux pas, je vous aurais tué de mes mains.

Les restes de l'âme humaine de Prométhium avaient envie de pleurer. A quoi bon lutter ainsi alors qu'elle était déjà condamnée avant même d'avoir un pied dans ce tribunal ? Elle nourrissait un désir de vengeance, de revanche. Seule cette pensée retenait encore des bras mécaniques. Elle voulait tuer Warius Zéro. Comment avait-il survécu à ce tir de blaster ? Elle qui visait comme un tireur d'élite, elle lui avait transpercé le cœur du premier coup !

Un saut warp l'amena dans une prison discrète mais solidement défendue au milieu d'un champ d'astéroïdes. L'ancienne Présidente s'était visiblement inspirée de ses propres prisons secrètes, spécialement destinées aux prisonniers gênants qu'on se réserve le droit d'éliminer sans laisser de traces. Cette perspective glaçait ce qui restait d'humain au fond de la carcasse métallique de la souveraine.


Oh oh…

Elle fixait avec un œil mauvais le mur devant. Blanc, immaculé, trop neuf. La table sur le côté regorgeait de mets délicieux attendant d'être engloutis. D'un geste rageur, son bras envoya les plats contre ce mur trop neuf, sans doute pour le vieillir un peu.

- Aaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhh

Le cri résonna dans tout le bâtiment et les humains présents eurent quelques frissons.

- Maudit Warius Zéro, je te ferai payer çà !

Prométhium supportait mal, très mal sa captivité. Malgré des gestes de bonne volonté de l'Union Terrestre, elle restait enfermée dans une grande pièce, où le luxe offert ne suffisait pas à calmer son esprit belliqueux. Elle bouillonnait, échafaudait mille et un plans de vengeance, mais la porte de sa prison restait invariablement fermée depuis des jours et des jours. Combien de temps s'était-il écoulé depuis son retour du tribunal ? Pourquoi aucune décision ne venait ?

Une personne ouvrit un passe-plat et glissa un nouveau plateau repas. Contrairement à ce que Warius Zéro pensait, Prométhium avait bien appliqué le processus de robotisation sur sa personne. Mais la transformation était étonnamment lente pour elle, et parfois son corps humain reprenait le dessus sur le métal, comme si il rejetait la robotisation. En plus d'avoir été la première de son peuple à vouloir se mécaniser, elle fut également cobaye du processus. Les premiers tests ne furent pas une réussite.

Un bruit de course la tira de ses sombres pensées et elle entendit une bagarre juste dehors. Un tir de pistolet la fit sursauter.

- Ces gardiens n'ont pas d'armes. Qu'est-ce que…

Une pensée morbide traversa son esprit malade : et si Warius Zéro ou ce pirate avaient envoyé des assassins achever la sale besogne ? Mince, son corps humain lui envoyait des émotions néfastes. Elle devait se reprendre.

- Majesté ? fit une petite voix derrière la porte blindée.
- Euh… oui ?
- Reculez-vous et baissez les yeux.

Quelques explosions firent sauter les gonds de la lourde porte blindée, qui s'écrasa par terre dans un bruit assourdissant. La fumée se dissipa puis quelques soldats-robots gris avec un œil unique vert prirent position dans la pièce. Le maréchal Technétium fit son entrée, sourire mécanique au coin.

- Enfin, Majesté je vous retrouve. L'Union Terrestre a brouillé les pistes, ce qui explique mon retard.
- Je suis ravie de vous revoir, maréchal.
- Nous ne devrions pas nous attarder. L'alerte sera bientôt donnée et ils vont nous chasser comme des rats.
- Je vois que certains de nos "commandos des sables" sont encore opérationnels, remarqua la souveraine en fixant les soldats-robots.
- Nous avons eu du mal à les réparer. Je vous expliquerai en chemin.

Les commandos des sables faisaient la fierté des forges automatiques de Prométhium. Elles avaient trouvé un moyen de réunir dans un même corps mécanique les pensées, réflexes et souvenirs de plusieurs personnes. Pour ce corps d'élite, l'Empire Mécanique avait fusionné des soldats d'élite connaissant toutes les tactiques, des savants capables de réfléchir vite et bien, des athlètes accomplis à l'endurance et au mental d'acier. Le seul problème de taille était la mélange des données dans le cerveau artificiel créé qui occasionnait des blocages voire des destructions spontanées. Seul un robot sur cent environ devenait véritablement opérationnel, et les prix Nobel de physique ne venaient pas par bataillons entiers se faire robotiser.

