Coucou ! Me revoilà avec la suite, j'espère qu'il vous plaira , merci à ceux qui prendront le temps de lire ces lignes =)
et Bonne lecture surtout!
Chapitre 2 : Douce nuit de Noël avec un inconnu :
Ramener un inconnu chez moi. Je perds la tête. C'est cela, je perds la tête, ça ne peut pas être autre chose. On le dirait tout droit sorti d'un asile d'aliéné avec cette espèce de robe qu'il a sur le dos. Mais il fait la même taille que Patrick. Je pourrais sans doute lui passer un de ses pyjamas et un de ses costumes pour demain matin.
Oh! Catherine ! Cesse de le regarder de travers comme cela. Ce n'est pas poli, Melle ! Aurait dit Tante Polie. Je ne pouvais pas le laisser se tuer un soir de Noël, quand même. Et au fond, je comprends ce qu'il ressent. Il n'y a que les gens seuls qui se tuent un soir de Noël et la solitude, ça me connaît ! Surtout ce soir.
Comme Patrick et ma petite Lily me manquent. Foutue destinée qui me les a pris tous les deux. Qui a-t-il perdu, lui ? Il y a dans ses yeux comme une tristesse immense. Non, on a l'impression que c'est tout être qui est fait comme cela. C'est pourquoi je n'ai pas peur. Les gens tristes ne sont pas méchants. Une envie de lui redonner le sourire naît au fond de moi. Je vais être drôle, cette nuit, comme je ne l'ai plus été depuis des mois...et il repartira demain matin regonflé à bloc pour affronter la vie.
Quelle tête va faire Lisa quand je vais lui raconter ! Un inconnu dans ma maison la nuit de Noël ! J'entends déjà ses reproches « Mais tu aurais pu te faire tuer. Et si c'était un tueur en série... Et s'il t'avait violé... » Et moi, je m'entends déjà lui répondre en souriant qu'il faudrait qu'elle arrête de regarder trop la télé. Si vous savez le nombre de fois qu'elle me sert ce refrain quand je lui parle de mes balades nocturnes sur le pont !
Et puis elle va me demander ensuite quel âge il avait, s'il était beau...Ah, oui, je précise. Ma meilleure amie restauratrice n'a qu'un but dans sa vie. Trouver un compagnon à son amie veuve et célibataire. Elle a sans doute déjà voulu me caser avec la moitié de Londres. Non, je n'exagère pas, je vous jure. Elle est capable de des stratagèmes plus extraordinaires les uns que les autres pour me faire rencontrer quelqu'un. Qu'elle me fiche la paix de ce côté-là !
Quand on a aimé comme j'ai aimé Patrick...
Mais je ne pourrais pas m'en passer de ma petite-Lisa-aux-cheveux-violets-qui-parle-un-peu-tro-fort-mais-que-j'adore ! Elle est si différente de celui qui m'accompagne, si lumineuse.
Je continue malgré tout de le regarder et nous arrivons au bout du pont. Je n'ai pas envie de rentrer à la maison tout de suite. C'est agréable de se promener silencieusement avec quelqu'un. J'aime les gens avec lesquels le silence est facile, vous savez, avec lesquels on ne sent pas nécessairement obligé de dire quelque chose tant les mots avec eux sont superflus. Et je pressens déjà que c'est le cas, avec lui.
Je lui souris timidement de la tête en lui indiquant qu'il faut traverser la rue. Il ne me sourit pas mais son visage est apaisé, je crois. C'est un début. Je me surprends à jeter un œil sur sa main.
J'ai toujours aimé les mains des hommes.
Elles révèlent ce qu'ils sont. Les siennes sont si belles, si fortes...
