2.
Ame de l'Arcadia et Grand Ordinateur du vaisseau de ce nom, Toshiro cliqueta.
- Le Marché de Torguèse, Albator ? Jamais entendu parler !
- Une station spatiale pour Pirates uniquement. Elle est récente, elle a l'ambition d'être un futur point de commerce incontournable pour ceux arborant mon drapeau – même si je le fais pour des raisons infiniment personnelles !
- Tu veux acheter des esclaves pour membre d'équipage, ou quoi ? s'étrangla Toshiro.
- Non, mais les bars pullulent de gars qui ne rêvent que de s'embarquer. Cela a toujours été, de toute éternité, depuis les pagaies ou les premières voiles de canot ! Et puis, j'ai donné rendez-vous à Keï…
Blonde, les yeux bleus, magnifique, la jeune femme tendit la main.
- Reï Yuki, capitaine Albator. Je suis venue à votre appel.
- J'attendais plutôt une Keï…
- Cette Keï est désormais mère de six enfants, sept à venir. Ma grande sœur ne laissera plus jamais sa famille. Mais elle m'a permis de venir, elle m'a tout raconté de vous ! se réjouit la belle blonde avec son baluchon à l'épaule.
- Je ne vous connais pas… remarqua un capitaine de l'Arcadia, toujours sur la défensive, ses doigts n'ayant pas quitté la crosse de son cosmogun, et ce en dépit du fait que Reï Yuki soit la copie conforme de sa très grande sœur !
- Je suis là pour vous, capitaine… Mon monde est tombé, Keï survit et se cache pour protéger son foyer. Je suis en âge de me battre, je viens sous votre bannière !
- Bien, Reï. Vous êtes engagée ! Je vous communiquerai plus tard la date et l'heure de l'embarquement, j'ai à…
- Capitaine, j'ai amené avec moi des amis sûrs, conquis par ce que Keï et moi avons raconté de vous. Ils sont prêts pour vous suivre !
- Qui ? grogna le grand Pirate balafré, suspicieux.
- Un ingénieur génial du nom de Maji Takéra, un petit bidouilleur ne payant pas de mine mais hors normes dans sa branche pour l'informatique, un Doc Mécanoïde du nom de Rollen… Et…
- Oui, Reï ?
- J'ai pris mon chat : Mi-Kun. Je l'ai recueilli l'hiver dernier, je ne pouvais l'abandonner !
- C'est tout ? grommela Albator qui ne s'était pas attendu à une telle foule !
- Mes amis et moi connaissons des marins sûrs, un peu dispersés. Ils n'attendent que de voir votre bannière, capitaine Albator !
- Comme si on se souvenait de moi… Et je suis ressorti de ma tanière tellement plus jeune… Je crains de n'être qu'une aberration temporelle pour ceux à qui je raconterais la vérité…
- Qu'importe votre âge, capitaine. Nous rêvons de vous depuis si longtemps, face aux Drakkars ! Nous n'espérions plus…
- Je ne suis plus entièrement cet Albator, d'il y a quinze ans… Mais mes convictions sont pareilles, je me bats pour les mêmes buts ! Je prendrai à mon bord tout ceux qui voudront se mesurer aux Erguls et à toutes les monstruosités physiques et mentales qu'ils représentent !
Reï se saisit du poignet du grand Pirate balafré.
- Nous repartons, capitaine ! L'équipage se reforme !
Mi-Kun se glissant entre les pieds d'Albator, ce dernier songea que tout reprenait sa place.
- Je vous conduis tous vers des ennemis qui pourraient bien nous atomiser. Je ne promets que de la douleur et du sang. C'est ainsi, et cela ne fera qu'empirer, je le crains !
Alérian reposa ses couverts, débarrassant la table.
- Ils savent donc tous où tu les emmènes, papa ? Tu as quarante membres d'équipages ?
- Oui. Je me bats, à ma façon. J'ai attaqué bien des Drakkars, j'ai même atomisé une petite planète abritant une station spatiale de reconnaissance des Erguls. Mais ils progressent toujours, je ne sais quoi faire…
Albator reposa son mug de café noir et très sucré.
- Il y a plus de deux ans, quand j'ai commis la folie de foncer sur ce Drakkar en orbite de Jura, mes tirs ne l'auraient pas dégommé sans un appui… J'ai réussi un exploit que l'Arcadia seul n'aurait pu… Alie, voilà tellement longtemps que je veux te poser cette question : est-ce que… ?
- Papa, je suis juste ton petit garçon ! Comment pourrais-je bien avoir pu avoir eu un quelconque rôle dans ton combat ?
- Ta mère était une créature exceptionnelle. Elle l'a prouvé en te sauvant de cette Murhie. Peut-être t'a-t-elle laissé autre chose en héritage ?
- Ca, ce n'est pas moi qui pourrai te le dire ! Je suis en congé, ne soyons pas sérieux ! Je veux profiter de la journée avec toi !
- Avec plaisir, mon grand !
