J'en profite pour vous dire que ça sera une mini fic (enfin comparée à celles que j'ai pu écrire). Ah et... a ceux qui n'aiment pas ce couple d'ordinaire ;oD

J'ai pensé pendant très longtemps, et assez naïvement je le conçois, que les appartements sur le chemin de Traverse devaient avoir cette grandeur qui allait avec la renommée de leur emplacement. Je dû me rendre à l'évidence en posant un pied dans cet amas de poussière, que les résidus se moquaient pas mal de la soi disante réputation.

Pourtant, je ne laissa pas l'énervement passer l'antre de mon esprit. Non, il ne le fallait pas, surtout que Ron était là, haletant derrière moi et essuyant son front avec le revers de sa manche. Monsieur n'avait pas failli à son rôle de gentleman et avait gracieusement proposé de monter ma valise en haut des cinq étages, ce sans baguette magique, bien sûr. Il n'avait pas perdu cette envie infaillible de me montrer sa force de mâle dominant. Par chance, Harry n'était pas là, il ne s'en rendait donc pas ridicule.

D'un coup de baguette, je fis léviter ma valise jusqu'au milieu de la pièce principale, et la laissais se vider et remplir un par un les meubles vieillis que je n'allait pas manquer de remplacer. D'un œil ahuri, Ron me regarda faire avant de se laisser tomber avec cette grâce légendaire, dans le premier fauteuil qui se trouva à sa portée. Instinctivement, un nouveau sourire se dessina sur mon visage, par la fée morgane, qu'il était bon de le retrouver fidèle à lui-même.

- Pourquoi tu souris ?

Il fallait l'admettre, il n'avait également rien perdu de sa capacité déconcertante à mettre les gens mal à l'aise. Mais les vieux réflexes étaient encore là et, sans me laisser décontenancer outre mesure, je lui répondis :

- Je suis heureuse d'être enfin posée. Ce voyage m'a éreinté.

Oui mais voilà, il continuait à m'observer du coin de l'œil et ce regard allait certainement, si je ne l'arrêtais pas, aboutir à une vérité malveillante.

- Je te propose quelque chose à boire ?

- Non merci 'Mione… Hermione. Je vais devoir te laisser de toute façon. Dis-moi avant… ce sort pour la valise, c'est quoi déjà ?

- Failamalle ?

- Ca je sais. Mais… pour faire rentrer tous ces objets ?

Il est vrai que je haletais presque d'impatience, de l'entendre me poser cette question. Et oui, j'avais fais exprès de prendre autant de temps, pour sortir le contenu de mon ancien appartement devant ses yeux. Et c'est donc tout aussi lentement que je lui répondis :

- C'est un présent que m'a gracieusement offert mon patron, pour me remercier de mes services.

Oui, j'étais presque sûr de l'avoir mouché mais voilà, il s'installa plus confortablement sur son fauteuil, et me nargua d'un :

- Mouai, à défaut de t'envoyer dans un appartement potable, il y fait confortablement amener tes objets.

- Eh !

- Ca va je rigole ! De toute façon, vu la maniaque du ménage que tu es, il y a fort à parier que demain, tout sera propre.

Presque rougissante, je retirais ma main qui instinctivement, faisait des allers-retours sur les carreaux un peu moins sals. Comment pouvait-il savoir tant de choses pour moi ?

- Ecoute, je dois réellement te laisser…

Je sursauta à l'entendre me dire ça… il m'abandonnait. Juste quand les souvenirs d'avant me revenaient. Oui, je venais de me laisser aller à un excès de spleen, oui je venais à nouveau de croire qu'il fut un temps où…

Mais Ron avait changé. Il n'était plus l'adolescent qui me laissait partir sur le quai sans même me dire au revoir… Non, il était l'adulte qui venait de m'accueillir au retour de mon exode.

- Hermione ?

- Je… tu me disais ?

- Je te disais que… j'étais… comment dire… heureuxdet'avoirrevuaujourd'hui… Je suis désolé, je dois réellement y aller. On se revoit bientôt… promis ?

- Promis.

Et là, je le vis hésiter un instant, se demandant tout comme moi, comment deux amis devaient se dire au revoir. Puis finalement, sa main frôla rapidement mon épaule pendant que ses lèvres rencontraient ma joue droite. Je resta là, ahurie avant que…

- Ron !

Il avait déjà franchi le premier palier et je vis sa tête rousse passer au dessus de la rambarde, me regardant avec de grands yeux. Il était, je pense pouvoir en être sûre, prêt à faire demi-tour. Oui mais voilà, quand je lui demanda :

- Où vas-tu ?

Et qu'il me répondit d'une voix faible…

- Je… pas important.

Je n'eu d'autre choix que de le regarder partir, un étrange pincement m'enserrant le cœur. Ronald Weasley me cachait quelque chose.

Et c'est ainsi que je me retrouvais à déambuler sur le chemin de Traverse, emmitouflée dans une cape malgré le chaud d'une fin d'été et rasant les murs de peur d'être repérée. Plus d'une fois, je me suis surprise à me rabaisser moralement, pathétique voilà ce que j'étais. Oui mais, j'avais toujours ce goût amer dans le fond de ma gorge, ce goût qui me rappelait que Ron m'avait menti, ce goût qui me donnait cette soif de vengeance. Et sans plus de mauvaises pensées, je continuais à le suivre.

Bizarrement, alors que je croyais Ron plus résonné que la moyenne, je le vis frapper les pierres et virevolter vers le chaudron baveur. Je soupirais malgré moi, remettais ma capuche et le suivais pour le surprendre dans sa « soif » d'alcool. Par Merlin, il m'avait pourtant promis qu'il ne deviendrait jamais comme ça.

Oui mais voilà, quand il se contenta de saluer le barman et de rejoindre l'autre sortie, je sentis des frissons me parcourir l'échine. Que pouvait-il avoir à faire de si important du côté moldu ?