En courant dans les coursives mal éclairées, Prométhium remarqua par un hublot pressurisé plusieurs cuirassés mécaniques en attente. Cette vision lui arracha un sourire et permit à son côté robotique de reprendre le dessus. Enfin son cerveau reprenait ses innombrables calculs de planification.

- Sur quoi puis-je compter ? demanda-t-elle ne montant dans la navette de liaison
- Euh… nous n'avons guère que dix à quinze pour cent de nos effectifs. L'équivalent d'une ou deux flottes.
- Combien de systèmes nous sont restés fidèles ?
- Un certain nombre, heureusement. Peut-être 300 ou 500. Mais…
- Mais quoi ?
- La plupart sont occupés ou sous surveillance des humains ou leurs alliés. Et ceux qui sont encore libres sont très dispersés.
- Nous ne pourrons donc pas reconstituer notre armée dans l'immédiat.

Prométhium fut accueillie sur le cuirassé "Tourmenteur" avec les honneurs dus à son rang. Malgré cette évidente volonté de prouver leur force, la Reine remarqua bien vite que les soldats robots présents n'étaient pas tous en parfait état. Les destroyers extérieurs et autres vaisseaux portaient encore les traces des combats passés et seul un miracle pouvait expliquer le très bon état de ce dernier cuirassé mécanique type 7.

- Je ne vous cache pas que le virus informatique de ces humains a causé des ravages dans nos troupes et aussi dans la population civile. Ce fut une hécatombe.
- Pourtant, vous ne semblez pas vraiment atteint.
- Nos systèmes de défenses internes ont fini par pouvoir arrêter le virus. Mais cela a pris un certain temps.
- Où allons-nous ?
- Sur la planète de Brome.

Le nom de cette planète arracha un sourire inquiétant chez Prométhium. Elle avait finalement peut-être encore une chance sérieuse d'avoir sa revanche.


Le poids des responsabilités

Warius Zéro relut le petit papier, de couleur jaune, signalant un message urgent secret. Cela n'allait pas vraiment améliorer ses affaires. Il prit sa respiration et ferma les yeux.

Tu vas t'en sortir, mon vieux Zéro, tu vas y arriver…

- Monsieur le Président ? Il faut y aller.

Le Lord-député Jader arborait son éternel sourire mielleux, même si les circonstances ne s'y prêtaient guère. Zéro ouvrit les yeux et écarta la rideau rouge de lourd brocard qui le séparait de la salle. Dedans, des dizaines d'hommes et être vivants prirent des photos et tendirent des micros.

Zéro posa une feuille, blanche, sur son pupitre. Il commença d'une voix calme :

- Hier, à 12h24 heure universelle de l'Union, la reine Prométhium a réussi à s'évader grâce à une intervention militaire lourde, probablement menée par des rescapés de l'ancienne armée de l'Empire Mécanique. L'ensemble des militaires et civils affectés spécialement à la surveillance de la prisonnière ont été tués lors de ce raid. Nos forces sont actuellement sur la trace de la fuyarde. Nous sommes sur le point de la capturer.
- Monsieur le Président, fit une voix, qu'avez-vous à dire aux accusations de complicité ?
- Est-il vrai que plusieurs robots étaient affectés à la surveillance ? ajouta un autre.

Les questions se firent pressantes, voire offensantes pour certaines. Zéro serra les poings et garda son calme.

- Il n'y a eu aucune complicité, ni relâchement de surveillance. Le lieu de détention était tenu secret, pour des raisons évidentes de sécurité.
- Cela veut-il dire que l'Empire Mécanique est encore une menace ?
- Non, les forces de l'ex Empire mécanique ne peuvent en aucun cas menacer l'Union Terrestre actuellement. Merci pour votre attention, nous vous tiendrons informés des évolutions de ce dossier sensible.

