Note de l'auteur : Oh, voilà un chapitre que j'avais hâte d'aborder ! Malheureusement, ça fait des semaines que j'ai écrit le précédent et je ne me souviens plus de tout ce que j'avais prévu ... Bah, ça finira bien par me revenir.
Chapitre 2 : Andromeda
Andromeda réfléchissait. Assise à la table des Serpentards, le dos au mur, elle grignotait une part de tourte au poulet avec un air absent. En réalité, son repas l'intéressait beaucoup moins que la Grande Salle en elle-même et que ses occupants. Bellatrix, par exemple, sa propre sœur, qui venait d'entrer avec son amie Némésis Parkinson pour aller retrouver leurs amis à la table. Bellatrix et Andromeda échangèrent à peine un vague signe de tête en se voyant ; les deux sœurs n'avaient jamais eu grand-chose en commun, et leurs relations étaient par conséquent plutôt limitées. Et puis Bellatrix arborait ce jour-là une expression exaltée qu'Andromeda n'aimait pas beaucoup. Connaissant sa sœur, il ne s'agissait pas seulement d'avoir obtenu une bonne note en Métamorphose : Andromeda aurait mis sa main à couper que Bellatrix et ses petits amis s'étaient encore monté la tête en discutant de ce fameux Lord des Ténèbres dont on parlait si souvent dans leur famille ces temps derniers.
Et il n'y avait pas que Bellatrix qui en discutait avec des étoiles dans les yeux, il y avait aussi leurs parents, leurs oncles et tantes, et certains de leurs cousins. Même le jeune Regulus montrait parfois un certain intérêt quand les conversations abordaient ce sujet. Mais aussi, que n'aurait pas fait ce petit-là pour s'attirer la fierté de sa mère ? Aussi loin que remontaient les souvenirs d'Andromeda, il en avait toujours été ainsi. Quant à elle, elle ne savait pas trop quoi penser de Celui-dont-on-évitait-désormais-de-prononcer-le-nom. À vrai dire, pour le moment, il l'indifférait assez souverainement, puisqu'il ne disait rien de très différent de ce qu'elle avait toujours entendu dire dans son entourage. Mais certaines rumeurs sur ses méthodes la rendaient tout de même assez mal à l'aise.
Enfin, là n'était pas le plus intéressant pour le moment, quoiqu'en pense Bellatrix. Andromeda était en effet l'une des rares élèves de Serpentard à admettre qu'il se passait des choses tout à fait divertissantes de l'autre côté de la Grande Salle, du côté des Gryffondor. En dehors du fait qu'ils étaient, comme les Poufsouffle et les Serdaigle, leurs concurrents dans la course à la Coupe des Quatre Maisons, Andromeda ne les avait jamais particulièrement considérés comme ses ennemis. Et la première raison de son ouverture d'esprit, c'était que Gryffondor accueillait son cousin préféré : Sirius Black. Plus précisément, Sirius Black et ses fascinants amis. Chez les Serpentard, Andromeda n'avait que deux sœurs un peu distantes et un petit cousin trop jeune pour l'intéresser ; en résumé, pas de quoi tenir la comparaison.
Alors que Gryffondor ... Malgré tout son attachement pour sa propre Maison, Andromeda s'était plus d'une fois laissée aller à imaginer ce qu'aurait pu être sa vie si le Choixpeau l'avait envoyée là-bas. Elle était sûre que ses journées n'auraient été qu'un grand éclat de rire continu. Avec Sirius dans les parages, ce n'était pas très difficile ! Sans parler des autres.
Depuis qu'elle avait étudié le concept en cours d'Etude des Moldus (un cours qu'elle suivait avec Sirius, d'ailleurs, et qui était de loin le meilleur moment de sa semaine), elle assimilait souvent les quatre Maraudeurs à un groupe de « rock in rôle », comparaison qui lui paraissait particulièrement appropriée. Pour commencer : James Potter, grand vainqueur du dernier match de Quidditch en date, serait un chanteur échevelé, sans cesse harcelé par des dizaines de fans en délire, comme c'était déjà le cas à Poudlard. Sirius serait plutôt à la guitare « éclectique », apparemment un peu en arrière de son ami, mais en réalité la véritable vedette du groupe. Quant à Remus Lupin, avec sa mèche de cheveux qui tombait toujours devant ses yeux dorés et son sourire timide, elle l'imaginait bien en beau batteur mystérieux. Peter Pettigrow, enfin, jouerait de la basse ou du synthétiseur ; pas forcément le rôle le plus glorieux, mais tout de même indispensable à l'ensemble.
