Sept jours pour une Eternité

DISCLAIMER : Les personnages ainsi que les lieux ne m'appartiennent pas et sont la propriété de JKR. Le titre de la fic ainsi que l'histoire en générale sont tirées du livre « Sept jours pour une Eternité » de Marc Levy.

AUTEUR : Petitchaton

PAIRING : Draco/Harry

GENRE : Romance, aventure et surtout univers alternatif

RATING : M

RESUME : Pour mettre un terme à leur rivalité, Dumbledore et Voldemort se lancent un ultime défi…Ils envoient en mission leurs deux meilleurs agents. Draco Malfoy et Harry Potter auront sept jours pour faire triompher leur camp décidant ainsi qui du Bien ou du Mal gouvernera la communauté sorcière. En organisant ce pari absurde, Dumbledore et Voldemort ont tout prévu sauf une chose : que l'Auror et le Mangemort se rencontreraient…

AVERTISSEMENT : Cette fic est un slash c'est-à-dire qu'il y a présence d'une relation homosexuelle masculine. Si cela vous choque, vous dégoûte,…il vous suffit de cliquer sur l'icône « précédente» pour partir. Pour les autres, voici ma nouvelle fic qui j'espère vous plaira bien qu'elle soit dans un style différent des autres qui étaient beaucoup plus dramatiques. Bonne lecture à tous…

NOTE DE L'AUTEUR : Voici quelques petites précisions pour que l'histoire soit compréhensible :

- Harry et Draco ne se connaissent pas du tout et n'ont pas été à la même école

- Harry n'a jamais été confronté à Voldemort mais ses parents sont morts à cause de ce dernier lors d'une attaque quelconque alors qu'Harry avait cinq ans

- Harry a passé sept ans dans un orphelinat avant d'être adopté par Sirius qu'il considère comme son parrain

- Harry est un « surdoué » en Défense Contre Les Forces Du Mal et il a intégré l'université de Bridgetown à quinze ans pour devenir auror

- Harry à 19 ans, Hermione à 22 ans ainsi que Ron

- Draco à 21 ans

- Draco est mangemort depuis ses 17 ans

J'adresse aussi un grand merci à Vif d'Or ma bêta pour cette fiction. Je t'embrasse très fort pour toutes tes corrections qui rendent mon histoire beaucoup plus belle !

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Chapitre un : Le Premier Jour (partie1)

Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.

Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut.

Dieu vit que la lumière était bonne et Dieu sépara la lumière des ténèbres.

Dieu appela la lumière : « jour » et il appela les ténèbres : « nuit ».

Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le premier jour.

Genèse, chapitre 1, verset 1 à 5

Draco Malfoy s'étira paresseusement en baillant bruyamment. Il tendit ensuite la main vers la table de nuit pour saisir son paquet de BlackStone qui reposait sur la table de nuit. D'un claquement de doigt, il alluma une cigarette avant de se glisser hors de ses couvertures pour se diriger vers la terrasse de la chambre. Dehors, le soleil brillait embrassant le magnifique jardin à la Française de la résidence d'été des Malfoy. Mais Draco ne voyait pas tout ça, trop habitué à l'opulence pour pouvoir encore être touché par la simplicité de certaines choses.

Il fuma pendant quelques secondes avant de se diriger vers la fontaine qui trônait au milieu de la terrasse. Et tel Narcisse incapable de ne pas passer de nombreuses heures à s'admirer, il s'approcha jusqu'à apercevoir son reflet dans l'eau. Draco se savait beau et il jouait de son charme pour obtenir tout ce qu'il voulait des autres sans rien donner en retour. Il pouvait se vanter de n'avoir jamais perdu que son corps au cours de ses nombreuses nuits de débauche. Il était l'homme d'une soirée, désirant son partenaire tant qu'il ne l'avait pas eu. Mais, une fois sa passion consumée, il s'en allait laissant derrière lui son amant d'une nuit plongé dans le désespoir de ne pas avoir réussi à le retenir.

Le jeune homme passa une main dans ses cheveux blonds décoiffés par une nuit de folie et son corps fut parcouru d'un léger frisson aux souvenirs sulfureux de la veille. François était un amant exceptionnel et il avait passé un bon moment en sa compagnie avant de se rendre à une soirée d'anciens étudiants organisée par des amis de lycée. Il était revenu au manoir au petit matin, exténué par une nuit de luxure arrosée de Tequila.

