Bring me to the light

Chapitre II : L'attente

Auteur : Shizuka Kurai

Genre : shônen ai, darkfic

Série : Gravitation

Pairing : léger Yuki Eiri / Seguchi Tôma

Persos : Seguchi Mika

Disclaimer : Persos de Maki Murakami

Commentaires : En route pour le deuxième chapitre de « Bring me to the light » ! Je suppose que tout le monde l'attendait avec impatience. Mais je voudrais juste rassurer mes fans. Il n'y aura plus de fin aussi tragiques que « Roméo & Juliette ». PROMIS ! Moi-même, j'ai eu du mal à finir de l'écrire, parce figurez-vous que moi-aussi je pleurais devant ma feuille de papier au départ, puis devant mon ordi quand je la recopiais, à tel point que je voyais même plus ce que j'écrivais (enfin presque, parce que sinon, vous auriez jamais lu cette fin plus tragique que les grandes tragédies grecques… Kuso… Comme je me passe de la pommade moi… Calme, ma Shizu, calme).

Au fait c'est marrant ça, mais au départ, « Bring me to the light »(« BML »en abrégé) devait être un one-shot… Bah tiens ? Shizu s'est oublié sur sa feuille de papier, et en a encore écrit 50 pages ? Ça m'arrive souvent ces derniers temps. Tenez, « Roméo & Juliette », par exemple, ne devait avoir que 4 chapitres. Résultats des courses, y en a 7 ! C'est la fic la plus loooooongue que j'ai écrite. Et puis, « BML » a déjà trois chapitres, dont je vous envoie le deux, et il y en aura certainement plus. Combien, je sais pas, on verra bien.

Sur ce, gros bisous et bonne lecture !

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Résumé du chapitre précédent : En rentrant à l'appart' de l'écrivain, Shuichi a surpris Yuki et Tôma en train de s'embrasser. Le chanteur s'enfuit, poursuivi par son amant, et se fait renverser en pleine rue…

(Note : toutes les dates sont prises en fonction de l'année 2007)

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Environ une heure plus tard, Hôpital central de Tokyo.

_ « Uesugi-san ?»

L'écrivain leva la tête vers le médecin qui s'était approché de lui, puis se leva.

_ « Alors ? demanda Yuki. Comment- va-t-il ?»

_ « Dans un sens, votre ami a de la chance. Après un pareil choc frontal, c'est un miracle qu'il s'en sorte avec seulement un poignet cassé. Par contre, sa tête a pris un coup violent, et nous craignons un traumatisme crânien. Il a malgré tout repris conscience quelques minutes. Nous avons pu lui poser quelques questions auxquelles il a bien répondu avant de perdre à nouveau connaissance, mais sans tomber dans le coma, ce qui peut laisser espérer que son état ne soit pas trop grave. Le scan crâne nous en dira plus, et il faut maintenant attendre qu'il se réveille pour savoir s'il y aura des séquelles. De toute façon, nous allons le garder quelques jours en observation. A-t-il de la famille que l'on puisse contacter ? »

_ « … Hai, je… je vais m'en occuper…» fit le blond d'un air absent.

_ « Mais dites-moi, demanda le docteur. Ça va aller, vous ? Vous êtes bien pâle. Laissez-moi vous ausculter…»

_ « Ça va ! bougonna l'écrivain. Je n'ai pas besoin qu'on m'examine. Je suis juste inquiet pour mon ami… et secoué… après ce qu'il s'est passé… »

_ « Hai, je comprends, opina le médecin. Vous devriez rentrer chez vous maintenant, et vous reposer un peu. Il ne servirait à rien d'attendre ici à vous ronger les sangs. Laissez les coordonnées de la famille de votre ami au standard. Et les vôtres aussi, comme ça nous pourrons vous prévenir dès qu'il se réveillera. »

_ « Hai… Arigatô…»

_ « Je vous en prie, ce n'est rien…»

_ « Puis-je le voir un instant avant de partir ?»

