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Deuxième leçon :
Un Ninja S'équipe au Moins Toujours D'un Kunai ainsi qu'une Grande Part de Méfiance
X
Naruto Uzumaki traversa la forêt si vite qu'il ne sembla être qu'un vent de passage. Ses oreilles captèrent alors le son d'une bataille et les arbres parurent se courber au fait de son brusque freinage. Un hurlement sanglant fit écho dans toute la sylve, puis tomba en intensité. Sans hésitation, écartant les scrupules qu'il aurait pu avoir à propos de sa mission, Naruto se précipita sur le lieu de l'affrontement :
Il atteignit une route défoncée, où la scène qui se dévoilait était tel l'instant final d'un film. Un ninja de Kumo se tenait raide, prêt à engager le combat n'importe quand alors qu'il toisait ses adversaires. D'une main, il tenait son épaule ployant sous son sang, tandis que de l'autre, il se protégeait le torse, avec ses doigts brisés et incinérés par le feu.
Les deux ninjas déserteurs s'approchèrent avec prudence. L'un avait ses yeux arrachés tandis que l'autre arborait une estafilade sur son flan droit. Ils poursuivirent leur avancée, conscients que l'insignifiante victoire était à portée de main.
Chaque camp avait eu son lot de morts.
L'un des ninjas attaqua, mais trouva son kunai contré. Il leva les yeux et un sentiment d'effroi lui parcourut l'échine alors qu'il vit enfin le masque blanc crayeux des infâmes forces spéciales de Konoha. Les deux déserteurs furent vaincus avant qu'ils n'aient eu le temps de tirer leur dernier râle. Deux clones de l'ombre se dissipèrent dans un écran de fumée, une illusion, qui, comme les ombres, n'avait jamais existé.
Avec les deux ninjas inconscients, Naruto se retourna pour aider le ninja de Kumo, mais le retrouva allongé au sol. Il vérifia rapidement son pouls et fut soulagé de le retrouver encore vivant, bien qu'il savait qu'il ne durerait pas bien longtemps. Avec un grand soupir, il réalisa d'autres clones pour épurer le champs de bataille alors qu'il se chargeait de porter le ninja de Kumo sur son dos.
Naruto ne pouvait pas se permettre de laisser cet homme à son sort. Après tout, il avait encore une semaine pour accomplir sa mission. Cela ne lui coûterait pas grand chose de rendre une courte visite à Kumo avant de retourner vers le Pays du Riz où sa cible l'attendait.
Mais peut-être était-ce un signe.
Peut-être était-il destiné à ne pas réussir sa mission de toute manière.
Naruto n'était pas médecin-nin et était sincèrement inquiet à propos du ninja qu'il portait sur lui. Il fit une pause et le banda avec des pansements rudimentaires pour diminuer ses hémorragies. Le ninja de Konoha se dépêcha dans sa course vers Kumo pour chercher de l'aide. Au loin, au dessus de la cime des arbres, Naruto pouvait voir les montagnes s'élever au ciel et atteindre les nuages.
Le soleil fut caché par une teinte métallique. Naruto réagit instantanément en se penchant sur le côté, le kunui lui raflant la joue de très près.
Mais il ne vit l'arbre à gauche.
Naruto écrasa sa tête contre le tronc en gémissant. Sa vitesse lui avait fait traverser celui-ci et laissa un impact de la taille d'un homme dans l'arbre suivant, contre lequel il s'était rattrapé. Il se releva, écorces et éclats mêlés et incrustés dans sa peau. Il relâcha son fardeau en réussissant à atterrir avec grâce.
« J'aurais dû savoir que Konoha était derrière tout ça, » aboya le ninja fiévreux de Kumo, se tordant dans la couche de feuilles tel un poisson sorti de son élément naturel. Celui-ci roula sur le côté contre un arbre et gesticula son Kunai, dans le fin espoir de se protéger. Naruto savait que même un civil aurait pu passer au travers de cette défense précaire.
