Publié le 4 mars 2015
Bonsoir bonsoir. Je remercie tout d'abord Lys (merci pour la remarque, je me suis effectivement embrouillée entre Cormac et Corner :) ) et Amista (Mais non, Hermione ne pratiquera pas le SM :'( ) pour leurs reviews (et puis tout le monde de façon générale, hein).
Je viens de capter que Harry n'est pas censé avoir cours de Divination et d'Histoire de la Magie mais tant pis /o/
Résumons, voulez-vous : Le jour de la rentrée de leur 8e année, Hermione lit un drôle de bouquin semblant traiter de SM (Dominants et dominés chez les Sorciers : Une histoire de la soumission). Harry reste perplexe, élabore mille scenarii et puis zappe carrément cette histoire. Il découvre que La Salle sur Demande, qui cachait le Manuel du Prince de Sang-Mêlé, est devenu un vulgaire placard. Un mois plus tard, il gueule en plein repas son envie confuse de parler au portrait de Snape. Hermione l'amène dans le Parc, sort Une Histoire de la soumission, et lui dit qu'après cette lecture, elle considère que Snape, même mort, est dangereux pour lui.
On se retrouve en bas !
UNE HISTOIRE DE LA SOUMISSION
Chapitre 2 : Le Quidditch, l'égalité des sexes et la camaraderie sportive
Hermione était une sorcière dont, pendant de nombreuses années, on avait presque quotidiennement loué l'intelligence et les infinies connaissances. Même le surnom de Miss je-sais-tout n'avait fait que renforcer cette impression : elle était un être hors-pair.
Cependant, pendant ces mois interminables à la recherche des Horcruxes, elle avait été confrontée à l'ignorance, la peur et le sentiment de sa propre impuissance. Pour une des premières fois de sa vie, elle n'avait su que faire, où aller et les livres qu'elle avait lus ne lui avaient quasiment été d'aucun secours. La véritable détresse, quoi.
De ce fait, quand elle avait décidé de revenir à Poudlard pour une huitième année afin de passer les ASPICS en juin – son choix avait été vite fait cela dit –, elle s'était résolue à profiter de ce rab de temps pour combler le maximum de lacunes possible. Elle ne voulait plus jamais avoir à expérimenter l'angoisse devant l'inconnu.
Pendant l'été, elle avait donc acheté un nombre incalculable de bouquins traitant des domaines les plus divers. Certains s'occupaient de sujets très pointus, d'autres de thèmes plus généraux. Tous ne la passionnaient pas comme L'Histoire de Poudlard mais avaient le mérite de multiplier les points de vue et les questions. Bref, de bouquin en bouquin, elle tentait, dans une entreprise grandiose, selon Percy, ou grotesque, selon Ron, d'embrasser la totalité des savoirs humains.
Aussi n'était-ce pas car elle s'intéressait au sadomasochisme qu'elle avait acheté Dominants et dominés chez les Sorciers : Une histoire de la soumission. Mais, dès les premières pages, l'ouvrage l'avait littéralement captivée. Chaque cas évoqué la ramenait à un seul, à un cas qu'elle avait côtoyé toute son adolescence, sans en avoir jamais eu conscience.
Elle avait dévoré le grimoire le premier jour de classe. Et, pendant toute sa lecture, elle avait eu en tête une relation spécifique : celle qui avait uni Harry Potter, son meilleur ami, et leur défunt Maître de Potions, Severus Snape.
xXx
- Bon, en fait, c'est à cause de ce livre qu'il me semble que tu devrais rester à l'écart de Snape. Il est dangereux.
- Mais Snape est mort !
- Justement, répliqua Hermione.
- Je peux savoir pourquoi tu as ce livre, en fait ? Avoue, tu es tentée par le SM, c'est ça ? dit maladroitement Harry, pour la lancer sur un autre sujet.
Il n'aimait pas du tout qu'on juge du niveau de dangerosité d'une chose pour lui à sa place, surtout si l'arbitre en question était Hermione Granger. Elle avait passé leur scolarité à lui faire passionnément la morale à tout bout de champ. Son sujet de prédilection était sans conteste ce qu'elle appelait « sa stupide foutue témérité insensée ». Il lui était certainement arrivé d'ajouter d'autres épithètes mais Harry n'avait pas la patience de chercher à se les remémorer. Bref, Miss Hermione, ça suffisait.
Il était assez grand pour se faire un avis tout seul, non ? De toute façon, son esprit purement pragmatique était incapable d'envisager l'idée qu'un mort puisse l'atteindre d'une manière quelconque. A moins que Snape ait créé des Horcruxes, ce qui était peu probable, il n'était désormais pas plus dangereux pour Harry que Nick-Quasi-sans-tête.
Contre toute attente, la diversion du Gryffondor fonctionna, du moins quelques instants.
Hermione eut d'abord l'air interloqué. Puis, constatant que son ami ne plaisantait pas, elle se mit à rire franchement.
- Tu crois vraiment que, si je voulais essayer le sadomasochisme, je lirais un bouquin à ce propos ?
Harry en était intimement persuadé, alors il hocha la tête avec vigueur.
xXx
- Ça se voit qu'on ne couche pas ensemble, toi et moi. Non pas que je désire quiconque d'autre que Ron, hein. Enfin, je veux dire, contrairement à lui, tu ne sais absolument pas comment je suis au... Mais là n'est pas la question, se reprit Hermione, les joues un peu roses. Il se trouve que ce livre était en promotion dans une petite librairie d'occasion – le nom ne te dirait rien, c'est vraiment minuscule. Il avait l'air ancien et ne coûtait pas bien cher, donc je l'ai pris. Comme j'ai acheté des livres tous les jours cet été, je l'avais pratiquement oublié, jusqu'à ce que je mette un peu d'ordre dans mon sac de perles.