Les flashs des appareils photos couvrirent la sortie de Warius Zéro, qui souffla un grand coup une fois à l'abri. Le sourire du lord-député arracha un nouveau soupir au pauvre Président.

- Vous avez été à la hauteur Monsieur le Président, je vous assure que…
- Non, Jader. J'ai été en dessous de tout. Prométhium était sous ma responsabilité, et elle a filé.
- Cela n'est pas votre faute.
- Si. Je suis militaire avant tout, les fautes de mes subordonnés sont les miennes. Leurs actions, mêmes mauvaises, m'engagent. Je sais que je parle chinois pour vous.
- Détrompez-vous, Monsieur le Président. L'honneur devient une qualité rare dans ce monde. L'amiral Oki est prête à vous faire son rapport de mission. Je suppose que vous souhaitez rester seul en tête à tête ? Avec un peu de café ?
- Ce serait effectivement très bien.

Le lord-député posa une cafetière (sortie d'on ne sait où) sur une table dans le bureau du Président qu'ils venaient de rejoindre. Marina fit son apparition, en uniforme neuf. Elle avait opté pour une jupe cette fois, ce qui lui donnait une allure terriblement attirante pour Zéro.

Un baiser langoureux remplaça les salutations plus réglementaires. Marina avaient les yeux pétillants dans ces rares instants de tendresse, puis son côté martial reprenait le dessus. Elle redevenait alors l'amiral.

- L'expédition sur Darok-1 me laisse perplexe. Aucun être vivant sur place, pourtant il n'y avait aucune trace de guerre ou de fuite précipitée. Je n'y comprends rien. Juste ces glyphes incompréhensibles.

Marina montra sur son holo-projecteur les images volées sur Darok, avec les proposition de traduction aberrantes.

- Cela commence sérieusement à m'inquiéter, Marina. D'autres systèmes proches ont fait état de cargos vides qui erraient dans le vide. Certains étaient connus et portés disparus depuis plus de cent ans d'après les registres.
- Je crois que tu serais encore plus perplexe en visionnant ceci.

Avec un geste lent et posé, Marina remit en marche l'holo-projecteur. Warius Zéro eut une mine très dubitative. Il reconnut l'Ombre de la mort, qui abordait puis détruisit un de ces cargos abandonné.

- A quoi joue-t-il ? Harlock a disparu sans laisser de traces depuis la fin de la guerre, et maintenant il s'amuse à dégommer des cargos ?
- C'est un pirate, n'oublie pas, corrigea Marina.
- Mais ce n'est pas qu'un simple pirate. C'est un homme avec un tel sens de l'honneur qu'il n'entreprendrait pas gratuitement une attaque. Il y a quelque chose là-dessous.
- Je n'ai pas réussi à le localiser. J'ai envoyé des messages, des éclaireurs, mais il est introuvable.
- Chercherait-il à nous éviter ?
- Cela m'étonne grandement. Il n'est pas du genre à fuir devant ses ennemis, encore moins ses amis.

Zéro réfléchissait en silence. Il pensait aux différentes hypothèses qui pouvaient fournir un début d'explication à ces phénomènes.

- Et Prométhium ? murmura Marina.

Mince, je l'avais presque oublié celle-là…

- Je crois que nous avons deux gros problèmes, fit Zéro un peu abattu. Dans combien de temps le "Karyu" sera-t-il opérationnel ?

Marina répondit par un petit sourire malicieux qui réchauffa un peu le cœur de son Présidente chéri en ces jours difficiles.


Comme en 14

Le hangar était plongé dans le noir. Un peu à l'écart dans les restes des chantiers de la mer Moscovite, c'était l'une des dernières cales sèches magnétiques encore en état de fonctionner après les deux guerres contre l'Empire Mécanique.

Marina précéda Warius puis elle se posta devant un tableau plein d'interrupteurs. D'un petit signe de tête, il donna le signal à Marina qui alluma un par un les gigantesques spots de rhénium liquide. Le "Karyu" apparut à la lumière petit à petit.

Le Dragon flamboyant brillait de mille feux, aucune trace de combat ne venait troubler l'œil du visiteur. Une agréable odeur de neuf accompagnait la vision d'un navire vénérable refait de la cale au plus haut mat.