_ « Quelques minutes seulement, concéda le docteur devant le visage anxieux du blond. Mais ne vous en faites pas, nous nous occuperons bien de lui.»

Le médecin laissa alors Eiri aux soins d'une infirmière qui le conduisit jusqu'à la chambre du blessé, et le fit entrer. L'écrivain s'approcha du lit où son compagnon reposait, la main droite plâtrée et un bandage à la tête.

_ « Tsss… lâcha-t-il en écartant doucement une mèche de cheveux roses courant sur le visage du chanteur. Tu ne cesseras donc jamais de me créer des problèmes ?»

À ce moment-là, le musicien entrouvrit les yeux et murmura :

_ « … Gomen, Yuki…» avant de se rendormir.

Un instant surpris, le romancier se reprit, caressa la joue de son amant, avant de s'éloigner vers la porte. Yuki s'apprêtait à quitter la chambre, quand un autre murmure le fit se retourner.

_ « … Yuki… ne m'abandonne pas…» fit doucement Shuichi à travers son sommeil.

Le blond revint vers le lit et se pencha vers son compagnon.

_ « … Baka… » chuchota-t-il d'une voix tendre avant d'embrasser les lèvres du musicien, incapable de se laisser plus avant à ses sentiments, mais cependant suffisamment troublé pour se permettre ce geste tendre.

L'écrivain se redressait quand une infirmière entra et le pria de partir. Eiri jeta un dernier regard vers son amant puis sortit de la chambre. Ne pouvant se résoudre à rentrer chez lui, il erra quelques minutes dans les couloirs de l'hôpital, incapable de penser à autre chose qu'à l'accident. Il revoyait sans cesse ces images terribles défiler devant ses yeux, celles du moment où Shuichi avait été percuté de plein fouet. Tout s'était passé si vite. Yuki n'avait rien pu faire. Mais ce qui le torturait, c'était le fait que Shuichi l'avait sauvé alors que c'est lui qui aurait dû faire ça avec l'adolescent. C'est Yuki qui aurait dû protéger le chanteur, et non le contraire. Et pour cela, le romancier s'en voulait.

Continuant son errance aveugle, le jeune homme blond reprit conscience de l'endroit où il se trouvait quand un médecin urgentiste le bouscula brusquement. Eiri se mit sur le côté du couloir pour laisser passer les ambulanciers poussant un brancard où gisait un blessé. Peu après ; les proches de la victime arrivèrent et passèrent devant l'écrivain qui se rappela alors qu'il devait prévenir la famille de Shuichi. Il fouilla dans ses poches à la recherche éventuelle de son portable qu'il trouva miraculeusement dans la poche intérieure de sa veste (Note de Shizu : comme quoi, ça sert d'oublier ses affaires dans sa veste). Il l'alluma et s'apprêta à composer le numéro. Oui, mais quel numéro ? Le romancier venait de se rappeler qu'il ne connaissait pas le numéro de téléphone des parents de Shuichi. Il se rappelait bien de l'adresse parce qu'il était allé chez eux une fois, quand le chanteur avait été malade. Mais il n'allait pas s'emmerder à faire le déplacement jusque là-bas, d'autant plus qu'il était à pied, vu qu'il était venu ici avec l'ambulance.

Le blond réfléchissait tout en faisant défiler sur l'écran du téléphone les numéros en mémoire, espérant une inspiration subite pour régler son problème. Un nom retint finalement son attention : Nakano. Eiri se rappelait encore parfaitement le jour où il avait pris le numéro du guitariste, l'un de ces jours où Shuichi s'était enfui en pleurnichant parce que les deux amants s'étaient disputés, et où Yuki avait demandé à Hiroshi de l'aider à retrouver le chanteur. C'était d'ailleurs la première et la dernière fois que le romancier était parti à la recherche du musicien, l'écrivain ayant finalement retrouvé Shuichi endormi devant la porte de son appartement après plusieurs heures de vaines recherches.

