Chapitre 2
L'interroger
Bonjour à toutes! Vos premiers messages d'encouragement m'ont fait chaud au cœur, vraiment et je me suis mise dès que possible à l'écriture de ce second chapitre. Pour le rythme de publication je pense qu'au début vous pourrez compter sur un chapitre par semaine puis deux, si j'arrive à prendre de l'avance. Je vous souhaite une très bonne lecture et un bon début de semaine! Oh et merci à l'inconnue qui m'a rappelé que « salop » s'écrivait en réalité « salaud », je tâcherai de m'en souvenir aha
J'en profite également pour répondre aux reviews laissées par des invitées!
Je comprends tout à fait que le fait que je n'ai pas encore écris de suite soit assez effrayant mais j'ai des tas d'idées qui me trottent dans la tête et il ne me reste plus qu'à les écrire donc pas de panique.
Et comme dit plus haut mes posts seront plutôt réguliers sauf soucis majeur mais en général j'ai un accès aisé à internet. Si jamais je dois m'absenter vous serez prévenues, promis.
Il devait être aux alentours d'une heure du matin lorsque je me garais sur le parking face au commissariat de police. La plupart des véhicules étaient de sortie, j'en profitais pour stationner près de l'entrée. Je respirais doucement avant de descendre et d'aller détacher la jeune inconnue qui ouvrait maintenant des yeux ronds, visiblement apeurée. En même temps un commissariat n'a jamais rien de bien accueillant et mon expression ne devait pas contribuer à la rassurer. Je l'attrapais doucement mais fermement par le bras, jamais par la main, et la poussais devant moi. Jasper Hale, mon supérieur, nous attendait devant la porte, l'air soucieux et la mine fatiguée. Problèmes conjugaux avec sa femme, Maria. Bien sûr il n'en faisait jamais part dans notre cadre professionnel mais en dehors il était mon ami. Un homme sur lequel je pouvais compter. Il soupira en voyant notre « invitée » du jour et nous escorta jusqu'à une salle d'interrogatoire. Nous invitâmes la jeune fille à s'asseoir, Jasper prit la chaise en face d'elle de l'autre côté du bureau et je décidais de rester debout, adossé au mur.
- Tu comptes rester là?
J'haussais les épaules. C'était ça ou finir ma nuit dans la paperasse. Et puis je voulais en savoir plus sur elle. Elle avait conservé le plaid sur ses épaules et en triturait le bout. Jasper passa une main dans ses cheveux et se lança.
- As-tu tes papiers sur toi?
Elle me lança un regard apeurée. Bien sûr qu'elle les avait, elle avait un petit sac en bandoulière qu'elle fut d'ailleurs invitée à vider sur la table. Préservatifs, mouchoirs, un billet de 10$, un passeport et une carte d'identité dont Jasper se saisit. Il fronça les sourcils.
-Vous-êtes bien Isabella Swan, née le 13 septembre 1996, domiciliée à Forks dans l'Etat de Washington?
Elle acquiesça d'un faible mouvement de tête. Entendre son prénom pour la première fois m'avait fait quelque chose que je ne saurais décrire. Isabella. Un beau nom pour une jolie figure. Mais il s'agissait d'une prostituée, je ne devais pas le perdre de vue. Une fois son cas réglé je rentrerai chez moi et je n'en entendrai plus parler. Une affaire classée de plus. Une parmi tant d'autres.
- Savez-vous pourquoi vous êtes ici Isabella?
Elle hocha doucement la tête, regardant ses mains. Elles étaient fines, petites, blanches. Des mains qui ne pouvaient pas faire de mal à quiconque et qui s'agitaient nerveusement autour du tissu qu'elle tenait entre ses doigts.
- Bella .. Je m'appelle Bella. Sa voix était à peine inaudible, elle reprit. Je suis ici parce que je suis une prostituée .. Selon vous, mais je n'en suis pas une, je vous le jure. Je n'ai jamais …
Jasper n'était pas réputé pour être le plus patient dans l'équipe. Et il détestait par-dessus tout qu'on lui mente et qu'on lui fasse perdre son temps. Je voyais dans son regard qu'il serait peu clément avec la petite Bella.
- Oui c'est sûr qu'avec les vêtements que tu portes on te croirait tout droit sortie d'un couvent. Ecoute moi bien gamine. C'est grave ce que tu fais et interdit par la loi de surcroit. Tu te rends compte des peines que tu encours? Et il n'est pas rare de retrouver les cadavres de filles qui font le trottoir!
A ces mots je vis le visage de Bella pâlir, ses lèvres tremblantes et des larmes commencer à courir le long de ces joues. Au diable Jasper et son manque de patience! Je le fusillai du regard et m'approchai du bureau, tâchant de la calmer.