« Quoi ? », demanda Naruto confus, « je pensais que Konoha et Kumo étaient alliés. »
Naruto se sentait attristé du manque de confiance de celui qu'il protégeait. Ce qui était pire encore, c'est qu'il ne pouvait même pas le réconforter ou le rassurer qu'il connaissait le Raikage en personne et encore moins révéler son identité au grand jour. Même s'il n'était pas encore un vrai ANBU, il était sûr que donner son identité à un inconnu serait irrémédiablement réprimandé.
« Vois-tu, je passais juste et tu avais l'air d'avoir besoin d'aide. Alors je t'ai emmené à Kumo.
— Et pourquoi devrais-je écouter un chien de Konoha ? »
Malgré que Kumo et Konoha avaient combattu ensemble durant la guerre, chaque ninja savait que les alliés d'aujourd'hui étaient les ennemis de demain. Dans le monde des ninjas, bien souvent, les alliances ne dépendaient que de choix politiques, mais parfois aussi de la lame aiguisée d'un kunai, à terrain découvert.
« Parce que... », commença Naruto. « Regarde ! »
Il tira un rouleau de sa poche et le ninja fut instantanément prêt pour conjurer un sortilège, mais ses épaules se baissèrent devant l'inutilité de son acte au vu de ses brûlures à sa main droite.
Naruto lui présenta le parchemin :
« Les corps de tes amis défunts sont enfermés là-dedans. »
Le ninja de Kumo parut abasourdi mais ses soupçons reprirent rapidement le dessus.
« Pourquoi un ninja de Konoha s'occuperait de nos morts ?
— Parce qu'on est allié ! s'exclama Naruto désespéré. Je ne suis pas Raikage, mais si je te porte sur mon dos, tu seras rentré au bercail en un rien de temps ! Juste crois en moi. »
Bien que le ninja de Kumo était réticent, les circonstances le poussaient à lui faire confiance. Il n'avait pas le choix après tout, car c'était soit ça, soit la mort. Son équipe était partie pourchasser un groupe de ninjas déserteurs qui avait pillé un centre de production d'armes, crucial pour le Pays de la Foudre. En même temps, cet escouade avait emporté un objet de grande valeur. Quand lui et ses camarades les avaient retrouvés à côté d'un petit pays aux frontières du Pays du Feu, les ninjas déserteurs leur avaient tendu une embuscade.
Et maintenant, en tant que ninja de Kumo isolé et démuni, le ninja de la Feuille aurait déjà dû le terminer. Il le soupçonnait être de mèche avec les déserteurs en se camouflant en ninja de la Feuille. Si seulement son organisme n'avait pas été chamboulé, il aurait pu utiliser ses techniques de soin. C'était ce qu'il détestait dans le rôle de médecin en guerre, toujours à l'arrière de la formation — et toujours le dernier à mourir.
Le ninja de Kumo s'adossa contre un arbre en soufflant lourdement.
« Très bien, mais je te demanderai de t'arrêter à la frontière. Les patrouilleurs risqueraient de te remarquer si tu vas plus loin. Et dès que nous y arriverons, je n'aurai plus besoin de... ton aide, » termina-t-il entre ses dents.
« Très bien, allons-y ! », répondit Naruto en saisissant son bras et en le positionnant à cheval sur son dos. « Désolé, » poursuivit-il d'avoir été trop brusque.
« Stupide ninja de la Feuille... »
Quand Naruto avait commencé à accélérer, le ninja de Kumo cligna des yeux surpris, mais ses idées s'enfumèrent avec son hémorragie croissante. Après tout, personne et surtout pas un quelconque ninja de la Feuille pouvait être plus rapide que le Raikage.
Le ninja de Kumo relâcha un bref soupir soulagé lorsqu'ils parvinrent à la frontière.
« Juste pose-moi là, ils finiront par arriver. »
Naruto acquiesça et le déposa contre une barrière rocheuse, qui était juste là parmi tant d'autres dans ce paysage rocailleux.
« Tu peux y aller. Ne t'inquiète pas pour moi.
