Merci pour vos reviews et mis en suivi et/ou favori ! Déjà 20 reviews juste pour le premier chapitre, merci! C'est incroyablement galvanisant de vous savoir à l'écoute de mon imagination : -)
Je ne m'étendrai pas sur le pourquoi et le comment, Bella n'est plus en 1918 mais en 2018.
Et pour précision, Bella a le béguin pour Carlisle.
Chapitre 2
Skokie, banlieue de Chicago, mai 2018
PDV Bella
La jeune femme s'éloigna, je la vis sortir de sa poche un petit objet et elle se mit à parler dedans. Elle portait un pantalon, réalisai-je étonnée et un peu choquée. Carlisle m'invita à les suivre, tous deux me guidèrent à travers la forêt, nous étions sur un sentier, pour autant je ne voyais que les bois à l'horizon. Au bout de quelques minutes, je ne résistais pas au besoin de savoir où je me trouvais précisément.
« Bella, j'ignore pourquoi, ou comment, mais tu n'es plus tout à fait chez toi, lâcha Carlisle, l'air embarrassé. Quels sont tes derniers souvenirs ? »
« Hier soir à l'hôpital, un homme est mort et j'étais si secouée que je me suis isolée. Je suis ensuite rentrée chez moi, je me suis couchée et voilà … Mes parents vont me tuer. » soupirai-je.
« Ne t'inquiète pas de cela, Bella… tu ne te souviens de rien d'autre ? »
« Non. »
« Alice arrive avec les vélos. » annonça la jeune femme brune.
Carlisle suivit mon regard appuyé, il me sourit puis se tourna vers elle.
« Où sont passées mes bonnes marnières ! Esmé, je te présente Isabella Swan. Bella, voici mon épouse, Esmé Cullen. »
Mon cœur se serra face à cette nouvelle, et effectivement leurs mains gauches étaient toutes deux ornées d'une alliance en or. Le beau docteur dont je m'étais bêtement éprise était marié. Pourtant j'avais enquêté après l'avoir rencontré, il avait donc tenu secret son mariage. J'aurais du me douter qu'il ne pouvait pas être si séduisant et célibataire ! Je ris tout bas de moi-même, je m'étais comportée comme une idiote, m'entichant du premier homme qui m'avait prise au sérieux.
Esmé me proposa son manteau, étrange vêtement d'ailleurs, si chaud que j'en gémis de bonheur en le refermant. Nous marchâmes en silence sur le sentier un long moment, je les surprenais souvent en train de se regarder comme si ils pouvaient ainsi communiquer.
Nous finîmes par déboucher sur un chemin plus large, une jeune fille nous attendait avec quatre bicyclettes. Comment avait-elle fait pour les apporter seule ? D'ailleurs ces bicyclettes étaient bien étranges.
« Bonjour, je suis Alice. »
Ses cheveux étaient courts et hirsutes, quelle étrange coiffure pour une fille. Jamais je n'avais vu personne coiffée ainsi. Certes je n'étais moi-même pas à la mode, j'avais gardé mes cheveux longs depuis mon enfance. Ma mère, elle, les portait courts et légèrement ondulés, comme beaucoup de femmes.
« Bella Swan. » lui répondis-je du bout des lèvres.
« Tu sais en faire ? »
« Je sais faire de la bicyclette mais je n'ai jamais essayé avec ce modèle. » répondis-je.
« Ne t'inquiète pas, c'est encore plus facile de nos jours. »
Elle se raidit juste après et lança un regard embêté à Carlisle. Elle me tendit un casque puis ôta mon chignon en quelques secondes sans même me demander la permission.
« Sécurité avant tout. » rigola-t-elle sans que j'aie à lui demander.
J'enfourchai le VTT, comme Alice appelait cette bicyclette, et suivis difficilement le petit groupe dans la forêt. Alice était intarissable et m'avait posé beaucoup de questions, me forçant à parler tout en essayant de ne pas tomber. Je n'avais pas osé demander quels étaient ses liens avec Carlisle et Esmé, les trois se ressemblaient de bien des manières, ils étaient pourtant très différents. La grâce que j'avais déjà notée chez Carlisle, la peau blanche et les yeux aussi lumineux que de l'or fondu, étaient aussi présents chez Esmé et Alice. Ce qui me frappait le plus était leur liberté et leur aisance à toutes les deux. Je n'avais pas besoin de connaître leur histoire pour deviner qu'elles ne vivaient pas sous la coupe d'un homme.
J'arrivai essoufflée jusqu'à leur maison, si différente de ce que j'avais pu voir dans ma vie, Alice m'avait prévenue que leur domicile était très moderne. Tant de fenêtres, des murs entiers ouverts ainsi vers l'extérieur. L'intérieur était épuré mais chaleureux, définitivement moderne.
« Allons te trouver d'autres vêtements. » proposa Alice.
« Oui, merci. »
Je la suivis jusqu'à une chambre, elle ne me laissa pas le temps de m'y attarder, elle me poussa vers la salle d'eau attenante. C'était si luxueux ! Alice rigola, j'avais du encore penser à voix haute, j'en avais la fâcheuse habitude.
« Tu devrais prendre un bain, Esmé te prépare à manger. Je vais t'apporter des vêtements… différents de ceux que tu portes. »
Elle actionna le robinet de la baignoire puis me laissa seule. J'avais beau être décontenancée, je n'en étais pas effrayée, j'avais une confiance totale en Carlisle. Je me plongeai dans l'eau savonneuse, me délectant de la chaleur et des odeurs. Alice frappa à la porte peu après et déposa rapidement une petite pile de vêtements sur un banc en bois. Je fermai les yeux et me détendis sans efforts dans le bain.