Pourquoi a-t-il voulu sauter dans la Tamise ? Je tremble encore à la peur que j'ai eue quand je l'ai vu, un pied dans le vide. C'est si sérieux la mort. N'y a t il personne dans sa vie pour lui dire qu'il est important ? Foutue vie où les gens n'existent pas les uns pour les autres. C'est ce que je dis toujours à Lisa. Les mots d'amitié, d'amour et d'affection ne sont pas grand-chose mais ils sont aussi nécessaires au monde que l'oxygène. J'ai toujours dit aux gens que je les aimais ! Ils ne m'ont jamais fait peur, ces mots. Et je n'ai jamais eu la crainte que quelqu'un saute dans le vide parce que je ne les aurais pas assez dits.
Je compose le code de mon entrée d'immeuble. Nous entrons et prenons l'ascenseur. Dans le petit espace confiné quelque chose se produit d'extraordinaire. Ma foi, je ne rêve pas. Il sourit !
-Qu'est-ce qu'il y a ? Dis-je, tellement surprise de le voir décrocher un sourire.
-Rien, rien ! Dit-il.
-Allez, allez ! Soyez sympas, dis-je en accentuant mon ton larmoyant tandis que nous filons vers le dernier étage où je possède mon loft. Vous manquez de finir votre existence dans l'eau il y a moins de dix minutes et vous souriez dans un ascenseur. Je vous installe une couverture ici si c'est la machine qui vous fait cet effet-là ? Parce qu'au moins je serais sûre que vous ne recommencerez pas.
Il continue de sourire et répond, en tournant la tête.
-On ne prend jamais l'ascenseur de là où je viens.
Naïve, je réponds.
-Et même pour les immeubles de plus de dix étages ? Ma parole, bravo ! Je suis sportive mais les bras chargés de courses, c'est un peu dur quand même...
L'ascenseur s'arrête et nous descendons. Etrangement, mon cœur se met à battre de plus en plus vite. Courage, ma grande ! Ce n'est pas comme si tu le ramenais pour...Enfin, vous allez juste partager une tasse de chocolat et une couverture sur le sofa, c'est tout. Oui. C'est tout. Je fais tomber mes clés car mes mains tremblent un peu.
-Je ne suis pas dangereux, dit-il. Je suis juste un peu perdu.
Je crois qu'il commence à comprendre que je ne recueille pas des inconnus chez moi tous les jours. Je ramasse mes clés et ouvre la porte. Je tape des mains. Les lumières de mon loft s'allument. Cette fois, il rit vraiment.
-Un peu sorcière ? demande-t-il.
Je lui souris et lui intime de s'installer comme chez lui. Je file dans la cuisine et regarde ce qu'il fait du coin de l'œil. Il a choisi la terrasse et s'accoude à la balustrade. Je manque de casser deux tasses mais parvient en définitive à nous faire un bon chocolat chaud. Un vrai, pas de la poudre lyophilisée dans du lait. Je fais fondre des carrés de chocolat noir dans une casserole et j'y ajoute doucement le lait. L'odeur se répand délicieusement dans tout l'appartement. J'aime cette odeur. C'est une odeur de chez-soi. Je prends les deux tasses à la main et me dirige sur la terrasse. Il en prend une et me remercie. On plonge tous les deux dans notre tasse fumante regardant, silencieux, les lumières de la ville. Je me sens bien, juste bien. ça semble si facile entre nous. Je ne regrette pas de lui avoir dit de monter. Je sais maintenant que je n'aurais pas voulu passer la nuit de noël avec quelqu'un d'autre. Mais peut-être regrette-t-il, lui ?
Je savais qu'elle faisait du bon chocolat chaud. Mmm...Je trempe mes lèvres dans le liquide sucré. C'est presque aussi bon que la bierraubeurre. J'aime cette chaleur qui s'insinue délicatement dans mes veines glacées. Je regarde Londres d'un œil nouveau, comme si, après une gorgée de chocolat la ville avait acquis une beauté nouvelle. Quelle est cette magie ? Elle est là, à côté de moi, silencieuse. Elle ne me demande rien, ne m'impose rien, appréciant je le sens comme moi ce moment de tranquillité hors du temps. Je me tourne vers elle.
-C'est délicieux, dis-je du ton le plus doux dont je suis capable.