- Attends, tu veux dire que tu as tous tes livres, tous ceux que tu possèdes, dans ce sac ? hallucina le brun.
- Ne sois pas idiot, sourit la sorcière. J'ai dix autres sacs de ce genre. Celui-ci ne peut en contenir qu'une centaine. Sinon, il devient tout drôle. Bref, en choisissant les livres que j'emporterai à Poudlard, je suis retombée sur Une histoire de la soumission et je me suis dit « Pourquoi pas ? »
- Tu as pris une centaine de livres pour l'année ? dit Harry, en s'étouffant avec de l'air.
- Mais non, je rentre chez mes parents à la Toussaint, je pourrai en récupérer d'autres. J'ai établi un programme très précis. Chaque jour équivaut à 320 pages. Bref, le fait est que j'ai emporté ce livre avec moi.
- Tu le lisais au petit-déjeuner, le premier jour de cours, commenta Harry, juste pour dire quelque chose qui ne déclencherait pas un regard condescendant de la part de son amie.
- Oui, j'ai commencé l'année avec lui, en me disant que, comme ça, je pourrai rapidement passer à des domaines qui m'intéressaient plus. Mais en fait, ce livre est passionnant !
- J'ai cru remarquer que tu l'avais fini en moins de deux jours...
- Oui, c'est vrai. Depuis quand tu t'intéresses à ce que je lis, toi ?
xXx
Harry faillit lui avouer que, quand il avait découvert le titre de l'ouvrage le matin du premier jour de classe, il avait vraiment cru dur comme pénis qu'elle rêvait de porter des tenues en cuir et de fouetter un Ron bâillonné. Il avait pensé qu'elle n'oserait en parler au roux qu'après avoir tout lu à ce sujet – bref, qu'elle se documentait. Il avait même élaboré quelques stratégies grossières pour que le couple se lance là-dedans le plus vite possible.
Heureusement pour lui, cette histoire de grimoire anonyme subversif lui était totalement sortie de la tête et aucun de ses plans n'avait été mis en application. C'était une chance, parfois, qu'il ait une mémoire de linotte : s'il avait fait part de cette théorie à Hermione, elle aurait été bien trop heureuse d'entreprendre une grande leçon sur les erreurs de jugement souvent causées par des conclusions hâtives et une mise en question inexistante des différents éléments en jeu.
- Heu, je trouvais le livre intriguant, dit-il.
Ce n'était pas vraiment un mensonge. Le livre était intriguant.
- Hum, fit seulement Hermione, sans creuser. En tout cas, c'est en le lisant que j'ai enfin compris ta relation avec Snape. Ça m'a, au sens propre, ouvert les yeux.
Ses yeux étaient effectivement grands ouverts comme si elle venait à nouveau de découvrir les tenants et aboutissants de la relation Snape-Harry.
- Ma... relation avec Snape ? répéta lentement Harry, comme si elle avait parlé en Grec ancien.
- Oui, dit-elle avec impatience. Le lien qui vous unissait, si le terme « relation » te semble trop connoté. Je comprends tellement mieux pourquoi vos échanges, les fluides magiques qui passaient entre vous... disait-elle en plissant les yeux, concentrée sur des choses que Harry ne pouvait, vraisemblablement, même pas imaginer.
Il détestait quand elle faisait ça. Pourquoi ne lui expliquait-elle pas avec des mots appartenant à l'Anglais commun ?
xXx
- Bref, après cette lecture éclairante, je considère que, pour ton propre bien, tu ne devrais pas penser à Snape. Je sais que la dernière chose qu'il a faite de sa vie était un geste très beau, mais... sérieusement, Harry, crois-moi.
- Hermione, peut-être que ton foutu livre t'as, au sens propre ouvert les yeux, s'énerva le Survivant, mais moi, le principal concerné quand même, je comprends pas. En quoi est-ce qu'un homme mort, dont le cadavre a pourri, sans sépulture, dans la Cabane Hurlante, pourrait me faire le moindre mal ?
- Ho, je crois que tu ne m'as pas bien comprise. Ce n'est pas Snape qui va te faire directement du mal, il en serait bien incapable : ce sont ses souvenirs. C'est, en quelque sorte, toi-même.
- Mes souvenirs ? Mes souvenirs de Snape ?
- Harry, soupira son amie. Ho, Harry.
Elle avait l'air... exaspérée, certes, mais aussi pleine de pitié. C'était assez affreux à voir, comme expression. Un genre de pizza Margherita surgelée premier prix.
- Quoi ? grogna le garçon, surpris par son ton mélodramatique.
- J'aurais voulu ne jamais t'en avoir parlé. Je t'assure qu'il vaudrait mieux pour toi que tu oublies tout ça. Après tout, nous sommes de retour à Poudlard pour préparer les ASPICS, non ? Et, avec tout ce qui est arrivé l'an dernier, toi entre tous, tu as bien mérité un peu de repos pour travailler sereinement.
Hermione se leva, tendit la main à son ami, et lui dit, avec une voix un peu trop enthousiaste :
- Viens, on a encore le temps d'aller faire un saut chez Hagrid !
Leur prochain cours commençait seulement un quart d'heure plus tard. Que Hermione prenne le risque d'arriver en retard en Métamorphose, c'était une première. Que pouvait bien raconter Une histoire de la soumission pour la mettre dans des états pareils ?
Que pensait-elle y avoir découvert sur Snape... et Harry ?
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Les jours qui suivirent l'étrange mise en garde de son amie, Harry, inévitablement, passa son temps à penser à Snape. Alors qu'il n'était jusque-là que vaguement curieux à propos du Prince de Sang-Mêlé, il était désormais obsédé par son ancien Maître de Potions.