Avec satisfaction, il détailla ses mèches échevelées qui lui donnaient un air sauvage tout en accentuant la blancheur immaculée de sa peau. Tout son corps possédait une sensualité exacerbée qui le rendait irrésistible. L'être qui arriverait à lui passer la corde au cou et à le rendre fidèle n'était pas né et ce n'était certainement pas demain la veille de sa naissance.

Tout chez lui respirait la beauté et la perfection.

Ses longues jambes étaient musclées, son torse finement sculpté et ses épaules légèrement carrées le rendaient imposant sans rien ôter à sa grâce naturelle. Il avait un nez droit, une bouche finement dessinée, un menton pointu et des pommettes saillantes. En réalité, sa beauté n'avait d'égal que sa cruauté et son insensibilité. Son aura magique irradiait la puissance brute attirant le respect de la plupart des sorciers de sang pur et rien ne semblait pouvoir atteindre son cœur de glace.

La seule chose qui avait de l'importance à ses yeux était de pouvoir assouvir chaque jour la violence qui dormait en lui et cette colère inexplicable qui l'habitait toujours. Il aimait profiter de la vie tout en s'offrant le luxe de commettre toujours plus de péchés et de meurtres juste pour le plaisir de prendre une vie et pour se sentir, l'espace d'un instant, l'égal d'un dieu. Tuer lui donnait une telle sensation de puissance qu'il en ressortait grisé comme s'il venait de se droguer ! Tant de pouvoirs détenus au bout de sa baguette dont le plus important était celui de choisir qui aurait le droit de vivre et qui devrait mourir.

Draco écrasa sa cigarette laissant une longue traînée anthracite sur le marbre blanc de la fontaine. Il esquissa un sourire en coin. Il prenait un plaisir incommensurable à détruire ce qui l'entourait montrant ainsi son mépris envers le travail d'autrui. D'un geste dédaigneux, il empoigna une cloche de cristal qu'il secoua délicatement. Aussitôt un elfe de maison apparut dans un « pop » sonore. La créature était d'une laideur repoussante avec ses yeux globuleux et son long nez pointu. Pourtant, il faisait partie des meilleurs serviteurs que Draco avait à sa disposition puisque son père lui refusait le caprice de lui offrir des esclaves humains. Sans comprendre pourquoi, une rage sourde monta en lui à la vue de la frêle créature.

« - Dépêches-toi un peu, mocheté ! Je n'ai pas que ça à faire ! Après, tu prépareras mon petit-déjeuner. Je descends dans dix minutes alors si tu tiens à ta misérable existence, tu as intérêt à ce que tout soit prêt ! »

Il asséna un violent coup de pied à son serviteur qui s'effondra avec un couinement plaintif. Il détestait les elfes de maison ! Dobby transplana sans prendre la peine de se relever sachant d'avance que cela entraînerait de nouveaux coups. Un instant, Draco continua à fixer le vide où se trouvait une seconde plutôt son serviteur avant de se détourner pour retourner dans sa chambre.

Aujourd'hui était un jour différent des autres car pour la première fois il était appelé par son Maître pour recevoir une mission. Son regard s'attarda distraitement sur le tatouage qui maculait son avant-bras gauche. Cette marque représentait son allégeance au Seigneur des Ténèbres et le désignait comme l'un de ses serviteurs. Mais, au fond de lui, il n'acceptait toujours pas de devoir se soumettre à un demi-sang aussi puissant soit-il. Seulement, paradoxalement, seul le Lord Noir lui offrait toutes les libertés dont il avait besoin pour vivre. Celle de tuer, de détruire, de voler.

Son père lui avait vaguement parlé des dernières décisions prises par Lord Voldemort pour mettre un terme à la guerre qui les opposait depuis de nombreuses années à l'Ordre du Phœnix. Aujourd'hui, pour la dernière fois, leur conception du monde et celle de Dumbledore allaient s'opposer pour qu'enfin l'un ou l'autre emporte le droit de diriger la communauté sorcière.

Et il savait qu'il allait jouer un rôle dans la bataille finale qui opposerait le Bien et le Mal. Comme toujours, un Malfoy serait aux premières loges pour accomplir de grandes choses qui resteraient à jamais marquées dans les annales et les livres d'histoire. Avec un sourire suffisant, Draco se dirigea vers sa garde-robe afin de sélectionner avec soin les vêtements qu'il allait porter. Il enfila un pantalon avec une ceinture ornée d'une tête de mort avant de boutonner sa chemise de soie blanche. Il se saisit également d'une longue robe de sorcier noire avec un large capuchon.