Chassant ce souvenir intempestif, Eiri sélectionna le numéro, et bientôt la voix d'Hiroshi lui répondit dans l'appareil. L'écrivain lui exposa brièvement la situation, indiqua au guitariste l'hôpital où se trouvait Shuichi puis il lui dit de prévenir la famille du chanteur, avant de raccrocher brusquement, le tout sans que sa voix ne laisse transparaître la moindre émotion. Et pourtant, Yuki était inquiet, terriblement inquiet, et cela même si son amant s'était réveillé quelques secondes tout à l'heure. Mais de toute façon, ça ne servirait à rien qu'il reste à l'hôpital à se faire du mouron, Shuichi ne se réveillerait pas plus vite pour autant. Le romancier s'apprêtait à appeler un taxi pour rentrer chez lui quand son portable sonna.

_ « ET ALORS ? hurla la voix de Mika à l'autre bout du fil quand il décrocha. Ça fait trois plombes que j'essaie de te contacter. Tu pourrais pas répondre aux gens qui te téléphonent, de temps en temps ? Y serait peut-être temps que tu grandisse un peu, BAKA ! »

_ « Mika, tenta de placer le blond. Tu permets mais là, j'ai d'autres soucis en tête. Qu'est-ce que tu veux ?»

_ « … Je… je voulais savoir si ça allait.. fit-elle en se radoucissant. Tôma m'a avoué ce qu'il avait fait et… il est dans tous ses états…»

_ « Il t'a raconté ce qui s'était passé à mon appartement ?» l'interrogea Yuki, abasourdi.

_ « … Hai…»

_ « Mika, je… je suis désolé…»

_ « Je le savais déjà, Eiri… Depuis longtemps, je savais qu'il t'aimait plus qu'il ne m'aimait moi… Je m'étais faite à cette idée… Enfin, c'est ce que je croyais jusqu'à présent… Pourtant aujourd'hui, je ne sais pas pourquoi, ça me fait plus mal que d'habitude de voir l'amour qu'il te porte… Et surtout de l'entendre me l'avouer… Tsss… J'en suis presque jalouse…» souffla-t-elle, sa voix s'étranglant dans un sanglot.

_ « Mika…»

_ « Il m'a tout dit… Il m'a dit qu'il avait enfin osé t'avouer ses sentiments, puis qu'il t'avait embrassé. Mais qu'à ce moment-là, Shindo vous avait surpris et avait pris la fuite, et que tu l'avais suivi. Après, ni lui ni moi n'en savons plus. Comment ça s'est passé avec Shindo-kun ? Tu as pu le rattraper ?»

_ « À vrai dire…»

Yuki ne put terminer sa phrase. Il fut à nouveau bousculé par un ambulancier.

_ « Dégagez de là ! lui cria ce dernier. Vous ne voyez pas que vous gênez le passage?»

_ « Eiri ? demanda Mika dans le téléphone. Mais où est-ce que tu est, là ?»

_ « Je suis à l'hôpital…»

_ « À l'hôpital ? s'écria la jeune femme, catastrophée. Comment ça, à l'hôpital ? Il s'est passé quelque chose ? Eiri, tu es blessé ? »

_ « Calme-toi, Mika, le coupa l'écrivain. Je vais bien. En fait c'est Shuichi, il… il s'est fait renversé. Je l'ai accompagné jusqu'ici dans l'ambulance…»

_ « Kami-sama… lâcha sa sœur. Comment va-t-il ?»

_ « Les médecins m'ont dit que son état était stable, mais qu'il devaient attendre qu'il se réveille pour faire un diagnostic…»

_ « C'est si grave que ça ?»

_ « Shuichi s'en est sorti pratiquement indemne. Il a seulement un poignet cassé et quelques ecchymoses. Mais sa tête a été sévèrement touchée… Tout ce qu'on peut faire maintenant, c'est attendre…»

_ « Et espérer, Eiri, essaya de le rassurer Mika. Il faut garder espoir, ce n'est peut-être pas si grave que ça…»

_ « … »

_ « Eiri ? Tu es toujours là ? Réponds, Eiri.»