Etait-il heureux, à jouer les chauve-souris apathiques ? Avait-il eu le cœur déchiré, quand il avait du tuer Dumbledore ? Lavait-il ses cheveux tous les dimanches matins, dans une sorte de transe mystique ?
Bref, Harry s'intéressait au défunt. Cependant, il évitait de se montrer trop pensif devant Hermione, même s'il surprenait parfois un de ses fameux regards suspicieux. En même temps, comme aurait dit Malfoy, quand Potter avait l'air d'utiliser son cerveau, c'était mauvais signe. Ça le menait bien souvent à des décisions catastrophiques.
Mais quoi, il avait bien le droit de penser à Snape, qui s'était toujours comporté comme un salaud avec eux mais qui lui avait tout de même consacré les derniers instants de son existence, non ?
Le Gryffondor n'arrivait pas à se sortir de la tête que ce prof qu'il avait, durant toutes ces années d'école, tant aimé détester, était mort les yeux rivés dans les siens.
Ce moment si perturbant, – un homme qui devient, dans ses bras, en un instant, un tas de chair sans vie, la peau déchirée par les crocs de Nagini –, ce n'était pas Hermione qui l'avait vécu. Hermione et Ron étaient restées dans le tunnel, loin du mourant. Ce n'était pas à Hermione que Snape avait adressé ses derniers mots.
Ce n'était pas Hermione qui avait découvert, plongée dans la Pensine, que le sorcier, bien qu'il portait la Marque des Ténèbres, était allé trouver Dumbledore pour le supplier, contre sa fidélité éternelle, de mettre sa mère – tous les Potter, s'il le fallait – en sécurité. Non, Hermione n'avait définitivement pas vu, dans la Pensine, les petits Lily et Snape rire avec insouciance.
Si elle avait plongé dans les souvenirs intimes d'un homme fraîchement mort, peut-être que, comme Harry, elle ne pourrait pas s'empêcher d'essayer de comprendre. Snape, jusqu'à la fin, même après sa fin, restait un personnage terriblement mystérieux.
Pourtant, contrairement à celui de Cédric, Harry avait abandonné son cadavre au pourrissement, sans un regard en arrière.
De Snape, il pensait qu'il ne restait jusque-là plus que des souvenirs. Mais si Une Histoire de la soumission permettait de mieux comprendre le sorcier assassiné, pourquoi Hermione s'octroyait à elle seule le privilège de le lire ?
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- Qu'est-ce qui te faisait si peur chez Snape ? demanda Harry, sans crier gare.
- Pardon ?
Neville était confortablement allongé dans son lit, occupé à lire un roman dont le personnage principal était, selon la quatrième de couverture, un Mimbulus Mimbletonia. Harry rentrait d'un très bref tour de balai qui ne lui avait apporté aucune satisfaction. Il était resté cinq minutes assis sur son lit à se tourmenter puis s'était finalement décidé à poser la question.
Il avait de toute manière l'impression que si elle ne sortait pas de sa bouche, cette question, elle lui gonflerait tellement la gorge qu'il en mourrait étouffé par ses propres tissus. Ce serait une fin bien pitoyable pour un type qui avait survécu plusieurs fois à Lord Voldemort.
- Qu'est-ce qui te faisait si peur ch...
- J'ai très bien entendu, l'interrompit Neville.
Il glissa un marque-page dans son roman avec un regard triste, le posa sur sa table de chevet, se redressa et dit finalement :
- Pourquoi cette question ?
- Ho, heu... comme ça. Je... enfin, ces derniers temps, je me pose beaucoup de questions sur Snape, enfin, sur... l'image qu'on a de lui, tu vois, bredouilla Harry. Comme ça. Rien de particulier. Et puis, sans Voldemort, j'ai plein de temps pour penser à des choses futiles, hein ?
Il ne savait même pas pourquoi il essayait de se justifier. Après tout, Neville, comme presque l'intégralité du château, l'avait entendu gueuler, quelques jours auparavant, en plein repas de midi, qu'il voulait parler au portrait de Snape. Et tout le monde les avait vus, Hermione et lui, sortir dans le Parc pour en discuter.
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- Il ne me fait plus peur du tout, répondit l'autre Gryffondor.
- C'est logique. il est mort, remarqua Harry avec son bon sens légendaire.
- Non, enfin, ce que je veux dire c'est qu'il me faisait peur au début, jusqu'à la troisième année. J'avais treize ans, Harry. Ma grand-mère détestait quand j'avais des mauvaises notes, elle disait que mes parents... elle voulait que j'excelle en tout. C'était impossible, bien sûr. Et Snape, et bien, il m'a toujours ridiculisé, non ? Tu te rappelles, quand Hermione m'a donné un coup de main, une fois, et que j'ai réussi la potion de Ratatinage, il a enlevé des points à Gryffondor ! Parce que j'avais réussi ! Il a toujours tout fait pour que je me sente comme une merde. Bon, après, il avait pas vraiment tort, j'étais une catastrophe en Potions. La preuve : j'ai raté cette BUSE. Mais je pense qu'avec un autre prof, peut-être que... Bah, on saura jamais. Si tu veux savoir, j'ai arrêté d'avoir peur de lui, comme tu dis, quand tu es revenu avec Cédric dans les bras. J'ai compris qu'il y avait bien pire sur Terre qu'un pauvre prof un peu injuste avec ma petite personne.
Neville ne pouvait pas l'avoir fait exprès, n'est-ce pas ? D'avoir parlé de Cédric Diggory, tout en sachant que c'était un sujet que Harry évitait le plus possible d'évoquer, même après toutes ces années ? En tout cas, s'il avait voulu couper court à la conversation car elle le gênait ou pour pouvoir reprendre sa lecture en paix, il avait réussi.
Harry s'était enfoncé dans un silence songeur.