Fin prêt, il se dirigea vers la porte de sa chambre sans oublier de prendre au passage son paquet Blackstone et son briquet en or. Un instant, il pensa directement transplaner devant le manoir de son Maître mais il devait au préalable rendre une petite visite à un ami de lycée qu'il n'avait pas eu l'occasion de revoir la veille à la soirée des anciens étudiants. Avec un sourire sadique, Draco Malfoy disparut dans le sombre couloir du château.

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Harry Potter soupira en regardant son meilleur ami faire une énième figure de Quidditch. Ron fonça en piquet vers le sol avant de redresser son balai au dernier moment, exécutant presque parfaitement la feinte de Wronski. Malgré lui, il sentit la pointe aiguë de la jalousie s'enfoncer dans son ventre même s'il savait que le jeune homme roux n'était en rien responsable des décisions qui avaient influencé sa vie.

La plupart du temps, il ne regrettait pas ses choix sauf quand il assistait à un match de Quidditch. Il ne pouvait pas alors s'empêcher de se souvenir de la liberté et du sentiment de quiétude qui l'habitait lorsqu'il volait laissant ses problèmes sur la pelouse verte du terrain. Il avait été le plus jeune joueur depuis plus d'un siècle. Tout comme il était le plus jeune universitaire d'Angleterre. Ses résultats en Défense Contre Les Forces Du Mal avaient attiré l'attention du professeur Dumbledore qui l'avait pris sous son aile et l'avait fait intégrer l'université des aurors à 15 ans seulement.

Harry avait tout sacrifié pour suivre ces cours réservés uniquement à l'Elite de l'élite. Et aujourd'hui, à 19 ans, il était le plus jeune auror du monde magique. A l'occasion, il suivait encore quelques cours de potions et de métamorphose pour retrouver ses amis et pour se perfectionner dans ces matières. Harry adressa un vague signe de la main à Ron avant de quitter les gradins pour rentrer chez lui.

Malgré son physique plutôt quelconque, Harry ne passait jamais inaperçu tant sa bonté et sa générosité étaient légendaires parmi les étudiants. Il ne perdait jamais une occasion de rendre service à quelqu'un. Pour beaucoup, il représentait ce qu'auraient été les anges s'ils avaient existé autre part que dans l'imaginaire. Sa gentillesse le poussait à toujours aller vers les autres et il lui arrivait souvent d'oublier de penser à lui et à son bien-être.

Une fois arrivé, il se dirigea vers la salle de bain du second étage ne pouvant pas s'empêcher d'appréhender son rendez-vous avec le professeur Dumbledore. Il n'avait pas la moindre idée de ce que pouvait lui vouloir le vieil homme mais un vague pressentiment lui rongeait les entrailles. Un instant, son regard s'attarda sur l'immense miroir qui recouvrait une partie du mur gauche de la salle de bain.

Il y vit le reflet d'un jeune homme de petite taille, mince mais finement musclé. Ensuite, il détailla l'ovale régulier de son visage mangé par deux yeux verts mis en valeur par d'épais cheveux noirs. Oui, il était une personne quelconque physiquement et cela lui convenait parfaitement. La beauté intérieure était tellement plus importante pour lui et, s'il y avait une chose dont il était sûr, c'était qu'il existait une part de lumière en chaque être humain. Même dans l'être le plus abjecte et le plus cruel, il y avait quelque chose de bon.

Seulement, certaines personnes ne savaient pas utiliser cette flamme et ils avaient besoin d'un guide pour retrouver leur humanité. Et lui, il était là pour ça. Il était là pour rendre confiance à ces gens convaincus qu'ils étaient incapables de faire des choses merveilleuses. Oui, malgré tout ce qu'il avait déjà vécu, il gardait confiance en l'être humain. Et il savait que tôt ou tard le Bien se répandrait sur la terre et les sorciers pourraient enfin vivre avec les moldus sans qu'il n'y ait de guerres pour les séparer.