_ « … »

_ « Eiri ?»

_ « Tu peux venir me chercher ?»

_ « Hein ? » s'étonna la jeune femme.

_ « Je suis venu ici avec l'ambulance, et j'ai pas spécialement envie de rentrer chez moi à pied, fit abruptement le romancier. Mais si tu peux pas passer me prendre, j'appelle tout de suite un taxi. C'est ce que j'allais faire au moment où tu m'as appelé.»

_ « Heu…Hai, bien sûr… J'arrive tout de suite, lui dit Mika. Tu es où ?»

_ « Hôpital central,» répondit simplement l'écrivain.

_ « OK, j'arrive. Eiri, je…»

_ « BIP BIP BIP !»

_ « Eiri ? Eiri ! Kuso ! J'y crois pas ! Ce baka m'a raccroché au nez ! Mais qu'est-ce que j'ai fait au ciel pour avoir un frère pareil ?»

_

Mika raccrocha à son tour, soudain songeuse. Son frère n'était devenu comme ça, froid et distant avec tous, que depuis "l'événement " d'il y avait sept ans, bientôt huit maintenant. Depuis ce jour-là, Eiri n'avait jamais laissé quelqu'un s'immiscer dans sa vie sauf une personne : Shindô Shuichi. Le chanteur avait réussi là où tant d'autres avaient échoué, même la propre famille de Yuki, il avait réussi à percer la carapace de l'écrivain et à se faire une place dans son cœur. Au départ, Mika voyait d'un mauvais œil cette relation que son frère entretenait avec le musicien, mais finalement, elle était heureuse que Eiri s'ouvre enfin à quelqu'un. Et puis, dans un sens, ça l'arrangeait. Tôma devrait bien se faire une raison. Yuki aimait une autre personne que lui et c'était sans doute mieux ainsi. Et comme ça, l'ex-pianiste des Nittle Grasper reviendrait vers elle. Du moins, c'est ce que Mika espérait. La jeune femme poussa un profond soupir avant de se préparer à partir. Elle sa veste et prit ses clefs, puis alla jusqu'au salon prévenir Tôma qu'elle sortait…

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_ « … Hé ! Ahuri ! Tu te réveilles ?»

Eiri sortit enfin de ses pensées et leva la tête en portant la main à son crâne, là où la jeune femme en face de lui venait de le frapper.

_ « Tu sais que tu es vraiment pénible parfois ? lui lança Mika. Ça fait bien au moins cinq minutes que je suis là à t'appeler pendant que toi, tu rêvasses !»

_ « … »

Le romancier resta muet, se contenta de se lever, puis prit le chemin de la sortie.

_ « Eiri, attends !» s'écria Mika en rattrapant Yuki.

Elle retint par le bras son frère qui se retourna vers elle, les yeux embués de larmes qu'il ne laisserait jamais couler.

_ « Eiri…»

_ « C'est ma faute, Mika, lâcha l'écrivain en dégageant son bras. C'est ma faute s'il a été renversé… Je n'ai pas réagi assez vite, et c'est lui qui a été renversé à ma place… J'aurais dû… j'aurais pu…» balbutia-t-il d'une voix étranglée par l'émotion.

_ « Eiri, ne dis pas ça…»

_ « Si je ne l'avais pas poursuivi… Si je ne l'avais pas retenu en plein milieu de la rue… Si… si je n'avais pas laissé Tôma m'embrasser… Tout ceci ne serait sans doute jamais arriv…»

Yuki se tût soudain. Il venait d'apercevoir à quelques mètres derrière sa sœur quelqu'un qu'il ne s'attendait pas à voir ici : Tôma. Le pianiste avait apparemment entendu les derniers mots du romancier, et il regardait ce dernier avec une expression accablée.