Quand Ron était rentré du terrain, une demi-heure après lui, il vit ses deux compagnons de chambre allongés chacun dans leurs lits respectifs, l'un concentré sur une page qu'il n'aurait toujours pas tournée cinq minutes plus tard, l'autre les yeux rivés sur son ciel-de-lit.
Neville et Harry ne bougeaient tellement pas qu'ils étaient plus proches du caillou que de l'homme. Sauf qu'un caillou ne pense pas.
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Harry, en dehors de Neville, n'osa parler de Severus Snape à personne. Ron était son meilleur ami mais sa chérie avait les moyens de le faire parler. Ginny... Ginny était plus fidèle à son amie Hermione qu'à son ex-copain, solidarité féminine oblige. Dean et Seamus seraient trop ravis d'élaborer un scénario aussi inintelligible que totalement fantaisiste sur un évident complexe paternel refoulé et un problème d'identification à la mère, représentée symboliquement par cette masse capillaire gorgée de graisse – tout le monde sait que la femme est un amas de gras, n'est-ce pas ?
Bref, Harry était très frustré, car rien ne se passait comme prévu.
Il avait voulu récupérer son Manuel de Potions, mais c'était un souhait qui s'était révélé aussi réalisable que celui d'élever à Poudlard un bébé dragon répondant au doux nom de Norbert. Non, c'était encore plus irréalisable. Car s'il était possible d'acheter en secret des œufs de dragon dans des pubs mal famés, il était en revanche invraisemblable que la Salle sur Demande renaisse de ses cendres.
Il avait voulu parler au portrait de Snape. C'était là une chose faisable. Mais pour cela, il lui faudrait auparavant échapper à la vigilance de sa meilleure amie et trouver un prétexte valable pour que McGonagall veuille bien le laisser accéder à son bureau. Quand bien même il se retrouvait, soudain devant le portrait, qu'aurait-il à lui dire ?
Par ailleurs, lui qui avait grand besoin d'évoquer l'ancien Maître de Potions avec ses amis, se retrouvait à ruminer ses pensées qui commençaient à devenir, à force de répétition, terriblement lassantes.
Et en plus de ça, il avait oublié combien, même si vivre à Poudlard était toujours quelque chose palpitant, les cours qu'on y donnait l'étaient bien moins. Surtout avec Hermione qui devenait hystérique dès qu'on osait évoquer le mois de juin.
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Au fil des cours d'Histoire de la Magie, que Harry consacrait exclusivement à ce qu'il appelait la question Snape, sans savoir vraiment ce que cela signifiait, il en vint à une conclusion : il fallait, c'était vital, qu'il mette la main sur Dominants et dominés chez les Sorciers : Une histoire de la soumission. Après tout, c'était grâce à ce livre que Hermione avait cru comprendre « les enjeux de leur relation dangereuse, malsaine et sans avenir ». En même temps, comme n'arrêtait pas de se le faire remarquer Harry à lui-même, il était rassurant, d'une certaine façon, que leur relation n'ait aucun avenir. Le gars était MORT.
Une fois, n'y tenant plus, il se rendit à la bibliothèque, après s'être assuré que sa meilleure amie était trop occupée à batifoler avec son amour de roux pour s'y trouver. Il était sûr qu'ils en avaient pour au moins une heure. En effet, même si ça ne l'enchantait guère, Il avait recommandé à Ron une salle secrète où Ginny et lui avaient connu leurs premiers attouchements en-dessous des vêtements. Il n'avait pas pris la peine de mentionner ce détail.
Ce qui était pratique avec cette pièce, c'était que, dès que sa porte était refermée, elle se verrouillait pour une heure, renouvelable sans engagement.
Harry avait vérifié sur la Carte du Maraudeur que les noms de ses deux meilleurs amis figuraient dans la pièce et il avait pris la direction de la bibliothèque.
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Sincèrement, il n'avait jamais pensé qu'un jour il devrait cacher à Hermione Granger le fait qu'il veuille emprunter un livre. Mais si la brune l'avait vu traîner dans les rayons, elle lui aurait certainement servi une nouvelle fois son speech « Snape est nocif pour ta santé mais pense à te brosser les dents avant de te coucher ».
Entre les rayons « Histoire de l'Art Magique » et « Métaphymagie de l'être », il croisa Malfoy, qui eut sa réaction habituelle désormais : l'indifférence.
S'ils avaient été en cinquième année, nul doute qu'il lui aurait sifflé une vilaine remarque, style « Alors, Potter, on cherche à combler le trou qui te sert de cerveau ? J'imagine que tu n'es pas au courant, mais les trous noirs ne peuvent pas être remplis, ils ne font que s'agrandir. Dommage pour toi, Potter ! » ou toute autre punchline niveau collège suivi, de préférence, d'un rire goguenard.
Décidément, il y avait des détails qui manquaient à ce Poudlard reconstruit, en cette année scolaire 1998-1999.
Malheureusement, même à l'aide d'un Accio chuchoté, Harry ne trouva pas Dominants et dominés chez les Sorciers : Une histoire de la soumission. Il avait eu le léger espoir de le localiser au moins dans la Réserve mais rien ne bougea. Et il ne sentit aucune barrière magique.
Il aurait préféré faire autrement, mais il n'avait pas le choix. C'était vital. Il fallait qu'il vole le bouquin à Hermione.
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Pendant trois jours, il se montra étonnamment joyeux et bavard, dans le seul but de dissiper les doutes de son amie. Tout d'abord, la méfiance de la sorcière sembla se renforcer mais, à force de le voir si plein d'enthousiasme pour tout et n'importe quoi – il l'écouta fébrilement raconter l'histoire du premier traducteur du Gobelbabil, Yvan Le Terreux –, Hermione finit par croire qu'il avait enfin pris conscience que les ASPICS étaient à la fin de l'année et que, surtout, il avait suivi ses conseils et arrêté de penser à Snape.
