Chapitre 2 : Voix des chefs

-Tu n'aurais jamais dû t'éloigner de notre territoire, l'avertit Caldryn quand il fut revenu dans la tour avec Axeli.

-Peu importe le nombre de fois que vous me mettrez en garde, je devais ramener le prisonnier.

-Tu le serais devenu à ton tour si je n'étais pas intervenu.

-Un sort pire que l'esclavage m'attend à présent. Vous ne semblez pas vous en rendre compte.

-Je parlerai à Oren, il lèvera ta sanction.

-Vous êtes l'un de nos maîtres, mais je doute de votre promesse.

-Sois fier que je ne t'ai pas abandonné avec ces sauvages, prit un ton sévère le Valkynaz en évoquant les Xivilai.

-Vous aurez été plus clément que notre frère.

-S'il n'existait qu'un maître, tu n'aurais pas la liberté de parole. Sans moi, jamais tu n'aurais le droit de contredire, Axeli. Termina Caldryn en lui rappelant l'importance de son rôle de second chef. Maintenant, retourne à ton poste de surveillance.

Axeli lui obéit et remonta à l'étage. L'autre drémora le suivit puis alla jusqu'au dernier étage. Il devait négocier avec Oren, qui était déterminé à châtier ceux qui échouaient. Caldryn l'avait rejoint et s'assit sur son trône noir à côté du Daedra, ne sachant pas combien de temps prendrait leur discussion.

-Tu es bien trop cruel, tu ne devrais pas punir si sévèrement Axeli.

-Tu es bien trop indulgent dans ton cas, Caldryn. Tu ne donnes aucune sanction à tes propres frères.

-N'est-ce pas parce que ce sont mes frères justement et que je les respecte ?

-Il y a les frères qui te sont inférieurs et qui doivent recevoir une correction s'ils échouent, et les autres peu nombreux qui possèdent notre grade.

-Cela n'a aucun sens. Nous parlons de notre clan, voué à obéir à notre dieu. Nous deux, nous ne sommes que les Valkynaz, les plus fidèles serviteurs de Mehrunes Dagon.

-Et nous maintenons l'ordre.

-En décapitant notre propre race ? Je ne pense pas que notre dieu apprécie.

-Tu ignores s'il est satisfait ou mécontent.

-Tout comme toi.

-Je n'en suis pas si sûr.

-Tu es persuadé d'être l'élu pour parler au nom de notre créateur ?

-Je le suis.

Ces mots étaient prononcés avec lassitude et sérénité.

-Écoute-moi, Oren. Je n'ai peut être rien pour le prouver, mais si tu es bel et bien le bourreau des drémoras et des Xivilai, je te demande d'épargner Axeli.

-Donne-moi une seule raison valable.

-C'est un Kynmarcher, il appartient donc à la caste des officiers. Sais-tu comment les drémoras réagiront s'ils savent que tu élimines l'un de leurs propres commandants ? Ils ne t'écouteront plus, tu seras à leurs yeux un tyran inconscient.

-Admettons que je le laisse en vie, comment il réparera son erreur ?

-Je crois qu'il a compris sa faute, il a failli être capturé par le clan ennemi.

-Est-ce suffisant ?

-Oren, penses-tu que Serza aimerait voir comment tu traites tes propres frères pour la moindre erreur ?

Le visage neutre de son frère changea enfin d'expression. Il serra brièvement ses dents, irrité d'entendre des lèvres de Caldryn ce nom.

-Je vais laisser ton Kynmarcher, j'espère que tu réalises que ce sera la première et dernière fois que je ferme les yeux sur un drémora désobéissant.

-Il a seulement échoué dans son devoir de garde, de plus il surveillait un prisonnier sans importance. Laisse-le pour cette fois. Cela suffira.

-J'ai parlé. Conclut Oren.

Caldryn n'ajouta rien et se leva du trône. Il quitta la salle pour aller informer Axeli. Ce dernier attendait en n'exerçant que son rôle de surveillant, il se tourna vers le Valkynaz lorsque celui-ci l'interpella.

-Quel sera mon châtiment ? Demanda le drémora.

-Tu n'en auras aucun.

-Vous m'impressionnez. Fut étonné Axeli.