Harry finit par se glisser sous la douche gardant ses pensées positives en tête. Oh bien sûr, il lui était déjà arrivé de douter mais jamais fort longtemps. Il suffisait de tellement peu de choses pour que la vie soit plus belle ! Un sourire adressé à un inconnu dans la rue, une main tendue lorsque quelqu'un avait besoin d'aide, de la compassion pour les personnes égarées qui se perdaient dans les limbes de la violence…

Le jeune homme brun s'essuya rapidement tout en se dirigeant d'un pas vif vers sa penderie qui contenait quelques vêtements informes et usés. Il se vêtit comme à son habitude d'un jeans simple et d'un débardeur un peu trop grand avant d'enfiler sa robe bordeaux d'universitaire pour se rendre dans le bureau du professeur Dumbledore qu'il verrait ainsi pour la première fois en chair et en os.

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Draco marchait d'un bon pas vers les quartiers pauvres du Londres sorcier. Ce ghetto regroupait ce qu'il y avait de plus détestable après les Moldus aux yeux d'un sang pur : les crakmols. Ces êtres abjects étaient issus de familles sorcières mais ne possédaient aucun pouvoir magique ce qui les rendait inutiles dans le monde que voulait instaurer Lord Voldemort.

Après avoir un peu cherché, le jeune homme blond aperçut enfin la silhouette rondouillette de Neville Londubat son cher ami d'école. Ce dernier ne semblait pas l'avoir remarqué et il continuait tranquillement ses achats ne prêtant pas attention au regard meurtrier posé sur lui. En deux enjambées, Draco le rejoignit avant de lui empoigner le bras pour le traîner dans une ruelle sombre où personne ne viendrait les déranger. Il jeta alors sans ménagement son fardeau contre un mur avant de s'avancer lentement vers lui.

« - Bonjour, Neville ! Beau temps, n'est-ce pas ? »

Le ton de sa voix était faussement amical et il cachait à peine la véritable froideur de ses propos. Le gros garçon blond se blottit davantage contre le mur de pierres espérant échapper à son tortionnaire mais sachant déjà qu'il était perdu. Difficilement, il se remit debout en grimaçant et Draco sentit ses lèvres s'étirer en un sourire cruel qui n'avait rien d'humain.

« - Oui…Oui, en effet. »

Neville avait bredouillé mais il s'était vite repris voulant conserver le peu de dignité qui lui restait. Sa vie était devenue un enfer le jour où Draco Malfoy y était apparu, beau comme un matin de Noël enneigé mais coupant et froid comme de la glace. Le jeune homme baissa honteusement la tête préférant ignorer le pincement de son cœur à la vue du sang pur qui était aussi beau que dans son souvenir. N'était-ce pas ridicule d'être amoureux de la personne qui avait gâché votre existence ?

« - Goyle et les autres t'ont attendu toute la nuit hier. Pourquoi n'es-tu pas allé à la soirée des anciens étudiants ? »

Le souffle chaud de Draco frôla la peau rouge de Neville et, malgré lui, il sentit son corps réagir à cette proximité dérangeante. Une larme glissa le long de son visage rond déclenchant le rire de son bourreau totalement inconscient de sa souffrance intérieure ou alors s'en moquant éperdument. Draco savait se faire désirer dans n'importe quelle circonstance et il avait toujours su employer ce don avec beaucoup de précision pour forcer ses victimes à se haïr de l'aimer autant.

« - Pitié… »

Le sourire de Draco s'accentua en entendant la supplique du gros garçon blond. La pitié ? Il ne savait même pas ce que ce mot voulait dire ! Il était cruel et méchant et rien ne lui plaisait davantage que de torturer et de détruire une vie juste pour le plaisir de répandre le mal autour de lui. Depuis leur première rencontre, il était parfaitement conscient de l'amour ridicule que lui portait Neville Londubat.

Et il avait honteusement joué avec les sentiments de ce-dernier allant jusqu'à le contraindre à se prostituer pour obtenir ne fut-ce qu'un regard glacial de sa part. Il l'avait forcé à se rabaisser plus bas que terre pour avoir le droit de le regarder pendant quelques secondes. Mais, à présent, il sentait qu'il perdait son influence sur le crakmol et il lui semblait préférable de se débarrasser de lui puisqu'il était devenu inutile à ses yeux.

