Bonsoir, bonsoir ! Je n'ai pas réussi à lâcher le clavier. Bref, voilà déjà un deuxième chapitre.
Mis à part ça, je remercie toutes les personnes qui ont eu la curiosité de lire ce début de fic.
Petit résumé : Trois Gryffondors squattent le Paradis caché de Draco, un petit trou de verdure. Un peu trop curieux, le Serpentard apprend de la bouche de Granger que Harry Potter est obsédé par sa personne. Quelles seront les conséquences de cette révélation ? TADADAM
Merci d'exister. J'aime tout ce beau monde.
DRACO SANS HARRY ET HARRY SANS DRACO
Chapitre 2 : Où l'on se donne rendez-vous demain soir
Cela faisait maintenant six ans que les deux garçons s'étaient rencontrés pour la première fois – autant dire toute leur vie. Pour Draco, ça avait été le choc de voir, en chair, et surtout en os, Harry Potter, Celui-qui-avait survécu, ce gamin dont son Père, les journaux, toute la communauté magique parlaient tant.
Et ce gringalet, accompagné de sa future belette de compagnie, avait refusé de lui serrer la main, à lui, l'héritier unique de la plus noble famille de sorciers ! Qui plus est, le sale gamin fut envoyé à Gryffondor...
Et dire qu'on avait voulu voir en lui un mage noir plus puissant que le Seigneur des Ténèbres ! Ce que Draco avait tendance à oublier, tellement cette humiliation l'avait marqué, c'était que leur première rencontre n'avait pas eu lieu à bord du Poudlard Express.
Ils s'étaient vus et parlés pour la première fois quelques jours avant leur rentrée à Poudlard. Harry, lui, se souvenait parfaitement de ce moment-là.
En si peu de temps, Harry Potter, le gosse bizarre qui vivait chez les Dursley, dans le placard sous l'escalier, avec pour seule compagnie quelques araignées mortes, cet orphelin qui n'avait jamais rien reçu d'autre de sa vie que des ordres et des coups de canne, était devenu un sorcier célèbre, avec une montagne d'or qui l'attendait sagement à Gringotts.
Tous les enfants de sorciers avaient été bercés par l'histoire extraordinaire du fils de Lily et James Potter. Lord Voldemort, vaincu par un bébé ! Un enfant d'un an échappant miraculeusement au sortilège de mort, avec pour seule séquelle une cicatrice au front !
xXx
Même s'il avait été très heureux d'en apprendre un peu plus sur ses parents, de découvrir qu'il était lui aussi un sorcier et de se sentir enfin accueilli quelque part, Harry s'était senti mal-à-l'aise d'être célèbre pour un fait dont il n'avait aucun souvenir. Il était admiré par des personnes dont il ignorait totalement l'existence, des personnes ayant certainement de plus grands pouvoirs magiques que lui. On lui prêtait d'immenses capacités, à lui qui n'avait jamais tenu une baguette de sa vie !
Alors, quand il avait pénétré sur le Chemin de Traverse avec Hagrid, quelle émerveillement ! Le demi-géant lui avait montré toutes les boutiques, ou presque : l'animalerie magique, Au royaume du Hibou, la librairie Fleury & Bott, le magasin de baguettes, Chez Ollivander, le magasin d'accessoires de Quidditch, et la boutique de prêt-à-porter pour sorciers, Chez Mme Guipure.
Ils s'étaient arrêtés Chez Mme Guipure pour acheter les robes d'école de Harry. Le garçon, jusque-là n'avait pas eu l'occasion de rencontrer un autre enfant sorcier. En voyant Malfoy pour la première fois, il ne s'était pas du tout reconnu en lui. Ce blond respirait l'orgueil et le pédantisme, mais surtout, une assurance et une aisance que Harry ne pourrait jamais éprouver.
Étranger dans un monde qui lui semblait encore irréel, où il n'avait aucun repère, le jeune Potter enviait l'incroyable confiance qui émanait de l'autre enfant. Ce dernier portait avec une fierté butée ses cheveux atrocement plaqués en arrière, parlait d'une voix traînante – qui deviendrait bientôt insupportable pour les oreilles de Harry – et ne pouvait s'empêcher de renifler avec mépris. Entre attirance et répulsion, Harry avait vite choisi la deuxième option. Le blondinet qui vivait dans les jupons de sa mère était juste le pire des crétins de la planète.