Andromeda sourit pour elle-même à ces pensées, décidément très distrayantes. En face d'elle, il n'y avait personne pour la voir sourire. Ce n'était pas qu'Andromeda était particulièrement exclue du reste des Serpentard, non, elle s'entendait même plutôt bien avec les filles de son dortoir et avec quelques autres. Seulement, elle finissait toujours par les trouver ennuyeux au bout de quelques minutes de conversation : oui, d'accord, les Sang-Purs étaient des êtres remarquables, certainement, et Dumbledore respectait bien trop les enfants de Moldus, c'était indiscutable ... On en revenait toujours aux mêmes sujets, qui n'étaient pas les plus passionnants.
Alors qu'avec les gens des autres Maisons, c'était tout de suite plus entraînant : ce garçon de Poufsouffle, par exemple, avec qui elle s'était retrouvée à travailler pendant un cours de Botanique, et qui l'avait tenue en haleine toute l'heure durant en lui racontant l'expédition qu'il avait menée en Zambie avec son père pour étudier les plantes carnivores locales. Ou bien, pour en revenir à Gryffondor, il y avait aussi Sirius et sa façon merveilleuse de vous faire rêver quand il parlait de parcourir le monde au volant de sa précieuse moto flambant neuve. Andromeda avait aussi, pas plus tard que le mois précédent, bavardé pendant des heures avec la Préfète Lily Evans au sujet de la potion Felix Felicis dont le Professeur Slughorn leur avait parlé. Bellatrix lui avait d'ailleurs fortement reproché d'avoir traité ainsi, presque comme une égale, une vulgaire Sang-de-Bourbe, mais Andromeda avait seulement haussé les épaules. Elle trouvait Lily très sympathique, quelle que soit sa naissance, et puis si quelqu'un devait être réprimandé pour la fréquenter, c'était bien plutôt Severus Snape : il passait tout son temps avec elle !
Non, vraiment, Andromeda aimait bien les Serpentard, mais jamais tant que quand ils la laissaient tranquille.
À la table des Gryffondor, Sirius l'aperçut et lui adressa un joyeux signe de la main auquel elle répondit en souriant. Elle vit ensuite Sirius échanger deux mots rapides avec ses amis, puis se retourner à nouveau vers elle et répéter ses signes, cette fois pour l'engager à venir les voir. Sans hésiter, Andromeda abandonna sa tourte au poulet et la table des Serpentard pour aller répondre à l'invitation de Sirius. En la voyant arriver, son cher cousin se leva et l'accueillit à bras ouverts, avec un grand sourire.
— Meda ! Comme c'est gentil d'être venue !
— Merci pour l'invitation, je commençais presque à m'ennuyer.
— Oh, je t'en prie. Tiens, assieds-toi là, il y a une place entre James et Remus.
Andromeda ne se le fit pas dire deux fois, et préféra ne pas penser au scandale que lui ferait Bellatrix à la fin du déjeuner.
— Tu sais, reprit Sirius, je me serais bien déplacé moi-même mais, va savoir pourquoi, entre mon cher frère et tes chères sœurs, j'ai toujours l'impression de déranger quand je viens de ton côté.
— Alors que toi, intervint le fameux Remus, tu peux te vanter d'être l'une des rares personnes de ta Maison qui soit la bienvenue à cette table.
— J'espère que tu apprécies tout l'honneur que l'on te fait, enchérit James.
— Oh oui, tout à fait, assura Andromeda. Je vous en serai reconnaissante jusqu'à la fin de mes jours.
— Très bonne recrue, Sirius.
— Un peu de tarte aux fraises ? proposa Peter.
— S'il te plaît.
— Ah, c'est parfait, tu retrouves l'appétit ! s'exclama Sirius.
Comme Andromeda ne comprenait pas tout à fait ce qu'il voulait dire, Remus se pencha vers elle pour le lui expliquer :
— Sirius avait repéré que tout à l'heure, tu ne mangeais presque rien, et nous avons tous jugé désolant de laisser une jolie fille comme toi dépérir ainsi.