« - Dis au revoir au soleil, Neville. »

D'un geste brusque, Draco referma ses doigts sur la gorge palpitante du jeune homme et il serra. C'était si facile de tuer quelqu'un. Le visage rond prit peu à peu une teinte vermeille alors que Neville se débattait pour trouver un peu d'oxygène et, au dernier moment, Draco relâcha la pression laissant le corps à moitié mort de son ami sur le sol. Il se détourna un instant, laissant le temps à Londubat de se reprendre, avant qu'il ne fasse brusquement volte-face pour lancer un endoloris sonore.

Des hurlements de douleur brisèrent le silence de la ruelle et des oiseaux s'envolèrent au loin. Draco maintint son sort de torture pendant un long moment avant de murmurer du bout des lèvres l'incantation qui mettrait fin aux souffrances du corps ensanglanté qui gisait à ses pieds. Le jeune homme blond quitta alors la sombre ruelle où reposait, à présent, Neville Londubat. Paisiblement, il prit la direction des quartiers riches pour se rendre à la résidence de Lord Voldemort enfin apaisé.

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Harry Potter marchait d'un bon pas en direction du bâtiment blanc qui abritait le siège de l'Ordre du Phœnix. Ce groupe contenait les meilleurs Aurors d'Angleterre et le jeune homme brun s'étonnait encore souvent d'avoir réussi à l'intégrer un an plus tôt. Il lui restait encore quelques minutes avant de rencontrer la personne pour qui il avait le plus grand respect. Le professeur Dumbledore représentait à ses yeux une icône de paix et de tolérance dans un monde déchiré par une guerre sans fondement.

Il gravit les escaliers de marbre blanc à toute vitesse et passa sous les hautes colonnades de pierre blanche apercevant au loin une silhouette féminine prostrée dans un coin d'ombre. Il ne lui fallut pas une seconde de plus pour reconnaître sa meilleure amie : Hermione Granger. Il s'approcha rapidement d'elle oubliant tout ce qui ne concernait pas la jeune fille brune déjà fortement éprouvée par la vie.

« - Hermione ? Que se passe-t-il ? »

La jeune fille ne lui répondit pas, se contentant d'enfouir son visage entre ses bras croisés pour masquer ses larmes de honte et de colère. Une trace violacée sur son bras gauche attira immédiatement l'attention d'Harry et il comprit la raison de son désespoir. Une fois de plus, l'incompréhension prit possession de lui en voyant Hermione dans cet état alors qu'elle avait le pouvoir de changer cela.

« - Il t'a encore battue ? Pourquoi tu ne le quittes pas ? »

De nouveau, seul un silence lourd entrecoupé de sanglots fit écho à sa question. Avec une douceur toute particulière, il passa une de ses mains dans les épaisses boucles brunes tentant par ce simple geste de consoler celle qu'il considérait comme sa sœur. La jeune fille trembla sous la caresse mais elle ne le repoussa. Il attrapa doucement le bras meurtri avant d'apposer sa main, paume vers le bas, puisant dans sa pour soigner les tissus lésés sans devoir faire appel à un médicomage. Il savait qu'Hermione ne voulait parler de ses problèmes à personne et il respectait ce choix même s'il ne le comprenait pas.

« - Tu…Tu n'avais pas…pas rendez-vous avec…avec le professeur…professeur Dumbledore au…aujourd'hui ? »

Il regarda le visage tuméfié où les yeux chocolat étaient à peine visibles au milieu des nombreux coups. Il fit appel encore une fois à sa magie pour guérir le plus gros des blessures aidant ainsi son amie à cacher ses problèmes. Tous deux avaient conscience qu'elle serait renvoyée si jamais quelqu'un découvrait son passé et Harry s'en voulut de ne pas pouvoir faire quelque chose de plus pour la sortir de l'enfer qu'était devenu sa vie.

Un vertige le prit soudain lui rappelant combien la magie sans baguette était épuisante et dangereuse pour un sorcier. Une douleur lancinante se logea dans sa tête le forçant à se laisser glisser au sol pour ne pas s'effondrer. Le malaise ne durait jamais fort longtemps mais la migraine ne partirait pas avant de longues et pénibles heures et serait sans doute accompagnée de nausées. Difficilement, il se remit debout entraînant la jeune fille brune à sa suite pour qu'elle lui fasse face.

Son regard chocolat était rempli d'inquiétude mais il la rassura d'un signe de la main avant de la laisser seule sous les arches pour reprendre son chemin vers le bureau du professeur Dumbledore. Sa tête était douloureuse et étrangement lourde comme remplie de trop de chose dont notamment trop de tristesse. Il avait conscience du danger que représentait pour lui le sort de Guérison et d'Apaisement s'il les réalisait sans avoir recours à une baguette magique pour canaliser son énergie. Son parrain lui avait déjà fait de nombreuses fois la morale à ce propos.