En résumé, une première mauvaise impression, deux egos blessés, curieux l'un de l'autre sans pourtant se l'admettre, avaient conditionnés six années de haine réciproque. Cela aurait très bien pu continuer jusqu'à leur majorité, le Serpentard n'aurait rien eu contre. Comploter contre le Trio, c'était un passe-temps qui lui plaisait bien. Cependant, selon le Castor, le Héros au grand cœur voulait changer la donne. Pourquoi ?
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Draco suivit l'ordre de Granger avec réluctance. Ses yeux pâles détaillèrent Potter de haut en bas. Le Gryffondor était égal à lui-même. C'était toujours les mêmes cheveux en bataille – décidément, ces trois-là s'étaient bien trouvés –, ces lunettes rondes, laides, de travers, aux verres sales et rayés, cette cicatrice ridicule en forme d'éclair. Il y avait peut-être ses yeux, seulement, qui rendaient le tout regardable.
Presque malgré lui, Draco fixa Potter dans les yeux. Il décela dans les iris verts un certain trouble, une émotion qu'il n'arrivait pas à identifier... Quelque chose d'étrange, chez son ennemi préféré. Il décida de détourner les yeux plutôt que de découvrir quelque chose qu'il préférait ignorer jusqu'à la prochaine apparition du Ronflak Cornu.
- Bon, Granger, c'est pas que je perds mon temps à regarder le blanc des yeux du grand Sauveur de la communauté magique, mais j'ai bien peur que vous l'ayez perdu pour de bon. En soi, c'est tant mieux, je vois vraiment pas comment cette … chose (Draco utilisa le même ton que Hermione avait utilisé pour désigner ses précieuses parties intimes, un instant plus tôt) pourrait vous être un tant soit peu utile dans la Guerre. Quoiqu'il ferait un très bon porte-manteau, cela dit. A la prochaine, les crétins !
- Malfoy, attend !
La voix du brun, c'était une décharge électrique.
C'était un immense soulagement pour Draco. Le petit Pote Potter s'était réveillé, et il n'allait pas tarder à lui prouver que tout ça n'était qu'un tissu de conneries et qu'il restait bien cet incapable qui démarre au quart de tour... Tout sauf ce curieux mélange de mollusque et de végétal.
- Je suis désolé de briser en petits morceaux tous tes espoirs, mais ce que t'a dit Hermione est exact.
- J'en ai assez, dit Draco d'un ton agacé. Je ne veux plus rien entendre de plus. Je rentre au château, je fais ma manucure et je bois une petite bouteille de Whisky Pur-feu. J'en ai ma claque de vos histoires. J'arrête l'aventure.
- Malfoy ! cria Potter. Tu reviens ici tout de suite ou je baisse ton pantalon et je t'enfonce cette racine (il en désigna une bien grosse et pleine de mousse) dans le cul, sans compter jusqu'à trois !
Potter était de retour.
- Vraiment, tu ferais ça ? demanda Draco, dubitatif. Et si je te dis que j'adooore quand on m'enfonce à sec des bâtons dans l'anus, qu'est-ce que tu répliques ? Tu le ferais toujours si ça me faisait plaisir ?
- Je te couperais le sexe et en ferais du saucisson pour ensuite te le faire manger, sale fouine, répliqua Harry.
- Tu abandonnes tes fantasmes sodomites ? Ou plutôt tu as peur, Potter ?
xXx
Draco jouissait de bonheur. Ce petit échange convivial avec sa tête de Gryffondor préférée lui avait remonté le moral. Il en avait presque oublié les deux faire-valoir de service, qui les regardaient avec effroi. Entendre parler de sodomie masculine, ça devait faire un choc pour la belette et sa mentalité de roux attardé. Surtout si cette susnommée-sodomie mettait en scène l'affreux Malfoy et l'intouchable Potter...
- Bon, Malfoy, tu retournes t'asseoir et je me charge de t'expliquer.
Draco hésita. Ravaler sa fierté et enfin apprendre de source sûre la raison de tout ce tapage ou ne plus rien vouloir entendre et rentrer se faire les ongles ? Il décida de s'appuyer contre un arbre. C'était plus ou moins un bon compromis, selon lui.
- Tout a commencé il y a trois semaines. Je sais que tu sais, c'est bon ! répondit vivement le brun au regard ennuyé de Draco. Je n'arrivais plus à me concentrer ni sur les plans de Voldemort ni sur quoique ce soit... Bon ça aussi tu le sais, okay, je passe !