— Cela dit, moi aussi ça me couperait l'appétit de devoir déjeuner au milieu d'un nid de vipères, estima Peter en se resservant de tarte.
— C'est très gentil de vous en être souciés, dit Andromeda. Et puis c'est vrai que j'ai faim, maintenant ; je peux avoir le coulis de framboises, là-bas ?
— Et ça, je suppose que ça veut dire que nous sommes particulièrement appétissants, conclut James avec un clin d'œil en le lui passant.
— Tu as tout compris, approuva Andromeda, qui décidemment s'amusait beaucoup ici.
— Par pitié, Potter, épargne-nous tes vantardises deux minutes ! râla Lily Evans d'un ton excédé, deux places plus loin.
— Je ne me vante pas, puisque c'est vrai, répondit James avec assurance.
— Eh bien garde tes vérités pour toi, alors, fit Lily en se levant de table.
Sirius, Remus et Peter se mirent alors à siffler de façon suggestive en roulant les yeux à l'adresse de James, qui haussa les épaules, la nuque soudain rougie.
— Attention Jamesie, la lionne sort ses griffes ! s'esclaffa Sirius.
— La ferme.
— J'ai raté quelque chose ? demanda Andromeda avec curiosité.
— Comment Meda, tu ne sais pas ? Mais tout Gryffondor est au courant, pourtant !
— La ferme.
— C'est peut-être justement pour ça que je ne sais rien, répondit Meda.
— Bah, lança Remus, tu es devenue une Gryffondor de cœur maintenant, on peut bien te mettre dans le secret.
— Mais je croyais qu'il n'y avait pas de secret ? fit malicieusement remarquer Peter.
— La ferme.
— N'est-ce pas que tu nous préfères aux autres dégénérés de l'autre bord ? demanda vivement Sirius.
Andromeda éclata de rire devant son irrésistible regard implorant et n'eut pas le cœur de lui dire non, quoiqu'elle en pense.
— Bon, alors on peut te le dire : au grand désespoir de toutes ses fans, James n'a d'yeux que pour Lily.
— La ferme.
— Qui, elle, préfère passer son temps avec ce Snivellus graisseux de ton camp. C'est dire !
— Quoique, si je ne m'abuse, la cote de Snape soit en légère baisse, ces derniers temps, indiqua Remus.
— James serait bien avisé d'en profiter, à mon avis, dit Peter, mais pour l'instant Lily ne peut toujours pas le voir en peinture.
— Oh, la ferme !
La protestation de James fut noyée à la fois dans les éclats de rire des autres et dans le son de la cloche qui marquait la fin du déjeuner. Andromeda quitta les Maraudeurs en promettant de revenir les voir et s'en alla le cœur léger vers son cours d'Enchantements. En chemin, elle croisa le regard de Bellatrix, aussi lourd de reproches que ce qu'elle avait prévu, mais elle préféra l'ignorer. Au moins, pendant ses cours, aucune de ses sœurs ne serait là. Non pas que Narcissa soit particulièrement encombrante – étant la plus jeune, elle ne pouvait pas se permettre de faire des remarques à son aînée – mais Andromeda était certaine que sa petite sœur rapportait parfois ses observations à Bellatrix, qui savait bien en tirer parti. C'était Narcissa, par exemple, qui l'avait découverte un soir en flagrant délit de promenade avec Ted Tonks, un immonde fils de Moldu. La petite avait de la chance de courir vite, car si Andromeda l'avait attrapée ce soir-là ...
Mais elle arrivait à présent à la salle du professeur Flitwick, où elle était sûre qu'on la laisserait tranquille. Enfin, presque.
— Rêve, rêve, petite vipère. À quoi rêves-tu ? fit une voix qui la fit se retourner.
— Tiens, tiens ... Tonks.
— Black. Alors ?
— Alors quoi ?
— À quoi rêvais-tu ?
— À toi, quelle question.
— Vraiment ?
— Non.
— J'aurais dû m'en douter, dit Ted Tonks avec un grand sourire. Tant pis pour les rêves, je préfère la réalité, ajouta-t-il en lui prenant le menton.