_ « T… Tôma ! Attends !» s'écria Eiri quand son beau-frère fit brusquement demi-tour.

_ « Eiri… Va lui parler…le supplia Mika. Il sait qu'il a fait une erreur et il s'en veut terriblement. Tu sais qu'il ne veut que ton bonheur, même si ça doit passer par son malheur.»

_ « Mika… Il ne voudra peut-être pas m'écouter… après ce que j'ai dit…» fit Yuki en détournant les yeux.

_ « Rattrape-le… J'ai peur qu'il lui arrive quelque chose… comme Shindô-kun… Rattrape-le, onegai shimasu… »

La voix de la jeune femme tremblait d'angoisse, et sur ses joues roulaient des larmes qu'elle n'arrivait plus à retenir.

_ « Je l'aime… souffla -t-elle en baissant la tête. Même s'il ne m'aime pas comme je le voudrais, moi, je l'aime de toute mon âme. Rattrape-le, Eiri. Il a besoin de toi…»

_ « … D'accord, j'y vais… Ne t'inquiète pas, tout ira bien…» la rassura-t-il avant de s'éloigner…

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Tout comme il l'avait fait quelques heures auparavant avec Shuichi, Yuki partit à la recherche de son beau-frère.

_ « Kuso ! bougonnait-il en lui même. Ça va pas recommencer ! Ça suffisait déjà d'un, et maintenant, il faut que ce soit l'autre qui s'y mette. Je crois que je vais me retirer dans un chalet en pleine montagne, comme ça plus personne viendra m'emmerder. »

L'écrivain râlait en son for intérieur, mais au fond, il était inquiet, et surtout il voulait éviter un autre incident.

_ « TÔMA ! cria soudain le romancier en apercevant son beau-frère à l'autre bout du couloir. ATTENDS ! »

Le président se retourna un instant avant de s'engouffrer dans le couloir à sa gauche. Eiri se précipita à sa suite, et quand il tourna à l'angle du couloir, il trouva le pianiste bloqué par un brancard en plein milieu de son chemin. Le romancier l'interpella, mais Tôma réussit à se dérober par la porte de l'escalier.

_ « C'est pas vrai… maugréa l'écrivain en s'élançant à son tour dans l'escalier. TÔMA !» cria-t-il en grimpant quatre à quatre les marches derrière son beau-frère.

Dans sa précipitation, le président manqua une marche, et s'étala dans l'escalier en se retenant à la rambarde, mais il se releva aussitôt et continua à monter. Cependant, sa chute l'avait retardé et avait permis à Yuki de gagner du terrain. Le romancier rattrapa le musicien sur le palier de l'étage suivant, et le retint par le bras.

_ « LAISSE-MOI, EIRI-SAN !» s'écria alors le président en essayant de se dégager.

_ « Tu vas pas faire comme Shuichi toi aussi, s'emporta l'écrivain. Tu vas te calmer ou je t'en fous une !»

_ « LÂCHE-MOI !» cria Tôma en se libérant d'un mouvement brusque.

À ce moment-là, le président, au bord de l'escalier, perdit brusquement l'équilibre et bascula dans le vide. Heureusement, Yuki parvint à le retenir avant qu'il ne dévale les marches. Un long moment, le romancier garda son beau-frère serré contre lui, refusant de le lâcher, comme s'il avait encore peur qu'il tombe.

_ « Eiri-san… Lâche-moi maintenant…» supplia Tôma d'une voix tremblante au bout d'un moment.

_ « … Non…» murmura l'écrivain en resserrant un peu plus son étreinte.

_ « Eiri ! Tu me fais mal ! Lâche-moi !» s'écria le président en essayant de se dégager.

_ « … Je ne veux pas te perdre… Je n'ai déjà pas pu sauver Shuichi, alors je ne veux pas te perdre toi aussi…»

_ « Eiri-san… Lâche-moi, onegai…»

_ « Recule d'abord,» fit Yuki en entraînant son beau-frère en arrière, loin du bord de l'escalier.

