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Et voici la suite... :)


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Zart faisait la queue tout seul au cinéma. Il voulait voir le nouveau film de Edgar Wright, mais ses amis n'aimaient pas vraiment son style. Alors Zart attendait juste son tour en solitaire, mourant incroyablement d'ennui. Il regarda des deux côtés pour voir les autres personnes qui faisaient la queue sur les files à ses côtés, et qui avançaient tout aussi lentement. Puis il se retourna furtivement pour voir qui était derrière lui, et son cœur failli s'arrêter lorsqu'il réalisa qu'il se trouvait juste face à Gally. Le robuste garçon soupira nonchalamment lorsque leurs regards se croisèrent, puis il regarda rapidement ailleurs.

« Hé ! » dit Zart, ne sachant pas trop comment réagir. Gally ramena à nouveau son colérique regard vers lui. « Tu étais là tout ce temps ? »

« Oui. »

« Et pourquoi tu ne m'as pas appelé ? » Zart essayait de paraître amical.

« Parce qu'on est pas amis. »

Mauvaise idée Zart.

Zart déglutit avec difficulté et mis ses mains dans ses poches. La queue avança de quelques pas. Ils étaient silencieux. Trop silencieux. Ça en devenait gênant.

« Quel film est-ce que tu vas voir ? »

Gally soupira à nouveau.

« Je sais pas, je voulais juste sortir un peu… »

« Ah… C'est bien. »

Gally ne le regardait même pas, comme si Zart n'était pas vraiment là. Puis arriva enfin le tour de Zart au guichet, il sourit gentiment à la jeune fille derrière la vitre en verre.

« Bonjour, un ticket pour La Fin du Monde s'il vous plait. »

Gally était le suivant, il sortit de la monnaie de son portefeuille sans même jeter un coup d'œil à l'autre fille, et avec une profonde indifférence, il grogna :

« La même chose que l'autre idiot devant. »

« J'ai bien aimé, » dit Zart à Gally, à la fin du film alors qu'ils sortaient toux deux du cinéma l'un à côté de l'autre. « J'avais plus aimé Hot Fuzz, mais c'était quand même bien. Tu en penses quoi ? »

« Honnêtement, j'ai aucune idée de ce dont tu parles… »

Il faisait déjà sombre et Zart avait l'impression que l'air froid s'infiltrait jusque dans ses os. Ils marchaient en silence, les mains dans les poches de leur veste. De temps en temps leurs bras se heurtaient.

« Où est-ce que tu habites ? » Demanda Zart après un long silence.

« Près du cimetière, » répondit-il, et Zart remarqua que sa voix s'était faite un peu moins grincheuse qu'auparavant. « Et toi ? »

« Rue d'Elm. Ta maison est sur le chemin alors, je te raccompagne. »

« Non, c'est mieux si c'est moi. »

Zart fronça les sourcils.

« Tu auras à faire demi-tour, » dit il avec un petit sourire.

« Enfin ça… ça m'est égal. »

« Mais c'est stupide ! Je veux dire, tu vas devoir marcher plus que nécessaire. Alors je… »

« J'ai dit que je viendrais avec toi. »

« Mais… »

« Bon, écoute, je t'ai dit que je te raccompagnerai et c'est tout. Si je te laisse rentrer seul, tu vas servir de pâture aux premières brutes que tu croiseras. Ils aiment bien les petits minous dans ton genre. »

En cours de sport, Zart faisait équipe avec Frypan et Winston. Ils jouaient à un genre de ballon prisonnier, mais étaient clairement en infériorité. Ils devaient tout faire pour essayer d'éviter les balles qui leur étaient lancées dessus, mais l'équipe d'en face semblait invincible. La première balle lancée frappa Zart au bras avec une sacrée puissance. Il laissa échapper un petit grognement de surprise et le garçon à l'autre bout du terrain se moqua de lui. Une seconde lui heurta la jambe, laissant déjà une colossale marque rouge se former.

Au final, ils perdirent largement le match sous les railleries de l'équipe adverse. Le bruit du sifflet avait résonné dans tout le gymnase, annonçant la fin du tournoi. Pourtant un garçon de l'équipe adverse lança encore une balle bien dirigée sur la tête de Zart. Tout devint noir durant quelques secondes, et Zart pouvait à présent voir de brillantes lumières danser devant ses yeux. Les voix et les formes autour de lui étaient complètement floues, mais ça finit par passer rapidement.

Il était toujours prit de vertige quand il remarqua qu'une autre balle filait droit sur lui, toujours lancée par le même garçon à l'air goguenard. Mais avant qu'il n'ait même eut le temps d'esquisser un geste pour tenter en vain de l'éviter, un bras se dressa devant lui et l'arrêta en plein vol. Le visage de Gally apparut alors juste devant lui, il semblait aussi irrité qu'à son habitude.

Gally s'approcha alors d'un pas assuré vers le groupe de gars qui continuait à railler. Cependant leurs rires s'étouffèrent un peu lorsque Gally leur fit face. Il leur sourit malicieusement et envoya violemment la balle cogner contre l'estomac d'un des garçons. Il était tellement proche et y avait mit tant de puissance, que le garçon se courba en deux et se laissa brusquement tomber sur le sol.

Zart se tournait et se retournait dans son lit. Il était déjà bien tard, et sans savoir pourquoi, il ne parvenait pas à trouver le sommeil. Puis, soudainement son téléphone portable se mit à vibrer, le faisant sursauter. Il se leva vivement de son lit et le saisit, regardant avec curiosité le numéro qui s'affichait.