- Ils ont travaillé en continu depuis des mois et des mois, annonça Marina. Il est fin prêt pour reprendre du service. Tu veux visiter ?
- Qui le commandera ?
- Est-ce vraiment la question importante en ce moment ?

La passerelle, bien que vide, était vraiment familière à Marina et Warius. Les consoles n'avaient pas bougé de place, et Warius Zéro s'attendait à chaque instant à voir débouler Nohara ou Ishikura par une porte. Mais les deux amoureux étaient seuls.

Le pupitre de tir du canon de Saint-Elme avait un peu changé.

- Qu'est-ce qui s'est passé ici ? demanda Zéro en montrant la commande de tir du redoutable canon
- On l'a un peu amélioré, sur les conseils laissés par notre ami Tochiro avant son départ.
- Et en quoi consiste cette amélioration ?
- Le canon de Saint-Elme peut se recharger en vingt secondes seulement.

Warius Zéro siffla d'admiration devant la prouesse. D'ordinaire, l'arme la plus puissante des navires de l'Union tirait un coup à l'heure dans le meilleur des cas. Passer de 60 minutes à vingt secondes donnerai à ce vaisseau un atout absolument décisif.

- Par contre, il a parlé d'une instabilité quantique non maitrisable qui pouvait dégrader le champ de confinement inertiel, ajouta Marina.

En clair, si le canon troquait la cadence de tir d'une antique pétoire au profit de celle d'un canon moderne, cela se faisait aux risques et périls de son utilisateur.

Marina, qui avait fait sans aucun doute une visite de reconnaissance au préalable, entraina Zéro vers les quartiers du commandant. Le mobilier de bois était neuf, parfaitement identique aux souvenirs de Zéro. Les armoires et penderies vides attendaient les uniformes de leur futur hôte. Pourtant, un détail attira l'œil de Warius Zéro. Le lit n'avait pas du tout la taille réglementaire car il pouvait accueillir deux personnes.

- C'est... euh… tout cela ne me semble pas très…. Hum militaire, bafouilla Zéro en pointant du doigt le lit.

Marina répliqua avec un geste qui n'avait vraiment rien à voir avec le monde de l'armée. Pour une fois qu'ils étaient seuls, sans ce sparadrap de Jader.
Après une pause qui dura trop longtemps pour un Président de l'Union, Zéro se remit à ressasser ses problèmes politiques.

- Allons-y ensemble, demanda Marina
- Aller où ?
- Là où ton esprit se tourmente. Dans les problèmes de la bordure, ou à la poursuite de Prométhium. Je sais que tu rêves de repartir sur ce vaisseau, notre vaisseau.
- Si seulement je pouvais… je… je dois rester encore ici. Il y a tellement de choses à régler.
- Arrête Warius. Tu t'uses la santé, pour rien.
- Tu n'as pas idée de la tâche qui m'incombe.
- C'est vrai, s'occuper de la culture des Doeds pointus est un problème de la plus haute importance. Partons pour une mission. Tu en as le droit.

Zéro ne savait quoi faire ou répondre. Pourquoi ce Sénat ne pouvait-il pas siéger ? Pourquoi tout le monde pensait qu'il avait réponse à tout ? Que faire avec Prométhium ? Et Harlock ? L'esprit de Zéro se perdait en conjectures.

- Harlock veut attirer notre attention, dit Warius Zéro à haute voix, comme s'il venait de comprendre quelque chose.
- Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ?
- Si Harlock voulait ne pas laisser de traces, nous n'aurions jamais rien su de ses activités. S'il n'a pas cherché à nous contacter directement, c'est qu'il cherche quelque chose ou n'est pas sur de lui.
- En es-tu certain ?
- Nous devons partir le plus vite possible vers Darok-1. Prométhium attendra bien quelques jours.
- Qu'est-ce qui t'inquiètes à ce point mon chéri ?
- Le fait qu'Harlock ne soit pas sur de lui. C'est finalement encore pire qu'une horde de l'Empire Métallique ou une pénurie universelle de Doeds pointus...

Mon brave Warius, je n'aurais jamais pensé que mon voyage de noces se ferait à l'occasion d'une expédition militaire...