-Mais ce sera seulement pour cette fois. Tu n'auras pas de deuxième chance lorsque tu échoueras de nouveau.

-Dois-je récupérer l'ancien otage ?

-Non, oublie cette histoire.

-Que puis-je faire pour vous être reconnaissant ?

-Rien, reste juste à ton poste.

-Ne souhaitez-vous pas que je vous remplace, pour quelques heures ?

-Tu tiens à m'accorder un peu de repos à moi, ton propre chef ? Fut surpris Caldryn.

-Je serai prêt à le faire, à vous qui avez réussi à lever ma sanction.

-Je n'aime pas généralement profiter de mes frères. Mais si cela te fait plaisir, je te laisse me remplacer et je t'en remercie. Seulement, tu dois surveiller le territoire à l'extérieur. Je te demande de rester aux alentours, et ne t'éloigne pas.

-Bien, maître.

Le commandant partit de la tour et se rendit alors dehors pour surveiller les alentours. Il exerça avec rigueur ce travail peu intéressant mais qui rendait service à son chef. De toute façon, il n'avait plus aucune raison de se rendre en territoire ennemi.

-Tu restes à l'extérieur de la tour pour ne rien faire ? Demanda une voix familière.

Il comprit qui parlait, et que c'était à lui qu'on s'adressait. Il aperçut derrière lui, assis le haut d'un rocher, celui qu'il devait auparavant capturer. Vernaa le Xivilai.

-Pourquoi es-tu revenu dans notre territoire ?

-Pour la même raison que l'autre fois.

-Quelle est cette raison ?

-Oh, juste de l'ennui.

-Sais-tu quel risque tu prends...

-Je ne prends pas de risque. Quand tu te lèveras, tu voudras essayer de m'attraper. Et je précise que tu essayeras.

-Ne ressens-tu aucune crainte ? Le menaça Axeli.

-Contre toi ? Rien du tout. Tu es juste distrayant.

-Comment oses-tu m'insulter de la sorte ?

-Je constate. J'ai vu que tu manques d'adresse, et d'intelligence.

-Assez !

Le drémora se mit à sa poursuite alors que le Daedra sauta du rocher pour retourner à terre. Son ennemi partit en direction de son territoire, il était plus rapide que le Kynmarcher. Mais Axeli ne comptait pas laisser ce rebelle s'enfuir si facilement. Vernaa s'en alla et utilisa la même méthode pour atteindre le pont. Il fit, comme la dernière fois, un saut en utilisant sa bardiche comme une perche. Comme s'il allait regarder un exploit, il fixa le drémora qui devait aussi sauter entre les deux rochers. Axeli prit garde à ne pas commettre deux fois à la même erreur. Il prit davantage son élan pour sauter. Après son bond, ses bottes effleurèrent le sol mais il se rattrapa en utilisant sa claymore. Il la planta sur le rocher pour éviter une chute. Il grimpa alors plus promptement que l'autre fois où il avait échoué son saut. Le Xivilai en fut impressionné, à moitié. Il passa le pont nonchalamment. Mais il n'entendit plus les pas de l'autre Daedra. Il se tourna alors vers lui.

-Tu t'arrêtes en si bon chemin ?

-Je ne suis pas dupe. Ton chef m'attrapera et je serai un prisonnier.

-Pourquoi me suivre alors ?

Il hésita un instant. Puis il posa une autre toute question à Vernaa.

-Pourquoi sommes-nous des ennemis ?

-Sache que moi-même je n'ai pas la réponse à cette question.

-Que cherches-tu donc ? A me provoquer simplement ?

-Peut-être. Je m'ennuie, comme je te l'ai dit.

-Je te propose une négociation.

Le Xivilai arqua un sourcil.

-Négocier avec des sauvages ? Tu réfléchis donc enfin.

-Laisse-moi parler. Je veux en savoir plus sur les deux clans et pourquoi nous sommes ennemis. Nous sommes pourtant les serviteurs d'un même dieu qui souhaite répandre la destruction dans le monde des mortels. Cela n'a pas de sens.

-Encore une fois, je te répète que je ne sais rien.

-Si j'accepte de te suivre, promets-toi que vous ne me tuerez pas. Je cherche à savoir la vérité.