L'écrivain recula ainsi jusqu'au mur, avant de lâcher Tôma. Ce dernier se retourna vers son beau-frère et l'observa. Les deux blonds se fixèrent ainsi un long moment, en silence. Puis, soudain, le président ne pût plus soutenir le regard triste de son beau-frère, et il détourna la tête.

_ « … Gomen nasai, Eiri-san… souffla-t-il en réprimant un sanglot. Tout ça, c'est de ma faute. Je te jure que je ne voulais pas ce qui est arrivé… Je n'aurais jamais pensé que… je puisse… être la cause de tant de problèmes… Je souhaite vraiment de tout cœur que Shindô-kun s'en sorte… J'aurais voulu… j'aurais souhaité… que tu m'aimes… Mais puisque c'est lui que tu as choisi, alors je respecterai ta décision… Tout ce que je veux, c'est que tu sois heureux… Mais à cause de moi, Shindô a été… Je m'en veux , Eiri… Ça m'a fait un choc tout à l'heure quand Mika m'a annoncé pour l'accident… Et je comprendrais que tu me détestes à présent… Eiri… Eiri… Je m'en veux tellement… Je…»

Tôma enfouit son visage dans ses mains et se mit brusquement à pleurer. L'écrivain l'avait écouté en silence, sans bouger. C'est alors qu'il s'approcha de son beau-frère et le serra dans ses bras. Le pianiste, un instant surpris, fut pourtant rassuré de ce geste et il laissa libre court à ses larmes contre l'épaule de Yuki.

_ « … Ce n'est pas ta faute, Tôma… fit le romancier à mi-voix. Je ne t'ai accusé de rien…»

_ « Pourtant, ce matin, chez toi, tu disais… que tu ne me pardonnerais pas… s'il arrivait quelque chose à Shindô-kun… Et tout à l'heure avec Mika…»

- « Ce que j'ai dit, je l'ai dit sous le coup de la colère, et je m'en excuse. Et mes paroles de tout à l'heure ne t'accusaient en rien… Le seul responsable de cet accident, ici, c'est bien moi…»

_ « Eiri-san ! » s'indigna le musicien en s'écartant de l'écrivain.

_ « Je n'ai pas été capable de le protéger… Et quand toi, je t'ai vu partir en courant comme l'avait fait Shuichi, j'ai eu vraiment très peur… peur qu'il t'arrive quelque chose à toi aussi…»

_ « … Ce… c'est pour ça que tu me serrais si fort tout à l'heure ?» demanda le président.

_ « … Hai… répondit Yuki. Je ne t'aime pas de "cette manière-là", Tôma, je ne t'aime pas comme tu le voudrais… Mais sache que je tiens malgré tout à toi… Plus peut-être qu'à n'importe quel autre membre de ma famille… avoua le blond dans un souffle. C'est toi qui m'as sorti du gouffre quand je sombrais dans le désespoir après mon viol il y a 9 ans… Tu as été le protecteur qui m'a toujours soutenu en toutes circonstances, même quand je faisais les pires conneries… Et je te suis extrêmement reconnaissant pour ce soutien que tu m'as apporté durant toutes ces années… Pardonne-moi de ne pas pouvoir te donner l'amour que tu attends de moi, pardonne-moi de ne pouvoir t'aimer comme j'aime Shuichi… Mais accepte au moins l'amour fraternel que je te porte… Tu es la personne que j'estime le plus au monde, Tôma…»

_ « Et Shindô-kun alors ?» l'interrogea Tôma.