« Oui ? »

« Zart ? »

« Gally ? Qu'est-ce…? »

« Est-ce que je peux venir chez toi ? »

La question ébranla complètement Zart, il pensa même avoir mal compris.

« Quoi ? »

« Tes parents sont à la maison ? »

Gally semblait fatigué et plutôt pressé, rien qui ne lui ressemblait dans la voix.

« Oui… » Répondit-il, encore confus.

Il entendit Gally soupirer de frustration à travers le téléphone, alors qu'il marchait d'un côté à l'autre de la pièce, comme s'il revisitait sa chambre.

« Quoique… tu pourrais toujours grimper à ma fenêtre et prendre le risque de devoir sauter plus tard. »

Zart entendit le coup contre sa fenêtre et se précipita à celle-ci pour l'ouvrir et laisser Gally entrer.

« Ne fais pas de bruit, mes parents dorment. »

Quand la lumière de la lampe de chevet éclaira son visage, Zart put voir de sacrées ecchymoses sur sa joue gauche.

« Qu'est-ce que s'est passé ? » murmura-t-il.

Gally le regarda un moment puis haussa les épaules.

« Rien. »

« Rien ? »

« Je ne veux pas en parler. »

Zart était inquiet, mais respecta son silence sur la question. Il savait comment était Gally. Du moins, il pouvait se l'imaginer après avoir garder contact avec lui durant ces deux dernières semaines. Ça lui faisait bizarre de penser que, deux semaines auparavant, la seule chose qu'il savait, c'était que Gally n'était pas une personne avec qui il était facile de s'entendre. Maintenant, il savait exactement la même chose, mais Gally et lui avaient établi quelque chose.

« C'est ta chambre ? » demanda-t-il tout en jetant un coup d'œil autour de lui. Zart s'assit tranquillement sur son lit tout en acquiesçant. « Je pensais que tu aurais beaucoup de plantes ici, » sourit Gally.

« Dormir dans une chambre avec plein de plantes peut te tuer. »

« Tu es trop drôle, » dit Gally avec sarcasme, « tu étais en train de dormir ? »

Zart fit oui de la tête, et ajouta :

« Il est tard. »

« Il n'est pas tard. »

« Pas pour toi. »

« Tu es un bon garçon Zart, les bons garçons ne vont pas aux grosses fêtes. »

« Ils t'ont fait ça à la fête, alors ? »

Zart ne pouvait s'empêcher de fixer ses contusions avec inquiétude.

« Non, mon père m'a fait ça quand je suis revenu de la fête, » dit-il sans y accorder beaucoup d'importance. Zart ne savait pas quoi dire. Gally traversa la pièce et demanda d'une voix décontractée :

« Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? » Il n'arrivait pas à regarder Zart dans les yeux. « Mon casier. »

Zart déglutit difficilement, la bouche sèche.

« Parce que ces gars étaient des cons… » Gally sourit « Et que tu ne mérites pas ça… » Le sourire de Gally s'était effacé.

« Comment peux-tu savoir ce que je mérite, hein ? »

Zart avait peur d'avoir encore une fois merdé et dit ce qu'il ne fallait pas quand les yeux de Gally rencontrèrent les siens.

« Je ne sais pas, mais tu ne le mérites pas, c'est tout. »

Ils restèrent silencieux pendant un moment, puis Gally s'étendit sur le lit. Zart se laissa alors tomber à côté de lui et ils fixèrent le plafond tout en continuant à discuter.

« Je resterai bien encore un moment si ça ne te dérange pas. »

Zart secoua la tête, « Du moment que tu sors par la fenêtre avant que mes parents se réveillent, ça me va. »

Ils parlèrent alors encore pendant des heures avant de finirent par s'endormir très tardivement.

« Zart ! » un coup frappa contre la porte. « C'est l'heure de se réveiller. »

Zart s'étira, et sentit soudainement le souffle chaud d'une personne à côté de lui. Il bondit alors littéralement de son lit tout en s'écriant :

« J'arrive, Maman. »

Gally fit un petit bruit protestataire et se frotta paresseusement les yeux.

« Tu dois partir. »

« Quoi…? »

« C'est le matin, mes parents sont réveillés. Tu dois sortir par la fenêtre. »

« Maintenant ? »

« Gally ! »

« Ok… »

Gally se leva langoureusement, s'étira et marcha jusqu'à la fenêtre déjà ouverte.

« Est-ce que tu…? » Commença Zart. Gally avait déjà un pied à l'extérieur. « Est-ce que tu pourrais essayer de ne pas tomber ? »

Gally lui offrit un rictus las et sarcastique.

« Bien sûr, je vais essayer, merci pour la suggestion. »

Zart soupira. Il jeta encore un coup d'œil au bleu sur sa joue et sentit quelque chose l'étrangler de l'intérieur. Gally continuait à le fixer lui aussi. Alors Zart sentit que c'était le moment de faire ce qu'il avait à faire. Il s'approcha de lui et l'embrassa. C'était un simple frôlement, lèvres contre lèvres, mais qui leur fit tant de bien. Ils se séparèrent doucement, et aucun d'eux ne dit mot. Ça avait été vraiment, vraiment exquis.

« Je dois y aller, » chuchota Gally contre ses lèvres, son souffle faisant frissonner la peau de Zart. Et c'est quand il fut vraiment parti que Zart commença à craindre d'avoir eu tort. Mais c'était trop tard.

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À SUIVRE...


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Une petite review pour notre couple trop mignon ?

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