Elle sourit et baisse la tête sans quitter des yeux l'horizon. Quelque chose ne va pas, je le sens. Le silence entre nous a changé de couleur. Il faut que je chasse les pensées qu'elle a en ce moment de son esprit.
-Je m'appelle Severus. Elle me regarde d'un air étonné. C'est vrai que ce n'est pas un prénom commun parmi les moldus.
–Moi, c'est Catherine.
Catherine. Catherine. Catherine. Ce prénom raisonne dans ma tête comme un écho. Pourquoi ?
-Si nous rentrions ? Je commence à avoir froid. Dit-elle.
J'acquiesce doucement de la tête et je la suis dans le salon. J'aimerais me mettre à l'aise et enlever ma robe de sorcier mais je ne sais comment faire pour lui dire.
-Vous voulez utiliser la salle de bain ? me dit-elle. Elle lit dans les pensées, par Merlin, c'est incroyable ! -Je peux vous prêter un pyjama de mon mari pour la nuit si vous le voulez, ajoute-t-elle.
J'ai une étrange sensation au creux de l'estomac. Je m'attendais à quoi ? Reprends-toi, Severus. Il y a quelque chose dans l'équation qui cloche. Je vois des photos d'un homme et d'une petite fille sur la cheminée, mais, si je ne me trompe pas, ils devraient être là le soir de Noël, non ? Où les cache-t-elle ?
-Ça ira, je réponds. Votre mari ne verra-t-il pas d'inconvénient à ce qu'un parfait inconnu passe la nuit dans son foyer ?
Et là, je sais que j'ai fait LA GAFFE. Ses yeux se voilent et elle me répond en se retournant. -J'ai perdu mon mari et ma petite fille dans un accident de voiture en février dernier. J'allais dire que j'étais désolé mais elle ajouta brusquement.
-La salle de bain est par là. Vous pouvez prendre une douche, si vous le voulez, il y a des serviettes dans le placard.
Je me dirige la mort dans l'âme vers la salle de bain.
-Eh ! J'entends derrière moi.
C'est fou, elle sait mon prénom maintenant. Elle ne pourrait pas m'appeler autrement ? Je me retourne. Elle sourit.
-On a tous quelque chose à soigner, non ? Puis elle ajoute. Je vais nous faire du popcorn.
Le cercle des poètes disparus, ça vous dit ?
Je ne sais pas de quoi elle parle mais ce doit sûrement être ce que les moldus appellent une vidéo, J'acquiesce. Je rentre dans la salle de bain et décide de prendre une douche pour me remettre les idées en place. C'est incroyable ce que cet appartement peut avoir de chaleureux. Sur le mur de la salle de bain, il y a un tableau. Je m'essuie les cheveux avec la serviette et regarde de plus près. C'est elle qui l'a peint. Un portrait de sa petite fille. Que ses yeux sont magnifiques...Je me surprends à me faire la réflexion que les siens sont aussi beaux. Mais qu'est-ce qui me prends ? Demain, je retourne à Poudlard. Dans la froideur de mes cachots, j'y verrais beaucoup plus clair.
Je sors de la salle de bain. Elle a installé le salon. Quelques bougies sont allumées çà et là et une couverture bleue est pliée sur le sofa. Sur la petite table, un saladier de popcorn tout chaud attend simplement d'être dégusté. Je m'assoie sur le sofa et étend la couverture sur mes genoux. Je l'entends qui arrive derrière moi. Elle s'est changée. Elle a revêtu un pyjama et une robe de chambre de soie verte et a remonté ses cheveux dans un chignon échevelé. J'aime ce que je vois mais gêné, je baisse le regard pour qu'elle ne le voie pas.
Elle enclenche la vidéo et se glisse elle aussi sous la couverture. Je tremble un peu et ne la regarde pas. Elle ne sait pas que c'est la première fois pour moi que je suis aussi proche de quelqu'un.
-Oh, déjà ? S'exclame-t-elle brusquement.