Quand l'eau fut froide, je m'extirpai à regret. Alice avait aussi préparé une épaisse serviette, je m'en enveloppai en soupirant d'aise. Tout était parfait ici, peut-être étais-je morte et avais-je atterri au paradis, plaisantai-je.
Les vêtements étaient en effet très différents. Les sous-vêtements surtout, je compris néanmoins comment les enfiler et les admirais longuement dans le grand miroir. Pourquoi n'étaient-ils pas commercialisés à Chicago ? Combien de fois avais-je pesté en enfilant une longue culotte ou en m'enfermant dans un corset ? Il y avait aussi une longue jupe noire fluide, sans motif et… ma foi une sorte chemise sans boutons, une tunique ravissante blanche avec un col d'homme.
À peine ouvris-je la porte menant à la chambre qu'Alice me prit le bras et m'entraîna vers le rez-de-chaussée. On m'installa au salon, un plateau encombré de biscuits et une tasse de thé fumante sur une petite table, je ne fis pas de manières. Tous les trois s'étaient assis autour de moi, en silence, ils attendaient que j'aie terminé. Si je n'avais pas été si affamée, je m'en serais formalisée et même vexée.
Une fois repue, j'essuyai ma bouche et chassai les miettes de sur ma jupe. Je ne savais pas quoi dire, contrairement à ma mère j'étais bien incapable de lancer une conversation.
« Bella, tant que je ne sais pas comment tu as pu te retrouver ici, je n'ai hélas pas de réponses à te donner, m'annonça Carlisle. Je te demande de rester avec nous et de faire preuve d'une grande ouverture d'esprit. »
« Merci de m'offrir l'hospitalité. » répliquai-je calmement.
« Ici, tout est différent, la manière de nous vêtir, de parler aussi, de communiquer. Nous allons tous faire le nécessaire pour ne pas te submerger de… surprises. N'hésite jamais à nous dire ce dont tu as besoin, et même ce qui te ferait plaisir. Vois cette expérience comme des vacances. »
« Je… je ne sais que dire. Docteur Cu-»
« Je t'en prie, appelle-moi Carlisle. »
Je l'avais souvent appelé ainsi dans mes pensées et mes rêveries… Il était temps pour moi d'oublier tous mes espoirs. Je le chérirais toujours, personne n'avait jamais été aussi gentil et compréhensif avec moi, avec un peu de chance nous serions de vrais amis.
« Je m'inquiète pour mes parents. N'y a-t-il pas un moyen de me ramener chez eux ? » le questionnai-je.
« Je suis désolée, intervint avec douceur Esmé, mais… ils ne sont plus là. »
« C'est impossible, m'exclamai-je. Niles Center n'est qu'un village ! Mes parents sont à deux kilomètres, tout au plus ! »
Je me remémorai alors les paroles de Carlisle peu après qu'il m'ait trouvée.
« Vous avez dit que j'avais disparu… il y a un siècle, vous plaisantiez, n'est-ce pas ? »
Il ne répondit pas, leurs regards à tous trois s'interrogeaient silencieusement.
« Que quelqu'un me dise que c'est faux. » m'impatientai-je, sentant déjà la panique m'envahir.
J'avais gardé la tête froide jusqu'à présent mais là c'en était trop ! Je m'étais endormie en 1918, et à ma connaissance personne n'avait encore inventé la machine à voyager dans le temps. J'avais dévoré chaque roman scientifique* de H.G Wells que mon père avait pu trouver. L'idée de le faire m'avait souvent faite rêver, mais c'était trop absurde.
« Allez-y, dites-moi la vérité, insistai-je. Je promets de ne pas crier. »
« Bella, encore une fois, je ne comprends pas comment cela est possible, mais il est vrai que tu n'es plus à la même époque. » déclara gravement Carlisle.
« Je ne peux pas y croire… C'est impossible… »
« Nous aurions voulu te le cacher mais… » Alice hésita à continuer.
« Nous ne voulons pas te faire peur, Bella. » reprit le docteur.
« Carlisle, je ne peux pas y croire, il faut que vous le prouviez. » décidai-je.
Ils se consultèrent longuement, prononçant des mots que je n'avais jamais entendus. Alice me parut être la décisionnaire. Elle se leva, enclencha un petit bouton sur le mur et la pièce s'illumina.
« Je connais l'électricité. » me vexai-je.
Elle sortit de sa poche un petit boitier noir, au même instant Carlisle quitta la pièce. Le boitier vibra, le portrait du médecin apparut dessus puis j'entendis sa voix émaner de l'engin.
« C'est une version moderne du téléphone. » expliqua-t-il dans le combiné.
Je réfléchissais à tous azimuts, ils m'avaient montré des versions améliorées de ce que je connaissais déjà. Enfin je trouvai la preuve que le médecin me jouait une farce.
« C'est impossible et je peux le prouver ! » m'écriai-je, presque joyeuse.
« Bella, je t'assure que je ne mens pas. » contra Carlisle.
« C'est impossible qu'il se soit passé un siècle puisque vous êtes toujours en vie ! Et toujours jeune ! » annonçai-je, fière de moi, au médecin.
Ils partagèrent une nouvelle fois des coups d'œil inquiets et hésitants.
« Je ne l'avais pas vu venir celle-là. » maugréa Alice à ma droite.
« Si seulement Edward était là. » soupira Esmé.
« Qui est Edward ? » demandai-je.
Qu'en pensez-vous ?
* roman scientifique : terme utilisé pour désigner les romans de science fiction fin 19ème et début 20ème siècle.