— Mais comment tu le sais quand ils arriveront ? Et s'ils ne viennent pas ? Je devrais peut-être te ramener jusqu'à Kumogakure.
— Non, vaut mieux pas. »
Aussi loin qu'il pouvait se sentir concerner pour ce ninja de la Feuille, c'était qu'il n'avance pas plus profondément au cœur de sa contrée.
Mais Naruto rigola.
« Bien, mais je resterai en m'assurant que tu sois en sécurité. »
Le ninja de Kumo hocha la tête. C'était décidément une cause perdue.
« Tous les ninjas de la Feuille sont-ils aussi tarés que toi ? »
Le masque de Corbeau parut tiquer.
« Je ne crois pas. »
Le ninja de Kumo s'assit, aussi confus que la première fois qu'ils étaient croisés.
« Et en fait, je m'appelle C.
— Je sais, » ajouta narquoisement Naruto, bien que cela ne pouvait se voir derrière son masque. « J'ai eu l'occasion de te voir quelques fois pendant la guerre. »
C arqua un sourcil.
« Je te connais ?
— Probablement que non. J'étais juste un soldat quelconque, » haussa Naruto en espérant se montrer convaincant. « Je suppose que mon nom devrait être Corbeau. »
C renifla.
— Comme si je ne pouvais le deviner avec ton masque.
En réalité, C avait espéré que son nom aurait fait peur à son adversaire nonchalant. Mais le ninja de la Feuille paraissait juste immuable.
« Quand est-ce qu'ils viendront ? demanda Naruto.
— Bientôt, » répondit simplement C.
« Tu sais, » concéda Naruto en s'asseyant aussi sur l'herbe rase ; « durant la guerre, nous avons tous combattu sous la même bannière.
— Plus maintenant. »
Ces mots firent écho au vide de cette route montagneuse désertée. Ces mots reflétaient aussi toutes les croyances qu'en tant que Hokage, Naruto espérerait surmonter. Une telle situation rappelait à Naruto combien la paix dans le monde des ninjas était précaire. Qu'elle n'était qu'un idéal, une utopie, qui se dissolvait peu à peu au contact de la vraie vie.
— Nous sommes tous les mêmes. Toi, moi, ces déserteurs — nous sommes tous des êtres humains.
C se désopila. Il commençait à penser que ce ninja de la Feuille était juste là pour le rendre fou.
« Eh gamin, je pense qu'ils t'ont refilé le mauvais masque. Ils auraient dû te donner celui de bouffon. Tu ne sais rien du monde immonde, sombre et sans merci... »
Mais Naruto connaissait bien la réalité du monde. Et cela lui brisait les intérieurs. Rien que repenser aux regards haineux de son enfance, ou les rossées aléatoires le soir, ou même la faim qui le taraudait à midi lui donnait le vertige. Naruto n'était pas inconnu de l'obscurité. Tout le monde par le passé l'avait considéré comme l'incarnation du mal, ne remarquant jamais qui il était vraiment, ne lui en donnant jamais sa chance. Qu'avait-il de mal à vouloir laisser une seconde chance aux gens ?
Naruto hocha la tête.
« Tu as tort. »
C se rit de lui.
« Tu refuses de l'admettre hein ? Tu vas vraiment continuer à débiter des âneries jusqu'à que tu crèves. »
Naruto désirait tant que C puisse voir son sourire au travers de son masque.
« C'est tout ce que j'ai à disposition pour m'occuper. Je m'ennuierais sinon, » répliqua Naruto.
Et il ne bougea pas quand une patrouille les surprit au-dessus d'eux avec une myriade de rochers, kunais empoisonnés et techniques prêtes à s'enclencher. Au premier coup d'œil, ce qu'ils virent fut un camarade blessé aux pieds d'un ninja ennemi. Risquant une guerre, ils attaquèrent avec un orage de kunais tombant du ciel.
Naruto se mouva si vite qu'il paraissait ne même pas avoir changé de position lorsque les kunais le traversèrent. Un éclair frémit juste à côté de sa paupière. Naruto fut entouré furtivement d'une énergie rougeoyante.