Mais ces sortilèges étaient les plus importants à ses yeux puisqu'ils permettaient de guérir les blessures physiques ainsi que les blessures de l'âme. Celles-ci étaient souvent délaissées en magie à cause des effets secondaires pénibles pour le guérisseur qui se retrouvait chargé de la peine de son patient en plus de divers symptômes propres à chacun. Harry savait cela mais il s'en moquait éperdument dès qu'il était question d'aider quelqu'un à oublier ses problèmes pendant quelques heures.

Et Hermione avait besoin de cet oubli pour se concentrer sur ses études qu'elle avait tant de mal à réussir depuis l'apparition de John dans sa vie. Avec un soupir résigné, il entreprit la montée de la double rangée d'escaliers qui menait au premier étage où se trouvaient les bureaux des Aurors appartenant à l'Ordre du Phœnix. Il souhaitait plus que tout être à un autre endroit en train de s'occuper de sa meilleure amie par exemple au lieu de recevoir les honneurs ou une promotion.

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Draco pénétra dans le vestibule de l'immense résidence de Tom Jedusort, rebaptisé Lord Voldemort, avec un sourire plaqué sur les lèvres. Tout chez le Mage Noir respirait l'opulence et le vice à l'image du propriétaire des lieux. Lentement, il rabattit sa capuche sur son visage angélique avant de prendre la direction de l'étage supérieur d'une démarche assurée. Rien ne pouvait entacher sa bonne humeur sauf une seule personne dont il ne pouvait pas supporter la présence pour une raison qui lui échappait.

Pansy Parkinson l'attendait patiemment en haut du double escaliers, un sourire narquois plaqué sur les lèvres. Une terrible envie de fuir le prit au lieu de devoir faire face à cette chose insipide et insupportable. Pourtant, la jeune fille n'était pas d'une laideur repoussante bien au contraire ! Sa longue chevelure noire retombait avec grâce sur ses épaules rondes et sa taille fine lui avait déjà attiré de nombreux compliments. Mais, lui, il ne pouvait pas la supporter. Elle se croyait trop importante alors qu'à ses yeux, elle n'avait aucune valeur même pas celle d'être un corps à baiser le temps d'une nuit.

Leurs regards s'accrochèrent et son sourire s'élargit davantage dévoilant sa dentition parfaite. Plus que jamais la haine lui brûla les entrailles alors que, selon un rituel instauré par le Lord Noir en personne, elle se penchait pour frôler ses lèvres vérifiant grâce à une potion appliquée sur sa bouche qu'il n'était pas un ennemi ayant usurpé l'identité de Draco Malfoy grâce à du polynectar. On n'était jamais assez prudent comme le lui répétait si souvent son père. L'étreinte se rompit après quelques secondes prouvant à la jeune fille qu'elle faisait bien face à l'héritier des Malfoy. Elle recula de quelques pas pour pouvoir détailler le corps de Draco dissimulé par la large robe de sorcier noire qu'il portait.

« - Tu es à l'heure. Le Maître t'attend dans la salle du trône. Il veut te confier une mission de la plus haute importance. Je me suis portée garante de toi ainsi que ton parrain. »

Un sourire rempli de suffisance et de mépris vint étirer la bouche de Draco. Il analysa chaque mot prononcé par la jeune fille brune comprenant avec une précision chirurgicale la signification de chacun d'entre eux. Pansy le croyait redevable envers elle et elle espérait sans doute qu'il comblerait sa dette par une nuit de débauche. Mais jamais il ne lui accorderait la moindre faveur, il se l'était juré lors de leur première rencontre. Il ne lui devrait jamais rien car il en allait de sa fierté personnelle.

La jeune femme brune avait gravi les échelons de société des sangs purs avec une rapidité fulgurante en s'entourant des bonnes personnes aux bons moments ou à l'occasion en vendant son corps. Elle n'avait jamais caché son désir d'un jour pouvoir se glisser entre les draps du fils unique de Lucius Malfoy. Hélas pour elle, Draco ne l'entendait pas du tout de cette oreille-là et il prenait un plaisir malsain à lui rappeler, le plus souvent possible, ce fait indiscutable qui ne changerait pas.