-Je ne garantis pas ta survie.

-Votre peuple est si indiscipliné que les drémoras le disent ? Le provoqua Axeli.

-Ravale tes paroles, sale Kynmarcher. L'injuria violemment le Xivilai.

-Je retire mes mots. Maintenant, acceptes-tu de me mener sans la moindre violence ?

-Je serai forcé de te blesser, Médrène ne comprendra pas ta... volonté de venir parmi nous.

-Prouve-moi que tu n'es pas un barbare.

Vernaa revint vivement vers lui et l'attrapa au bras avec sa main libre. Mais il pointa tout de même la lame de sa bardiche vers son visage.

-Es-tu fou pour vouloir revenir ?

-Seulement naïf.

C'était bien ce que pensait Vernaa de lui, mais au moins il avait une poupée pour jouer à présent. Il tira alors le drémora jusqu'à l'extrémité du pont. Tout le clan les remarqua quand le Xivilai vint au centre du territoire. Il avança jusqu'au nord pour voir Médrène et lui présenter son « butin ». La réaction du grand Xivilai fut toute autre.

-Je supposes que tu t'es encore enfui, Vernaa. Dit le maître contrarié.

-Mais au moins j'ai servi d'appât.

-Silence ! Je ne t'ai jamais ordonné de capturer un autre Daedra. Caldryn cherchera encore à le sauver.

-Il ne le sait pas. S'exprima Axeli.

-Ne parle que si je t'en donne le droit, drémora.

Mais les mots du Kynmarcher furent intéressants. Izhets, qui n'était pas loin et surveillé par un Xivilai, comprit qu'il avait servi de prisonnier pour rien. Il en voulut intérieurement à Axeli avec colère.

-Tu l'as capturé si facilement ? Demanda Médrène à Vernaa.

-Seule ma présence a suffi à l'attirer jusqu'à nous.

-Si aucun Valkynaz ne le sait, tu es donc très doué.

-C'est bien le cas.

-Tu es peut-être fier de ton exploit, mais qu'allons-nous faire de deux drémoras ? Intervint le Xivilai qui avait la garde du second Kynmarcher.

-Aucune importance. Cela fera un esclave de plus, Ryzak. Répondit avec amusement Vernaa.

-Ils seront considérés comme des prisonniers et non comme des objets de distraction. Lui rappela Médrène.

« C'est dommage, je servirai d'objet aux yeux de Vernaa, même si son chef l'interdit. » se doutait bien Axeli. Le Xivilai rebelle acquiesça à contrecœur face à son maître et allait s'éloigner avec le drémora.

-Un instant, je n'ai pas terminé.

-Comme si cela ne suffisait pas, murmura Vernaa avec méchanceté.

-Tu n'es pas si stupide pour tomber deux fois dans le même piège, serais-tu simple d'esprit ? Demanda Médrène au drémora.

-Non, j'avais mes propres raisons pour revenir dans votre territoire, répondit l'esclave qui savait qu'on s'adressait à lui.

-Pour libérer ton frère ? Tu es si naïf.

-Je cherchais à en savoir sur vous, sur votre clan.

-Ne crois pas que j'échangerai une quelconque information à ce sujet, même pour les Valkynaz. Déclara sèchement Médrène en considérant Axeli comme un espion.

-Je cherche à comprendre le sens de cette hostilité entre les deux clans.

-Tu n'as rien à savoir. Va rejoindre ton frère, je dois parler à mon peuple.

Le Kynmarcher décida d'obéir, Vernaa le relâcha et le laissa rejoindre Izhets. Ryzak indiqua aux deux drémoras d'attendre au centre du territoire. Les deux Daedra écoutèrent et s'exécutèrent tandis que tous les Xivilai rejoignirent leur chef. Mais Izhets cessa ses pas un instant, il désirait écouter cette conversation privée en restant à quelques mètres du lieu désigné. Axeli ne comprenait pas et se demandait pourquoi l'autre Kynmarcher s'était arrêté. Il incita son frère à le suivre, au risque d'être puni. Ryzak gardait quelquefois un œil sur eux.

-Nous avons capturé deux drémoras et je ne peux admettre que ce soit une simple coïncidence.