Surpris par cette technique, les ninjas de Kumo se stoppèrent assez longtemps pour écouter leur camarade blessé.
— Attendez, stop, toussa C, c'est lui qui m'a sauvé.
Les ninjas se toisèrent confus, avant de retourner leur regard vers l'uniforme de l'élite de Konoha.
— Ouais, comme il le dit, cria Naruto, arrêtez de me jeter des trucs et dépêchez de lui trouver un médic, il est salement amoché.
— Ne bouge pas, lui requit le chef de patrouille.
Un ninja se jeta des rochers et ses mains se mirent à luire d'une lueur émeraude alors qu'il s'agenouillait au côté de C. C sentait qu'il allait enfin survivre à ce périple. Il voulait juste rentrer chez lui retrouver sa sœur et sa petite amie et cette pensée seule lui insufflait la vie.
« Laissez-le partir, toussa C, il ne comptait pas aller plus loin. »
C fit signe à Naruto de partir. Celui-ci acquiesça en voyant le medic faire ce qu'il pouvait sans équipement. Ayant fini, le ninja allié aida C à se relever et ils disparurent en sautant derrière la branche d'un arbre.
« Eh attendez ! », intervint Naruto, oubliant le rouleau. Il tenta de le mettre rapidement dans son sac. En rétrospective, bouger si vite n'était pas la meilleure idée qu'il eût eu, car alarmés, les ninjas attaquèrent.
Cette fois, l'éclair toucha bien sa cible. Naruto s'évanouit dans un nuage de fumée, le rouleau laissé au sol là où il avait été.
L'un des ninjas s'approcha du parchemin et l'inspecta.
« C'est juste un simple manuscrit de stockage.
— Nous l'ouvrons une fois rentré. Il est peut être piégé, mieux vaut qu'un expert le regarde de plus près, » décida la chef de patrouille. « Allons-y et alertons les autres patrouilles. Qu'on soit certain qu'il ne traverse pas la frontière. »
Le brigadier se retourna vers C.
« As-tu trouvé l'épée ?
— Non, » admit C.
Comme ils ne trouvèrent aucun signe du ninja mystérieux, C ne put s'empêcher de demander :
« Pensez-vous réellement qu'il tentait de m'assister ?
— Nous sommes des ninjas, » lui rappela son camarade maussade.
Naruto Uzumaki était déjà à mi-chemin du pays du riz.
Naruto arriva dans un petit village de Juuhikara un jour avant le temps imparti. Il aurait pu aboutir bien plus tôt dans cette petite bourgade mais Naruto lambina sur le chemin. Il atterrit sur une branche juste à l'écart du village. Les étoiles brillaient intensément cette nuit.
La première mission de Naruto était de récupérer des informations. Il créa dix clones, les transforma en petits animaux et les envoya scanner les environs. Pendant ce temps, le vrai Naruto resta adossé contre son arbre à regarder l'aube poindre à l'horizon tandis que ses paupières devenaient plus lourdes que jamais.
Et le soleil se leva, comme il le fit toujours, mais avec son masque, Naruto ne put sentir la chaleur atteindre les pores de sa peau.
Naruto se réveilla en sursaut lorsqu'une vieille femme écrasa son clone métamorphosé en rat d'un coup de balai. Naruto fit une petite note de ne pas toquer à sa porte de cette mégère. Il récupéra toutes les infos récoltées par ses clones et localisa sa cible.
Naruto s'étira et dans un mouvement agile, un kunai prit envol de ses doigts. Celui-ci transperça feuilles et fourrés jusqu'à qu'il fut dévié par un son métallique. Naruto fronça les sourcils lorsqu'un ANBU surgit des bosquets les mains en l'air, arborant la marque de la feuille.
Il portait un masque de raton laveur.
Naruto aurait dû deviner qu'ils auraient envoyé quelqu'un le surveiller. Avec un haussement d'épaules, Naruto ignora son compagnon d'infortune et sauta de sa branche pour visualiser sa cible de plus près.