- Ecoute, ce que le lieutenant essaie de te dire c'est que ce n'est pas une vie pour une jeune fille de 17 ans. Tu es mineure, tu as droit à des aides. Si tu étais venue en parler à un adulte avant d'en venir à de pareilles extrémités tout aurait été plus simple. Tu aurais du informer un responsable dans ton lycée. Tu es bien scolarisée Isabella?
Elle secoua la tête, de nouveau muette. Elle regardait le sol, plus précisément ses pieds. Elle portait des escarpins qui semblaient la blesser et qui de plus étaient totalement trempés. Manquerait plus qu'elle chope la crève. Je soupirai.
- N'y a-t-il personne qui aurait pu t'aider?
Elle releva les yeux, croisant mon regard, un court instant. Mais je compris, je compris qu'elle était seule au monde, livrée à elle-même et que nous étions bien loin d'imaginer ce qui avait pu la pousser là, sur le trottoir, une nuit pluvieuse d'automne.
Point de vue de Bella
J'étais assise en tailleur sur mon lit quand James avait pénétré dans le mobil home que je partageais avec Alice. J'avais 17 ans depuis un mois déjà et je savais que mon tour n'allait pas tarder à arriver. Lily m'avait raconté, tentant de minimiser la chose. Mais j'étais morte de peur à l'idée de cette première nuit et de celles qui suivraient. Alice avait deux ans de plus que moi et était escort girl. Elle voyait une dizaine d'hommes dans l'année, pas plus mais disparaissait une semaine à chaque fois. C'était la préférée de James. Elle était brune, petite, avec des formes généreuses. Elle me parlait parfois de ses clients. Des hommes d'affaires, des politiciens, des footballeurs. Il lui arrivait de ne pas avoir à coucher avec eux, juste à leur parler. Je l'admirais, elle était forte et courageuse. Je n'étais que faiblesse et lâcheté. Ce soir j'étais seule, elle était partie travailler. Et James était là, sentant l'alcool à plein nez. Je le haïssais de tout mon être. Je me reculais par instinct contre le mur. Il s'assit à côté moi et je sentais son haleine dans mon cou. Je frissonnais. Il passa sa main sur ma cuisse.
- Allons allons.. Susurra-t-il. N'es-tu pas pressée d'être une femme Isabella?
Je me mordais la lèvre et tentait de le repousser. Son emprise sur ma cuisse se fit plus dure et je sentis ses lèvres passer dans mon cou tandis que sa main s'aventurait entre mes jambes.
- James, s'il te plait.. Lâche moi..
Mais il ne m'écoutait pas, et je sentais ses lèvres se rapprocher dangereusement des miennes. Alors quand sa bouche se posa sur la mienne je la mordais de toutes mes forces et sentais un goût métallique envahir ma bouche. Le sang me donnait la nausée. Mais je l'avais fait reculer. Un éclair de fureur passa dans son regard et je sentis sa main s'abattre sur ma joue avec violence.
- Tu n'es qu'une trainée cracha-t-il.
Ma tête partit sur le côté et je me fis violence pour ne pas pleurer. Il ne le méritait pas. Il se saisit alors de mes cheveux et me força à me mettre à sa hauteur. Ses mots étaient pareils à du venin et ils semblaient les cracher sur mon visage.
- Sale petite pute, pour qui te prends tu? Tu sais ce que je m'apprêtais à faire hein? Te prendre ta petite fleur, par bonté. Oui par bonté.
Il riait le salaud. Le pauvre fou. Mais ces mots étaient justes, bien plus que je ne voulais l'admettre. J'avais tout simplement trop honte de la vie qui m'attendait. J'aurais préféré être sourde à cet instant ci, me fermer à ces mots violents.
- … te faire la grâce de te déflorer à la place d'un pauvre mec que tu te taperas demain soir. La petite Isabella Swan vendra sa virginité à 50$ sur le trottoir. Et c'est encore cher payer pour une petite garce de ton genre.
Il me relâcha, me laissant tomber comme une poupée de chiffon sur le sol. Il cracha à mes pieds et sortit en claquant la porte derrière lui, faisant trembler les murs. Mon corps était secoué de tremblements nerveux et je sanglotais bruyamment. Enfin au bout de quelques instants je m'essuyais le nez rageusement du revers de la main et me mettais debout. J'allais observer mon visage dans le miroir au dessus du lavabo et vis une fine marque rouge à l'endroit où il m'avait frappé. Avec un peu de fond de teint ça passerait, Alice ne saurait pas. Alice … En pensant à elle je pleurais. J'aurais donné n'importe quoi pour qu'elle soit ici avec moi, ma grand sœur de substitution. Je voulais redevenir petite fille, échapper au lendemain que chaque seconde rapprochait du présent.