- Tu continues à tourner autour du chaudron comme un elfe de maison et je t'assure que plus jamais tu n'entends parler de moi. Par contre, je t'enverrai visiter le fond du lac et ses sympathiques habitants, mon chou.
- Bon, écoute Malfoy. Je vais te la faire rapide : moi aussi j'en ai marre de toi, d'être bouffé par notre relation pourrie. On m'appelle l'Elu, je suis censé accomplir « ma destinée » de héros. Et toi, tu es là, tu ne fais que me faire chier et me rappeler que je ne suis qu'un gamin, avec ses préoccupations d'écolier. En gros, je crois qu'on va tout recommencer du début. C'est la seule solution pour qu'on puisse continuer à vivre sans devenir fous.
Harry marqua une pause et ajouta :
- Depuis la rentrée, je suis obsédé par tes plans. J'arrête pas de penser à ce que tu manigances et je suis tout le temps ton nom sur ma Carte du... J'en peux plus. Tu m'empêches de me concentrer. Je croyais que je pourrai enfin me détendre et t'oublier dans cette alcôve, et voilà que tu débarques !
xXx
Draco ne comprenait pas. En quoi leurs petites farces – car ce n'était que cela pour lui – pouvaient bien emmerder autant Potter ? Il croyait que ce n'était qu'une façon ou une autre de se divertir, de s'occuper. Jamais il n'aurait pensé que cela empêchait Potter d'être Potter.
Et pourquoi est-ce que le brun se préoccupait tant de la mission de Draco, c'était une autre question. En tout cas, effectivement, le Gryffondor avait tout bonnement l'air obsédé par lui. Ça faisait froid dans le dos.
- Franchement, dit lentement Draco, je ne suis absolument pas contre le fait de te rayer de ma vie. Si je suis une gêne pour toi, ne t'inquiète pas, tu n'es pas un œuf de dragon pour moi non plus.
- Bon et bien si on est d'accord, rendez-vous demain, même heure, même lieu, pour qu'on en finisse avec ça, répliqua Potter d'un ton déterminé.
- Et attends, Potter. Comment tu comptes t'y prendre ? Non, parce que je sais que tu fabriquais du Polynectar dans les chiottes des filles en deuxième année et il est tout simplement hors de question que j'avale une substance pareille.
Granger jeta à Draco un regard entre pitié et compassion, comme si le Serpentard ne savait pas du tout sur quel balai il s'était embarqué.
- Malfoy... Tu es vraiment certain de vouloir tout recommencer ? demanda la sorcière.
xXx
- Bon, la Sang de Bourbe, j'en ai vraiment assez de vous trois, là. Déjà, cette alcôve est mon lieu de repos, okay ? Je l'ai trouvée bien avant vous. Alors si vous pouviez vraiment disparaître de ma vie et de ma vue, et surtout si je ne vois plus un seul bout de rouge et d'or ici, ce serait la meilleure des choses pour tout le monde. Moi aussi je suis fatigué. Demain, même lieu, même heure, répéta-t-il, avant de s'éloigner.
Vingt-quatre heures de plus, et tout allait recommencer du début. Comment allaient-ils s'y prendre ? Après tout, il s'en foutait. Tant que ça le débarrassait pour de bon de leur existence...
De cette entrevue, il n'avait finalement tiré que des choses positives : il avait viré les squatteurs de son alcôve, il avait pu confirmer que Harry Potter n'avait rien d'extraordinaire – c'était même un gars très lâche et plein de faiblesses – et, s'il faisait confiance à Miss je-sais-tout, plus jamais il n'aurait à supporter leur présence. Il lui tardait que la journée du lendemain passe, pour enfin en finir.
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- Draco... Lève-toi !
Qui osait troubler ainsi le sommeil du Prince des Serpentards ?
- Draco, si tu ne réponds pas d'ici une seconde, j'enfonce la porte de ton dortoir privé ! Une demi-seconde...
BOUM !
- Putain Blaise, quitte à enfoncer la porte, fais-le au moins de façon sorcière ! Tu n'avais besoin que d'un petit Alohomora ! J'ai vraiment honte de toi quand tu fais ton Moldu.
- Tu peux pas comprendre, Monsieur de la noble lignée des Malfoy, répondit Blaise d'un ton badin. j'ai toujours rêvé de faire ça. Mais plus important, bien plus important dis-moi si...
- Si tu veux savoir si j'ai couché avec Allison Bayle, la réponse est négative. Maintenant tu bouges ton gros cul de là sinon tu te prends ce... (Draco jeta un coup d'œil autour de lui) ce pot de lotion gominage absolu – vous n'avez jamais paru aussi brillant – dans la gueule !
