Bonsoir tout le monde,

Je sais : ce chapitre est TRES court mais j'avais envie de couper à ce moment-là ^^

Si vous attendiez ce chapitre avec impatience (sait-on jamais ? :p), vous pouvez remercier Saya Sedai qui a prit la peine de me motiver à plusieurs reprises.

Ta patience a payé saya ;)

Bonne lecture !


Le lendemain, 24 décembre, Gianna se leva de très mauvaise humeur, et pour cause : elle n'avait presque pas dormi ! Le visage du colosse avait flotté autour d'elle comme un fantôme insaisissable, répétant à n'en plus finir ce simple mot « Dommage ». Pourquoi ? Pourquoi était-il si dommage qu'elle habite Volterra ? Avait-il eu quelques mauvais plans à son égard ? De cela, elle n'en doutait pas un instant. Ce qui la dérangeait, c'est qu'elle n'arrivait pas à savoir lesquels. Qui était-il ? Avait-il repéré où elle habitait ? Elle avait bien essayé de prendre un petit détour pour rentrer chez elle mais son immeuble étant pile en face du Palazzio dei Priori, elle avait tout de même dû repasser près du château au bout d'un moment. Elle avait bien regardé d'elle et ne l'avait pas vu. Pourtant, elle avait encore senti sa présence, comme une ombre menaçante et cela ne l'avait pas quitté de toute la nuit.

Résignée, elle se leva et tituba jusqu'à son miroir, qui lui arracha un cri d'effroi. Ses magnifiques cheveux étaient si hérissés qu'il lui donnait un air d'épouvantail, des cernes encerclaient ses beaux yeux verts, son teint était blafard et son visage semblait avoir autant d'énergie que celui d'un zombie. Horrifiée, elle se jeta sur sa brosse et commença par coiffer son imposante tignasse. Une fois ses cheveux bien disciplinés, elle fit un chignon plutôt strict. Son visage étant désormais bien dégagé, elle constata avec inquiétude les dégâts. Elle se lava le visage à l'eau glacée, ce qui lui rendit quelques couleurs. Elle alla dans la cuisine et prit un œuf, de l'huile d'olive et de l'avocat. Avec cela, elle se concocta un masque de beauté peu couteux mais très efficace. Pendant qu'elle le laissa poser, elle se lava rapidement le reste du corps et enfila sa tenue de serveuse : aujourd'hui, c'était la veille de Noël, le moment où elle gagnait le plus d'argent. Elle se devait d'être au mieux de sa forme et de sa beauté. Quelques minutes avant de partir, elle retira son masque et fut rassurée de voir que les dégâts de la nuit avaient disparu. Elle se précipita dans l'escalier et, lorsqu'elle franchit le perron, elle jeta un coup d'œil inquiet vers le Palazzio dei Priori : il n'était pas là ! Rassurée, elle courut vers l'arrêt de bus qui l'emmenait à son travail.

Arrivée à Florence, elle se précipita au restaurant et prit immédiatement ses fonctions. Les couples qui vinrent déjeuner puis dîner lui rappelèrent cruellement qu'elle était encore seule à 23 ans. Si elle avait facilement supporté ce fait lors du déjeuner, son esprit étant encore en proie aux étranges paroles du colosse, la soirée lui sembla plutôt difficile à surmonter. En particulier un couple qui ne cessait de s'embrasser, de rire et semblait nager dans le bonheur. « Pourquoi elle ? », « Qu'est-ce qu'il lui trouve ? », « Qu'a-t-elle de plus que moi ? », « Moi aussi, je veux ça ! », furent les pensées qui traversaient l'esprit de Gianna. Sa patience atteint ses limites lorsque l'homme fit sa demande. Elle se dirigea alors vers lui de sa démarche féline et lui jeta un regard qui le troubla beaucoup trop pour un homme venant de se fiancer. Gianna sourit pour elle-même : cet homme ne serait pas fidèle. Ecœurée, elle s'éloigna de la table après leur avoir déposé l'addition. Le jeune fiancé se précipita à sa suite pour payer sa carte, laissant sa bien-aimée seule et ébahie. Arrivé aux côtés de Gianna, il lui fit des propositions indécentes mais cette dernière resta de marbre : elle ne mangeait pas de ce pain-là ! Cet homme ne l'avait jamais intéressé, seul le bonheur qui les entourait l'avait attirée. Maintenant qu'elle savait que ce bonheur était voué à disparaître, elle n'avait plus aucune raison de lui accorder la moindre attention. L'homme parti, non sans lui avoir laissé un gros pourboire, qu'elle accepta.

Le retour fut encore plus long que d'habitude. Son esprit jonglait entre l'inconnu de la veille et l'absence du prince charmant. Quand arriverait-il enfin ? Arrivée à Volterra, elle ne s'attendait pas à croiser à la fois son inconnu et son prince charmant. En effet, alors que le bus entrait dans Volterra et faisait le tour pour se garer, elle vit le colosse discuter avec un homme d'une beauté à couper le souffle. Grand, mais moins que le géant, sa silhouette était cachée par une cape d'un gris foncé mais elle devinait mince… et musclé ! Pas trop, juste ce qu'il faut. Son visage, éclairé par la lune, était exquis : le teint pâle, des cheveux noirs comme la nuit, un nez droit et une bouche qu'elle désirait déjà collée à la sienne. Tout en lui faisait penser à un séducteur… Ou un chasseur. Elle le devinait agile et sauvage, difficile à apprivoiser mais fascinant et captivant. Elle était tellement subjuguée que le conducteur dût lui rappeler de descendre. Prise sur le fait, elle rougit instantanément et se précipita dehors, ne sachant trop comment se comporter.

Le colosse la remarqua immédiatement alors qu'elle descendait les quelques marches du bus :

- Bonsoir beauté, tu rentres bien tard ce soir ! lui dit-il avec un clin d'œil trop appuyé pour être séducteur

- Bonsoir… bredouilla Gianna

Elle était un peu perdue. Que devait-elle faire ? Profiter de ce que l'inconnu en pinçait pour elle pour pouvoir se rapprocher de son prince charmant ? Ou bien devait-elle s'éloigner rapidement car, tout aussi irrésistible qu'il était, s'il discutait avec le colosse, c'est qu'il était peut-être ami et dans ce cas, dangereux. Elle n'oubliait pas cet étrange frisson qui la parcourait à chaque fois qu'elle pensait au géant. Elle aurait bien aimé s'attarder sur le physique du beau gosse mais elle refusait d'être à nouveau prise sur le fait. L'inconnu de la veille reprit la parole, mais en s'adressant à son ami cette fois :

- Tu as vu Démétri ? Je t'avais dit qu'elle était belle !

- En effet… murmura l'interpellé. Bon, Félix, il est temps d'y aller !

Sans même un regard à Gianna, il mit sa capuche et s'éloigna d'elle. Félix, le colosse, sourit à nouveau à Gianna et disparut comme son ami. Restée seule, Gianna ne bougea pas d'un millimètre. Démétri, il s'appelait Démétri !


Pour celles qui me suivent :

J'ai pris pas mal de retard dans mes histoires ces derniers temps et je m'en excuse.

Je vous avoue que je n'étais pas très motivée pour écrire ces derniers temps (encore une fois : merci Saya !).

Je tiens juste à vous rassurer : je n'abandonne jamais mes histoires.

Je vais essayer d'écrire la suite de celle-ci dès que possible et de continuer "Petite a la varicelle" en parallèle.