« - Si tu crois que je vais m'abaisser à te remercier, je me vois dans l'obligation de te détromper. Je ne te dois rien et je ne te devrai jamais rien. Si je suis ici aujourd'hui, c'est uniquement grâce à mes pouvoirs et non pas grâce à mon cul comme toi. Au revoir, Pansy et mes hommages à tes parents. »

Il contourna sa partenaire en éclatant de rire face à sa déconvenue. Elle était trop prévisible pour être une réelle menace mais il se méfiait quand même un peu d'elle. Il était de notoriété publique qu'elle était passée plusieurs fois dans le lit du Maître ce qui lui donnait une place de choix parmi les mangemorts. Sans un regard en arrière, il passa une porte s'arrêtant pour échanger quelques mots avec Blaise avant de poursuivre son chemin.

Il s'arrêta alors face à une immense porte de chêne massif de couleur foncée appréhendant tout à coup sa rencontre avec Lord Voldemort. Soudain, la porte s'ouvrit cédant le passage à son parrain Severus Snape et à son père qui lui adressa un léger sourire alors qu'il entrait à son tour dans la grande pièce plongée dans la pénombre. Tout au fond se trouvait un trône en or massif et, assis dessus, Tom Jedusort dominait le monde de sa sombre grandeur.

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Harry accéléra le pas en jetant un regard affolé à sa montre qui indiquait 10h10 alors que son rendez-vous était fixé à dix heures. Le jeune homme brun continua sa progression au pas de course et il s'arrêta pour frapper contre le montant de bois clair d'une grande porte. Celle-ci s'ouvrit sur son parrain Sirius Black qui fondit sur lui avec un air à la fois furieux et soulagé.

« - Tu avais rendez-vous à dix heures ! Tu es en retard ! »

Harry lui sourit avant de serrer dans ses bras Sirius qui l'enlaça tendrement. Il n'avait plus eu l'occasion de le voir depuis plusieurs jours à cause d'une mission qui avait envoyé son parrain à l'autre bout du monde et il était réellement heureux de pouvoir enfin serrer contre lui sa seule et unique famille en dehors de ses amis. Les deux hommes finirent par briser leur étreinte et Sirius passa amicalement une main dans les cheveux décoiffés de son filleul.

« - Bon, il t'attend. Il te suffit de monter tout en haut de l'escalier et tu te trouveras face à son bureau. Bonne chance ! »

Harry acquiesça en se dirigeant vers le gigantesque escalier dont il commença l'ascension. Son mal de tête était toujours là, martelant ses tempes et brouillant sa vue déjà médiocre à la base. Il s'arrêta une minute pour s'appuyer contre le mur se sentant sur le point de s'effondrer à cause de la douleur. Il finit par reprendre sa montée en essayant d'oublier sa souffrance physique pour se concentrer sur quelque chose de plus important : Hermione.

La jeune fille semblait aller de plus en plus mal et il devait trouver un moyen de la sortir de son merdier. Le mieux qu'il pouvait encore faire pour elle, était de l'éloigner le plus possible de John et de sa mauvaise influence. Il était conscient de la faiblesse de son amie depuis le décès de ses parents dans une attaque commanditée par Lord Voldemort. Il savait que ce jour-là, la forte et têtue Hermione Granger avait vu son monde s'écrouler la plongeant dans l'enfer sans nom d'un lugubre orphelinat. Elle avait cru trouver un coin de Paradis au côté de John mais leur histoire avait rapidement dégénéré.

Pourtant, cela faisait quatre ans qu'elle s'accrochait à son compagnon malgré le mal qu'il lui faisait. Il comprenait sa détresse pour avoir vécu la même chose avant que Sirius ne l'adopte. Oui, il fallait qu'il la sorte de son enfer et le plus vite possible. Mais comment ? Il n'en avait pas la moindre idée et cela l'inquiétait. Il arriva enfin face à une porte de bois ouvragée avec un marteau en forme de phœnix. Il frappa trois coups secs et la porte s'ouvrit. Harry pénétra dans une salle claire et lumineuse où trônait, derrière un immense bureau encombré d'objets magiques, un vieil homme aux longs cheveux gris argentés et aux yeux bleus pétillant de malice.

« - Bonjour, Harry. Assieds-toi, je t'en prie. Un bonbon au citron ? »

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Voilà une version corrigée !