Andromeda se dégagea avec un éclat de rire, et ses yeux brillaient quand elle les releva vers Ted. Teddy Tonks ... Ah, lui ! Qui pouvait se préoccuper de la qualité de son sang quand il se tenait ainsi, grand, les épaules larges, ses yeux pétillants presque aussi bleus que ceux de Sirius, et son sourire ... Andromeda se sentit rougir, et se reprocha de se conduire comme une vraie midinette de seize ans ... Avant de se souvenir qu'elle était précisément une midinette de seize ans. Seize ans, dont déjà deux à jouer au chat et à la souris avec le beau Serdaigle qui se tenait devant elle, aussi discrètement que possible pour ne pas s'attirer les foudres de ses sœurs.
— Viens, Flitwick n'aime pas attendre, dit Teddy en la prenant par le bras.
Andromeda n'opposa aucune résistance quand il la conduisit dans la salle et alla s'asseoir à côté d'elle dans le fond, au vu et au su de tous. Ce jour-là, elle avait décidé de faire ce qu'il lui plaisait, et tant pis si les autres n'appréciaient pas ! À vrai dire, les autres Serdaigle les regardaient d'un air amusé, et seuls les Serpentard marquaient leur désapprobation.
— Tiens, regarde, on dirait que ton fiancé n'est pas très content, chuchota Teddy. Comment s'appelle-t-il, déjà ?
— Rosier, et ce n'est pas mon fiancé.
— C'est ça, ce cher Evan. Tu sais, je veux bien croire que ce n'est pas ton fiancé, mais il faudrait peut-être le lui apprendre, alors.
Effectivement, le dénommé Evan Rosier serrait les dents en détournant ostensiblement le regard de Ted et Andromeda. Leurs parents respectifs avaient dès leur enfance décidé de lier leurs familles, comme pour Bellatrix et Rodolphus Lestrange, mais Andromeda n'avait jamais tissé de liens particuliers avec son prétendu fiancé. Elle était encore bien trop jeune pour vouloir penser à se marier, spécialement avec lui : il n'était pas laid ni désagréable, mais tout de même tragiquement fade en comparaison aux Maraudeurs ou à Teddy.
— Ouvrez vos livres à la page 142, dit le professeur Flitwick, à la page du sortilège Aguamenti, qui fait apparaître une fontaine ou un jet d'eau de la baguette. Prenez vos plumes et notez ...
Andromeda prit un parchemin neuf pour noter le cours que Flitwick leur dictait. Elle eut un peu de mal à se concentrer pendant que le petit professeur parlait, car Teddy prenait un malin plaisir à lui chatouiller la main avec sa plume. Pour son malheur, Andromeda était chatouilleuse et finit par éclater de rire, ce qui fit se retourner vers elle une partie de la classe. Flitwick semblait n'avoir rien entendu, mais Evan Rosier lui adressa un regard noir.
— Le pauvre, souffla Teddy à l'oreille d'Andromeda, il doit croire que tu ruines sa réputation.
— Ce serait plus charitable de lui faire comprendre que nos réputations n'ont rien en commun, approuva Andromeda.
Teddy profita alors de l'occasion pour poser sa main sur celle d'Andromeda, à la place de la plume chatouilleuse, et la jeune fille ne fit pas l'ombre d'un geste de recul. Evan Rosier détourna à nouveau les yeux, l'air écœuré. Flitwick choisit alors ce moment pour envoyer des bassines devant chaque élève pour qu'ils s'entraînent à y faire surgir de l'eau, et le cours se poursuivit sans autre événement.
L'après-midi touchait à sa fin quand Serdaigle et Serpentard quittèrent la salle. Andromeda regarda Teddy sans trop savoir quoi lui dire, et vit qu'il lui souriait. Ils se mirent à marcher tranquillement côte à côte, en silence mais sans en être gênés. Dans l'escalier, ils croisèrent les quatre Maraudeurs qui les saluèrent gaiement, et Andromeda vit même Sirius lui faire un clin d'œil avant de disparaître comme un feu follet, riant comme toujours. Ils arrivèrent finalement dans le Hall de Poudlard, et Andromeda se fit alors la remarque qu'en toute logique, Teddy aurait dû regagner la tour des Serdaigle située à l'autre bout du château.
Au lieu de ça, il jeta un regard d'abord vers l'escalier qui conduisait aux sous-sols, puis vers le parc où le soleil brillait encore. L'air de rien, il prit dans les siennes l'une des mains d'Andromeda.