Après avoir sangloté une partie de la nuit j'avais fini par m'endormir au petit matin et j'étais restée au lit toute la journée du lendemain, mon corps n'avait tout simplement pas la force de bouger. Alice était rentrée au lever du jour sur la pointe des pieds et je l'avais entendu prendre une douche avant d'aller se coucher à son tour. Mon sommeil avait été agité de cauchemars où je sentais des mains inconnues, sales et repoussantes me touchaient là où je ne voulais pas. J'avais senti une voix me tirer de ces mauvais rêves mais c'était pour me confronter à une réalité bien pire. James se tenait au pied de mon lit, l'air mauvais, un sourire qui ne me disait rien qui vaille au coin des lèvres.
- Debout Bella au Bois Dormant. C'est le grand jour. Susurra-t-il
Je me pelotonnais contre le mur, ramenant la couverture vers moi mais il me l'arracha des mains, m'ordonnant de me lever. Je remarquais qu'il faisait déjà nuit dehors et il me jeta à la hâte une tenue qui me fit rougir. Elle laissait apparaitre plus de peau qu'il n'y avait de tissu et je retins un faible gémissement quand je vis les chaussures qui l'accompagnaient. Non, je ne pouvais pas sortir comme ça, j'aurais l'air d'une .. Mais oui, j'en étais une désormais. Une vulgaire catin de bas étage. Alors je m'habillais docilement sous le regard pervers de James, tentant d'occulter tout le reste.
- Bonne fille.
Je serrais les dents. Il n'était pas utile de répliquer. Même, cela pourrait être dangereux. James ne me blesserait pas au visage ni sur le corps pour me punir. Non. Il s'arrangerait pour laisser une trace invisible. Celle dont il m'avait menacé hier soir, présentant ça comme un cadeau, une offrande. Il m'empoigna le bras, serrant à m'en faire mal et me sortit du mobil home, marchant à grands pas vers sa voiture. Il me fit monter côté passager et me balança à la hâte à un petit sac à main. Je l'ouvrais, curieuse. Des capotes, mouchoirs..
- Tes nouveaux outils de travail. Il ricana
Je notais aussi un billet de 10$. Plus que je n'avais eu en ma possession depuis des années. James s'arrangeait pour que nous n'ayons pas les moyens financiers de lui échapper. Il conduisit à travers Seattle, passant dans les quartiers les plus sombres de la ville. Je me serrais malgré moi contre le siège, ne voulant pas descendre. Enfin il arriva aux abords d'un petit bois où déjà j'apercevais des silhouettes qui s'affairaient.
- Et voici tes collègues ma mignonne. Voilà où tu bosseras désormais.
Il pointa du doigt le pied d'un lampadaire dont la lumière jaunâtre clignotait faiblement. Glauque, pour une activité glauque, sale, qui devait être cachée aux yeux du monde.
- Pour mettre en valeur la marchandise.
Je ne voulais pas, je ne pouvais tout simplement pas. La nausée menaçait et la tête me tournait. Non, non. Je refusais de descendre de la voiture. Je préférais encore affronter James que ces hommes qui rêvaient de salir mon corps. Mais il ne l'entendait pas de cette oreille. Il s'arrêta, coupant le moteur, descendit, fit le tour de la voiture et ouvrit brusquement la portière me faisant sursauter.
- Maintenant tu vas apprendre à bosser et fiça, alors magne toi le cul!
-James, je t'en prie .. Le suppliai-je d'une voix tremblante.
Grossière erreur. James détestait m'entendre pleurer. Ça le mettait hors de lui. Mais je ne pouvais pas m'arrêter, les larmes dévalaient mes joues. Il se pencha par-dessus mon corps et détacha ma ceinture avant de m'arracher de la voiture et de me jeter sur le trottoir, littéralement. Le bruit avait alerté une femme rousse qui officiait un peu plus loin et elle me lança un bref regard avant de détourner la tête. Elle ne m'aiderait pas. Je me mordais la lèvre.
- Ecoute moi bien Isabella. Dans ton sac il y'a 10$. Si lorsque je viens te récupérer tu ne les a pas multipliés par 10 c'en est fini pour toi. Tu m'as bien compris?
Sur ce il remonta dans la Peugeot et démarra en trombe, me laissant dans le noir et dans le froid. Des gouttes fines commençaient à tomber sur mon corps exposé mais je n'en avais cure. Je voulais juste que le cauchemar s'arrête …
Et voilà pour le point de vue de Bella sur ce début de soirée. Vous pouvez voir comment je procède, j'ai décidé d'alterner entre les visions d'Edward et de Bella parce que je pense qu'il est important de voir à travers les yeux de chacun. Vous pouvez aussi noter que nous avons James, Jasper et Alice qui seront présents dans cette fiction. Surprises par leurs rôles respectifs? N'hésitez pas à donner votre avis, je vous en serai infiniment reconnaissante.
Petite note en + : Sauriez vous par hasard s'il y'a un concours d'OS organisé pour Halloween? C'est l'une de mes fêtes préférées et j'aimerais bien avoir une idée de sujet sur ce thème.
Plein de bisous à vous, je vous retrouve très prochainement j'espère!