Un jeudi soir, un peu plus d'une semaine après leur discussion dans le Parc, l'occasion rêvée se présenta pour voler le livre. La Salle Commune était surchargée de Gryffondors au ventre ballonné, après un festin exceptionnel. Ils avaient fêté Harry ne se rappelait plus quelle fête sorcière. L'anniversaire de la première mise au bûcher de Gwendolin la Fantasque ou bien le centenaire de l'accord de paix entre les Trolls des montagnes et les Trolls des hautes-montagnes de Mongolie, quelque chose comme ça.
Dean et Seamus faisaient, sans raison, les cons : ils s'étaient mis à distribuer des Farces et Attrapes Weasley aux premières années inconscients, clamant à qui voulait l'entendre qu'il s'agissait d'un remède anti-flatulence. Harry était presque certain qu'ils affirmèrent à une gamine que ça lui ferait « un ventre tout plat ».
Quelques minutes plus tard, les enfants se mirent à vomir les uns après les autres, victimes vraisemblablement de Pastilles de Gerbe.
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Quand Hermione lâcha son livre (La latinisation des sorts et contre-sorts du Moyen-Âge à la Renaissance) pour nettoyer les flaques odorantes, aider les gosses malheureux, houspiller les deux énergumènes, Harry attrapa, le plus discrètement qu'il le put, le sac de perles de son amie posé sur un pouf.
Il le glissa rapidement sous un pan de sa Cape d'Invisibilité qui dépassait de sa poche. Bien. Tout en jetant des regards nerveux à Hermione, qui était à ce moment-là en train d'éponger du bout de sa baguette une flaque de vomi d'une taille indécente, il sortit sa baguette, l'enfonça à l'aveuglette dans le sac invisible sous la Cape, murmura « Accio Dominants et dominés chez les Sorciers : Une histoire de la soumission » et sentit, avec soulagement, un objet atterrir dans sa main.
Il eut tout juste le temps de replacer le sac à sa place et de fourrer indistinctement baguette, Cape et livre dans sa poche avant que Hermione ne vienne vers lui.
- Houlala, couina-t-elle. Avec tout ce remue-ménage, mon sac est sûrement tombé, tous les livres se sont mélangés...
Harry espérait que, s'il y avait bien une centaine de bouquins là-dedans, Hermione ne remarquerait pas de suite que l'un d'eux avait mystérieusement disparu.
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« Les inégalités de pouvoirs se manifestent chez les êtres magiques, bien plus que chez les Moldus.
En effet, les Moldus ne comparent avec les autres espèces animales que leurs forces physiques ou leurs techniques. Un Moldu, s'il possède une arme cracheuse de feu, sera plus fort techniquement qu'un ours sauvage commun. Cependant, il reste plus faible que l'ours sur le seul plan physique.
Entre eux, les Moldus comparent leurs puissances de la même façon. Un Moldu sera plus fort physiquement qu'un autre si les muscles de son corps sont plus développés et si ses réflexes sont plus entraînés. Il sera plus fort techniquement qu'un autre s'il possède beaucoup d'argent et des objets moldus plus sophistiqués (par exemple, une montre avec une trotteuse).
Il faut bien garder en tête que les inégalités chez les Moldus sont relatives à des conditions extérieures. Même le Moldu ayant le corps le plus musclé qui soit ne pourra tenir face à un ours ou à une arme cracheuse de feu. La force d'un Moldu dépend donc du fait qu'il possède ou non une arme cracheuse de feu ou tout autre moyen technique qui permet aux Moldus de combler leur absence de magie.
En claire, cela signifie que la force d'un moldu dépend de l'intervention d'une aide étrangère.
Aussi, comprenons-nous mieux pourquoi les Moldus ont une vie politique très instable. La lutte pour le pouvoir ne se fait pas une fois pour toutes mais à chaque instant. A tout moment, le Moldu désigné comme le plus fort s'attend à être détrôné, remplacé par un Moldu plus jeune et possédant plus d'argent. Le drame des Moldus est que leurs pouvoirs ne leur sont pas inhérents et qu'ils sont donc terriblement variants.
Toutefois, si nous ôtons la technique aux Moldus, les écarts de force entre eux se trouvent très diminués. Ne pouvant alors compter que sur leurs seules forces physiques, ils se trouvent alors quasiment égaux dans leur médiocrité.
Chez les êtres magiques, en revanche, les inégalités de pouvoirs existent bel et bien en tant que telles. Inégalités externes des espèces – la différence entre sorciers et Elfes de Maison – ; inégalités internes au sein d'une espèce – la différence entre un sorcier et un Cracmol. Nous nous intéresserons aux Sorciers seulement. Même sans baguette, un Sorcier possède un potentiel magique qui lui est propre et qui est quantifiable. Sa Magie est évaluée globalement et spécifiquement. Un Sorcier ne sera cependant déclaré fort globalement que dans le cas où il manifeste une polyvalence dans les domaines magiques classiques : métamorphose, défense, enchantement.
Ainsi s'esquisse le propos de ce livre : retracer l'Histoire des rapports de domination chez les Sorciers, effectuer une analyse psychomagique de la hiérarchie et exposer la thèse suivante : Il y a naturellement des Sorciers plus forts que les autres. Ils sont magiquement appelés à dominer les autres. Bouleverser cet état d'inégalité nécessaire serait aller à l'encontre de la Mère Magie »
Harry s'endormit juste après avoir lu la première partie de l'Introduction. Comment ce livre vraisemblablement réactionnaire pouvait détenir la clef de sa relation avec Snape ?
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- Harry, Harry !