Je sursaute. -Qu'est-ce qu'il y a ? -Regardez la pendule.
Je regarde. Il est minuit cinq. Elle s'approche de moi et m'embrasse sur la joue. Interdit, je ne bouge pas.
-Joyeux Noël, Severus, murmure-t-elle. -Joyeux Noël, Catherine, je m'entends répondre d'une voix lointaine. Je voudrais que le temps s'arrête. Juste une minute. Que je puisse savourer encore et encore cet instant délicieux. J'ai peur. Parce que je sais que demain, tout cela s'évanouira. Qu'est-ce qui m'arrive ?
Qu'est-ce que j'ai fait ? Mon dieu, je l'ai embrassé, sur la joue sans doute, mais je l'ai embrassé... Il me regarde comme si je débarquais de Vénus. Je sens sur mes lèvres encore le piquant de cette joue mal rasée...
Je ne sais pas ce qui m'arrive et je suis morte de peur. Ça fait tellement longtemps que je n'ai plus ressenti cela. Mes mains se mettent à trembler et je les enfouis sous la couverture. Il n'a rien vu, enfin, je crois... Le film commence. Sauvée ! Son attention se concentre sur lui tandis que moi, mes yeux se portent de nouveau sur ses mains. Elles sont si grandes, si fortes, si pleines de promesse... Il y a une vie entière dans ses mains. Je lutte contre quelque chose qui menace de s'insinuer en moi. Pas maintenant, non ! Trop tard. Imaginez un peu ce qui me passe dans la tête en regardant ses mains... Je frissonne.
-Vous avez froid ? me demande-t-il.
Je réalise qu'il ne regardait pas le film. Qu'est-ce qu'il regarde alors ? Moi ? Arrête de rêver éveillée, ma grande
-Un peu, je réponds du bout des lèvres en souriant timidement.
J'attrape un coussin et le serre dans mes bras. Je me laisse retomber doucement sur le côté et tente de me concentrer sur le film. Ma nouvelle position m'offre une meilleure vue. Grrr... Il est vraiment très séduisant en réalité. Enfin, quand on passe outre son premier abord grincheux... Le film. Le film. Le film. Oh...il a une cicatrice à la joue gauche, qu'est-ce qu'il a bien pu se faire ? Je me sermonne mentalement. Le film. Le film. Le film.
Peu à peu, la fatigue commence à faire son effet et je ferme à demi les yeux. Un sourire effleure mes lèvres et le film est loin, très loin de ce qui me traverse l'esprit en ce moment. Hum...Je sens l'odeur de mon gel douche d'ici. Hum... La douche... La douceur des draps blancs dans une étreinte un peu mouillée. Hum...Je suis bien. Je ne réalise pas que je n'entends déjà plus la télévision. Et revoilà la vision de ses mains devant mes yeux... Et puis ses bras... la chaleur de sa peau...
Elle s'est endormie. Sa tête tombe un peu de mon côté et je n'ai qu'une envie, c'est qu'elle se retrouve sur mon épaule. En plus, elle dormira mal si elle reste comme cela. Je bouge un peu et me rapproche d'elle, en priant pour que le hasard ou le destin m'aide un peu... Ah, si ma baguette était à portée de main... Je n'aurais pas eu de remords à l'utiliser, pour cette fois. Par Merlin, elle a bougé ! Victoire inespérée, sa tête a glissé dans mon cou...Je nous installe un peu mieux délicatement, remonte la couverture et serre mes bras autour d'elle. Je retiens ma respiration en espérant qu'elle ne se réveille pas. Comme je suis bien... Je crois qu'on me l'a envoyé, c'est cela, on me l'a envoyé pour me sauver la vie...
Je respire avec bonheur le parfum de ses cheveux, qui, bienheureux, ont vaincu le chignon qui les retenait prisonnier. Sa poitrine se soulève au rythme de sa respiration. Son souffle chaud dans mon cou... Je m'endors au rythme délicieux des battements réguliers de son cœur.
A suivre ! Merci pour toutes vos reviews !