_ « Hmm… Lui, disons que… c'est un cas particulier… hésita le romancier. Je l'aime, c'est tout. J'arrive pas à comprendre pourquoi d'ailleurs, mais je l'aime… Je ne parlerais pas vraiment d'estime avec lui… C'est autre chose… En fait, il est… désespérément adorable dans sa bêtise… Il est sincère et direct, naïf et irréfléchi, mais au moins, lui, il est "vrai" … Il ne se cache pas derrière un masque d'hypocrisie comme la majorité des gens qui m'ont côtoyé jusqu'à présent… Il est simplement craquant… »

_ « Hé hé… Tu rougis !» se moqua amicalement le pianiste.

_ « C'est faux ! Je ne rougis pas ! » protesta Yuki en commençant à redescendre l'escalier, les joues en feu.

_ « Eiri-san…» l'interpella le président.

Yuki se retourna.

_ « Tu ne m'en veux pas alors ?»

_ « … Non, Tôma… répondit sobrement l'écrivain. C'est à moi que j'en veux…» lâcha-t-il après un silence, le regard perdu dans le vague, avant de reprendre son chemin.

_ « Eiri-san ! Attends !»

_ « Tiens donc c'est toi qui veux me retenir maintenant ? Je croyais que tu ne voulais plus me voir tout à l'heure.»

_ « Eiri…» soupira Tôma.

_ « Bon, tu viens ? J'aimerais rentrer chez moi.»

_ « Tu ne restes pas ?» s'étonna le pianiste.

_ « Le médecin m'a dit que Shuichi resterait sans doute inconscient encore un moment, et que ça ne servirait à rien que je reste ici à me faire du mauvais sang. Je vais rentrer et essayer de me reposer un peu. Je reviendrais demain matin avec ma voiture.»

_ « Hai, tu as raison, c'est sans doute ce qu'il y a de mieux à faire… approuva le président. Dis, Eiri-san…»

- « Hmm ?»

_ « Je pourrais venir aussi demain ? demanda Tôma. Pour prendre des nouvelles de Shindô-kun…» ajouta-t-il devant l'expression d'incompréhension de l'écrivain.

_ « Hai, bien sûr, répondit Yuki, étonné. Je ne t'empêche pas de venir.»

_ « Arigatô, Eiri-san…»

_ « Allons rejoindre Mika et rentrons, maintenant, »fit le romancier en continuant à descendre les marches.

_ « Haï !» acquiesça Tôma en le suivant aussitôt, éprouvant un soulagement manifeste que son beau-frère lui ait pardonné pour les problèmes qu'il avait créé dans cette seule journée.

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À SUIVRE …

AU PROCHAIN EPISODE : I want you to back home with me

Commentaires de fin : Et voilà ! Un autre chapitre fini ! Et maintenant, vivement la suite, hein ? Pleurez pas, vous l'aurez bientôt. Mais d'abord, y faut qu'il y ait des gens qui lisent ma fic "Merry X-mas". Je suis pas contente ! Y A PRESQUE PERSONNE QUI L'A LU ! OUINNNNNNNNNN ! Enfin, heureusement que mes fans habituelles (comme par exemple Zardy, mais n'oublions pas Onarluca et Vivi- Nefertari) m'ont quand même rewievés dessus. J'adresse un grand Arigatô aux trois personnes qui ont lu "Merry X-mas". Bon, en tout cas, à bientôt sur " Bring me to the light". Ou sur tout autre fic susceptible de m'intéresser et que je pourrais rewiever. Alors, onegai, Zardy-chan, un autre chapitre de "Yume" !

Lexique :

Arigatô / arigatô gozaimasu :merci

Baka / bakamono / bakayarô :imbécile, idiot, crétin, bête, con, abruti, stupide, maladroit

Chan/kun/san :Diminutif que l'on ajoute au nom (ou prénom) pour marquer l'affection envers une personne (Chan), une certaine marque de respect envers un camarade (Kun), ou marquer une certaine hiérarchie avec des personnes que l'on connaît peu ou plus âgées (San)

Gomen / Gomen Nasaï : pardon, désolé, excusez-moi

Haï : hai (je le mets pour les baka qui le sauraient pas)

Kuso : merde

Onegaï / onegaï shimasu : s'il te plaît

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