Harry se réveilla en sursaut. Depuis la rentrée, son bienheureux sommeil n'avait jamais été interrompu aussi brusquement. Son corps était entortillé dans la couette, son front perlait de transpiration. Ses poings étaient serrés si fort que ses ongles avaient creusé des croissants dans sa peau.
Ses cauchemars à répétition, les draps trempés de sueur froide et sa peau inconfortablement moite, tout cela appartenait à une adolescence qu'il essayait de laisser derrière lui. Bien sûr, les semaines qui avaient suivi le 2 mai 1998 n'avaient pas été faciles. Mais il avait tant désiré se débarrasser de l'ombre de Voldemort que, grâce à l'aide de Molly, ses nuits avaient fini par retrouver le calme relatif de son enfance. La mère de Ron lui avait en effet appris quelques sortilèges relaxants et offert plusieurs boîtes de tisanes « Lune sereine ».
Mais, visiblement, il avait crié victoire un peu trop tôt.
- Harry, ça va ? lui demanda une tache floue blanche et rousse qui était Ron Weasley.
- Ça va, grimaça le Survivant.
- Tu... tu as rêvé de Tu-sais-qui ?
- Non, enfin... pas vraiment.
Il avait rêvé du meurtre de Snape. Voldemort avait été présent, certes. Il avait prononcé son discours sur la Baguette de Sureau et sur Mais il n'était pas, pour une fois, le personnage principal. Le Seigneur des Ténèbres avait simplement fait partie du décor de cette scène de cauchemar. La preuve : lui et son serpent étaient déjà partis quand l'horreur avait vraiment commencé. Les crocs de Nagini perçant le cou de Snape, le long cri de douleur, le sang qui coulait grotesquement des robes n'avaient été qu'un prélude. L'horreur était venue après.
L'horreur, c'était ces deux silhouettes, amas de tissus noirs, sales et luisants, avachis au centre de la pièce poussiéreuse. L'horreur, c'était lui, Harry tétanisé, et Severus Snape, mourant une nouvelle fois dans ses bras, avec cette expression qu'il n'avait pas comprise sur le coup.
Une expression d'amour. Mais seulement pour ses yeux verts, comme ceux de sa mère.
Il fallait que Harry continue la lecture d'Une Histoire de la Soumission. Il ne retrouverait de nuits paisibles qu'après avoir mis le doigt sur ce que Hermione y avait découvert. Si le secret de Snape résidait dans ces pages moisies, le seul moyen de l'apprendre, c'était tout bêtement d'en décrypter l'encre. Du moins, c'était la seule piste qu'il possédait, alors il essayait d'y croire.
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- Tu peux me prêter un de tes livres sur le Quidditch ?
- Tu es sûr que tu es bien réveillé Harry ? Tu veux pas plutôt aller à l'infirmerie ? s'inquiéta Ron.
- Non, t'inquiète, grimaça le brun. Un que tu lis pas. Sur Victor Krum, par exemple.
Sans poser d'autres questions, quoiqu'avec une mine dubitative, Ron farfouilla un moment dans sa malle et finit par lui tendre Le Quidditch, l'égalité des sexes et la camaraderie sportive.
- Hermione me l'a offert. Le jour où j'ai accepté de revenir à Poudlard.
Quand le Ministère le leur avait proposé, Ron, tout comme Harry, avaient été tentés par l'idée d'entrer directement à l'Ecole des Aurors. Hermione, bien entendu, leur avait envoyé quelques Gueulantes bien vénères ainsi que de longues lettres bourrées d'arguments vicieux car parfaitement rationnels, jusqu'à ce qu'ils admettent que, comme d'habitude, elle avait raison.
- Ça te dérange pas que je l'abîme un peu ? Diffindo.
Harry avait beau être le Sauveur, l'Elu, le Survivant, le Golden Boy, Celui-qui-a-terrassé-Voldemort-sans-même-avoir-à-jeter-Avada-Kedavra, on pouvait tout de même lui reprocher un certain manque d'inventivité. En effet, il utilisa une astuce à laquelle il avait déjà eu recours en sixième année, afin de conserver le contenu de son Manuel de Potions annoté. Il avait simplement échangé les couvertures de son exemplaire neuf et de celui du Prince de Sang-Mêlé.
Pour ne pas avoir à restituer de suite Une histoire de la Soumission à Hermione, il opéra de la même façon.
Ainsi, alors qu'il aurait l'air d'être plongé dans Le Quidditch, l'égalité des sexes et la camaraderie sportive (est-ce qu'on pouvait vraiment offrir un livre au titre aussi barbant ?), il pourrait lire Une Histoire de la soumission tranquille.
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Dans la journée, Harry réussit à replonger le livre trafiqué dans le sac de perles de sa meilleure amie. Il espérait seulement qu'elle avait un planning de lectures trop impérieux pour vouloir rouvrir un bouquin qu'elle avait déjà lu. Il ne voulait pas non plus tenter le diable : il fallait qu'il restitue le vrai livre avant les vacances de la Toussaint ce qui, concrètement, ne lui laissait qu'une semaine et demie.
En vrai, il s'était plus ou moins résolu à n'avoir le temps que d'en lire des extraits au hasard. Le peu d'attention et d'intérêt qu'il portait aux cours commençait à se faire ressentir et il avait une masse de travail en retard. Et après cette introduction décourageante, il pensait que Hermione n'avait voulu que l'effrayer et qu'Une Histoire de la soumission n'avait finalement que peu à voir avec Snape...
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« Admettons que deux Sorciers A et B possèdent un potentiel magique similaire mais que le Sorcier A soit plus doué en Légimencie.
Le Sorcier A aura tout d'abord un avantage manifeste durant un duel car il prévoira sans mal les intentions de son adversaire et pourra ainsi déjouer ses attaques comme si elles étaient déjà advenues. En quelque sorte, elles le sont déjà, du moins dans l'esprit du Sorcier B. Étant donné que son esprit est limpide pour le Sorcier A, ce dernier est comme en avance sur le Temps. Aucune attaque ne peut le surprendre.