-Tu te fais des idées, Médrène. Ces idiots sont faciles à attirer. Déclara Vernaa.

-Toutefois, ce sont des Kynmarcher. Soit ils manquent d'intelligence, soit ils ne méritent pas leur grade. Fit comme remarque l'un des Xivilai.

-J'approuve les mots de Kros. Répondit le chef. Ces drémoras sont des officiers, c'est un détail à ne pas négliger. Restez sur vos gardes, en particulier pour le Daedra aux cheveux bruns.

-Axeli ? S'étonna le rebelle qui en avait la charge, le concerné tourna son regard vers eux en entendant son nom. Il possède une agilité digne d'un maladroit. Aussi, il est simple d'esprit comme tu l'as affirmé. De quoi auras-tu peur ?

-C'est son but qui m'intrigue. Haussa la voix de Médrène. Il cherche à connaître le sens de notre haine envers l'autre clan. Je n'y crois pas un mot.

-Il suffit de le surveiller, et de lui trancher les veines s'il se montre bien trop curieux.

A ces mots, Axeli détourna son regard pour les ignorer.

-Tu es si délicat, Razen. Je n'ai besoin que de ma bardiche pour garder le contrôle de ce drémora.

-Tu as intérêt à ne jamais faillir, Vernaa. Dit le maître d'un ton sévère. La surveillance de ces Daedra est primordiale si nous devons mettre à exécution notre plan. J'espère qu'aucun d'entre vous ne l'a oublié.

-Le Vermai protègera l'elfe si les épines frappent. S'ils nous surprennent, nous nous réfugieront vers le pilier. Les plus dociles se replieront. Lorsque le ciel sera à nu, la lune apparaîtra devant la nuit. Nous le savons tous. Termina Vernaa.

Puis ce dernier s'éloigna du groupe pour récupérer son prisonnier, Médrène fut mécontent de son comportement et continua.

-Ryzak, je t'interdis d'échouer. Je sais que tu feras bien plus preuve de... délicatesse que Vernaa. Cependant, ne quitte jamais ton otage des yeux.

-Je ne le lâcherai pas des yeux. Tu peux compter sur moi.

Puis le Xivilai retourna auprès de son esclave. La conversation était terminée et le peuple s'éloigna du maître pour reprendre ses activités.

Quelques minutes plus tard, Vernaa trouvait que sa tâche fut déjà très ennuyeuse. Le Kynmarcher était obéissant et ne faisait rien. Il se mit à parler.

-Je n'ai pas eu les réponses à mes questions finalement ?

-Non, et Médrène te considère déjà comme un fouineur. Répondit le Xivilai.

-Je n'ai rien fait de mal.

-Tu es juste curieux Tout comme moi.

-Tu cherches à me réconforter ? Lui demanda Axeli avec ironie.

-Disons que j'apprécie te provoquer.

-Tu n'as vraiment rien à faire.

-Et tu es rebelle en réalité. Je crois avoir choisi le parfait esclave.

-Calme ta joie.

-Pardon ?

Le Xivilai pointa sa bardiche vers lui. Le drémora n'avait pas peur, tant que la lame ne frappait pas. Il osa même s'armer de sa claymore.

-Tu pensais que j'allais rester longtemps soumis à toi ?

-Je préfère ta nouvelle réaction.

Avant que l'arme de Vernaa ne frappe, le Kynmarcher riposta par un coup violent et recula d'un pas. Il se mit en garde. Mais il fut aussitôt désarmé.

Un Xivilai était intervenu dans cette future bagarre. Armé de stylets en matériau daedrique entre ses doigts comme des griffes, il avait blessé les mains du drémora. Ce Daedra qui portait de longs cheveux noirs coiffés comme des dreadlocks avait attaqué avec une rapidité digne d'un animal. Il possédait deux signes tribals rouges, dont l'un était visible sur son visage car il partait de la droite de son cou et remontait sur sa joue gauche. Quand il se tenait debout face à Axeli, son deuxième signe tribal était percevable, il ressemblait à un serpent qui rampait le long de son dos et remontait sur son torse.

-Quand as-tu commencé à m'attaquer ? Je n'ai pas eu le temps de t'apercevoir. Dit le Kynmarcher d'un ton méprisant tandis qu'il guérissait ses blessures avec sa magie.