Le meilleur ami de Draco courut se réfugier dans la penderie.
- Draco, il faut qu'on parle ! Et lâche ce pot !
- Mais combien de fois faut-il que je te le dise ? CASSE-TOI BLAISE, LAISSE-MOI VIVRE !
Pour toute réponse, Blaise Zabini sortit la tête de l'armoire et lui fit un grand sourire.
- Je vous présente mes plus sincères excuses pour vous avoir importuner d'une si horriiible façon, ma chère et tendre dulcinée. Bon, sur ce, on se retrouve dans la Grande Salle !
Et le grand Black s'éclipsa en vitesse, avant de recevoir un sort dans la tronche et de devoir dire adieu à ses sourcils.
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- Bon, Zabini, de quoi voulais-tu parler ?
Une bonne demi-heure était passée depuis le mauvais réveil de Draco. Les cheveux impeccablement plaqués en arrière, puant l'eau de Cologne et les oreilles propres, le blond était enfin prêt pour entamer une discussion.
Blaise devait trouver très amusant de le voir de mauvais poil car il ne manquait pas de le réveiller tous les matins. En réalité, c'était le fait de surprendre en Draco un être humain normalement constitué – brouillon, l'haleine pas fraîche, les yeux bouffis – que Blaise affectionnait tant. Mais il ne l'avouerait jamais au blond, qui respirait et expirait la perfection, sous peine de mourir écartelé et les viscères à l'air libre.
- Alors ? Raconte-moi tout ! dit Blaise, les yeux brillants.
A quoi pouvait bien se référer Zabini ? Il était peu probable qu'il sache que Draco avait eu une discussion presque civilisée avec Potter.
Blaise avait-il découvert où est-ce que Draco disparaissait, après les cours ? Mais en quoi était-ce un potin ? Peut-être pensait-il qu'il avait caché dans la Forêt Interdite une arme redoutable pour abattre le vieux fou...
Draco regrettait d'avoir autant péroré sur sa mission.
- Je ne vois vraiment pas à quoi tu fais allusion, nia le blond. Je te le répète, je n'ai pas encore pu attirer Allison Bayle dans mon lit... Mais ça ne saurait tarder.
- Mais c'est évident non ? Pourquoi es-tu de si bonne humeur, depuis hier soir ? Tu as reçu une lettre de la part de ton père, c'est ça ?
Blaise vit le visage de son ami se décomposer en une affreuse grimace.
- Bon heu oublie ! s'empressa-t-il de dire. Alors, tu as sûrement un plan pour ajouter une date de décès aux cartes de chocogrenouille à l'effigie de Dumbledore ?
Draco devait avoir l'air si affligé que Blaise n'insista pas plus.
- En tout cas Dray, je voulais simplement te dire que ton gominage absolu te sied à ravir. Tu veux du jus de citrouille ?
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Si Draco avait semblé être de bonne humeur, ça ne persista pas plus de quelques heures. En effet, leur matinée s'achevait sur un cours de potion commun avec les Gryffondors. Autant dire l'enfer.
Pour quelques raisons très simples : il devrait supporter cette bande de singes sans manière et incapables de comprendre l'art des potions. Qu'un simple liquide puisse tuer un homme, c'était quelque chose qui fascinait Draco et, de façon générale, la plupart des Serpentards.
Il allait aussi de nouveau subir la présence du Défiguré et de son idiotie profonde. Comment Potter pouvait-il être le chouchou de Poudlard alors qu'il récoltait sans cesse des Piètre et des Désolant en Potions ?
Et comme prévu, ce cours avait été un tel désastre que Draco pria Merlin pour que la journée s'achève au plus vite. « Je vous en supplie, faites que cela cesse. Sinon je vais craquer. »
Draco, lui aussi, était convaincu que Potter était un des plus gros problèmes de sa vie, et il avait hâte de s'en débarrasser. Heureusement, il n'avait plus longtemps à attendre.
Petit mot de la fin : L'histoire se met petit à petit en place. Bref, vous l'aurez compris, il s'agira d'envisager un Draco sans Harry et un Harry sans Draco... Même s'ils ne se connaitront pas pendant six ans, ne vous inquiétez pas, il va se passer des choses hein.
En tout cas, ça me ferait extrêmement de lire un petit mot de ta part aussi, toi qui as lu deux chapitres de ma main jusqu'au bout. Oui toi, je t'aime.