De ce fait, le Sorcier A sera aussi considéré par les Spécialistes du Pouvoir comme un Sorcier plus puissant que le Sorcier B, quand bien même leurs potentiels de base sont équivalent. La faculté de Legimens creuse ainsi une véritable différence de Pouvoir entre les deux Sorciers. Elle permet d'établir une hiérarchie irréversible et durable (Sorcier A Sorcier B).
Le Sorcier A étant plus fort magiquement, il est naturel qu'il domine le Sorcier B dans tous les domaines qui soit. Son sens de la répartie sera visionnaire (capacité rhétorique). Il sera imperturbable (capacité défensive). Son talent d'artiste, de compositeur sera aussi sans égal (capacité créatrice).
Le Sorcier A éprouvera cependnat un plaisir certain à montrer sa supériorité en écrasant le Sorcier B ou tout sorcier au potentiel magique inférieur ou égal au sien. En effet, il sera tourmenté par l'idée qu'un simple détail – la Légimencie – le distingue du Sorcier B. Sans cette chance originelle, il aurait été l'égal ou même l'inférieur du Sorcier B.
Ainsi, si les Sorciers A et B ont des rapports sexuels, rapports sexuels, rapports sexuels »
Harry, qui lisait jusqu'alors avec un ennui relatif – le titre de l'ouvragé était décidément mensonger –, se sentit catapulté hors de sa torpeur. Les mots « rapports sexuels » dansaient sous ses yeux. Il reprit sa lecture, pris de frisson de hâte.
« Ainsi, si les Sorciers A et B ont des rapports sexuels, le Sorcier A, en plus d'être le dominant et bien sûr l'actif, se montrera particulièrement violent. On pourrait parler de fantasme d'écrasement. »
Un très bon Legimens...
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Harry courait, sans arriver à croire que Dumbledore était bien mort. S'il rattrapait Snape, il pourrait renverser le cours des choses, empêcher cette chute dans le vide. Snape disparut à l'angle d'un mur, haïssable. Il criait aux autres Mangemorts de déguerpir, que c'était fini. Haletant à ses côtés, Malfoy aussi courait mais, lui, il avait l'air apeuré.
Greyback, à un moment, se jeta sur Harry mais le Survivant se débarrassa facilement de lui. Il évita aussi les sorts qui fusaient au hasard ainsi que les corps sur le sol, qu'il enjambait sans regarder leurs visages. Ginny se battait contre Amycus. Ron, McGonagall, Lupin et Tonks étaient chacun en prise avec un fidèle de Voldemort. A ce moment-là, Lupin et Tonks étaient encore en vie, pensa amèrement Harry.
Neville lui indiqua que Snape et Malfoy étaient passés par là. Harry accéléra comme il put, hésitant entre la Salle sur Demande, où il y avait l'Armoire à Disparaître, et l'entrée du château.
Il bouscula brusquement plusieurs Poufsouffles en pyjama, sauta plusieurs marches, traversa le Hall d'entrée sans s'attarder devant les Sabliers fracassés, dont les pierres se déversaient infiniment sur les dalles. Vite, avant qu'ils ne franchissent le Portail et puissent transplaner...
Dès qu'il franchit les portes, l'air froid lui fit cracher ses poumons. Hagrid avait surgi au loin, pour arrêter les fugitifs. Harry envoya un Impedimenta en arrière et frappa un des Carrows. Il se relança aussitôt dans sa poursuite de Snape.
Hagrid recevait sans problème les rafales de sortilège d'un grand Mangemort blond. Snape et Malfoy allaient atteindre le Portail, le Gryffondor devait les en empêcher.
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Harry visa le dos de son ancien Professeur de Potions et hurla :
- Stupefix !
Mais il rata sa cible, même si le sorcier s'arrêta.
- Endol...
Mais Snape para le maléfice.
Derrière eux, la cabane de Hagrid venait de prendre feu. Harry n'avait d'yeux que pour ce salopard de Mangemort.
- Endol...
Mais Snape, une seconde fois, para le maléfice sans effort, comme s'il avait lu en lui. Il ricana alors, l'air supérieur, que Harry n'avait ni l'audace, ni la capacité de lui jeter des Sortilèges Impardonnables.
- Incarc...
Sans résultat.
- Battez-vous, espèce de lâche, cria le brun.
Snape, d'ordinaire imperturbable, hurla de colère. Il n'était pas lâche.
- Stupé...
Le Mangemort déjoua le sort, encore une fois. Il exprima de nouveau son mépris pour les piètres talents d'Occlumens de Harry.
- Impedi...
Mais Harry fut touché par un sort, qui lui infligea une douleur telle qu'il crut en crever. Snape allait le tuer, comme il avait tué Dumbledore. Mais Dumbledore n'avait pas trop souffert au moins, contrairement à Harry, que Snape détestait...
- Non ! Avez-vous oublié les ordres ? Potter appartient au Seigneur des Ténèbres. Nous devons le lui laisser ! Allez-vous-en d'ici ! Filez !
La douleur cessa. Harry ne chercha pas à comprendre pour Snape l'avait protégé. Il leva sa baguette et grogna :
- Sectum...
Rien à faire.
- Levic...
Après avoir repoussé le maléfice, Snape s'approcha finalement de Harry, qui était à terre, sans baguette. Avec la lumière des flammes en fond, l'expression du Maître de Potions paraissait peinte de haine pure.
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L'homme déclara être le Prince de Sang-Mêlé. Comment Harry osait l'attaquer avec ses propres sortilèges, comme James Potter l'avait fait, des années auparavant ?
- Tuez moi, dit Harry.