-Razen est le Xivilai le plus rapide d'entre nous. Il est naturel que tes yeux si lents n'ont pas eu le temps de l'apercevoir.

-Tu prétends l'avoir vu depuis le début ? Répliqua Axeli, convaincu que Vernaa se moquait encore lui.

-Je suis arrivé quand tu as dégainé ton arme, drémora. Répondit Razen avec un sourire narquois. Je suis déçu plutôt de ton inattention que de ta lenteur.

-Vous êtes tous les mêmes, vous manquez de respect à notre race.

-Permets-moi de rectifier, c'est à toi que Vernaa manque de respect. Je suis intervenu pour éviter votre combat inutile, et la colère de Médrène.

-Avoue que tu aurais aimé jouer avec nous, Razen.

-Peut être bien, si les bagarres étaient autorisées en l'absence de notre chef.

-Ou en mon absence.

Ryzak était intervenu, il avait entendu les brefs coups échangés lors de la bagarre.

-Tu aurais aussi participer ? Lui dit Vernaa avec un ton toujours amusé.

-Je n'ai que faire de vos combats inutiles. Tu veux prendre le risque de perdre un esclave. Serais-tu inconscient de tes gestes ?

-C'est ce qui fait mon caractère si unique. Tu imagines si j'étais mystérieux et peu bavard comme toi ? Se vanta le rebelle.

L'autre Xivilai ne répondit pas.

-Tu admets que j'ai raison, Ryzak ?

Ce dernier l'ignora en tournant ses pas vers la direction opposée avec son prisonnier. Izhets se montra silencieux le long de la conversation, même s'il jugeait Axeli trop sensible et ces deux Xivilai si agressifs. On avait peut être finalement choisi le bon Daedra pour sa surveillance. Puis, Razen décida à son tour de s'éloigner de Vernaa et d'Axeli.

-Tu pars déjà toi aussi ? On avait pour une fois un peu d'ambiance.

-Je te rappelle que je dois surveiller quelqu'un moi aussi, mais pour des raisons différentes.

-Tu t'inquiètes beaucoup trop pour Kros. Il ne va pas s'évanouir à la seconde près.

-On voit que tu n'as pas été à sa place pour que tu juges ton frère ainsi. Prends garde à ton langage imprévisible. Tes frères Xivilai ne sont pas comme des drémoras et les drémoras ne sont pas comme tes frères.

-Vous aimez tous me faire la morale depuis que je m'occupe de lui ? Dit-il en désignant Axeli.

-Cela n'a rien à avoir, ne manque jamais de respect à mon partenaire Kros, et certainement pas à Médrène notre maître.

-Ou alors vous m'en voulez tous pour m'être retiré de notre discussion privée.

-Vernaa.

Cette voix dure et sévère n'était autre que Médrène. Il avait entendu le début du dialogue qui évoquait Kros.

-As-tu osé parler de Kros, en lui manquant de respect ?

-J'ai dit à Razen de cesser de s'inquiéter pour rien.

-Retiens tes mots ou je t'exile de notre territoire. Le menaça son chef, irrité.

Étonnamment, Vernaa arrêta de répondre. Pour Axeli, ce fut impressionnant de voir enfin ce Xivilai muet.

-Tu devrais vivre avec le même handicap que Kros pour comprendre sa douleur, toi qui es le plus odieux de tous les Daedra. Termina Médrène en s'en allant.

Remarquant que Vernaa n'osait plus prendre la parole, Axeli attendit que le maître et Razen soient assez loin d'eux.

-Apparemment tu n'arrive pas à t'imposer devant tes aînés. Commença le Kynmarcher d'un ton décontracté rappelant celui du Xivilai.

-N'essaye pas de m'imiter, tu ne m'arrives pas à la cheville.

-Quel est le problème de Kros ? Je veux dire, son handicap.

-J'aimerai ne pas en parler pour le moment. On ne dévoile pas ce genre d'information à un drémora.

-Je pensais plutôt que tu allais garder le silence parce que vous me considérez tous comme un espion. Fut agacé l'esclave.

-C'est aussi l'une des raisons.

-Je sens que je serai surveillé de près pour rien par tout le peuple. Termina Axeli en soupirant.