De ce que Naruto pouvait dire, Yamamoto Kaneshiro, sa cible, était un riziculteur et se fondait parfaitement au décor. Naruto le guetta à l'œuvre, pendant qu'il mangeait, qu'il parlait et qu'il dormait. À chaque heure qui passait, une lourde pierre s'agglutinait dans l'esprit de Naruto, formant une véritable pyramide d'angoisse et de d'écœurement.
Il ne pouvait pas le faire.
Cet homme n'était qu'un simple riziculteur. Il ne blessait personne. Il ne planifiait aucun stratagème. Il n'était même pas un ninja.
Mais il doit bien y avoir quelque chose ! tenta de se convaincre Naruto.
Le soleil se couchait et le dernier jour se terminait. Mais l'esprit de Naruto était aussi agité que le zéphyr. Il se mua lui-même dans la peau d'un des villageois, un homme robuste qui avait parlé à Kaneshiro ce matin. Peut-être que si Naruto jouait le rôle d'un de ses proches, il pourrait lui faire admettre ses torts, quels qu'ils soient.
Naruto, déguisé, tourna autour de la maison, sachant que Kaneshiro serait bientôt de retour. Il le retrouva penché contre un mur, à boire depuis un seau d'eau. Il avait même du mal à soulever la bassine. Comment cet homme pouvait-il donc être ninja ?
« OI ! » le salua Naruto, mais réalisa trop tard que sa voix avait peut-être été bien trop perçante ou sonore pour la personne qu'il interloqua.
Kaneshiro tressaillit de surprise et trébucha. Sa tête cogna la pierre puis il s'effondra contre le puit pour ne plus jamais se réveiller.
« Tu l'as tué avant de l'emmener à une clinique ? », lui questionna Tsunade incrédule avant de relire la rapport une autre fois. Elle ne savait pas du tout comment l'interpréter.
Et Naruto lui-même ne savait quoi dire.
« Beaucoup de hauts et de bas dans ta mission.
— Mais je n'ai rien fait ! »,s'exclama Naruto exaspéré.
Il était certain que dès qu'il rencontrerait Tsunade dans son bureau, un Yamanaka serait prêt à l'attendre.
Tsunade soupira avant de lister les annotations :
« Tu as été envoyé avec pour seules armes ce que tu portais sur le dos. Tu ne t'es pas préparé et tu n'es même pas rentré chez toi. Positif. T'arrêter aurait pu faire échouer la mission et compromettre ton identité. »
Naruto hocha la tête, dubitatif.
« Tu as trouvé ta cible quelques heures seulement après être arrivé au village, sans qu'on ne se rende compte de ta présence. Positif.
« A noté la présence de ton examinateur, Raton Laveur, qui est l'un des plus furtifs des ANBU. Double positif.
« A utilisé seulement que deux jutsus durant l'entièreté de la mission. Positif.
« A fait preuve d'une créativité pour ces mêmes jutsus. Positif.
« A tué la cible sans utiliser nulle technique et a rendu la mort aussi naturelle que possible. »
Tsunade cocha le dernier point positif.
« Cela a pris les sept jours pour que tu accomplisses ta mission. Négatif. » Tsunade froissa son papier et fusilla Naruto du regard. « Ton vigile n'était pas aussi rapide que toi et a perdu ta trace mais il est quand même parvenu au village avant toi où tu étais demeuré introuvable même après des jours de recherche. Naruto, que t'es-tu arrivé les six premiers jours ? »
Naruto gloussa, embarrassé et se gratta la tête.
« Je me suis perdu.
— Il y avait une carte dans ton étui, répliqua Tsunade sans en croire un mot.
— Ces trucs sont durs à lire. »
Naruto la scruta d'un air innocent pour conformer ses dires mais ceci se révéla inutile avec son masque sur le visage.
Tsunade hocha la tête en réponse.
« Tu veux vraiment me faire croire que tu t'es perdu ?
— Ah... C'est assez embarrassant comme ça tu sais. Tu n'as pas besoin de le crier sur les toits. »
Elle agita un doigt devant son nez.