Il n'avait pas peur. Rien que pour le plaisir de voir le sourire moqueur de Snape se tordre en grimace de fureur, il lui balança encore le mot "lâche" à la gueule.
- NE ME TRAITEZ PAS DE LÂCHE !
- Espèce de lâche, tuez-moi comme vous l'avez tué, répéta le brun, toujours face contre terre. Comme vous avez tué Dumbledore...
- Tu sais bien que c'est faux, dit Snape d'une voix étonnamment calme.
Harry redressa la tête, incertain. Où était Buck ? Buck aurait du alors se jeter sur Snape, le forçant à fuir vers le Portail, pour transplaner juste après. Et Harry se serait relevé et aurait annoncé à Hagrid que Dumbledore avait été assassiné par le traître.
- Maintenant, tu ne peux plus éprouver cette colère qui te rongeait les veines, il y a un an et demi. Tu sais que quand Dumbledore a prononcé mon nom, en haut de la Tour d'Astronomie, ce n'était pas pour me supplier de l'épargner mais bien de le tuer. Tu sais que je n'ai pas voulu ça, dit Snape, en faisant quelques pas, le visage à moitié illuminé par le feu. Tu ne me hais plus, désormais.
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Harry, étendu sur le ventre, sentait en effet toute force l'abandonner. Juste avant, il aurait pu arracher les globes oculaires du Professeur, plongeant avec délice ses mains dans la substance molle de son cerveau. Il aurait fait pousser un Filet du Diable dans ses oreilles sans aucun scrupule, jouissant par avance du supplice infligé. Mais là, une seule chose le titillait. Il ne pensa même pas à se relever, encore moins à essayer d'attraper sa baguette. La peau de son ventre frottait pourtant désagréablement contre l'herbe mouillée et terreuse du Parc.
- Pourquoi me tutoyez-vous ? grogna-t-il. Vous ne m'avez jamais tutoyé !
Le Mangemort s'accroupit à côté de Harry, les yeux presque rieurs. Son visage semblait soudain moins féroce, ses traits moins tordus. Même son nez gras et ses lèvres fines eurent l'air moins grossiers. Peut-être que son visage, sans l'éclairage infernal de l'incendie, retrouvait des lignes plus humaines. Ou bien était-ce la fureur de Gryffondor qui s'était calmée.
- Pourquoi, me demandes-tu ? Mais parce que j'en ai le droit ! Ici, j'ai tous les droits !
Sur ces mots mystérieux, Snape se jeta sur l'adolescent, s'assit sur lui et plaqua ses poignets au sol.
Le dos de Harry plus que ses yeux le renseigna sur leur position. Les bras tendus et nerveux du Maître de Potions au dessus de lui tenaient fermement ses propres bras en place. Ses jambes étaient repliées des deux côtés du Gryffondor. Sa tête devait être à une vingtaine de centimètres au-dessus de la sienne. Sa colonne vertébrale devait décrire un arc-de-cercle dentelé, sous les couches de tissus.
Les robes de Snape volaient autour d'eux, comme les draps vaporeux d'un lit de Princesse. Cependant, comme les lits de Princesse sont rarement noirs, la cape flottante était plutôt un énorme nuage grondant, qui projetait son ombre sur le visage de Harry qui, de toute façon, dans sa position, ne pouvait pas voir grand chose. Mais c'était comme si le ciel tout entier s'était concentré pour préparer un orage juste pour lui.
Mais Severus Snape n'était pas vraiment apte à lui balancer tonnerre, foudre, éclair et pluie. Alors que faisait-il perché sur ses fesses ?
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- Lâchez-moi ! cria Harry.
Il ne réussit néanmoins pas à cacher une certaine curiosité dans sa voix.
- Je ne crois pas, Potter. Mais même si je te lâchais, tu ne bougerais pas, n'est-ce pas ?
Harry sentit dans sa nuque le visage de l'homme se rapprocher. Ils allaient bientôt être étendus l'un sur l'autre, empilés comme d'obscènes personnages.
- Je ne veux pas ! Tuez-moi, plutôt que ça !
- Harry, laisse-toi faire. Tout cela, de toute manière, n'existe pas...
Snape, dans un mouvement rapide et souple lâcha les poignets de Harry et lui baissa son jean. Le brun sentit la peau de ses avant-bras se remettre en place avec soulagement. Snape lui avait fait mal, avec ses doigts secs et osseux, ses ongles sales et longs. Il allait garder des marques rouges au poignet pendant plusieurs minutes.
Après avoir bougé ses deux mains dans tous les sens pour vérifier que rien n'était cassé, Harry se rendit enfin compte que le Mangemort lui avait ôté son pantalon.
L'idée l'électrisa. Il ne savait pas dans quel sens. Etait-il effrayé ?
- Laissez-moi tranquille ! beugla-t-il, en essayant de se relever.
Mais Snape murmura nonchalamment « Levicorpus » et le jeune homme se retrouva la tête à l'envers, suspendu par les pieds par une corde invisible.
- Potter, vous m'avez traité de lâche, vous allez souffrir...
L'homme se faufila derrière le Survivant, dont le pantalon avait presque repris sa place initiale, du fait de la gravitation. Sans ménagement, Snape le remonta vers les genoux cagneux du gamin, glissa sa tête en-dessous du jean, et enleva le boxer avec violence.
Alors que Snape lui écartait les fesses et y fourrait, sans ménagement, sa langue épaisse et assassine, Harry n'avait que deux questions en tête : Pourquoi est-ce que le Mangemort, d'ordinaire virtuose rhétorique, avait glissé du vouvoiement au tutoiement sans même sembler s'en apercevoir ?
Et où était Buck ?
A Suivre...
Voilà ! Alors heu... Un petit mot ? A dans 10 jours :)