— Je te raccompagnerais bien à ta Salle Commune, petite vipère, mais j'ai bien peur de me prendre trois maléfices dans le dos avant même d'approcher de l'entrée, dit-il d'un ton insouciant. Cela dit, si ça te plaît, on pourrait aussi aller faire un tour dans le parc ... Enfin, à condition que ta sœur ne nous tombe pas encore dessus.
— J'aimerais beaucoup, l'assura Andromeda.
Teddy se mit alors à sourire, et Andromeda se surprit à penser que la vie aurait pu être fantastique si elle avait été à Gryffondor et avec Teddy Tonks, mais ses rêveries furent soudain interrompues par un cri rageur.
— Andromeda Black !
En trois pas, Bellatrix arriva près d'elle et, en lui serrant le bras comme un oiseau de proie, l'écarta de Teddy.
— Même si tu tiens tellement à souiller le nom de notre famille en te compromettant avec cette boue, cracha-t-elle, tu pourrais au moins ne pas le faire en public ! Allez, viens !
Avant même de comprendre ce qu'il lui arrivait, Andromeda se retrouva entraînée vers les escaliers, et eut à peine le temps de se retourner une dernière fois vers Teddy. Furibonde, Bellatrix la menait au pas de course vers la Salle Commune des Serpentard. Dans l'ombre d'un couloir, Andromeda distingua Evan Rosier qui contemplait la scène d'un air satisfait ; sans doute avait-il couru chercher Bellatrix à la fin du cours d'Enchantements pour qu'elle mette fin au scandale. Andromeda se retrouva donc dans la Salle Commune, prisonnière de tous les regards réprobateurs qui l'entouraient.
Mais elle s'en moquait bien. Se détachant des griffes de Bellatrix, elle partit d'un pas tout à fait calme vers son dortoir pour y déposer ses affaires, prendre un livre dans son sac, et retourner dans la Salle Commune pour y lire à son aise. Au moins, s'enfermer dans son roman lui épargnait de devoir faire la conversation aux autres Serpentard. Et comme elle les ignorait royalement, ceux qui l'avaient regardée entrer avec un air outré finirent par ne plus s'intéresser à elle et retournèrent à leurs propres affaires. Le calme s'abattit dans la Salle Commune où l'on n'entendait plus que le crissement des plumes de ceux qui faisaient leurs devoirs.
Après quelques instants, un autre bruit attira l'attention d'Andromeda : un élève venait d'ouvrir la porte de la salle, et un petit hibou en avait profité pour s'y introduire. Intriguée – les hiboux étaient rares dans cette salle privée de fenêtres – Andromeda le regarda voleter un moment sans que personne d'autre qu'elle ne le remarque, puis le petit hibou se dirigea vers elle et lui tendit une patte où était accrochée un message. Andromeda défit le parchemin et le lut avec un sourire. Il n'y avait pas de signature. Pas besoin.
« Un jour, je t'enlèverai », disait Teddy.
Andromeda regarda autour d'elle, cette Salle Commune qui avait été son foyer depuis de longues années, ces gens qu'elle avait côtoyés si longtemps, sa famille. Elle n'avait pas été malheureuse ici, loin de là. Dans la cheminée, le feu crépitait joyeusement, et le beau lustre du plafond répandait dans la pièce une lumière douce. Bellatrix se reposait sur l'épaule de Rodolphus Lestrange, l'air épanouie. Evan Rosier travaillait au milieu de ses amis, et une mèche de cheveux lui tombait devant les yeux.
Avec un sourire presque nostalgique, Andromeda prit une plume et répondit à Teddy.
« J'espère bien ».
À propos :
- des Maraudeurs en groupe de rock : j'ai tiré cette idée d'un vieux dessin génial que j'avais trouvé il y a très longtemps, et qui les représentait comme ça. Remus en Bô Batteur Mystérieux (BBM, pour les intimes ) était particulièrement irrésistible.
- de Ted Tonks : je l'imagine très bien sous les traits de Gerry Kennedy (Gerard Butler dans le film « PS : I love you »). C'est vous dire ...
- d'Evan Rosier : décidément, lui, j'arrive à le caser un peu partout. Je l'aime bien, en fait.
Et de deux ! Voilà pour l'après-midi d'Andromeda, une chouette fille si vous voulez mon avis. La soirée, comme vous vous en doutez peut-être, sera consacrée à Narcissa.
Lily Evans 2004
