Chapitre 1 :

Si seulement tu étais là

Trois ans. Trois longues années que Yuya attendait le retour de l'homme qu'elle aimait : Kyo. En attendant son retour, elle s'était installée près de la ville. Elle avait ouvert un petit pub, espérant que le démon s'y arrêterait un jour, pour y boire sa boisson favorite : le saké. Et les soirs où elle ne travaillait pas, elle allait faire un tour, espérant que ses pas la mèneraient à lui…

Un soir où elle s'apprêtait à fermer, un homme arriva. Il était grand, portait un long sabre, et paraissait visiblement fort. Elle allait lui dire qu'elle fermait, lorsqu'elle reconnu une tête mise à prix. Elle décida alors de lui servir à boire, jusqu'à l'ivresse. Ainsi, elle n'aurait plus qu'à l'emmener au commissariat et le tour était joué ! Comme il avait une stature imposante, elle décida de lui amener son saké le plus fort, pour l'enivrer plus vite. Elle alla donc dans la réserve, fouiller dans ses caisses de bois, mais la porte claqua, masquant la lumière. Elle se retourna, surprise qu'un coup de vent ait pu fermer la porte massive qu'elle avait achetée pour éviter les vols. Elle continua ses recherches lorsqu'elle fut soudain mal à l'aise ; elle chercha son arme, mais elle l'avait laissé sous le comptoir, comme à son habitude. Elle ne voyait plus rien, une aura effrayante lui masquant la lumière. Elle n'osait plus bouger, de peur de se faire remarquer. Elle sentit une main lui frôler l'épaule et elle donna un grand coup sur le côté. Dans le vide. Sa respiration s'accéléra, et, cette fois-ci, elle sentit une pression sur sa hanche. L'inconnu semblait se jouer d'elle, s'amusant de ses réactions et de sa peur. Cependant, elle remarqua qu'il se plaçait toujours de sorte qu'elle ne puisse atteindre la porte. Elle respira un grand coup, essayant de calmer sa peur, et courut vers la sortie, espérant surprendre son adversaire et, par chance, le faire tomber. Mais une main attrapa sa gorge, bloquant sa respiration. Elle se mit à suffoquer. Au bout d'interminables secondes, il la relâcha et elle tomba rudement à terre. Lorsqu'elle essaya de se relever, un bras la maintint au sol. Elle paniqua et donna de grands coups de pieds qui n'atteignirent jamais sa cible. Il s'installa sur elle, lui bloquant les poignets au-dessus de sa tête à l'aide d'une seule main. Les jambes de Yuya étaient coincées sous le poids de son assaillant. Elle ne pouvait rien faire face à sa terrible force . Et elle avait peur. Très peur. De ce qu'il pouvait lui faire, de ce qu'il allait lui faire…

[…]

Elle se mit à pleurer, de grosses larmes dégoulinant sur sa peau nue : elle n'avait plus de kimono et ses cheveux étaient détachés. Elle sentait des doigts inconnus parcourir son visage, sa nuque, ses épaules, sa poitrine... Ils descendaient toujours plus bas et s'arrêtèrent à la limite de sa féminité, jouant vicieusement avec les boucles blondes, finissant de terrifier la jeune victime. Elle ne s'était encore donnée à personne et espérait de toutes ses forces que quelqu'un vienne la sauver. Mais personne ne vint et les doigts continuèrent leur perverse descente. Ils s'insinuèrent en elle et elle cria, extériorisant sa douleur. Ce qui ne fit qu'accroitre l'excitation de son violeur. Elle sentait le membre gonflé durcir encore contre ses jambes. Elle priait pour ne pas à avoir à endurer davantage de souffrances, mais le bourreau n'avait pas fini de jouer avec sa victime. Il ouvrit son kimono et la pénétra aussi sauvagement que son désir était grand, déchirant son hymen d'un mouvement sec. Elle cria tandis qu'un peu de sang coulait entre ses jambes, maigre lubrifiant à sa douleur. Ses poignets étaient trop serrés, elle avait du mal à respirer et ses sanglots ne l'aidaient en rien. Elle entendait le souffle haletant et brûlant de l'inconnu, la chaleur de celui-ci montrant un penchant pour la souffrance et l'enfer. Elle sentait un corps étranger contre le sien et endurait les sévices sans rien pourvoir faire d'autre que pleurer et attendre. Combien de temps dût-elle subir les minutes qui s'écoulaient le plus doucement possible, lascivement, calmement, comme l'eau d'un fleuve calme ? Elle n'aurait su dire, mais cela lui parut être une éternité. Enfin, il se déversa en elle et se retira aussi sèchement qu'il s'était introduit. Il lui maintint toujours les poignets, qu'il lia avec sa ceinture de kimono. Il se leva, prit du saké, et contempla son œuvre. La jeune femme blessée sanglotait doucement, repliée sur elle-même, ses mains attachées essayant vainement de cacher sa nudité, son visage refusant de regarder la figure de son violeur.

[...]

Lorsqu'il fut parti, Yuya ne resta pas allongée bien longtemps, de peur qu'il ne revienne. Elle enleva son lien et remis son kimono. Puis, elle entra dans la pièce centrale, doucement, de peur de le voir sirotant son butin au milieu du pub. Ne le voyant nulle part, elle se barricada à l'intérieur, bloquant la porte de chaises et de tables. Cela fini, elle s'affaissa mollement contre la porte et pleura toutes les larmes de son jeune corps meurtri. Lorsque les flots de ses pleurs se furent taris, elle prit une douche. Elle se frotta le corps aussi fort qu'elle put, essayant de faire partir les marques. Elle devint rouge sang mais ne s'arrêta pas. Elle avait été souillée : son corps n'était que pêché. Elle haït sa trop faible force, son goût pour les économies et surtout son corps de femme attirant les convoitises : elle se méprisait. Elle essayait vainement de faire partir les bleus qui commençaient à apparaître sur ses poignets et son cou. Elle souffrait au plus profond d'elle-même et choisit d'aller se coucher, espérant trouver rapidement le sommeil.