« Je n'en crois rien. Je pense que tu procrastinais. Je pense que tu ne voulais pas accomplir cette mission.
— C'était juste un accident, » insista Naruto pour la quatrième fois, « je ne voulais pas le tuer ! »
Remarquant la détresse dans sa voix, Tsunade le crut enfin.
« Mais tu as réussi ta mission.
— Je ne veux pas être ANBU. »
Naruto croisa les bras. Il agissait de manière tellement infantile dans son attirail ANBU qu'il en était presque comique.
« Accident ou non, tu as réussi. Tu as même apparemment un talent pour le job. »
Et c'est à ce moment que Naruto déchira son masque et le jeta sur elle. Il ne voulait pas avoir un talent pour tuer des gens. C'était l'un des seuls derniers attraits qui le différenciait encore du Kyuubi.
Tsunade se leva et claqua ses mains sur la table en colère.
« Naruto ! As-tu pensé un seul moment que tes capacités seraient plus adaptées pour ce genre de travail que sur terrain découvert ? Cela peut sembler sordide mais ça sauve des vies !
— Je ne vois pas en quoi tuer un riziculteur sauverait le village ! », éclata Naruto.
Tsunade renversa son bureau et pointa son doigt à son torse.
« Ce riziculteur est un condamné reconnu, emprisonné pour avoir égorgé une trentaine de gosses !
— Oh, ne put que dire Naruto.
— Tu l'as fait et bien fait.
— Pourquoi tu ne me dis ça que maintenant, » Naruto demanda exaspéré.
Il ne pouvait croire qu'il avait été si près de laisser cet homme vivre. Il ne me paraissait pas si mal.
« Souvent, ils ne le sont pas ! » l'enfonça encore plus Tsunade. « Tu as oublié le principe même de cette mission ! »
« Quel principe ? » questionna Naruto en se grattant les cheveux.
« C'est la confiance, Naruto. Penses-tu vraiment que je t'enverrai tuer n'importe quel riziculteur ? Tu penses vraiment que je sois capable de le faire ? »
Naruto tituba avant de hocher la tête.
« Non... mais si tu avais fait erreur ? S'il avait été innocent ?
— Eh bien cela aurait mon erreur Naruto, pas la tienne. »
Tsunade se rassit épuisée sur son fauteuil.
« Quand je fais des erreurs, je l'admets. Mais ce que j'ai besoin, c'est que tu me crois et que tu sois capable d'appliquer mes ordres sans les questionner. C'est ça après tout en quoi consiste le rôle de Hokage. »
Naruto ne pouvait même concevoir l'ironie. Il avait forcé un ninja allié à le croire toute une semaine et lui-même ne pouvait même croire en son propre Hokage.
Quand Tsunade essaya de reposer ses pieds sur son plan de travail, elle se rappela qu'elle avait elle-même renversé. Naruto retourna distraitement son bureau. Ses pieds terminèrent enfin à être posés comme il faut.
« Alors Naruto ? Est-ce que je peux te confier le bien-être du village ? Est-ce que tu es prêt à suivre mes ordres, quels qu'ils soient ? Est-ce que je peux te croire pour appliquer ma volonté de tuer lorsque j'aurai besoin que tu le fasses ? »
Naruto sentit enfin un poids soulever sur son cœur. Il comprit enfin ce que le ninja de Kumo avait dû endurer toute la semaine. La confiance était dure à accorder.
« Je le pense.
— Mais ce n'est pas assez Naruto.
— Je protégerai toujours le village. »
C'était la meilleure réponse qu'il pouvait donner.
Avec un grand soupir qui fit trembler tout son être, Tsunade signa les papiers qui prouvaient qu'il avait officiellement réussi.
Naruto Uzumaki ne savait même pas s'il pouvait croire en lui-même.
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La paix dans le monde des ninjas n'était que temporaire. Elle n'était qu'un idéal, une utopie, qui se dissolvait peu à peu au contact de la vraie vie.
